mardi 16 juillet 2013 - par PRCF

En sortir ou y rester ?

En septembre 1992, le PCF fut, avec la CGT d’H. Krazucki, le fer de lance du Non à Maastricht. Un Non lucide qui, malgré la propagande oui-ouiste du tandem Chirac-Mitterrand, rassembla 49% des Français contre un Traité cyniquement totalitaire(l’article VI de Maastricht rend obligatoire « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée »).

Aujourd’hui, les sondages indiquent que, expérience faite des « beautés » de la « construction » européenne, 67% des Français voteraient Non à Maastricht s’ils étaient de nouveau consultés à son sujet. 55% de ces mêmes électeurs (72% chez les ouvriers, 62 % des 18/25 ans…) avaient d’ailleurs voté Non à la constitution européenne un certain 29 mai 2005… Un verdict « souverain » que Sarko et Hollande ont aussitôt piétiné… en faisant avaliser le Traité de Lisbonne par la voie parlementaire.

On aurait pu croire que dans ces conditions – celles d’un rejet populaire massif de la destructive UE – la direction actuelle du PCF prendrait appui sur le juste positionnement passé du Parti pour impulser l’opposition populaire à l’UE et à ses proconsuls successifs, qu’ils aient nom Sarko ou Hollande ; et que sur cette base d’airain, le PCF se donnerait les moyens de redevenir le grand parti qu’il était encore, malgré de premiers et graves abandons idéologiques, à l’époque où G. Marchais défendait à la fois le drapeau tricolore de la nation et le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau.

Il n’en est rien, hélas ! Devenu le président de la Gauche Européenne, le secrétaire actuel du PCF-PGE pourra bientôt postuler au Prix Charlemagne, attribué chaque année par Bruxelles au meilleur défenseur de la « construction » européenne. A la suite de la « commission économique » du PCF, qui vient de publier un texte qu’aurait pu contresigner Moscovici, la direction du PCF monte en première ligne pour défendre en son principe la monnaie unique menacée par les vilains souverainistes.

Et de nous expliquer que si la France sort de l’euro, il y aura une récession terrible, que ce sera affreux pour l’emploi, les services publics et la production industrielle, sans parler de l’Europe du sud, qui se sentira abandonnée… Qu’en conséquence, il faut revendiquer un « autre » euro et une « autre » UE, comme il faut sans doute, tant qu’on y est, exiger une « autre » mondialisation, une « autre » OTAN et pourquoi pas, un « autre » capitalisme…

Le malheur, c’est que toutes ces calamités, que MM. Boccara, Dimicoli, Laurent et consorts nous prédisent pour demain si nous quittons l’euro, nous les vivons déjà aujourd’hui à cause de l’euro et de l’UE, ces armes de destruction massive utilisées par le capital contre l’emploi, les services publics, la liberté des nations et la solidarité entre les peuples. Exceptés les « économistes » du PC-PGE*, chacun peut en effet vérifier ce que le PRCF, fidèle au vrai PCF d’antan, n’a cessé d’affirmer depuis sa fondation : l’EURO, l’UE, ce n’est pas si nous en sortons que nous ne nous en sortirons pas, c’est au contraire si nous n’en sortons pas que nous « y resterons »… et que toutes les conquêtes de notre peuple depuis 1789 y passeront sans la moindre exception !

La question se pose alors : que s’est-il donc passé entre 1992 (où même le super-européiste Robert Hue affirmait que « la monnaie unique est antinomique de progrès social ») – et aujourd’hui, qui ait influencé la direction du PCF, au point qu’elle choisisse désormais – pour le plus grand profit du « souverainisme de droite » ravi de dévoyer la fronde anti-UE de notre peuple – de s’accrocher à la bouée de plomb de l’ « Europe sociale », de la « refondation de l’UE », de l’ « autre euro » et des autres sornettes social-maastrichtiennes qui enchaînent de nos jours la Place du colonel Fabien aux eurocrates de la rue de Solferino ?

La réponse est hélas très simple : il s’est passé la « mutation » (aujourd’hui, on dit la « métamorphose ») du PCF, c’est-à-dire en clair, l’abandon du marxisme-léninisme et de l’ancrage prioritaire du PCF dans le monde ouvrier, en un mot, l’abandon des positions de classe anticapitalistes et anti-impérialistes.

Il s’est passé que le PCF, conduit au suicide politique par ses dirigeants « euro-constructifs », est devenu le prisonnier volontaire de la Gauche Européenne, cette courroie de transmission de Bruxelles et de l’Internationale « socialiste ».

