mardi 20 août 2013 - par siatom

En 2025, on rasera gratis !

L’été finissant, le bronzage s’estompant, vous pourrez allégrement laisser votre système pileux envahir vos joues, garnir à nouveau votre torse avantageux, emmoustacher vos lèvres (conseil unisexe), jeter aux orties rasoirs, épilateurs, tondeuses et autres éradicateurs de poils simiesques et de toisons disgracieuses.

En effet en 2025, ce n’est pas si loin, on rasera gratis, le grand soir est pour dans douze ans, c'est-à-dire demain, la direction s’excuse pour ce léger retard, elle avait promis que le changement serait immédiat mais elle doit composer avec les impondérables.

Vous pourriez penser en lisant ces lignes que l’été m’aura été fatal, que le soleil ne va pas au teint d’un breton raisonnable et qu’il y a des établissements spécialisés pour traiter avec efficacité une telle insolation.

Au risque de vous contredire, je maintiens que la France de 2025 sur laquelle ont planché nos ministres studieux, pourrait nous offrir un avenir lumineux pour peu que nous tenions jusque là, camarades.

 Pendant qu’insouciants vous vous exposiez en plein cagnard avec cette inconscience qui vous caractérise aux pernicieux ultraviolets pour narguer ensuite effrontément la délétère cirrhose du foie en absorbant pour vous rafraichir du pastis frelaté, d’autres se projetaient dans le futur bien décidés à relever les défis que l’hexagone aura à surmonter.

Vous pourriez objecter, malgré votre mal de crane persistant, que cette démarche vous fait penser à la prochaine rentrée scolaire de votre dernier rejeton en maternelle à qui on demanderait de résoudre une équation à multiples inconnues.

Et pourtant, les 37 élèves de cette classe un peu surchargée se sont livrés grâce au cahier de vacances qui leur avait été remis à cet exercice de procrastination remarquable qui consiste à imaginer les solutions qu’il faudra mettre en place en 2025 tandis qu’ils rament pour résoudre les problèmes actuels.

Discuter de la France de demain pour éviter d’évoquer celle d’aujourd’hui, si ce n’est pas de la communication, ça y ressemble et semble être le point d’orgue d’un estival et soporifique plan de com.

 On en sait encore peu des copies remises aux examinateurs même si quelques ‘’idées fortes’’ ont été reprises par la presse friande de ces amuse-gueules en attendant les plats de forte résistance prévus en septembre : ‘’la police 3.0 de Valls’’, ‘’les peines alternatives à l’incarcération’’ de Taubira et ’’ le retour au plein emploi’’ de Moscovici qui devrait permettre à ce dernier de sauter une classe à la prochaine rentrée.

N’en déplaise à Bayrou, oiseau de mauvaise augure à l’esprit chagrin, qui a critiqué cette initiative, nous avons envie de rêver éveillés, quitte à sortir de notre léthargie en 2025 dans un pays à l’avenir aussi radieux que la cité de Le Corbusier grâce à ces émules de Madame Soleil. 



39 réactions


  • In Bruges In Bruges 20 août 2013 10:12

    « Coup de soleil en 2013, mélanome malin en 2025 ».

    C’est ma prévision pour 2025.
    De rien, Siatom, on donne ce qu’on veut.


  • siatom siatom 20 août 2013 10:15

    Ça laisse du temps pour exhiber son corps musclé sur la plage avant de le restituer à la faculté de médecine.


  • LE CHAT LE CHAT 20 août 2013 10:19

    la seule chose qui est certaine , c’est que Drucker sera encore là à la télé le dimanche après midi ....  smiley  smiley  smiley  smiley

    je ne suis pas certain que les électeurs se contentent d’écouter des contes de fées , 2025 c’est bien trop loin quand on ne peut plus boucler les fins de mois ...


