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En recevoir ou pas ? - AgoraVox le média citoyen
mercredi 25 novembre 2009 - par L’enfoiré

En recevoir ou pas ?

Travail rémunéré ou bénévole ? Recevoir de l’argent pour sa peine ou donner et c’est gratuit ? Voilà les questions qui nous préoccupent.


En recevoir ou pas Bénévolat.jpg
N’a-t-on pas, un jour, tous ressenti le besoin de rendre service sans en espérer un retour financier ? Être solidaire, c’est ça... Enfin, peut-être.

Dans un monde du chacun pour soi, égoïste, on pourrait croire que le bénévolat n’existe plus. C’est tout le contraire. La philanthropie existe, et même là où on on ne l’attend pas.

La période de vie, la plus propice, pour le bénévolat est, bien entendu, la retraite. Le temps n’a, dans cette partie de vie, plus l’importance que l’on voulait lui accorder dans la partie active. Arriver à l’âge canonique de la retraite que l’on veut rendre le plus alerte possible, se rendre utile devient une préoccupation compatible avec les activités plus réduites du retraité. Une volonté de faire le bien surgit, pour le receveur et pour le donneur. Faire ce qui plait sans contrainte, quel privilège. Ils passent, dès lors, leur temps dans les hôpitaux et comblent souvent une carence de poste de travail non obligatoire à première vue mais tellement plus essentiels pour les malades eux-mêmes. Sans eux, des tâches nécessaires mais pas très motivantes seraient abandonnées. L’expérience, tout à coup, garde plus de valeur même si, le plus souvent, les retraités, sont considérés par des jeunes comme des inactifs à éliminer. Non productifs et nuisibles au progrès ? Pourtant, au vu des antécédents et de leur travail, ils font faire tourner la "boutique" avec leurs revenus de retraite agrémentés de quelques excédents épargnés avec le temps.

Que les papys continuent à boomer, écrivais-je. C’est toujours vrai. Ils peuvent mieux assumer après avoir assuré. Les protections sociales ont pu, vaille que vaille, apporté un parachute bronzé ou argenté. Le bénévolat permet de rester "in". L’expérience de toute une vie, trop vite mise en jachère, n’est pas n’est pas ainsi perdue.

Méconnue, cette aide supplémentaire bénévole prend une part importante et fait partie de l’ensemble d’une manière implicite en oubliant les frais inhérents à la charge.

Au total, un million et demi de dévoués en Belgique.

Tout le monde y gagne un peu, donc : les retraités, parce qu’ils ne se sentent pas seul et qu’ils retrouvent un peu d’activité que la mise à la retraite imposée par le temps ou par les soucis de rentabilités.

Il n’est pas rare d’observer des situations dans lesquelles le plaisir de construire, de laisser une trace de son passage, d’utiliser ses hobbies au mieux, deviennent tellement importantes que l’argent n’est plus le nerf de la guerre. Améliorer la vie d’autrui, soulager les misères sont des envies bien humaines. Le bénévolat est un don de soi. Les gens qui choisissent de s’y adonner dans des associations n’attendent pas de merci. On ne donne pas pour recevoir dans ce monde avec un âge respectable. Depuis mi 2005, ils sont mieux assurés. Les associations sont civilement responsables des dommages causés par leurs volontaires. Il ne faut pas croire que ce sont les vieux qui sont les seuls dans les rangs du bénévolat. L’enthousiasme peut venir d’ailleurs aussi. Une nouvelle loi va faire sentir ses effets de protection et de reconnaissance. Mille euros par an de compensation seront acceptés sans aucun document justificatif pour encourager le phénomène. Un pourboire, il faut bien l’avouer.

L’UNICEF, United fund, les sapeurs pompiers volontaires, et bien d’autres voies dépendent de législations attribuées au volontariat.

Se rendre utile est devenu tellement motivant que de ne pas faire le premier pas dans le don de soi se résume à rater une marche du bonheur. Le bénévole est en fait la reconstruction de l’image de soi. Donner de son temps, de son énergie et de sa compétence donne de nombreux motifs de satisfaction. Un dialogue plus ouvert, plus libre, moins perverti par l’argent permet de faire connaissance plus profondément par la communication sans la contrainte de la hiérarchie. Un monde où tout le monde y trouve son avantage.

