Europe son intégration ou la mort !
Le moment de vérité pour les différents Nations européennes est arrivé plus rapidement qu’on aurait pu l’imaginer. Le constat douloureux, mais démystificateur est sans appel : l’Europe n’existe pas !! Et pour tant Elle pourrait être une grande Nation !
EUROPE : SON INTÉGRATION OU LA MORT !
La nation nord-américaine, par la manifestation d’un simple désir de son président, M. Trump, d’intégrer le Groenland comme une partie du territoire des États-Unis, a fait voler en éclats le mirage de l’Union Économique Européenne.
Voir que l’Europe danse au rythme de la musique que veut bien lui imposer le président américain, selon ses nécessités de politique intérieure et extérieure, est un tableau désolant et la démonstration de l’absence de principes idéologiques pouvant servir de guide au projet européen.
Dans cette situation, M. Trump se permettra toujours de souffler le froid et le chaud sur l’Europe.
Or, une majorité d’Européens voudrait voir la concrétisation de son identité européenne par une appartenance à un État-Nation européen, et ceci sans renoncer à son identité nationale. Et tout cela sur la base de certains principes, comme le respect du droit international, que beaucoup de ses membres n’ont pourtant pas hésité, dans le passé, à bafouer lorsqu’il a été jugé « nécessaire » de le faire, en défense de leurs propres intérêts économiques ou géopolitiques du moment. Un seul exemple parmi d’autres : l’attaque contre la Libye de Kadhafi.
Trump et la politique intérieure et extérieure des États-Unis
Les commentateurs des faits et comportements politiques de M. Trump se centrent sur sa personnalité, normale ou anormale, et sur son agir en tant que connaisseur des codes de la communication, comme ancien animateur de télévision. En réalité, ces caractéristiques, qui appartiennent à la personne de Trump, sont bien secondaires par rapport aux faits idéologiques qui soutiennent ces comportements.
Depuis quarante ou cinquante ans, la société américaine traverse une crise structurelle de son existence comme nation. Les États-Unis sont un patchwork d’États à l’intérieur de l’État. Avec la gouvernance de John F. Kennedy, il y eut un léger sursaut, stimulé par la compétition avec l’URSS et par tout ce qu’a signifié le pari d’arriver le premier sur la Lune.
La déroute des États-Unis au Vietnam marque véritablement l’irruption de cette remise en question de ses valeurs et de sa raison d’être. La réponse à cette période de doute fut l’arrivée de Reagan au pouvoir. Son ultralibéralisme en économie et l’affirmation des valeurs conservatrices permettent et favorisent la naissance de groupes de réflexion ultraconservateurs d’intellectuels, qui vont pouvoir théoriser et annoncer la fin du capitalisme et la naissance d’une nouvelle ère de civilisation.
C’est dans ce chaudron d’idées et de réflexions que le mouvement politique MAGA va puiser et s’alimenter, provoquant en son sein la coexistence de deux grandes tendances : l’une, conformée d’extrémistes agitateurs appuyés par la religion, dont Charlie Kirk a été un symbole ; l’autre, représentée principalement par des intellectuels et de très riches hommes d’affaires comme Steve Bannon et Peter Thiel. L’actuel vice-président, Vance, va être le pont d’articulation entre l’extrémisme et ce second pôle.
Parmi ces mentors d’une nouvelle vision du monde, M. Trump n’est rien d’autre que le lourd et piteux interprète de ces idées et courants. Il ne possède pas une solide formation intellectuelle qui pourrait l’empêcher de faire ces allées et venues surprenantes dans ses décisions et sa recherche de notoriété plutôt que de réelle efficacité. Il tâtonne pratiquement dans l’exercice du pouvoir, mais il existe, au fond de ses décisions, des objectifs à long terme, émaillés d’une cohérence profonde, donnée et appuyée par la réflexion de ses mentors idéologues, qui ont pensé l’avenir du monde et, en particulier, le dépassement du capitalisme comme système.
Faits et conséquences historiques
La fin de la Seconde Guerre mondiale a provoqué des soubresauts géopolitiques ainsi que la disparition brutale ou progressive de cinq empires : l’Empire japonais, l’Empire britannique, l’Empire français, la tentative d’empire du Troisième Reich, et l’Empire russe ou soviétique.
La disparition soudaine ou progressive de la domination et de l’influence d’une nation impérialiste se produit par deux facteurs concomitants : la perte de sa capacité de domination et l’irruption d’autres acteurs impérialistes sur la scène mondiale, qui vont lui faire concurrence. À notre époque, ce sont les États-Unis et l’URSS qui se sont trouvés au zénith de la domination mondiale après la Seconde Guerre mondiale. Plus tard, l’URSS disparaîtra presque soudainement.
Or le monde géopolitique a peur du vide, et ce sont les États-Unis seuls, qui vont le combler jusqu’à aujourd’hui, avec l’accord total des Européens et de quelques autres pays dans le monde.
En effet, les États-Unis ont régné sans partage sur le monde entier pendant près d’un demi-siècle, et les Européens se sont bien accommodés de cette situation relativement confortable.