    • LE CHAT LE CHAT 20 août 2013 14:56

      @DEMOSTHENE

      les français voteraient certainement différemment aux législatives s’il y avait la proportionnelle ,
      car du fait du chantage au vote utile , les candidats UMP PS sont surcotés à la présidentielle


    • LE CHAT LE CHAT 20 août 2013 14:58

      pas sur que tu sois équipé pour comprendre...

      Le mépris , toujours le mépris...... Ce n’est pas en insultant comme un vulgaire Melenchon que cela te rend plus intelligent !


    • Folacha Folacha 21 août 2013 03:09

      Il n’y a pas d’age limite pour les hommes .


    • appoline appoline 21 août 2013 19:36

      Drucker et ses sbires ne vont pas laisser le 4ème pouvoir comme ça, même à moitié décomposé il sera toujours là, lui ou ses rejetons.


      Quant à 2025, il est possible qu’on se soit foutu sur la gueule d’ici là puisque notre pseudo élite fait tout pour y arriver

  • siatom siatom 20 août 2013 10:22

    Drucker, l’intemporel peut attendre lui, il n’a pas semble t-il de problèmes de fin de mois.


  • Gabriel Gabriel 20 août 2013 10:59

    2025 Siatom, vous voulez dire après la 3em guerre mondiale, la détérioration du climat, l’épuisement des ressources naturelles, les migrations écologiques, les futurs incidents nucléaire de nos centrales, la révoltes des sans travails, des sans logis, des affamés ?...

    Non, je déconne, en 2025 nous serons tous sous la bannière étoilée, fiers d’être de bons gros américains nourris au Mac do transgénique, instruit à la télé poubelle, chauffé au gaz de schiste ou shit et sauvant le monde la main sur le cœur…


    • BarbeTorte BarbeTorte 20 août 2013 11:24

      Non, je déconne, en 2025 nous serons tous
      - sous la bannière étoilée : déjà fait
      - fiers d’être de bons gros américains
      - nourris au Mac do transgénique : déjà fait
      - instruit à la télé poubelle : déjà fait
      - chauffé au gaz de schiste ou shit
      - et sauvant le monde la main sur le cœur… : déjà fait


    • siatom siatom 20 août 2013 13:14

      Gabriel

      J’ai hâte d’y arriver en 2025. Ce que vous décrivez me fait saliver par avance.


    • siatom siatom 20 août 2013 13:11

      lg
      ça leur a été soufflé par de brillants conseillers en communication.


  • siatom siatom 20 août 2013 13:17

    Barbetorte

    Si 2025 c’est déjà là le slogan "le Changement c’est maintenant’’ est une promesse tenue.


  • Sacotin Sacotin 20 août 2013 13:43

    Ce sont vraiment des incapables. 2025 ! Mais que n’ont-ils préparé 2050 ? Là, c’était du bon boulot...


    • siatom siatom 20 août 2013 13:47

      Saotin

      C’est juste un problème de myopie, il se dit que certains d’entre eux ne voient pas plus loi que le bout de leur nez.


  • L'enfoiré L’enfoiré 20 août 2013 13:57

    Je dois avouer que j’ai bien souri quand j’ai appris le projet 2025.

    Est-ce que c’est cela ?

  • Jason Jason 20 août 2013 16:45

    Il semble que le publc n’ait pas compris ce coup de poker génial.

    Réfléchissons. Le gouvernement va mettre sur le tapis, admettons, 12 mesures ou plus, mais le principe reste le même. Elles peuvent être classées en catégories ou familles ayant différentes chances d’être atteintes (degrés de probabilité). Pour faire simple : peu de chances, 30% ; chances moyennes, 60% ; très bonnes chances, 90% (hypothèses basses, moyennes et hautes).

    Dans tous les cas de figure, à partir de 2017, si l’UMP (transformé en PMU dont les vieux canassons se bouffent mutuellement la crinière) gagne les élections, ils devront faire face à ce programme et se trouver embrouillés avec ce qui reste à faire (ou éventuellement sabrer ce qui a dejà été fait). Soit ils abandonnent tout, et on se demandera pourquoi, soit ils en continuent certains, et ne pourront pas en revendiquer la paternité. Ils risquent alors de perdre une partie de leur identité politique.

