jeudi 24 août - par rosemar

Et par dessus tout ça... l’accent qui se promène...

Quand un chanteur nous emmène visiter les marchés de Provence, on est sous le charme : on entend, tout d'abord, des sons de fifres et de tambourins provençaux, comme dans une farandole.

Puis, on savoure toute une ambiance : des senteurs de la mer Méditerranée toute proche, des sensations olfactives caractéristiques du midi : "fenouil, melons, céleris", autant de produits du terroir, aux effluves prononcées.

On perçoit, aussi, un air de gaieté avec des "gosses qui dansent", parmi la foule animée.

Le chanteur parle, ensuite, à la première personne, comme dans une confidence : il se définit comme un "voyageur de la nuit", belle expression qui restitue les contraintes d'un métier qui l'ont conduit à visiter de nombreux pays, sans les voir véritablement.

Habilement, Gilbert Bécaud mêle langage poétique et familier dans cette évocation : "Voyageur de la nuit, moi qui en ribambelle, Ai croisé des regards que je ne voyais pas..."

Et le poète exprime le désir de profiter pleinement de ce spectacle d'un marché de Provence, qui offre émerveillements et joie de vivre. 

Le moment où se déroule le marché, est évoqué à deux reprises : "le matin", suggérant un renouveau, un bonheur qui recommence.

Puis, le poète nous fait entendre la voix d'une marchande qui vante ses produits, une façon, encore de restituer toute une ambiance :

"Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues
Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches
Ou bien d´abricots ?"

Il semble que cette marchande s'adresse à chacun d'entre nous, et l'on retrouve, dans une énumération, des produits provençaux par excellence : le thym associé à la garrigue, le safran, les figues...

Ainsi, le poète nous fait vivre l'ambiance d'un marché de Provence, les parfums, les voix, les rires, les enfants qui dansent...

L'énumération se poursuit avec d'autres ingrédients, tout aussi parfumés : 

"Voici l´estragon et la belle échalote
Le joli poisson de la Marie-Charlotte
Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande
Ou bien quelques œillets ?"

Ce procédé suggère une idée d'abondance et permet de mettre en scène la faconde de la marchande.

Grâce à tous ces mots, on peut, aussi, entendre et savourer des sonorités du midi : "thym, garrigue, estragon, lavande".

Et, c'est, bien sûr, l'occasion d'évoquer l'accent de la Provence qui apporte un supplément d'âme à tout ce spectacle, haut en couleurs et en parfums.

"Et par dessus tout ça on vous donne en étrenne 
L'accent qui se promène et qui n'en finit pas."

Un véritable cadeau, une "étrenne", nous dit le poète : l'accent est même personnifié, ce qui lui donne plus de vivacité et de charme, encore...

Enfin, le chanteur n'oublie pas de faire allusion aux "filles jolies" de Provence :

"Mais il y a, tout au long des marchés de Provence 
Tant de filles jolies, tant de filles jolies..."

Elles aussi participent à la gaieté de ce spectacle puisqu'elles donnent des "idées qui dansent..." Et le poète a hâte de les retrouver, elles qui sont "les filles du soleil", symboles mêmes d'un bonheur rayonnant : on les entend rire, s'interpeller...

La mélodie, tantôt douce ou très rythmée nous entraîne dans une ambiance de fête et nous fait vivre tous les bonheurs d'un marché de Provence : couleurs, senteurs, rires...
Grâce à différents procédés, le poète sait restituer l'accent, la vie, l'atmosphère de ces marchés de Provence, et il nous fait participer à une véritable fête des sens.

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2016/08/et-par-dessus-tout-ca-l-accent-qui-se-promene.html

 
 

Vidéo : 

 
 
Photo : rosemar



31 réactions


  • Plus robert que Redford 24 août 17:22

    Bon, c’est tout pour aujourd’hui !

    Fermez vos cahiers et rangez vos porte-plumes.

    Demain, pour l’explication de texte, vous me réviserez

    « Carte Postale » de Francis Cabrel...


