Épreuve d’éthique pour les professeurs et pratiques illégales pour l’administration
L’introduction d’une nouvelle épreuve orale
éliminatoire aux concours du CAPES et de l’Agrégation, notée de 0 à 6 pour le
premier et de 0 à 4 pour le second, suscite l’émoi dans le Landerneau
enseignant. Des pétitions circulent pour exiger son retrait.Les arrêtés du 28 décembre 2009 publiés
au B.O. du 6 janvier 2010 prévoient, en effet, de soumettre les candidats à une
évaluation de leur capacité d’« agir en fonctionnaire de l’Etat et de
façon éthique et responsable ».
Une révolution en perspective ?
On est tenté, au contraire, d’applaudir à cette initiative. Car si ce principe entre effectivement en application dans l’Éducation nationale, c’est une révolution dont il s’agit. Mais elle implique que les nouveaux recrutés ne soient pas les seuls à devoir se soumettre à cette règle d’évidence. On suggère que tous les anciens de l’institution et principalement l’administration en place passent l’épreuve. Il n’est pas sûr qu’ils la réussissent.
Car, en 34 ans d’exercice professionnel, on a observé une inclination constante de cette administration, en particulier, à ne pas « agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable ». La définition donnée de cette règle fondamentale dans l’annexe de l’arrêté du 19 décembre 2006, auquel il est fait référence, implique, par exemple, qu’il faille connaître « les grands principes du droit de la fonction publique et le code de l’éducation : les lois et textes réglementaires en relation avec la profession exercée, (…) ses droits et recours face à une situation de menace ou de violence, (…) les règles de fonctionnement de l’établissement : le règlement intérieur, » etc.
C’est le contraire qui a été la règle de conduite de cette administration. Ou du moins, sa connaissance des lois et règlements ne l’a pas empêché de les violer assez régulièrement chaque fois qu’elle y avait intérêt, et dans la plus parfaite impunité administrative.
« Intégrer dans l’exercice de sa fonction, ses connaissances sur les institutions, sur l’État, sur ses devoirs de fonctionnaire, comme l’enjoignent ces mêmes arrêtés, ou encore respecter dans sa pratique quotidienne les règles de déontologie liées à l’exercice du métier de professeur dans le cadre du service public d’éducation nationale, respecter et faire respecter le règlement intérieur », mais c’est une refondation de l’Éducation nationale qui serait engagée, si ces textes étaient appliqués !
Bref survol de 34 années d’Éducation nationale
Pour ne s’en tenir qu’à ce dont on a été soi-même témoin, voici un petit échantillon des méthodes « éthiques et responsables » que l’on a vus en usage en 34 ans.
1- Délit d’opinion et violation de la loi régissant le dossier administratif
En Guadeloupe dans les années 1975, un professeur de mathématiques n’assurait, au dire de l’administration elle-même, qu’un cours sur trois. Aucun remplacement ne pouvait être effectué car le sieur prévenait non quand il ne venait pas, mais quand il venait : c’était en effet un notable local cumulard, maire, conseiller général et conseiller régional. On a eu le malheur, avec trois autres collègues de souhaiter qu’une solution fût trouvée pour que cessât le préjudice subi par les élèves. Qui le vice-recteur d’alors a-t-il tancé ? Les professeurs qui s’étaient émus de cette anomalie et qui avaient déclenché « l’ire de l’édile », selon le langage fleuri prisé de ce milieu.
Le chef d’établissement a fait ensuite état de leurs convictions dans leur notation administrative en violation de la loi. Il a fallu attendre 7 ans pour que le Conseil d’État annule cette notation en juin 1982 comme illégale, après que le brave Tribunal administratif de Basse-Terre eut tout simplement "omis de statuer", selon la formule vacharde de la Haute Cour. L’arrêt est incrit au Recueil Lebon qui recense les grandes décisions du Conseil d’État.