    Ce coup de 2025, c’est une véritable bombe à retardement pour l’opposition, à moins qu’ils montent au créneau tout de suite et se livrent aux hypothèses chiffrées ci-dessus. Le véritable casse-tête.

    Le coup de poker est politiquement génial ! Billard à 12 bandes ou Roland Garros avec 100 balles de tennis.

    Les français attendront les deux joueurs au tournant, et il faudra beaucoup d’enfumage pour les empêcher de broncher. Mais, souvenons-nous, dans les jeux de hasard, la banque gagne (presque) toujours.


  • chmoll chmoll 20 août 2013 17:49

    en 2025 djellaba et poils du culs aux mentons ?


  • smilodon smilodon 20 août 2013 21:18

    @ l’auteur : J’ai l’impression que nos gouvernants ne vous mettent point de baume au coeur !.. Ingrat que vous êtes !.... Hardi matelot, souriez et souquez ferme !..... Cap sur 2025 !.... Grimacez et pagayez au moins, si vous ne savez ni sourire ni souquer !... Faites semblant !... C’est tout ce qu’on vous demande !.... Bon ok, rien à voir avec la navigation, c’est de la « com » !... En même temps, des marins, des vrais, dans le « peuple »......Il en reste combien ??!!... Comme des « capitaines au long cours » ??.... Allez, soyez sympa !... Donnez un pti coup de rame !!.. On sait pas où va la galère, vu qu’on rame en soute, mais même si sur le pont, ils le savent pas non plus (rapport au brouillard), soyez sympa, faites leur plaisir................RAMEZ !...... C’est tout ce qu’on nous demande !..... Ca pourrait devenir pire !... Adishatz, ami matelot !..


    • siatom siatom 20 août 2013 22:50

      Rame, rame, Rameurs , ramez

      On avance à rien dans c’canoë

      Là haut

      On t’mène en bateau
      Etc...


  • Christian Labrune Christian Labrune 20 août 2013 23:57

    Siatom
    Je vous trouve bien cruel ! Moi, ce que j’ai éprouvé en les regardant à la télévision, nos chers pantins, c’est une très grande pitié. Je n’ai pas pleuré, mais presque.
    Après l’affaire Cahuzac, j’ai relu dans les Confessions la page où Jean-Jacques évoque le vol du petit ruban bleu. Non, il ne l’a pas volé. C’est probablement Marion qui l’a pris.
    « Non, mes chers collègues, je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte en banque en Suisse ! ».
    Oui, mes chers compatriotes, nous sortons de la crise, la relance est déjà là, nous arriverons très bientôt au plein emploi, comme les Teutons.
    On voit bien par là qu’on n’est toujours pas sorti du syndrome Cahuzac. Une fois qu’on a menti, on ne peut qu’aller de l’avant en misant, par une croyance magique, sur la fonction performative du langage, en certaines occasions. Je pense que Cahuzac, à force de répéter, finissait par penser qu’il n’avait jamais eu de compte en Suisse.
    Ainsi, lorsqu’on est en montagne devant une profonde crevasse, on dit : y’a un pont ! y’a un pont ! Et on avance le pied. Les Frères socialistes n’ont pas encore avancé le pied, mais cela ne saurait tarder.


  • siatom siatom 21 août 2013 09:19

    Christian Labrune


    Oui je le concéde vous êtes un humaniste, un homme bon tandis que moi j’ai du mal à être dans l’empathie. Mais je vais me corriger.


  • In Bruges In Bruges 21 août 2013 09:41

    Maizaufaite, vous même, M’sieur l’auteur haltérophile, ne seriez vous pas glabre comme mon sabre ?
    Hein ?
    Dekissmokton ?