Stop... arrêtons l’angélisme. Rembobinons.

En recevoir ou pas_20.jpgLa période de crise que nous vivons, a laissé des jeunes sans travail. Des élans généreux. apparaissent chez eux. Vouloir participer à la vie active et publique pour s’occuper. Pour exister, parfois, tout simplement. Philanthropie voulue ou forcée ? Voilà, la question.

Le périodique "Le Vif" en mai 2007, avait fait une enquête sous le titre "Bosser gratis rend heureux". Surprenant, d’après lui, 56% des bénévoles se retrouvent parmi les moins de 25 ans. Le désœuvrement et le chômage explique cette volonté d’être utile. Le "manque de temps", le rythme trépident de la vie qui veut briser tout espace-temps expliquent le manque de participation des "middle life". Les aînés sont arrêtés par des problèmes de santé et la peur de quitter le "home sweet home" et les risques de l’opération. La volonté politique de rassurer et d’apporter les soutiens sont nécessaires.

« Le bénévolat est en danger, il faut l’aider » écrivait La Libre. La raison généralement invoquée « manque de temps ». La culture, le sport, les loisirs (44%), le social et la santé (41%) sont dans l’ordre, les activités les plus représentées. Motiver est le mot principal. Aider la motivation sera le concept suivant et pas seulement sans argent.

Le journal l’Écho donnait sa version aux antipodes "Le bénévolat ne connait pas la crise". On parlait, à l’époque d’avant crise, du bénévolat aux Etats-Unis. Le secteur de la charité affichait complet... faute de moyens financiers. Les dons se sont raréfiés. Si l’altruisme a la cote, il doit s’organiser et les nouvelles solidarités dans un nouveau contrat social ne carbure qu’avec autre chose que du bénévolat quand il s’agit de gérer pour en tirer les avantages en défaut. Les Associations sans but lucratifs, les Fondations, en tant que qu’institutions, sont des personnes morales, créées par un ou plusieurs donateurs pour accomplir une œuvre d’intérêt général. Ce qui ne veut pas dire qu’elles puissent fonctionner sans besoins de moyens qui sortent de la seule bonne volonté. Une entreprise effectue une dotation initiale importante pour obtenir le privilège d’avoir des exonérations de taxes. Les Fondations ne sont pas considérées de la même manière dans tous les pays et essayent essayent de se sortir des fiscalités des pays trop exigeantes. Le profit vient souvent d’ailleurs, De dons et de bénévolats. Est-ce qu’elles sont masquées par derrière des buts plus individuels ? Certains n’ont pas manqué de pointer la Fondation de Bill-Melinda Gates qui pourrait orienter la recherche scientifique vers un objectif moins innocent qu’annoncé pour finir par tous désorienter de ses prérogatives.

On entend à juste titre que tout travail mérite salaire. C’est dans les Droits de l’Homme en toutes lettres. Pas de doute. Même s’il n’est pas précisé la hauteur de ce salaire. Est-ce l’idée du rien pour rien, du donnant-donnant ou une obligation du meilleur et du pire ? Le donnant-donnant ne sera jamais égalitaire.

Sans finances, pour vivre, cela devient difficile. Le « Time is money » est toujours d’actualité, mais sous une autre forme, un autre couvercle. Dans nos vies trépidantes, le temps est devenu plus rare, donc plus cher. Le sentiment est qu’il faut gagner vite et beaucoup pour s’assurer ses arrières. Apporter ce qu’il faut à sa famille n’est plus suffisant, le superflu s’impose de fait par la pub qui le cautionne.

Dernièrement, j’assistais à une scène typique entre un père et son gosse qui pleurait parce qu’il n’avait pas reçu ce qu’il voulait. Le père de répondre :

- Regarde derrière moi, la belle télé à écran plat, tu crois que je n’ai pas envie de me l’acheter ?

Nous sommes tous pris dans un canevas de consommation dans lequel le bénévolat se perd en conjectures et n’est pas le plus rassurant.

