lundi 19 septembre - par Marcel MONIN

Enseignants : c’est leur tour !

 

Enseignants : c’est leur tour !

 

Quand le haut parleur d’une gare annonce un train, il dit d’où le train vient et où il va.

Quand le président de la République en activité annonce une réforme, il ne dit pas dans quel contexte s’inscrit ce qu’il raconte ou ce qu’il propose. Avec la technique Macron, relayée par les médias qui travaillent pour éviter la curiosité, tout se passe comme si la population française était incitée (pour reprendre l’image ci-dessus) à prendre un train. Et comme si, une fois arrivée, elle se rendait compte, que ce n’était pas là où elle voulait aller. Et que ce n’est pas ce qu’elle avait compris des exhortations à monter dans le train. Mais c’est trop tard : c’est l’astuce !

 

Annoncer une réforme dans laquelle les enseignants travailleront plus s’ils veulent gagner plus -, outre le ré - emploi de la ficelle grossière à tous points de vue (1) mise au point par les équipes Sarkozy - s’inscrit nécessairement dans un cadre.

Qui est le cadre des traités européens, qui sont conçus et rédigés pour mettre en place une société d’un nouveau genre, dans laquelle l’enseignement -notamment- (comme la santé et diverses autres services et activités, y compris des services conçus jusque là comme administratifs, voire régaliens) sont des produits « marchands ».

Et dans laquelle, un fonctionnaire est un employé comme un autre … et dans laquelle le lien contractuel est le lien normal entre l’employeur et le salarié.

 

Quand E. Macron annonce qu’il va mettre en place un mécanisme selon lequel les enseignants (appartenant actuellement encore pour la plupart à des corps de fonctionnaires) pourront gagner plus, s’ils acceptent des tâches supplémentaires (non prévues dans les obligations statutaires), il s’inscrit parfaitement dans cette logique (2).

Les enseignants seront en effet dans une sorte de situation contractuelle pour ces activités supplémentaires.

Situation qu’il suffira d’amender et de perfectionner pour que les enseignants puissent être recrutés librement par les établissements (idée dans les cartons assortie évidemment d’un argumentaire ad hoc), lesquels soumettront l’embauche à des conditions identiques à celle du commerce ou de l’industrie.

 

Mais évidemment, l’objectif (transformer l’enseignement -public- en activité marchande et gérée comme telle) est occulté. Comme il a été dit ci-dessus, ces techniques font partie du système de management de la population.

 

Marcel-M. MONIN

m. de conf. hon. des universités

 

( 1) « Si vous n’êtes pas assez payé pour donner à manger correctement à vos enfants, c’est que vous êtes un fainéant ». Appliqué aux enseignants : « S’ils ne consentent pas à consacrer du temps supplémentaire aux enfants, c’est qu’ils sont (en plus) des ‘sales types’ ».

(2) On peut multiplier les exemples de la méthode utilisée : les universités ont été rendues propriétaires de leurs locaux, se sont fait déléguer la gestion de la masse salariale ; l’accès à l’université a été petit à petit transformé ( avec un pas supplémentaire avec l’astucieuse procédure « parcours sup ») ; les montants des droits d’inscription sont de plus en plus laissés à la discrétion des établissements … Id. dans les autres secteurs ( santé, etc…)



8 réactions


  • eau-mission eau-mission 19 septembre 08:37

    Dans notre société, il est déjà très difficile de mourir chez soi. Soit que les « proches » soient trop loin, soit que les soins soient trop chers à domicile.

    Ce sera bientôt un luxe de s’enraciner quelque part. EM vous dira « où est le problème ? » lui qui ose affirmer qu’il n’y a pas de culture française.


  • Lynwec 19 septembre 08:41

    Enseignant-balayeur municipal, le métier d’avenir, avec pour ceux qui souhaitent vraiment gagner plus, comme en Irlande (ou c’est juste pour survivre...) la possibilité de cumuler un troisième emploi ? Enseignant-balayeur-exterminateur de vermine ?

    Quand je vois le mot « réforme » employé par un costume-cravate gouvernementeur, j’ai tout de suite compris de quoi il s’agit : régression ... Ils adorent le progressisme, mais ont leur propre vision de la chose...


    • Lynwec 19 septembre 09:29

      @Lynwec

      pas « ou » mais « où » c’est juste pour survivre... Oups !


    • Lynwec 19 septembre 10:16

      @Lynwec

      Lucky « une étoile » Luke n’aime ni l’orthographe, ni les gens qui admettent s’être trompés, du coup, il croit influer en étoilant...mais cette rectification ne valait même pas une étoile, mon pauvre gars... C’est juste par habitude de vouloir bien dire les choses ; je sais... ça peut déranger ...


  • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 19 septembre 08:55

     ’’le cadre des traités européens, qui sont conçus et rédigés pour mettre en place une société d’un nouveau genre, dans laquelle l’enseignement -notamment- (comme la santé et diverses autres services et activités, y compris des services conçus jusque là comme administratifs, voire régaliens) sont des produits « marchands ». ’’

     

    «  La gouvernance c’est la gestion économique sans politique. Là dessus on rajoute une couche de religion, ça compense  » (Daniel Bensaïd)
     

    Une couche de religion ? Quelle religion ? Réponse :

    « Une société qui consacre ses principaux efforts à se rendre à la fois individualiste et « multiculturelle » ne peut donc trouver un semblant de cohérence anthropologique que si elle invite parallèlement ses membres à communier dans le culte de la croissance et de la consommation. C’est pourquoi l’économie est logiquement devenue la religion des sociétés modernes. Elle représente, en somme, l’unique moyen de relier les individus atomisés d’une société qui se veut, et se croit “ axiologiquement neutre”  ». Jean Claude Michéa, l’empire du moindre mal


  • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 19 septembre 09:01

    ’’Avec la technique Macron, relayée par les médias qui travaillent pour éviter la curiosité, tout se passe comme si la population française était incitée (pour reprendre l’image ci-dessus) à prendre un train. Et comme si, une fois arrivée, elle se rendait compte, que ce n’était pas là où elle voulait aller. Et que ce n’est pas ce qu’elle avait compris des exhortations à monter dans le train. Mais c’est trop tard : c’est l’astuce !’’

      > Mais hélas, il se trouvera toujours une part conséquente de la population pour justifier le prince.

     
    « Les gens sont portés à justifier les affronts dont ils ne se vengent pas » Guy Debord

    Cf. le syndrome de Stockholm


  • Fanny 20 septembre 11:37

    Tant qu’on n’aura pas mis une bombe (virtuelle) rue de Grenelle, anéantissant les idéologies qui asphyxient cette institution, toute discussion sur l’enseignement est une perte de temps, proprement inutile.

    Quand on aura terrassé la pieuvre et ses tentacules syndicales, on pourra alors commencer à réfléchir à l’avenir de l’école, et peut-être même à mieux payer les enseignants « reborn ».



  • troletbuse troletbuse 20 septembre 16:02

    4 minutes au début de vérité

    https://crowdbunker.com/v/ENQ6Drxk9Y


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