mercredi 17 juin - par redrock

En souvenir du Général De Gaulle

Je remets ici un article que l'avais déjà posté après la Crise Ukrainienne en 2014.

Depuis la situation n'a cessé d'empirer. Avec la Crise du covid 19, le monde est devenu une marmite infernale risquant d'exploser à tout instant. L'horloge de l'Apocalypse de l'université de Chicago, mesurant symboliquement depuis 1948 les risques de conflit nucléaire n'a jamais été aussi proche du point critique : à 100 secondes du chaos !

Je n'ai eu juste que quelques mots à ajouter : Chine, Iran

A Monsieur Le Président de la République,

Au moment où les Crises entre OTAN, Russie et Chine nous replongent dans les dédales d’une nouvelle Guerre Froide, au moment où les tensions économiques, énergétiques et sociales après la Crise du Covid 19 peuvent à tout moment allumer la mèche d’une bombe infernale, il importe à la France de montrer un autre chemin que celui de la confrontation et de faire entendre une autre voix que celle de l’OTAN et des USA.

A l’orée de la Grande Guerre, c’est cette voix là qu’avait voulu porter Jaurès dans son dernier discours de Vaise du 25 juillet 1914 ; il alertait ainsi le monde sur la mécanique infernale des Traités qui allait plonger l’Europe dans d’innommables charniers :

« A l’heure actuelle, nous sommes peut-être à la veille du jour où l’Autriche va se jeter sur les Serbes et alors l’Autriche et l’Allemagne se jetant sur les Serbes et les Russes, c’est l’Europe en feu, c’est le monde en feu. »

Deux guerres plus tard, à la Libération, le Général de Gaulle ne voulut pas se ranger dans une politique d’alignement atlantique systématique. Pour lui, la France, entre l'Amérique, la Russie et la Chine, devait être « un lien et non pas un enjeu ». Il précise dans un message public du 17 novembre 1945 qu'il fallait mener : « une politique française d'équilibre entre deux très grandes puissances, politique que je crois absolument nécessaire pour l'intérêt du pays et même pour celui de la paix. »

C’est cette vision là du rôle de la France, qui le conduisit à décider en 1966 le retrait de la structure militaire de l’OTAN.

Le 7 mars 1966, Maurice Couve de Murville remit à l'ambassadeur américain Charles Bohlen une lettre manuscrite du général de Gaulle au président Johnson. Il lui annonçait que la France, sans dénoncer le traité instituant l'Alliance atlantique, avait décidé « de recouvrer sur son territoire l'ancien exercice de sa souveraineté, actuellement entamée par la présence permanente d'éléments militaires alliés ou par l'utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l'OTAN. » États-majors, services et forces de l'OTAN avaient un an pour évacuer leurs 30 bases militaires, leurs 27 000 soldats et leurs 37 000 employés civils.

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Le retour de la France dans les structures militaires de l’OTAN n’a été décidé que très récemment par le Président Sarkozy et n’a pas fait l’unanimité au sein de sa majorité.

Cette décision a fait l’objet d’une question de confiance à l’Assemblée Nationale le mardi 17 mars 2009, quarante trois ans -à 10 jours près- après la décision souveraine du Général De Gaulle.

Le Premier Ministre François Fillon justifiait ainsi ce retour de la France dans le Commandement intégré de l’OTAN :

« Il y a quarante ans, le général de Gaulle se retirait d'une organisation compacte, dressée face au pacte de Varsovie, et exclusivement dirigée par les États-Unis. Depuis, c'est la notion de coalition d'États volontaires à participation variable qui s'est imposée au détriment des schémas rigides de la guerre froide.

En 1966, mesdames et messieurs les députés, la logique des blocs réglait la géopolitique mondiale.

Rester dans les structures intégrées de l'OTAN, c'était aliéner les choix politiques de la France à cette logique binaire que le général de Gaulle voulait justement transcender.

En 1966, les États-Unis imposaient la doctrine de la riposte graduée à l'OTAN et ils n'y prévoyaient aucun partage des responsabilités. Rester dans les structures intégrées, c'était prendre le risque de nous retrouver engagés dans des conflits qui n'étaient pas les nôtres… »

Voici le résultat du scrutin :

Nombre de votants 567

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Nombre de suffrages exprimés 567

Majorité absolue 284

Pour l’approbation 329

Contre 238.