Il s’est passé que la direction du PC-PGE, reniant l’héritage patriotique du « Parti des Fusillés », a abandonné la défense de la souveraineté française et qu’il en est aujourd’hui à confondre l’internationalisme PROLETARIEN avec la monstrueuse « construction » d’une dictature continentale pilotée par la Troïka impérialiste Washington-Berlin-MEDEF. Il s’est passé que, malgré les rodomontades des hauts dirigeants du Front de gauche, la direction du PCF est désormais hors d’état de s’affranchir de la tutelle du PS, dont elle partage l’essentiel : l’allégeance de principe à l’intégration capitaliste européenne qui permet la casse des nations AUJOURD’HUI en échange d’une introuvable « Europe sociale » toujours reportée aux calendes… grecques !

Avant que notre peuple ne soit broyé par la tenaille formée par l’UMPS maastrichtienne et par l’UM’Pen réactionnaire, il est donc urgent que les vrais communistes lancent ensemble, en s’adressant aux travailleurs, une campagne communiste permanente pour sortir de l’euro et de l’UE, forger un large Front populaire et patriotique et remettre à l’ordre du jour, non dans les mots mais dans les actes, l’objectif du socialisme pour la France.

PRCF - www.initiative-communiste.fr



10 réactions


  • Jimmy 16 juillet 2013 09:53

    il s’est passé que les dirigeants du PCF et de la CGT sont vendus, ils fréquentent le diner du siècle, on l’a bien vu lors des luttes pour la retraite, ou tout ce que B. Thibault avait à nous proposer c’était des grèves de 24h toutes les 3 semaines avec gentille manif promenade
    une grève de 24h ça ne sert à rien, à quoi bon faire grève si on annonce avant même de l’avoir débutée qu’on va reprendre le travail ?
    quand aux gentilles manifs c’est pareil, on se mobilise et sitôt arrivé à destination on se dépêche de se disperser
    ce sont des traîtres, c’est évident


  • Daniel Roux Daniel Roux 16 juillet 2013 09:58

    Le Traité de Lisbonne a été adopté contre la volonté du peuple français au nom de qui, tout est constitutionnellement décidé. En conséquence, quelque soit la forme qu’ait pris ce coup de force, ceux qui ont voté contre le peuple au Congrès de Versailles, n’avait ni mandat, ni légitimité pour le faire.

    Tout le monde peut savoir ce qui va advenir de notre pays dans les années (les mois ?) à venir. Il suffit de se référer à la crise subie par l’Argentine en 2001. Le maintien de la parité pesos/dollars était institué comme un monument indestructible, même lorsque l’économie a sombré sous les coups des dévaluations compétitives des principaux concurrents et notamment du Brésil. Le dogme a été maintenu malgré l’évidence de l’erreur jusqu’à ce que les plus riches changent leurs pesos en dollars et transfert leur forturne aux US, que le pays soit ruiné, que les guichets des banques doient fermés, les retraits d’argent interdit, que les les dépots bancaires des particuliers soient transformés d’autorité en bons du trésor sans valeur.

    Le taux de pauvreté est monté à près de 60%.

    Ensuite, les usines abandonnées par leur propriétaire ont été reprises par les salariés, de la monnaie de substitution à remplacé le pesos, des marchés de troc se sont mis en place.

    Ce n’est qu’après avoir touché le fond, que le nouveau pouvoir a renoncé à la partité et que le pesos a été dévalué de 50% permettant aux exportations de reprendre et à l’économie de se normaliser.

    Ajourd’hui, la France, c’est l’Argentine en l’an 2000 avec une monnaie exessivement forte, celle de l’Allemagne, des exportations en berne, des importations en hausse. Les riches ont certainement commencé à transformer leur euros en francs suisses ou en dollars. La dette nous étouffe. Nos politiques ne comprennent rien à la situation réelle ou en sont complices. Les banques peuvent fermer d’un jour ou l’autre, les usines déménagent.

    Et dans tous les médias, on célèbre l’Euro, excluant même d’imaginer sa fin pourtant inéluctable, inscrite dans l’histoire aussi surement que l’était celle de la parité pesos/dollars en Argentine à la fin du 20ème siècle.


  • Brice Bartneski bartneski 16 juillet 2013 11:39

    Sortir de cette europe de merde....

    C’est pas demain la veille.