    • rosemar rosemar 24 août 18:42

      @Plus robert que Redford

      Bon, c’est certain : on peut voir un côté « carte postale », dans cette chanson, mais elle a le mérite de restituer une ambiance assez juste... senteurs, couleurs, bruits...

  • sarcastelle sarcastelle 24 août 17:28

    Ah, vous parlez de l’assent ! 

    J’ai cru que vous prononceriez un réquisitoire contre les « rectifications orthographiques » qui sabrent les accents circonflexes !
    De toute façon la Provence, il y fait trop chaud et il n’y a pas assez d’ombre. 
    Mon mec trouve qu’en Provence, il y a trop de joies filles à la coquetterie prometteuse, mais qui ne tiennent rien des promesses de leurs oeillades. 
    Nous préférons donc la Bourgogne. 

    • rosemar rosemar 24 août 18:36

      @sarcastelle

      Vive la Bourgogne, donc ! On est souvent attaché à son pays natal... et à part ça, y a-t-il de belles chansons sur la Bourgogne ?

    • nono le simplet nono le simplet 25 août 04:22

      @sarcastelle
      cet hiver nous parlerons peut être d’un bœuf bourguignon accompagné d’un Montrachet ...

      mais le temps est au poulet à la provençale accompagné d’un Tavel, un beaumes de venise en apéritif ... 
      maman, j’ai faim !

  • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 24 août 17:34

    La Provence vue par Gilbert Bécaud est aussi authentique que le Flamenco présenté aux touristes allemands à Marbella ou les crêpes bretonnes à Montparnasse. Mais bon, un peu de folklore fabriqué et bien propre, c’est supposé contribuer à la promotion d’une région… C’est quand même énervant de se sentir pris pour un pigeon quand une beurette déguisée en Arlésienne vous des sachets de foins récoltés en Albanie sous le nom d’herbes de Provence ou quand les semi-remorques réfrigérés néerlandais sont garés juste derrière le stand des fleurs. Quant aux gamins qui chantent et qui dansent, c’est dans la tête, pas dans les rues…


    • Plus robert que Redford 24 août 18:00

      @Jeussey de Sourcesûre
      Bon, en même temps, la Provence de Bécaud, c’était celle des années 50-60, hein...

      Plus près de Doisneau que de IAM...

      Alors, on peut pardonner à Rosemar, qui, je le soupçonne, ne doit pas être une perdrix de l’année...


    • rosemar rosemar 24 août 18:39

      @Jeussey de Sourcesûre

      On peut rappeler que Bécaud est né à Toulon : c’est un autochtone, il connaît la Provence et ses marchés...
      Ne lui faites pas un mauvais procès...

    • onesime leufeross onésime 24 août 21:43

      @rosemar
      Ce poseur frimeur show bizz n’a pas laissé que de bons souvenirs de sa résidence tout près de chez moi...
      Il a par une modestie Nabumesque refusé une statue en pied pour un simple buste....
      Plus au Sud en amont au bord du même fleuve on a une statue de Thiers au destin burlesque....
      La région regorge de sites préhistoriques voire de parois gravées de la même époque.....Ils n’ont aucune chance en face d’un tel ARTISSSSS.
      ....
      On ne comprend pas que votre art poétique ne rejette pas au loin la grotesque sonorité
      quelqu.....eueueuuuu Z oeoeoeoeillets
      Quelques œillets ???

      Ou bien d’abriiiii.........cots à quel élève de CM1 auriez vous permis un tel pataquès
      Le vers le plus hideux de la chanson française
      si on oublie le tristement célèbre « Et maintenant tan tan tan tan que vais-je faireueuueueuu »


    • rosemar rosemar 24 août 22:38

      @onésime

      Un frimeur, peut-être mais la chanson est belle et restitue bien cette ambiance des marchés de Provence hauts en couleurs...

    • François Vesin François Vesin 25 août 10:07

      @rosemar
      « Un frimeur, peut-être... »


      Par delà toutes les assertions sur l’homme,
      il y avait un musicien et pianiste de talent
      capable de donner une couleur aux mots que
      d’autres lui écrivaient.