    Le péhèsse vous fera rendre gorge devant Solférino pour tant d’audace. Si fait...


  • siatom siatom 21 août 2013 09:52

    Vous êtes bien mal informé In Bruges je ne suis pas haltérophile mais Altérophile ou plus exactement hétérophile sous traitement.

    Quant à mon système pileux sous l’effet de prises massives de testoterone il a considérablement crü, c’est pourquoi j’attends 2025 pour m’en débarasser à moindre frais.


  • In Bruges In Bruges 21 août 2013 09:59

    Tarattatta...
    Vous ne répondez pas à ma qwestionne :

    vous préférez les haltères ou les égo ?
    Les alter ou les égaux ?

    Répondez, Siatom, ou j’appelle Harlem désir d’avenir...


  • siatom siatom 21 août 2013 10:13

    Comme vous l’avez compris, je suis un inconditionnel de la synthèse à la mode batave et puisque vous me sommez de trancher sur cette douloureuse question, je vous réponds comme un pur solférinien " j’opte pour les Alter égos.

    Vous avez encore fait une petite erreur sur le patronyme d’Harlem que ses camarades appellent désormais désirless .


  • siatom siatom 21 août 2013 11:13

    Aladden

    Valls objet de tirs amis nourris seme la discorde au PS.


    • jaja jaja 21 août 2013 11:48

      «  La gauche est cloisonnée dans un rêve de révolution prolétarienne qui n’arrivera jamais. »

      Aladeen le Nostradamus des temps modernes smiley


    • jaja jaja 21 août 2013 11:51

      la suite du commentaire sur l’immigration est franchement hilarante et ne mérite aucune réponse sérieuse....


  • siatom siatom 21 août 2013 11:54

    Le PS aimez le ou quittez le ! C’était en sustance l’ultimatum envoyé par Aubry en 2009 à l’ombrageux catalan.
    L’histoire se répéte.


    • siatom siatom 22 août 2013 09:03

      Morvandieu

      Oui cette fois ci, effet sans doute du beau temps, l’ambiance est plutôt festive.

      Pléonasme dites vous ? J’ai connu des catalans lumineux.


  • HELIOS HELIOS 21 août 2013 14:25

    ... je vais etre different dans le commentaire, mais je trouve qu’avoir une reflexion sur l’avenir n’est pas mauvaise, car c’est bien l’objet de la politique que de prevoir et d’orienter.

    Mais, helas, il y a un mais, pas un petit « mais » mais un gros « MAIS » !!!

    Le gros mais provient de la methode.
    Pour definir un avenir, choisi, parmi un ensemble d’offres dont on sait que certaines sont impossibles, et d’autres inconnues, cela demande un consensus national qui met en place des structures de debat. Cela demande aussi qu’interviennent la « societe civile » comme on dit, dont des philosophes, des professeurs, des scientifiques, mais aussi des entrepreneurs... jusqu’au simple citoyen.

    Notre societe est devoyée, morcelée, diviséee, eclatée par tous ceux qui ne veulent pas que le peuple releve la tête et justement effectue cette demarche d’avenir... imaginez que le resultat soit une sortie de l’Europe !

    Le principal acteur de ce sabotage societal n’est pas un acteur en lui-même responsable et decideur, car on pourrait le contrer, non, ce n’est qu’une courroie de transmission qui est fiere de polluer le discours, et qui en rajoute et se trouve même capable de s’auto contraindre pour satisfaire aux volontés de ceux qui ne le lui demandent pas.
    Vous avez compris, il s’agit de la presse et des media.

    Ecoutez Pujadas ou lire un hebdo c’est la même chose, il s’agit, pour eux, de satisfaire les commanditaires et de ne rien laisser passer. Sans ce relais mediatique, tout debat citoyen, debat d’avenir, est impossible, helas ceux qui rejettent l’autodeterminatiion d’un peuple le savent aussi.