En recevoir ou pas_LeChat.jpgCar, il y a périls en la demeure à vouloir trop faire gratuitement. D’abord, une tendance au nivellement vers le bas de la société. Une concurrence déloyale vis-à-vis des actifs. Car, le bénévolat, le travail gratuit, c’est aussi prendre la place de quelqu’un qui attend d’obtenir une place rémunérée. Fonction taxée, donc qui reste solidaire, mais moins exclusive. Car dans le contrat, du bénévolat, il y a trois signataires : le bénévole, le receveur de l’aide bénévole et l’État qui ne reçoit plus son obole. Un manque à gagner qui oublierait une partie de la triangulaire, en quelques sortes. Le gouvernement ne fait pas nécessairement les yeux doux à cette manière de pratiquer sans ces rentrées fiscales.

Les syndicats en rajoutent une couche dans le même sens. Ils ne sont pas trop chauds d’accepter le bénévolat dans l’idée bien réelle que le bénévole vole ce poste de travail rémunéré. Des profiteurs se présentent aussi dans le collimateur. La reconnaissance du travail accompli n’est pas toujours au rendez-vous par les gestionnaires de ces hôpitaux, qui ne oublient de faire une différence entre rémunérés ou non rémunérés.

Sur Internet, le tout gratuit est à la mode. Du moins, le croit-on. Il est heureux de constater qu’un vent de bénévolat existe derrière les forums. Ceux-ci sont devenus les planches de salut pour meubler le temps de l’absence d’emplois.

L’informatique a fourni des débouchés à des bénévoles en herbe qui se sont mis à développer par plaisir des logiciels libres de droit concurrençant de ce fait les sociétés de software bien en place. Les "freewares", les "Open Source" sont de ceux-là. La publicité se greffe de manière pour répondre au besoin de rentrer dans les frais de l’auteur. Les forums, les blogs, les bibliothèques citoyennes en temps de crise, trouvent pourtant de moins en moins de sponsors publicitaire. Des aides en contribution sont demandées. Des participations récurrentes seraient plus judicieuses mais demandent, dès lors, une vision citoyenne plus proche des résultats et du modus vivendi. Problème de transparence qui n’est pas toujours apprécié. Participer financièrement demande pourtant une ouverture bien plus "participative". La démocratie n’est pas uniquement dans les urnes, même si dans le monde des affaires, ce n’est pas encore le travailleur qui décide des tenants et des aboutissants. Dans le monde du gratuit, il en va tout autrement.

Le logiciel « Open Office » gratuit, c’est magnifique, mais c’est copier un original. "La différence, c’est la même chose qu’entre BAR et OPEN BAR", lisais-je dans un journal spécialisé. Il ne faut surtout pas brusquer l’utilisateur avec des nouveautés. Il en existe même qui résiste aux difficultés qu’elles soient en OPEN ou en CLOSE, était-il constaté.

Donc, pas question d’avoir raison trop tôt et de sortir des chemins battus sans biscuits. Foi d’informaticien, le design, c’est la base, c’est toute la différence entre risque et sécurité. Le prix se trouve dans le rapport prix-performance inconnu au départ. L’invention, n’a qu’à bien se tenir, comme conclusion. Le dernier Windows 7, ce sont les utilisateurs « pratiquants » qui ont eu l’honneur de donner leur conseils avec des versions en « pre-release ». Changement notable.

L’épisode 138 de la loi HADOPI a prévu ses décrets d’application le mois prochain. Logique de sécurisation imposée aux internautes ou à tous les acteurs de la vie en société. Invalider les possibilité de couper l’accès à Internet, la répartition des bénéfices chez créateurs dans la plus grande partie était mon souci majeur, pas le principe. Protéger la création s’est transformé en outil de raccourci du délais d’exclusivité de l’exploitation des films en salle à 4 mois. Il y a un effet secondaire à la posologie, évidemment, mais que je ne reprendrai pas puisqu’on en a parlé sur d’autres antennes. L’enfer est toujours pavé de bonnes intentions.

Les brevets cassent le progrès, entend-on. S’ils ne protégeaient pas les sociétés créatrices par des copyrights, ils ne pourraient pas rémunérer les recherches. La création en prendrait un coup et ne pourrait s’étendre d’une manière universelle. La conception du "système" est fondamentalement juste. Seuls, les objectifs sont mal définis et les bénéfices mal orientés et partagés.

Dernièrement, les journalistes, vu le manque d’audience des journaux officiels, remettait le couvert et pointaient, peut-être à juste titre, les blogueurs sur la sellettes des fautifs, des mangeurs de postes officiels et rémunérés. Les internautes n’ont pas le "métier" pour exercer le transfert d’informations. Ce n’était pas la première fois. Le problème était soulevé déjà en 2005 avec les blogs encore gestation. L’année passée, une émission télé ,complète, était consacrée au sujet avec un certain humour avec les forums comme pierre de touche.