      Gamins, notre père nous emmenait à Orly,
      le dimanche soir, sur les terrasses extérieures et,
      nous rêvions à tous ces lieux du vaste monde
      tandis que sur le tarmac les vols déversaient
      des personnages en boubous, saris, etc...

      La chanson de Bécaud et surtout sa musique
      reflète parfaitement « ces dimanches », à Orly..." 

    • rosemar rosemar 25 août 14:35

      @François Vesin

      Merci pour cet hommage rendu à un musicien et un homme de scène talentueux...




    • rosemar rosemar 25 août 14:39

      @rosemar

      Et puis, j’aime bien aussi cette chanson :




  • Robert Lavigue Robert Lavigue 24 août 18:06

    A propos de la Provence éternelle, de sa culculture, de la chatoyance de ses paysages, etc.
    C’est pour quand le narticle mitoyen et pédagogo sur Maurras ?


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 24 août 18:58

      @Robert Lavigue

      le même jour que pour Céline !

    • covadonga*722 covadonga*722 24 août 19:08

      @Robert Lavigue
      ya qu’a demander camarade , yep j’en connais qui vont sortir leur chapelet de gousses d’ails 

      Une patrie, ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons ; ce sont des autels et des tombeaux ; ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent au jardin, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n’y a rien au monde de plus concret.
      C Maurras

      ps j’ai adoré vos cavaliers bolcheviks 

    • rosemar rosemar 24 août 19:21

      @Jeussey de Sourcesûre

      Céline : un grand romancier... il faut lire Le voyage au bout de la nuit...





      Mais on s’éloigne du sujet...

    • Robert Lavigue Robert Lavigue 24 août 19:45

      @Jeussey de Sourcesûre

      Céline et la Provence ? Voilà qui mettrait de l’ambiance dans le marigot des folliculaires mitoyens...
      Par exemple :
      C’est la partie vinasseuse de la République, la Méridionale, profiteuse, resquilleuse, politique, éloquente, creuse. "
      Louis-Ferdinand Céline, L’Ecole des cadavres 1938

      Pour le reste et parce qu’il ne faut pas choquer les oreilles sensibles des émules de rosemar et de M. Orléans, c’est par ici :
      http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/08/28/30435519.html

      Pour Maurras, j’étais très sérieux. ! Covadonga m’a grillé la politesse...
      Je ne peux pas imaginer de passer dans cette région sans relire quelques pages de Maurras au préalable :
      http://maurras.net/textes/197.html

      Note à l’attention de Péronnelle des Calanques :
      C’est TOUT Céline qu’il faut lire  !
      ----

      A propos d’accent, je ne peux pas résister au plaisir de citer Derrida :
      Incompatible, à fortiori, avec la vocation d’une parole poétique : avoir entendu René Char, par exemple, lire lui-même ses aphorismes sentencieux avec un accent qui me parut à la fois comique et obscène, la trahison d’une vérité, cela n’a pas peu fait pour ruiner une admiration de jeunesse […] "
      Jacques Derrida, Le monolinguisme de l’autre, 1996


  • Bernie 2 Bernie 2 24 août 19:03

    Gilbert Bécaud, un poète ? Un simple chanteur de variétés d’une bluette des années 50 devient un poète au regard si acéré, aux mots ciselés.

    Il va falloir penser à vous sortir de votre fanstamagorie et vous faire revenir au réel cher Hibernatus.


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 24 août 20:25

      @Bernie 2

      On a au moins échappé à Mireille Mathieu... C’est déjà ça de pris !


    • Jeussey de Sourcesûre Jeussey de Sourcesûre 24 août 20:34

      @Robert Lavigue
      vous ne perdez rien pour attendre



    • Robert Lavigue Robert Lavigue 24 août 20:58

      @Jeussey de Sourcesûre

      Je ne connaissais pas la période Chantal Goya de cette cantatrice soyeuse à la voix cristalline...
      Puisque vous vous y connaissez... C’est une tenue folklorique du coin ? Peut-être une influence de la Tracht bavaroise ?
      Vous ne trouvez pas que les gosses ont un air bizarre ? Stupéfiants ? Endogamie ? Consanguinité ?