2- Calomnies, divulgation d’un rapport administratif confidentiel, fausse attestation en justice, violation de la loi régissant la protection statutaire
En 1986, qui voit-on diffuser auprès des délégués de parents d’élèves un rapport confidentiel calomnieux qu’elle a adressé au recteur pour nuire à un de ces professeurs ? La principal du collège d’Uzès. Elle incite les parents à refuser que leur enfant lui soit confié à la rentrée. Pour quelle raison ? On l’ignore toujours. Le recteur de Montpellier, M. Vaudiaux, en est lui-même écoeuré : cette excellente principale va jusqu’à lui présenter une pétition « blanche », censée être signée de l’unanimité des professeurs du collège pour demander l’exclusion de leur collègue, mais sans la moindre signature autographe : "Le courage de vos collègues !" commentera sobrement le recteur.
Poursuivie en justice par le professeur incriminé, elle est condamnée en première instance et en appel au titre de l’article 1382 du Code Civil. Elle a osé pour sa défense présenter au tribunal la fausse attestation d’une déléguée de parents d’élèves : celle-ci a donc été poursuivie elle aussi et condamnée par le Tribunal correctionnel de Nîmes.
Attaqué à l’occasion de ses fonctions, le professeur victime était en droit de bénéficier de la protection statutaire qui prévoit la prise en charge de sa défense et des frais de justice. Elle lui a été refusée. Ce n’est qu’après avoir fait condamner définitivement en Cour d’appel son agresseur de principal, qu’il obtiendra du ministère le remboursement de ses frais. Il a dû, malgré la loi, se débrouiller seul financièrement.
3- Calomnies, violation de la procédure disciplinaire, violation de la loi régissant la protection statutaire
En 1993, la principal-adjoint d’un collège de Nîmes calomnie à son tour le même professeur en son absence à la fin d’un conseil d’administration : elle l’accuse d’avoir empêché les élèves d’apporter leur paquet de riz lors de l’admirable campagne « kouchnérienne », « Riz pour la Somalie », d’octobre 1992 et de les obliger à acheter ses livres ; elle incite les parents à dénoncer ces agissements.
Les délégués de parents d’élèves sont les premiers à tomber des nues. Ils n’ont jamais entendu leurs enfants se plaindre de pareilles âneries qu’aurait commises leur professeur, bien au contraire. Trois d’entre eux lui apporteront même leur témoignage alors qu’un seul professeur en fera autant ! Le principal sait que son adjointe a proféré des calomnies, mais il la couvre et refuse de la démentir. L’affaire est donc portée en justice. La principal-adjoint est condamnée en première instance en 1993, en appel en 1995 et par la Cour de cassation en 1997.
Attaqué à l’occasion de ses fonctions, le professeur avait demandé la protection statutaire. Elle lui a été refusée, mais elle a été accordée à son agresseur condamnée, ce qui lui a permis de faire durer le plaisir jusqu’à la Cour de Cassation, puisqu’elle n’avait rien à payer ! Saisi par le professeur de cette violation de la loi régissant la protection statutaire, le tribunal administratif de Montpellier a condamné l’État, en 1996, à lui verser des dommages et intérêts et à prendre en charge tous ses frais de justice.
4- Calomnies, violation de la procédure disciplinaire, blâme illégal pour inexistence matérielle de motif
En 2004, à la demande d’un nouveau principal du même collège de Nîmes, le recteur de Montpellier, William Marois, inflige un blâme à ce même professeur. À cette fin, trois fautes de service ont été inventées de toutes pièces, par le principal, et validées par l’inspecteur d’académie, le recteur et le ministre. C’est le Tribunal administratif de Nîmes qui le dira en annulant ce blâme en décembre 2006 pour inexistence matérielle de motif et violation de procédure, un grief ayant été modifié entre le début et la fin de la procédure disciplinaire. Voilà ce que ces honnêtes administrateurs entendent par « agir en fonctionnaire de l’État et de façon éthique et responsable » !