En recevoir ou pas_50.jpgLa crise aidant, la moutarde monte et on se défend de plus en plus fort de part et d’autre. Tout dépend de ce que chacun des bords se charge de traiter dans l’information. Seul l’originalité aura le dernier mot. La complémentarité, voilà la solution à rechercher. Copier l’objectivité vraie ou fausse ou rendre l’information à l’échelle de la population avec plus de la subjectivité. En un mot, "humaniser" l’information. Les journalistes ont du soucis à se faire., était-il dit. Les internautes, tout autant. Les lecteurs sont tellement volatiles dans leur besoin vu l’étendu de l’offre. La fidélité des consommateurs d’informations est tellement peu sûre. Tous pourraient se retrouver perdants. L’information, elle, ne demande pas mieux d’être diffusée à sa juste valeur. Elle ne sera que ce que ses diffuseurs en font. Par une volonté d’intéresser, comme point d’honneur. Par l’intermédiaire de buts moins avouables, cela laisse toujours des vaincus dans leurs rangs. Les gâche-métier, ce serait eux.

Assurer du côté les donneurs et les receveurs du bien fondé, en espérant qu’il n’y pas trop d’intermédiaires, est devenu l’équilibre de base.

En recevoir ou pas_Actif.jpgEnfin, un moment et un monde où l’on travaillera vraiment pour soi et peut-être un peu pour les autres. Gagner son paradis dans la solidarité ? Question très intimiste.

Beaucoup d’organismes ne survivent que grâce au bénévolat. Il est seulement à rappeler que le bénévolat n’est pas à considérer comme une entreprise comme une autre et qu’elle ne peut "écraser" les prix et les "payés pour".

Le "gratuit" est une denrée rare de nos jours et en profiter sans se sentir redevable d’aucune sorte pourrait faire s’évader la "poule aux œufs d’or". Apporter une participation aux frais de ces généreux donateurs ne peut être oublié. Que cette contribution proviennent de celui qui en jouit au premier chef ou celle de l’État n’a pas vraiment d’importance puisque l’État, c’est nous. Désolé pour ceux qui en doutaient, si l’argent est laid, un monde sans argent est un monde sans potentiels.

En recevoir ou pas_Triste.jpgPour le changer, en faire un monde sans argent, il restera à ’inventer.

Question de design ?

Non, c’est bien plus dur, encore. Il s’agirait plutôt de mentalité, de faiblesses humaines et peut-être aussi d’humilité.

Mais, quand le bonheur des uns fait, aussi, le bonheur des autres, tout est parfait. Les sacerdoces deviennent réellement généreux.

Ça arrive. Mais, c’est loin d’être garanti sur facture.

 

L’enfoiré,

 

Liens : Précarité pour tous, la norme du furur ?

 

Citations :

  • "Bien des métiers marchands pourraient être remplacés progressivement par des activités gratuites et bénévoles, ce qui pourrait réduire la nécessité de disposer d’un revenu pour en bénéficier.", Jacques Attali

  • "Si on payait mieux les bénévoles, ça donnerait peut-être envie à plus de gens de travailler gratuitement.", Philippe Geluck

  • "L’honnêteté dans les affaires consiste à posséder à son compte en banque l’argent qu’on refuse à ses créanciers. », Philippe Bouvard

 



22 réactions


  • hengxi 25 novembre 2009 12:36

    Supprimez le bénévolat et plus de sports dans les petites villes et les campagnes, plus d’associations culturelles, uniquement ce qui rapporte et vite.

    Etre bénévole ne veut pas dire perdre de l’argent, c’est pourtant souvent le cas de nombre d’entre eux, quand ils ne sont pas inquiétés en cas d’accident ou autres.

    Tiens l’Europe qui est si prompte à faire des règlements, ferait bien de se pencher sur une charte Européenne du bénévolat.