Or, dans ce XXIᵉ siècle, face à l’Empire américain tout-puissant, trois nations font leur retour comme acteurs cherchant à jouer un rôle majeur de domination dans le monde contemporain : la Chine, l’Inde et la Russie.
Jusqu’à présent, leurs actions et jeux stratégiques se faisaient de manière feutrée ou par l’intermédiaire d’autres pays. La guerre en Ukraine a dévoilé, au grand jour, les véritables intérêts de l’une de ces nations : la Russie. De leurs côté la Chine et l’Inde cheminent presque en silence vers la puissance.
Or, la guerre en Ukraine qui nous préoccupe actuellement, n’est dans ces jeux d’échecs géopolitiques, qu’un simple mouvement de pions. Cette guerre, attisée et menée par la Russie et par ses désirs impérialistes a deux objectifs :
a) neutraliser l’Europe comme menace pour ses intérêts présents et futures,
b) par une probable victoire militaire et politique vis-à-vis de l’Europe, asservir cette région, la mettre à contribution et ainsi éviter tout obstacle à ses propres desseins géopolitiques.
Plus tard, de ce fait, la Russie aura les mains libres pour appuyer les États-Unis comme gardiens du monde face à leurs futurs conflits avec la Chine. On peut alors saisir que la raison fondamentale de la guerre en Ukraine serait la connivence et l’alliance future entre les États-Unis et la Russie.
Politique nord-américaine d’intervention militaire ou d’appropriation des territoires
La politique américaine, à travers son histoire, est semée de conquêtes territoriales, de tractations commerciales et d’occupations de zones géographiques afin d’agrandir son territoire, ainsi que d’interventions militaires pour défendre ses intérêts économiques, stratégiques et, par ricochet, sa domination.
Ce comportement est la règle appliquée par tout pays impérialiste, quelle que soit l’époque ou sa localisation géographique.
La différence avec M. Trump est qu’en général, lui ne cache pas ses intentions, parce qu’il est un homme issu du monde de la communication, sauf lorsqu’il lui semble qu’il n’est pas convenable de les dévoiler. En divulguant certains de ses objectifs dans ce monde d’hyper communication et de connectivité, il pense pouvoir s’épargner certains efforts militaires et économiques, en misant sur la capitulation anticipée du pays visé. Un exemple récent est le Venezuela.
Le funeste destin de l’Union Économique Européenne
Trump et ses conseillers pensent, à tort ou à raison, que la menace commerciale et industrielle la plus importante pour les États-Unis, après la Chine, est l’Union Économique Européenne. Avec cette conviction, il a fait et fera tout pour la débiliter et la faire éclater. La sortie du Royaume-Uni de l’UE est le résultat partiel de cet effort.
Il faut voir également, dans la tentative d’annexion du Groenland, un clou supplémentaire planté dans la chaussure de l’Union Économique Européenne afin de l’empêcher de marcher correctement. Malheureusement, au sein de l’UE, des voix discordantes se font déjà entendre quant à la manière de réagir à la politique d’agression actuelle de Trump. Cela s’explique par l’incapacité de l’Union à se doter d’une cohésion et d’un récit communs lui permettant d’exister comme entité unifiée.
Jean Monnet, inspirateur de la création de cette entité d’union commerciale européenne, a signé l’arrêt de mort de sa propre invention en lui donnant comme moteur essentiel l’échange et le développement commerciaux, sans objectif d’union politique. À l’époque, la résistance à une véritable union avec effacement des frontières était forte, en raison du sentiment d’appartenance nationale des populations européennes. À cela s’ajoute l’échec de la création de la CED (Communauté européenne de défense), qui aurait pu ouvrir la voie à une union politique de l’Europe, aujourd’hui cruellement absente.
L’Europe, un cadeau à M. Poutine
Face à l’absence de cohésion et d’unité politique, les organes législatifs et décisionnels de l’UE ont été infestés par des marchands de tout genre. Les groupes de pression et les lobbys se sont installés en son cœur, où se prennent nombre de décisions importantes. Bruxelles est devenue un nid d’agents divers, acceptés et tolérés par les autorités de l’UE et par les États qui la composent.
Cette division et cette fragmentation des objectifs fragilisent l’Union et la désignent comme une proie facile pour les grandes puissances industrielles, notamment la Russie et les États-Unis, sans exclure la Chine.
Les hésitations, décisions contradictoires et attitudes méprisantes du président américain et de son gouvernement vis-à-vis de l’Ukraine et de son président Zelensky favorisent le renforcement de la Russie dans cette guerre stratégique déclenchée par Poutine.
Depuis le début du conflit, M. Trump a constamment cherché à favoriser M. Poutine. Cette attitude ne s’explique pas par une amitié personnelle, mais par un intérêt géostratégique commun aux deux nations.
Dans ce scénario, il est évident que Trump est en train d’offrir à Poutine une Ukraine ligotée et, par ricochet, une Europe divisée, fragilisée et envoie de disparition comme entité géopolitique.
H. Ramirez A
Neuilly sur Seine le 29/01/2025