La logique parlementaire du vote de confiance l’a donc emporté sur la volonté géopolitique d’indépendance et de souveraineté voulue par le Général De Gaulle.

Malheureusement, les évolutions géopolitiques actuelles nous conduisent à une situation de crise encore plus dangereuse que la Guerre Froide des années 60-80. Comme l’énonçait fort justement François Fillon le 17 mars 2009 : « Rester dans les structures intégrées, c'était prendre le risque de nous retrouver engagés dans des conflits qui n'étaient pas les nôtres »

Monsieur Le Président de la République, vous pouvez vous inscrire dans le chemin tracé par Jaurès et De Gaulle et redonner à la France son indépendance, sa volonté d’équilibre, de paix entre l’Amérique, la Russie et la Chine.

Nous, citoyens responsables, nous vous demandons de décider le retrait de la France des structures militaires intégrées de l’OTAN et de porter ainsi le message d’une France souveraine, indépendante, ouverte au dialogue Est-Ouest, Nord-Sud et désireuse de promouvoir une diplomatie d’équilibre et de compromis à l’opposé des logiques guerrières d’affrontement actuellement à l’œuvre.



8 réactions


  • babelouest babelouest 17 juin 17:22

    L’OTAN, dans le contexte actuel, est L’ENNEMI de la France, et des nations (pas des gouvernants) responsables d’Europe du Sud. Il s’agit donc d’en sortir non seulement du commandement intégré, mais ENTIÈREMENT, ce qui implique d’ailleurs, dans la même logique de SORTIR unilatéralement de la pseudo union européenne, qui n’est que l’un des éléments de la tenaille (un financier, l’autre militaire).

    .

    Et si ceux qui ont réussi à mettre la main sur les commandes de la France ne sont pas contents, je les enjoins à partir eux aussi, nous en serons bien débarrassés.


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 17:28

      @babelouest

      et ceux qui ont la main sur les commandes ne sont pas si nombreux que ça
      ils sont entourés d’un tas de larbins, mais ces gens-là, comme on le sait ont des vêtements réversibles et savent que les épurations sont superficielles.


    • babelouest babelouest 17 juin 18:29

      @Séraphin Lampion
      Si sont mis en place des tribunaux populaires, et qu’ils appliquent cette intéressante avancée* (sans doute la seule) inventée à Nuremberg, je pense que veste réversible ou pas, « ils » sont cuits !
      .
      * « obéir aux ordres » n’est pas une excuse


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 17 juin 17:25

    De Gaulle était toléré par les Américains parce qu’il représentait le seul rempart non-violent à la force d’un PC qui représentait une structure organisée et un électorat discipliné prêt à exécuter une action politique. La sortie de l’OTAN n’en était pas une : il ne s’agissait que d’un retrait du « commandement intégré », ce qui est dommage puisque la France devait continuer à appliquer des décisions prises par d’autres sans y participer.

    Sur le plan économique, les mêmes Américains pouvaient compter sur Pompidou, fondé de pouvoir de la banque Rothschild, qui veillait au grain et l’a démontré amplement dès que De Gaulle s’est retiré, en retirant son rôle central à la Banque de France.

    Alors, la grandeur gaullienne, vous repasserez... La souveraineté nationale de la France a été entamée avec le plan Marshall et minée progressivement au fur et à mesure des phases de réalisation de l’intégration à l’UE. 


    • Aimable 17 juin 18:02

      @Séraphin Lampion
      Tous ceux qui revendiquent et qui revendiquaient de faire du de Gaulle ne sont ou n’ont été que des pâles copistes .


    • Rincevent Rincevent 17 juin 19:07

      @Séraphin Lampion

      “il ne s’agissait que d’un retrait du « commandement intégré“, Je confirme : en 1966 /67, j’ai participé à des manœuvres OTAN en Allemagne, au côté de troupes canadiennes, si ma mémoire est bonne. Après, le déménagement de toutes les bases OTAN de France a fait très mal aux économies locales, dans l’Est surtout.

      Pour ce qui est de l’UE, De Gaulle avait vu venir de loin, d’autant plus qu’il détestait personnellement Jean Monnet, “l’homme des Américains“…


  • caillou14 rita 18 juin 08:44

    Deux Gaule en effet ?

    celle qui résiste (sont pas nombreux) et celle qui la vend aux ennemis genre macron !


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