    • Fergus Fergus 25 novembre 2009 17:29

      100 % d’accord avec Hengxi.
      Voilà un problème que j’ai en effet bien connu dans un secteur où le bénévolat est désormais mis en danger par des règlements tatillons qui risquent de le tuer (par exemple : responsabilité civile d’un dirigeant qui transporte des gamins dans sa voiture). Et pas d’indemnité pour ces bénévoles-là, mais des dépenses de carburant et souvent de casse-croûte ou boisson spour les jeunes.


  • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 12:48

    Bonjour hengxi,
     Je pouvais être pris, avec mon article, comme un libéral pur et dur. Faux. Et pourtant, je suis bien plus pragmatique.

     « uniquement ce qui rapporte et vite »
    >>> Je suis d’accord avec la première partie, moins avec la seconde. Il faut donner le temps au temps. Ce « vite » génère des distorsions avec les réalités. On construit sa vie. On ne la démolit pas en écrasant l’accélérateur. La conversation que j’ai introduite dans l’article, n’est pas inventée.
    Regardez aussi notre crise. Vouloir progresser et s’enrichir dans son fondement est naturel et sain. Les américains se sont cassés à la suite de cette fuite en avant sans assurer ses arrières. Les américains, je les connais depuis bien longtemps. Des reviews trimestriels, une manie, comme si les choses progressaient ainsi.
    Mais il faut les pièces dans le bon ordre. Foi d’informaticien,un vieux de la vieille.
     
     « être bénévole ne veut pas perdre de l’argent »
    Absolument. Mais il peut en faire gagner chez l’utilisateur. A une balance, il y a toujours deux plateaux.

    « l’Europe... ferait bien de se pencher sur une charte Européenne du bénévolat. »

    >>> Absolument.
    Merci, pour m’avoir permis d’éclairer le but de l’article.

     


  • M.Junior Junior M 25 novembre 2009 13:05

    Les différentes formes d’échanges :
    Je te laisse un commentaire ICI
    Tu me laisses un commentaire

    Je peux émettre un vote négatif ou positif, tu peux faire de même.

    Et s’il n’y avait pas d’échange, qu’est-ce que cela montrerait sur celui qui s’interroge sur cette question ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 13:19

      Junior M,
       Je viens de répondre sur un autre article à Le Furtif.
       Lui a plus décelé qui j’étais. Je lui ai répondu dans ce sens.
       Les votes, les commentaires, je m’en balance.
       Ce sont les idées qui importe et le futur qui se dessine à l’horizon.
       J’aurais pu me reposer sur mes deux oreilles. Je suis parmi les retraités.
       Je n’écris pas pour moi. Un peu, cela permet de garder les neurones éveillés.
       Je l’ai écrit dans un article anniversaire. C’était en 2006.
       Je laisse souvent des commentaires à gauche et à droite, je n’ai jamais été avare de ce côté.
       Je m’en vais voir le vôtre.
      A+


    • hengxi 25 novembre 2009 13:22

      Il est donc dorénavant interdit aux rédacteurs de commenter d’autres articles, c’est le Monsieur qui l’a dit.

      Et il serait même bien que les rédacteurs ne votent pas pour la publication d’autres articles, comme cela plus d’Agora.

      Ca va comme ça ?


    • M.Junior Junior M 25 novembre 2009 13:48

      J’étais pas né en 2006 :=) mais bon j’étais pas né en 1665 et je connais Louis XIV, nous en revenons à la question du référencement. Les idées survivent parfois à l’homme.


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 14:19

      Comme je dis souvent « Du choc des idées jaillit la lumière ».
      Entre nous, je préfère un commentaire bien poilé, critique, que des bravos et des hourras.
      Je vais souvent à contre courant avec mes articles si vous ne l’avez pas remarqué.
      Ne le répétez à personne évidemment. Je pourrais en voir des vertes et des pas mûrs.
      Guy alias l’enfoiré (avec minuscules SVP)


  • Gabriel Gabriel 25 novembre 2009 13:46

    Supprimer le bénévolat équivaudrait à amorcer une bombe sociétale terrible. Une grande partie de la paix sociale est maintenue par les associations de bénévoles qui distribuent des repas aux affamés, logent en période se froid des SDF, soignent des personnes en fin de droit, servent de soutient scolaire, soutient aux victime, aux malades etc etc . Tout ce bénévolat est un palliatif au manquement de l’état. Je vous laisse maintenant imaginer la disparition de tout cela et bonjours l’anarchie, la révolution. Quand la souffrance n’à que sa misère à perdre nul équilibre ne peut être tenu. 