    L’Europe va très bien. Zéro euro de dette, PIB N°1 mondial. Nous ne sortirons jamais de l’europe. L’Europe est LA réussite franco-allemande du 20 ème siècle. Il n’y a pas de problèmes européens. Il y a juste un problème de partage des richesses. Et encore, c’est vite dit. Ce n’est pas un problème mais un choix stratégique sur l’échiquier des puissances mondiales. La France n’existe plus que par l’Europe, de même que l’allemagne. Rien ni personne ne changera ça. Pas même les américains.


  • mario mario 16 juillet 2013 11:46

    aujourd’hui 67% des français voteraient Non à Maastricht...et les dirigents du PCF oui en quelques sorte !

    voila pourquoi marine le pen a de beau jour devant elle. elle a compris les 67% ....et fait sa propagande dessus.

    nous verons en 2014, qui est en tete lors des élections....veritable référendum . mais par avance, on peu deviner que le PCF meme avec 0,5 % nous fera l’apologie de l’Europe et de l’euro. 

     


  • Robert GIL ROBERT GIL 16 juillet 2013 18:16

    A l’époque du franc, les augmentations étaient de 5 à 10 centimes. Aujourd’hui les augmentations du pain, des péages, ou du carburant sont de 10 à 30 centimes d’euros, soit de 65 centimes à deux francs ! C’est à dire qu’une hausse du prix en euro, équivaut en moyenne à 12 augmentations du temps des francs. Et les augmentations n’en sont pas moins fréquentes......

    voir ce PPS : LE FRANC ET L’EURO


  • legrind legrind 16 juillet 2013 18:40

    Maintenant le PCF est dans l’idéologie de la « richesse de la diversité » merci Autain, Mélenchon.. alors qu’il y’a plus de 30 ans Georges Marchais expliquait qu’il fallait arrêter l’immigration légale & illégale, et veut qu’reste dans la zone € : cette monnaie qui nous protège mais qu’il faut sauver.. 


  • antyreac 16 juillet 2013 21:30

    L’Europe n’est décidément pas gagnante avec ce traité de Maestricht.


  • lionel 16 juillet 2013 21:57

    Chers amis communistes,


    La sortie de cette saloperie européiste ne concerne pas que vous mais tous les Français conscients... Nous sommes différents ? Nous sommes ensembles !

  • Captain Marlo Pilou Camomille 17 juillet 2013 08:41

    Il s’est passé que l’URSS s’est effondrée, supprimant la principale source de revenus du PCF...

    Il est maintenant collé au PS comme une moule à son rocher, car ce sont les accords de liste avec le PS aux élections qui lui rapporte le plus. Enfin... tant que le PS gagne les élections locales...

    Quant à la CGT, elle est comme la plupart de nos syndicats, affiliée à la Confédération européenne des Syndicats, financée par Bruxelles.

    Le site de la CES nous apprend :
    «  La CES finance ses activités et rémunère son personnel grâce aux cotisations des adhérents. Elle bénéficie en outre d’un soutien financier de l’ UE pour les réunions du dialogue social, de l’information, de la consultation des travailleurs et des activités de formation. »
    La CES édite un « machin » qui s’appelle « Contrat social pour l’ Europe ».

    * Elle a été à l’initiative de la journée d’action du 14 novembre 2012 « pour un contrat social pour l’ Europe »...

    * Elle est fermement opposée aux mesures d’austérité...
    * Mais elle soutient l’objectif d’assainissement des budgets (Ceux qui voient une contradiction avec le point précédent ont mauvais esprit)
    * La CES a soutenu le Traité de Lisbonne... La boucle est bouclée...

    ** Syndicats affiliés à la CES : la CFDT, la CFTC, la CGT, FO, la FSU, et l’UNSA.


  • plexus plexus 17 juillet 2013 16:10

    Maastricht portait en lui ce qui arrive maintenant, mais ça a duré plus longtemps que prévu.
    Les « droits à tirage de crédits » sur la caisse centrale étaient indexés sur l’équilibre budgétaire des pays participants.
    Tout les signes étaient donc en place pour annoncer que « nos amis fritz » posséderaient une grande partie du « camembert ».
    Entre temps, ils ont acheté l’allemagne de l’est, qui leur a coûté « bonbon », sans cela le deutsch mark aurait valu 5 francs.
    Rebelote avec ce génial monsieur fiscard déteint :
    La constitution européenne, qu’il a pilotée, est, en fait, la convention collective de ces messieurs dames (sur 400 pages !!).
    Avec tous les avantages que nous pouvons imaginer, et qu’il est bien temps de dénoncer !!
    Même pas la peine de râler, même en votant contre, ça passait par Lisbonne...
    Profiteurs de tous les pays, élus en tête, unissez vous !!


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