    La demarche du PS a un sens, même si cela ressemble plus a un miroir aux alouettes, une diversion, bref du bruit pour rien. Les « grenelles » avaient plus d’avenir, mais pechaient par les limitation de representativité.

    Alors, demandons plutot au PS d’ouvrir le debat, le vrai debat, ne pas garder les idées pour soi, sans partager et surtout sans ecouter.

    Il nous faut probablement un « gouvernement fantome » pour recueillir l’orientation d’avenir qui nous est necessaire, faisons le et laissons la classe politique s’occuper de ce qu’on leur demande : le quotidien, puisqu’ils ne savent pas et ne peuvent pas faire autre chose, engoncé dans les lacets de l’Europe et de leur ideologie.

    Si le PS voulait trrouver une legitimité vraie, comme les autres parti d’ailleurs, et justifier leur engagement envers les français, alors il faut qu’il organise la modernité, et un debat sur l’avenir est le passage obligé, debat qui ne peut etre fermé, reservé, policé etc....

    Bonne aprem


  • siatom siatom 21 août 2013 14:44

    @ Helios

    merci pour votre commentaire qui éclaire et c’est bien normal avec un tel pseudo ce fil qui commence à s’obscurcir tout doucement avant de s’éteindre.

    Bonne après midi à vous aussi.


  • BA 21 août 2013 15:31
    Un internaute, JoeLeTaxi, a traduit en français une interview explosive de Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, parue dans DIE WELT le samedi 17 août 2013. 

    « L’Allemagne ne peut pas sauver la zone euro »

    Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, s’attend à l’effondrement de la zone euro. Il propose que l’Allemagne quitte l’union monétaire – c’est l’Europe, non l’euro, qu’il faudrait sauver selon lui.

    Die Welt : Monsieur Konrad, le gouvernement a reporté toutes les décisions importantes concernant la crise de l’euro à l’après-élections. Tente-t-on de tromper les électeurs ?

    Kai A. Konrad : Je crois plutôt à un statu quo après les élections. Depuis l’apparition de la crise, la classe politique a toujours tenté de remettre au lendemain les décisions et de procrastiner.

    Die Welt : Considérant le niveau extrême des dettes, presque tous les économistes tiennent des répudiations au moins partielles pour inévitables.

    Konrad : En réalité, les Grecs possèdent suffisamment de richesses pour pouvoir s’acquitter sans aide de leur dette. Mais ils refusent, ou se trouvent dans l’impossibilité, de prendre des décisions aliénant ces avoirs. De ce fait, un nouveau défaut constituerait sûrement une option.

    Die Welt : Selon les estimations de la Bundesbank, la Grèce aura besoin début 2014 d’un troisième plan d’aide. Admettra-t-on alors enfin que ce pays est un puits sans fond ?

    Konrad : Mais la Grèce est déjà un puits sans fond, personne n’ayant jamais prédéfini une limite à ce qu’elle peut engloutir. Le taux d’endettement grimpe, entre autres parce que l’économie du pays se réduit comme peau de chagrin. Ce qui n’empêche nullement la Troïka, c’est-à-dire l’UE, la BCE et le FMI, de continuer imperturbablement à publier pour ce pays les prévisions les plus déconnectées de la réalité.

    Die Welt : Ne vaudrait-il pas mieux que la Grèce quitte l’euro, au moins temporairement ?

    Konrad : Non. Le pays serait alors étranglé par sa dette extérieure. Si l’on veut en finir avec l’Union Monétaire, c’est par les pays du nord de la zone euro qu’il faut commencer. Et si on en arrive là, alors l’Allemagne doit quitter l’euro.

    Die Welt : Il faudrait que l’Allemagne fasse pour la troisième fois exploser l’Europe ? Aucun gouvernement allemand ne s’y résoudra jamais.