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 14:23

      Gabriel,
       Absolument. Vous avez totalement raison. Des entreprises ne travaillent qu’avec des bénévoles et savent très bien y faire avec le respect qui s’impose.
       Dans les hôpitaux par contre, là où il y a mélange, on ne se protège pas ou plus pour faire la distinction.
       Nous avons « Les petits rien » et bien d’autres. Je l’ai dit en Belgique 1,5 millions. J’en étais surpris devant ce chiffre. Manquement de l’Etat aussi. C’est peut-être pour cela qu’il ferme les yeux sur le phénomène.
       J’aime beaucoup votre dernière phrase.


  • Fergus Fergus 25 novembre 2009 17:36

    Salut, L’enfoiré.

    L’une des principales questions posées par le bénévolat est à mes yeux celle de la mise en concurrence avec des emplois salariés.

    Dans de nombreux secteurs, l’activité bénévole n’impacte pas l’emploi car elle s’exerce sur des activités, par exemple de loisirs, qui n’entrent pas dans la logique marchande.

    Dans d’autres, au contraire, elle crée une concurrence difficilement acceptable dans un monde du travail fragilisé par la crise et appelé à se contracter encore dans l’avenir.

    Oui au bénévolat, mais exercé avec discernement. Dans le monde salarial, il peut par exemple revêtir la forme d’un tutorat pour aider des jeunes à se former sans prendre pour autant la place qui leur revient dans la société.

    Bonne journée. 


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 18:00

      Salut Fergus,

       Tout à fait. Pas beaucoup à ajouter.
       J’ai commencé par les dit « vieux » qui eux en principe des rentrées fixes qui même si elles sont « légères » sont fixées et donnent l’assurance de ne pas tomber dans une situation pire encore avec le risque de perdre son emploi dans la vie active. Ils font avancer le schmilblick à leur rythme et c’est tant mieux pour la société.
       Quand il entre en compétition complète avec des professions, là il y a danger.
       J’ai associé volontairement beaucoup de choses dans mon article.
       Car l’antagonisme est encore plus virulent qu’entre sociétés en place et ce qu’on appelle le « libre ». Les sociétés comprennent souvent mieux un adversaire compétiteur qu’une mouvance qui se cache derrière un linux ou tout ce qui est dit « Open ».
       La concurrence est saine mais pas quand elle casse le prix.
       Les journalistes qui sont vilipendés sur cette antenne et sur les blogs, ont du mal à contrer ces « emmerdeurs » qui n’ont même pas le « métier », comme ils disent.
       La guerre est de plus en plus ouverte au fur et à mesure que le bord adversaire s’organise.
       En 2005, contre les blogs, ils disaient « mais on se battra ».
       L’année passée, ils sont passés à la vitesse supérieure en le prenant à la rigolade (cf vidéo). 
       La glissade a encore été plus efficace en invitant un internaute et en le mettant sur le gril de questions style « mitraillette ». Je suppose que vous savez de qui je parle.
       Le « discernement » dont vous parlez, est quelque chose qui mérite un rhéostat pour ajuster en permanence, ce lien ténu entre acceptable ou qui dépasse la limite à ne pas franchir.
       Personnellement, j’avais proposé mes services en informatique pour une école du 3ème âge. Il n’en a pas été tenu compte. Je suis sorti du jeu. Puis, les années passent et en définitive, on a lâché la bride et le goût aussi.
       


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 18:07

      J’oubliais : « Bonne soirée »


  • finael finael 25 novembre 2009 19:04


    Salut l’enfoiré !

    Tu as raison de « réserver » le bénévolat aux retraités ... ou aux rentiers.

    Figure-toi que jusqu’à récemment toute activité bénévole était interdite aux chômeurs ! (ils devaient se consacrer entièrement à leur recherche d’emploi).

    Sinon quelques retours d’expériences :

    - J’ai travaillé bénévolement pour le téléthon ... maintenant je sais que c’est une arnaque monumentale.

    - Je ne dépanne plus bénévolement les quidams en bisbille avec l’informatique : les gens se passent l’info de bouche à oreille et on est assailli de demandes. Alors quitte à passer des centaines d’heures à faire mon métier, autant être payé !