Parmi ces fautes de service imaginaires et, il faut le dire, imbéciles, il en est une qui vaut d’être contée. Depuis la rentrée, soit un mois et demi, les cours des classes donnant sur la cour étaient régulièrement perturbés par le vacarme d’élèves abandonnés à eux-mêmes, car leur professeur d’EPS ne les prenait en charge qu’avec 10 ou 15 minutes de retard sans que l’administration n’y trouvât rien à redire. Un jour que ses propres élèves composaient et étaient particulièrement gênés par le bruit, le professeur qui allait être « blâmé », les a laissés en autodiscipline guère plus de deux minutes, le temps de descendre quelques marches et de demander au Bureau de la vie scolaire de faire cesser le vacarme. Le principal a osé retenir comme faute de service cette absence de deux minutes pour la présenter sans rire comme « un manquement au devoir de surveillance ». Quant au charmant professeur d’EPS qui depuis un mois et demi prenait en charge ses élèves avec un retard de 10 à 15 minutes, il était irréprochable ; le principal était ancien prof d’EPS.
Dernière anecdote : lors de la consultation de son dossier administratif conformément à la procédure disciplinaire engagée contre lui, le professeur découvrira que les jugements condamnant tous ces administrateurs coupables ont disparu de son dossier, mais que subsistent les calomnies d’une des délinquantes, la principal dUzès ! Voilà toute la considération qu’accorde l’administration de l’Éducation nationale à l’autorité de la chose jugée.
C’est dire comme est bienvenue une épreuve pour évaluer la capacité d’ « agir en fonctionnaire de l’Etat et de façon éthique et responsable ». Mais une épreuve orale à l’entrée de la carrière ne suffit pas. C’est une épreuve quotidienne qu’il convient d’instituer, tant l’indifférence à la loi, chaque fois que l’administration de l’Éducation nationale y a intérêt, est devenue pour elle une culture. On n’en croit pas d’ailleurs ses oreilles qu’elle ait pu inventer un principe pareil si étranger à ses mœurs. On croit entendre, en revanche, Tartuffe interpeller son valet quand il entre pour la première fois en scène : « Laurent, serrer ma haire avec ma discipline / Et priez que toujours le Ciel vous illumine. » Qui peut imaginer que l’auteur d’aussi pieuses paroles, s’apprête, en bouc de luxure, à tenter de sauter la femme de son ami ? Paul Villach
Jusqu’à quel point peut-on être une victime et seulement une
victime ? Qu’est-ce qui fait que soi plutôt qu’un autre on le devienne ?
Quelles sont les motivations d’un bourreau ? Mais surtout quelles peuvent
être les motivations d’une conjuration de bourreaux sur 34 ans ?
Pour augmenter ses chances de vivre en paix (y compris au
beau milieu d’un conflit armé), il parait qu’il suffit de ne jamais s’en
prendre à des innocents. Vaste programme appliquons :
Comment pouvez-vous espérer vivre en paix vous qui :
- Accusez tout ce qui possède un appareil photo sur cette
planète de manipulation,
-Toute œuvre humanitaire d’hypocrisie,
-La moitié des hommes d’église fussent-ils pape et décédé qui
plus est, de couverture de crimes voire de collusion avec des pédophiles (pédoclastes
pardon)
Comment pouvez-vous espérer vivre en paix vous qui appelez à
la haine des uns, au mépris des autres. Vous qui mettez dans le même sac un
criminel terroriste et une croyante sincère qui ne ferait pas de mal à une
mouche juste parce qu’elle réussi a garder un peu de pudeur dans un monde qui
ne sait plus ce que c’est.
Arrêtez de hair, de diffamer, d’incendier et de vous en
prendre à des innocents et je croirai peut être en la vôtre d’innocence.
Au fait, il y a une ch’tite coquille dans le texte, en effet
depuis « Béa du caprin au carnivore » on ne dit plus un « bouc de luxure » mais un book
de luxure.