    Konrad : L’euro n’est pas l’Europe. C’est l’Europe, et non l’euro, qu’il s’agit de sauver ! Il est vrai que, pour des raisons politiques, l’Allemagne n’est pas en position de sortir la première. Mais les autres pays membres pourraient l’y contraindre. Ce vers quoi nous allons, c’est cela. Dans certains pays, les conditions économiques sont devenues proprement insupportables. Par surcroit, une certaine agitation politique s’y est fait jour. Et si l’Allemagne et quelques autres économies fortes quittaient la zone euro, la valeur de cette monnaie baisserait, permettant aux économies du Sud de recouvrer la santé.

    Die Welt : Le prix à payer serait la ruine de la capacité exportatrice de l’Allemagne.

    Konrad : Cette capacité exportatrice pourrait au contraire en sortir renforcée. L’Allemagne s’est fort bien accommodée, lors des décennies passées, de l’appréciation continue du mark allemand, et a ainsi appris à maintenir sa compétitivité. La situation actuelle n’est pas, à beaucoup près, aussi exigeante. Mais pour cette raison précisément, la capacité qu’elle avait eu de réagir sous la pression s’est évaporée, et cela est dangereux.

    Die Welt : Il n’en reste pas moins que la banque centrale allemande va devoir faire tourner la planche à billet, pour contrer une appréciation excessive du nouveau mark.

    Konrad : En effet, la Bundesbank va devoir acheter des devises étrangères pour des montants considérables, afin de contenir cette appréciation du nouveau mark dans des bornes acceptables.

    Die Welt : Ce qui pourrait précipiter l’Allemagne dans une dépendance sévère – comme la Chine d’aujourd’hui, qui est coincée avec des réserves « himalayesques » de dollars.

    Konrad : Mais les avantages dominent cependant. Les bénéfices dus au seigneuriage seraient gigantesques. On pourrait investir les réserves en devise d’une manière moins conventionnelle, par exemple en instituant notre propre fonds souverain, qui investirait à l’étranger dans des entreprises, de l’immobilier ou des stocks de matières. Par ailleurs, le pouvoir d’achat de la population allemande serait dopé : les voyages, l’essence et bien d’autres choses deviendraient meilleur marché.

    Die Welt : Mais ne craindriez-vous pas une guerre des devises, si l’Allemagne, armée de sa planche à billets, se mettait à racheter le monde ?

    Konrad : Tout au contraire. L’Allemagne n’autoriserait une appréciation du mark que dans les bornes de ce qui serait justifié, ce qui reste impossible à faire aussi longtemps que nous faisons partie de l’euro.

    Die Welt : Revenons au présent. Outre la Grèce, il y aura le Portugal et Chypre, voire peut-être l’Irlande, qui se verront contraints de demander une aide. Sera-t-il possible à l’Allemagne de supporter ce fardeau dont l’ombre menace ?

    Konrad : L’étranger se représente l’Allemagne comme une sorte d’Hégémon hésitant. Mais c’est là une surévaluation injustifiée. Les récentes statistiques comparant les richesses respectives des divers peuples européens ont montré que l’Allemagne ne se classait pas si haut. La classe politique et les médias sont restés d’une discrétion de violette sur ce sujet. Nous devons cependant l’admettre : l’Allemagne n’est pas tellement grosse en comparaison de l’UE. Et en comparaison de ses voisins, l’Allemagne, au cours de ces quinze dernières années, s’est sensiblement appauvrie.

    Die Welt : Et donc l’Allemagne ne pourra pas supporter ce fardeau ?

    Konrad : L’Allemagne ne peut pas sauver la zone euro. Qui le croit, s’illusionne. Il est vrai que la BCE a la capacité de prolonger la situation présente, à grand renfort de trombes d’argent, et ce jusqu’à finir par interférer avec les politiques fiscales des pays membres. Mais où cela nous conduit-il ? Le ralentissement de la dynamique économique constaté dans l’ensemble de l’Europe devrait de toutes façons notablement s’accélérer.