    - Dans le domaine qui m’intéresse actuellement : la généalogie comme tu le sais, je ne suis pas vraiment d’accord : Alors que nos deux grands pontes français actuels : Jean-Louis Beaucarnot et Pierre-Valéry Archassal font campagne pour le bénévolat intégral, ils oublient de dire qu’eux mêmes, en publiant des livres et des articles, en faisant des émisions de radio et de télé, y ont gagné plusque confortablement leur vie (faites ce que je dis maisne faites pas ce que je fais).

    J’ai recherché, numérisé, restauré, transcrit des dizaines de documents, numérisé et restauré des centaines de photographies. C’est un investissement et pas seulement en travail, mais aussi en moyens techniques et en déplacement ... pouquoi n’en tirerais-je pas quelquechose ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 19:20

      Salut Finael,
       
       J’habite en appartement dans une copropriété comme beaucoup de Bruxellois.
       Je suis assesseur bénévole depuis 1995 dans la gestion parallèle à un gérant qui lui est payé. Un titre fumeux : « commissaire aux comptes »..... !!!
       Quand il s’agit de faire payé ses frais de téléphones fixes ou mobiles, de papier, de l’encre de l’imprimante, ce n’est que récemment que l’on a parlé de faire payer un forfais.
       Notre nouveau président avec qui je « travaille » a déjà fait gagner pas mal de factures demandées deux fois pour le même travail de l’entreprise.
       Le temps qu’il faut pour découvrir les erreurs, je ne dois pas t’en donner des précisions, à certains moments, c’est du « full time ».
       Comme je le disais sur le site de Miss Canthus qui elle avait un problème de clôtures avec son voisin, trouver les compromis les plus acceptables quand on sait que la solution parfaite n’existe pas, devient une opération de force.

       Je connais les opinions de certains sur le sujet.
       Pas difficile, ils ne sont pas venus pour commenter.
       Plus facile de se mettre sur la vague et être porté par elle.
       Le bénévolat, c’est tellement beau, tellement profitable pour tous, sauf peut-être pour celui qui le pratique et qui doit l’assumer.


  • ObjectifObjectif 25 novembre 2009 21:03

    Bonjour,

    Merci pour ce bel article.

    Le don est la marque de l’amour vrai, désintéressé.

    L’échange est lié à la peur de manquer, puis de ne pas en avoir assez, il conduit aux douleurs partagées du déséquilibre, pourtant sûr.
    Et l’échange, le troc, conduit à la monnaie, puis à la centralisation du pouvoir par le taux d’intérêt.

    Il peut aussi y avoir des demandes d’échange camouflées en don voire en « amour », en fait en « amour social », encore plus douloureux.

    Le don désintéressé peut créer un lien de la part de celui qui reçoit, dont il voudra se libérer en rendant, en payant.

    L’échange décalé dans le temps, en particulier grâce à l’argent, crée le souvenir de l’échange non équilibré et crée l’attente du rendu : peuplant à la fois le passé et le futur, il nous éloigne du présent et de la vie.

    On ne peut donner que du service, car comment matière devient-elle propriété ?

    Et pourquoi « rendre service » et pas « donner service » ?

    La différence entre don et échange, c’est la base des problèmes de la société occidentale.


    • L'enfoiré L’enfoiré 25 novembre 2009 22:23

      ObjectiObjectif,

       Vous pensez bien que j’ai pensé vivre d’amour et d’eau fraiche quand j’étais jeune.
       J’ai connu mai 68. Epoque où on pensait que tout était possible. Sans « tourner » avec des fleurs dans les cheveux, la jeunesse de cette époque n’était différente que par le nombre d’emplois disponibles qui ont considérablement diminués aujourd’hui.
       Les heures de travail supplémentaires ne se comptaient même pas quand on aime ce qu’on faisait. 
       Puis, en avançant en âge, on remarque qu’on s’est trompé quelque part.
       Que l’échange ne correspondait pas à nos espérances. On découvre que les « précédents » n’avaient pas fait mieux.
       