Juste entre nous ne le répétez à personne SVP, j’ai beaucoup d’estime pour PV et ce qu’il pense être du mépris pour ma personne n’y changera rien. Par contre s’il pouvait lui, changer deux trois trucs
« estime pour PV » Personne n’est totalement bon ou totalement mauvais. Quand on a fait partie de l’enseignement, il faut seulement avoir l’humilité de se remettre en question avec une fréquence de plus en plus rapprochée en avançant en âge. On s’encroute, on fait craqué son col de cravate. Les raideurs se déplacent.. J’appelle cela s’adapter aux circonstances.
Cette épreuve d’éthique est bienvenue, même s’il est tout à fait facile de se couler dans le moule pour l’examen et de faire ensuite ce qu’on veut. La suite logique serait que les manquements graves à l’éthique de la fonction publique soient plus sévèrement sanctionnés. Les exemples donnés montrent que le bon sens a une idée juste de ce qu’est cette éthique. Effectivement dans la fonction publique le message est jusqu’ici assez bien passé, et la population connaît les devoirs des fonctionnaires autant que ses propres droits. Les métiers de la fonction publique imposent à tout moment un sens du secret professionnel : il est facile de connaître les sujets d’examens par exemple, et les fuites sont rares ! Pas question non plus de céder à des demandes de gens dits « hauts placés » pour des passe droits. La fonction publique est garante de l’égalité de traitement de chaque utilisateur, de chacun de ses salarés, elle doit sans cesse prouver qu’elle mérite la confiance qui lui est faite, et lorsque tel n’est pas le cas, les tribunaux administratifs fonctionnent plutôt bien. Et aussi les tribunaux correctionnels. Pour se préparer à cette épreuve, les candidats devront aller plus loin que la confiance dans leur propre bon sens. Il en restera quelque chose. Il faudra aussi qu’ils prennent connaissance des sanctions encourues. On devrait bien faire passer cette épreuve aux candidats aux élections, - qui, élus, ne deviennent pas fonctionnaires,- mais qui ensuite se permettent pour hélas beaucoup trop, des passe droit, du favoritisme, des détournements, des prises personnelles illégales d’intérêt....Dans l’éthique des fonctionnaires, il y a l’attention à chaque euro de dépense de fonds publics, et c’est un bien que l’argent ne coule pas à flot dans les services : pas de gaspillage doit être le mot d’ordre qui devrait devenir aussi celui des élus.
Une épreuve, pourquoi pas en effet ? Mais de quel type ? Un comportement éthique est le résultat de toute une éducation obtenue dans la famille, à l’école. Il est inscrit dans la personnalité même. S’agirait-il donc de tester un comportement et une « personnalité » ? Ou de répondre à des questions dont les réponses feraient plus appel à la jugeotte du candidat plutôt qu’à son sens moral ? Par ailleurs, une épreuve ne garantit pas toujours le résultat escompté. Il faut voir la conduite de certains jeunes fraîchement reçus à celle du permis de conduire. Censés connaître les règles, les respectent-ils tous pour autant ? Pour autant, à creuser...
Dans le même ordre d’idée quelle est la politique de déontologie qui consiste à favoriser mes élèves qui : - Ont les soutiens du professeur sur des critères politiques, physiques ( beauté, couleur de peau...) ou bien encore culturels. - se retrouvent avec des notes très avantageuses suite aux petits services rendus au professeur - aident financièrement un ou des professeurs au moment des examens ;
La liste n’est malheureusement pas limitative mais certains professeurs devraient davantage se regarder dans une glace avant de donner des leçons de déontologie.
Ce n’est pas cette « épreuve » qui va rendre les professeurs moraux, courageux, travailleurs et honnêtes (mais curieusement encore moins les membres de l’administration de l’éducation nationale qui sont « au dessus de tous soupçons » comme vous l’exposez succinctement dans cet article et qui ne sont pas « sollicités » pour passer cet examen) Quelle chance j’ai eu d’avoir à 60/70% des profs de première valeur dont certains (pour moi) que j’aurais noté 17, 18 et pour certains cours 19/20 !