      ON
      aurait préféré une vidéo de son passage à la Fête de l’Huma (1966, 1968, 1973 si j’en crois le quotidien cocolâtre)
      J’vais demander à Chalot. Il doit avoir un film super8 dans ses archives !


    • Bernie 2 Bernie 2 24 août 21:01

      @Robert Lavigue

      Mireille Mathieu ? La mère de D. Pujadas ? Effectivement on a eu chaud...

      J’aurais tellement aimé un nartik sur ce poète qui a su si subtilement sublimer la Seine Saint Denis :

      On est saisi par le rythme martial du beat, on est transporté par la voix rauque de ce défenseur du tombeau de nos rois. On est impressionné par sa fougue à dominer l’ennemi teuton lorsqu’il scande « dans ma benz benz benz ».
      Enfin, on retrouve le cri primaire des chevaliers français : Montjoie ! Saint Denis ! La Seine Saint Denis, c’est de la bombe baby, et ça se reconnait au débit !


    • rosemar rosemar 24 août 22:45

      @Jeussey de Sourcesûre

      Non, ce n’est pas au programme... mais plutôt cette chanson sur le midi :



    • nono le simplet nono le simplet 25 août 04:31

      @Bernie 2
      Un simple chanteur de variétés d’une bluette des années 50

      quelle inculture crasse ! mais je ne suis pas surpris !-))

    • Bernie 2 Bernie 2 25 août 23:28

      @nono le simplet

      Tiens, brouetteman me réponds. Le vengeur masqué des causes perdues. Vu ta carapace en brouette, t’es une sorte de tortue ninja ? Y a léonardo, michelangello, et maintenant nono.

      Tu me réponds à 4h31, wahou, soit t’es un matinal, soit tu as eu encore un problème de couche qui fuit, et pendant que les auxiliaires refont ton lit, tu profites pour me répondre.

      Maintenant en me concernant sur le message, je ne peux m’empêcher de rire. Bécaud, de la culture ? Mouahahaha, excuse mon inculture, je veux pas te froisser. Je crois qu’on a trouvé un champion olympique.

      Merci pour ce moment comme dirait l’autre. Vous étiez tous aussi crétins chez rue 69, où tu es l’avant garde ?


    • pemile pemile 25 août 23:43

      @Bernie 2 « tu as eu encore un problème de couche qui fuit, et pendant que les auxiliaires refont ton lit »

      Ben non, le gros méchant qui voit des crétins partout, c’est le principe du lit-brouette percé, tu te laisses abuser par le pseudo du nono smiley


  • rocla+ rocla+ 24 août 20:28

    La Provence ça se respire  ,  ça se platane au milieu de la cour  ça boit 

    du pastis de contrebande dans les années 60  ...ça se traverse en vélo du côté des vieux moulins à huile sur les toutes petites routes soleil levant  , la Provence  on grille des bécassines dans la cheminée le dimanche , des brochettes de petits oiseaux ,
    la Provence  on cherche deux tomates sur le plant  sel poivre ..., la Provence que j’ ai 
    connue  début 1970 on pouvait acheter un village entier en ruines ...La Provence était 
    un petit paradis sur terre dont les cuisses  se sont ouvertes  aux tout-venant malappris ....

    La Provence de cette époque avait à l’ intérieur de ses villages les charmants petits commerces , remplacés comme partout  par Super U  Lidl et Cie . 


    La ¨Provence  il était une fois ...

  • francois 25 août 10:58

    Bravo, Rosemar. Tu as écris un vrai article. Enfin. Sur rien mais c’est bien.


    • rosemar rosemar 25 août 11:41

      @francois

      La musique, le rêve, la poésie, la chanson ne seraient RIEN ?? Heureusement que la chanson et la poésie existent : vous ne pensez pas ??

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