      « La différence entre don et échange, c’est la base des problèmes de la sociétée occidentale », dites-vous.
      Ca c’est une fausse idée. Regardez ce qui se passe en Chine, en Inde et les autres en orient. Ils ont tous copié « bêtement » notre occidentalisme.
      J’aurais espéré qu’ils ne prennent pas ce chemin. Qu’ils nous apprennent avec la sagesse de Confusius. Et non, c’est pas ce qui s’est passé.
      Les voitures, acheter tous les produits de consommation sont bien dans les étalages et pas d’outils de troc. L’argent n’est là que pour faciliter le troc, pour harmoniser les prix. L’or était la monnaie d’échange au départ. Les banques ont pensé à introduire les papiers comme valeur marchande. Que les banques sont la boîte à conserve à monnaie ne change rien. 
       
      « donnez service » n’est-ce pas ça, justement ?
      Période où le service est rendu dans un échange de bons procédés ?
      C’est un peu comme cela que je définis l’amour et l’amitié. : Un échange de bons procédés" comme je l’écrivais. Sinon, les surprises seront du parcours.
      Rappelez vous les conclusions que j’ai faites. Tout y est dit.
       


    • ObjectifObjectif 26 novembre 2009 08:47

      Bonjour,

      «  »La différence entre don et échange, c’est la base des problèmes de la sociétée occidentale", dites-vous.
      Ca c’est une fausse idée. Regardez ce qui se passe en Chine, en Inde et les autres en orient. Ils ont tous copié « bêtement » notre occidentalisme.« 

      J’ai écrit »société occidentale« , pas »pays occidentaux«  : votre exemple confirme que le problème est bien dans les principes de la »société occidentale« , dont la base est l’échange et non pas le don.

       »la jeunesse de cette époque n’était différente que par le nombre d’emplois disponibles qui ont considérablement diminués aujourd’hui." Je ne pense pas que le nombre d’emploi ait diminué sur terre, ce qui a diminué c’est le salaire correspondant, qui ne permet plus de subvenir aux coûts de vivre.

      Mais ce qui apparait, c’est que l’on peut travailler sans argent en échange, en cultivant sa nourriture, ou en donnant aux autres, par envie, comme avec les logiciels ouverts.

      Du coup, on ne se sent plus obligé de travailler pour ceux qui ont l’argent : c’est un auto-esclavage qui s’effondre dans cette crise.


    • L'enfoiré L’enfoiré 26 novembre 2009 09:10

      ObjectifObjectif,

      « J’ai écrit »société occidentale« , »
      >>> vous avez raison. Dans ce sens, c’est exact.Le concept d’occident a beaucoup varié dans le temps. Il faudra peut-être compter les pays que j’ai nommé.

      "Je ne pense pas que le nombre d’emploi ait diminué sur terre, ce qui a diminué c’est le salaire correspondant, qui ne permet plus de subvenir aux coûts de vivre.« 

      >>>Là, je suis désolé de devoir vous dire le contraire. N’oubliez pas que j’ai été informaticien. Si la vie n’était pas plus simple, mais je me souviens très bien, on venait chercher les gens qui avaient des dons pour le sujet. Comptez le nombre de CV avant d’avoir une chance de décrocher un emploi. Normal. Pour faire un même travail, il faut bien moins de main d’oeuvre. Comptez le nombre de postes perdus même dans une profession qui avait le vent en poupe. Perforatrices, opérateurs, programmeurs, techniciens et j’en oublie.
      L’informatique n’est pas tout. Mais elle a souvent été le précurseur pour beaucoup d’autres métiers.
      Le salaire a suivi la chute des besoins. Le »tout gratuit« , les jeunes ne comprennent pas qu’il y a un effet boomerang. Travailler plus pour gagner plus ? Non, travailler mieux et gagner plus.

       »...sans argent en échange, en cultivant sa nourriture, ou en donnant aux autres, par envie, comme avec les logiciels ouverts."

      >>> Tout à fait. Mais il y a, comme je le disait dans l’article, une obligation de rôle de suiveur des mieux en place pour des raisons financières (pub, marketing....). Regardez la fréquentation de MS par rapport aux autres. Mais MS, n’est que le niveau software de l’IBM de hier, au niveau hardware.

      « c’est un auto-esclavage qui s’effondre dans cette crise. »

      >>> Exact. Esclavage parfois consenti quand le travail n’est plus un travail et devient un hobby comme je l’ai considéré pour le mien. J’ai eu de la chance.


  • zelectron zelectron 26 novembre 2009 00:02

    « On entend à juste titre que tout travail mérite salaire. » rectification : tout bon travail, le mauvais n’en parlons pas par pudeur.


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