    Die Welt : Concrètement, cela signifie ?

    Konrad : L’Allemagne va continuer, dans les prochaines années, à profiter de la crise et à attirer un supplément de main d’œuvre. Cela va conduire à l’apparition, d’un côté de l’Europe, de centres de productivité et de l’autre, des régions emplies de retraités et d’autres bénéficiaires de transferts fiscaux. L’Europe va ainsi se retrouver dans la situation du Mezzogiorno. Ce que cela signifie concrètement, on peut l’observer depuis des décennies en Italie, où le Nord riche et industrieux entretient le Sud pauvre au moyen de transferts fiscaux. Déjà, en Italie, ça ne passe pas très bien. Les tensions que la même chose produirait en Europe constituent pour l’euro un danger létal.

    Die Welt : Quand en serons-nous donc là ?

    Konrad : Il nous reste sans doute quelques années. En 2010, au début de la crise [de l’euro spécifiquement, NdT] je m’étais dit : maintenant ça va aller vite. Mais l’euro a survécu jusqu’à ce jour. Apparemment, un processus de ce genre peut jouer les prolongations.

    Die Welt : La Banque centrale a, en se disant prête à acheter, en cas de nécessité, des emprunts d’État en quantité illimitée, ramené le calme dans les marchés. Mais cet automne, le tribunal constitutionnel allemand va devoir décider s’il y a lieu d’interdire ou de limiter ces achats. Et si c’est ce qu’il décide, que va-t-il alors se passer ?

    Konrad : Rien dans un premier temps. Le tribunal constitutionnel allemand ne peut donner d’ordres à la BCE – et donc ce programme de rachat, l’OMT, resterait intact. Le tribunal pourrait peut-être interdire à la Bundesbank d’y participer. Mais qu’est ce qui empêcherait alors, disons, la Banque de France, de se charger de la part de la Bundesbank en sus de la sienne propre ? Et l’Allemagne n’en resterait pas moins caution de la BCE pour 27% du total. Tout du moins, aussi longtemps que l’union monétaire se maintient.

    Die Welt : Et qu’advient-il si l’union monétaire ne se maintient pas ?

    Konrad : A ce moment-là, chacune des banques centrales se retrouve avec ce qui figure dans ses livres de compte à elle. De ce fait, ces rachats de titres que prescrit la BCE fonctionneraient comme un gage politique : si la Bundesbank se trouvait avoir beaucoup participé à ces acquisitions, un retrait de l’Allemagne de la zone euro coûterait plus cher. Conséquemment, il deviendrait plus facile de convaincre les Allemands de participer à d’éventuels programmes d’aides. Mais si le tribunal constitutionnel interdit ces achats à la Bundesbank, cela apparaitra comme une bonne chose en cas d’éclatement de l’euro ; et de plus une telle interdiction aurait de toutes façons l’avantage de réduire la pression que les autres pays peuvent exercer sur l’Allemagne..

    Die Welt : Somme toute, est-ce qu’une union monétaire sans union politique peut fonctionner ? Et sinon, est-ce que la tentative de créer un super-état européen ne risquerait pas de mettre fin à l’Europe ?

    Konrad : Une union monétaire sans union politique peut fonctionner, mais seulement si les États endettés sont véritablement contraints de se désendetter et si tous appliquent une discipline fiscale beaucoup plus stricte qu’il ne serait nécessaire s’ils étaient en dehors de l’union monétaire. Je pense ici à un ordre de grandeur de 10% du PIB. Mais les réalités politiques, on le sait, sont tout autres. Une autre alternative serait une union politique véritable, formant un État central unique, très fort, ayant une légitimité politique très forte aussi… mais il s’agit là de pensée magique, qui n’a rien à voir avec les réalités politiques de l’Europe.

    Article traduit par JoeLeTaxi.


  • TSS 21 août 2013 16:21

    http://vimeo.com/56093731

    un aperçu de 2025...(peut être) !!


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