Extrémistes mais pas trop !

Extrémistes mais pas trop : pourquoi les duettistes évitent les solutions Zucman, Prats, Peyrelevade… et la micro taxe Cheney
La France s’enfonce dans une crise budgétaire profonde. Les taux montent, les déficits s’accumulent, les agences de notation menacent. Dans ce contexte, les deux duettistes ennemis qui saturent le débat public évitent soigneusement les solutions structurelles capables de rééquilibrer durablement les finances du pays : Zucman, Prats, Peyrelevade… et désormais Cheney, avec sa proposition radicale de remplacer l’ensemble des impôts par une micro taxe sur les transactions financières. Pourquoi ce silence ? Parce que ces solutions exigent du courage politique, et qu’aucun des deux camps n’en a.
1. Un pays au bord du mur, mais un débat qui reste dans le décoratif
La France approche d’un point où certains économistes évoquent une possible mise sous surveillance internationale. Dans un tel contexte, on pourrait s’attendre à un débat sérieux sur les leviers structurels.
À la place, on nous sert :
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des polémiques sur les retraites,
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des économies de bouts de chandelle,
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des indignations morales,
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des discours virils mais creux.
Rien sur les marges de manœuvre réelles.
2. Les trois mousquetaires : Zucman, Prats, Peyrelevade — les solutions qu’ils n’osent pas toucher
Zucman : taxer les multinationales
Réformer les prix de transfert, imposer les profits là où ils sont réalisés. Potentiel : 30 à 40 milliards.
Prats : stopper la fraude à la TVA
Carrousels, sociétés-écrans, réseaux criminels. Potentiel : 20 à 25 milliards.
Peyrelevade : réduire la rente financière improductive
Limiter les dividendes excessifs, suppression du plafonnement fiscal ; réorienter l’épargne vers l’investissement productif. Potentiel : 20 à 30 milliards.
Total : 70 à 100 milliards.
Mais ces trois leviers impliquent d’affronter les multinationales, les lobbies financiers, certains États européens. Les duettistes préfèrent ne pas y toucher.
3. Le quatrième levier : la “solution Marc Cheney” — remplacer les impôts par une micro taxe sur les transactions financières
Marc Cheney : supprimer la quasi totalité des impôts et les remplacer par une micro taxe sur les transactions financières
Le principe est simple :
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chaque transaction financière (actions, obligations, produits dérivés, transferts interbancaires, etc.) serait taxée à un taux infinitésimal : 0,01 % à 0,1 % ;
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cette taxe s’appliquerait à un volume colossal : des milliers de milliards par jour ;
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même une taxe microscopique sur les flux français et européens pourrait générer des dizaines de milliards, voire davantage.
Objectif : remplacer l’impôt classique par une taxe indolore mais massive en rendement
Les avantages avancés par les partisans :
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suppression de l’impôt sur le revenu, de la TVA, de l’IS, etc.,
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simplification radicale du système fiscal,
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taxation de la spéculation plutôt que du travail,
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rendement potentiellement supérieur aux impôts actuels,
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impossibilité d’évasion (chaque transaction passe par un système bancaire).
Pourquoi les duettistes n’en parlent pas ?
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Parce que cela remet en cause le modèle fiscal entier ;
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Parce que cela touche directement les marchés financiers ;
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Parce que cela fâche les acteurs qui vivent de la volatilité et des flux spéculatifs ;
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Parce que cela implique une coordination européenne ou internationale ;
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Parce que cela supprime des impôts que les gouvernements utilisent comme leviers politiques.
Tabou absolu.
4. Le paradoxe : radicaux dans les mots, conservateurs dans les actes
Les duettistes jouent les extrémistes :
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“Nation !”
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“Souveraineté !”
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“Ordre !”
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“Responsabilité !”
Mais ils évitent :
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les multinationales,
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les paradis fiscaux,
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les flux financiers,
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les rentes,
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les marchés de la dette,
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et maintenant les transactions financières.
Ils sont radicaux dans le discours, modérés dans les actes, conservateurs dans les intérêts.
5. Et si ceux qui pourraient agir étaient justement ceux qui profitent du système ?
C’est la question qui dérange — et que personne ne pose dans le débat officiel.
Les acteurs qui pourraient mettre en œuvre les solutions Zucman, Prats, Peyrelevade ou Cheney sont souvent les premiers bénéficiaires du statu quo :
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Multinationales : elles profitent des prix de transfert, des paradis fiscaux, de la concurrence fiscale européenne.
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Acteurs financiers : ils profitent de la volatilité, des flux spéculatifs, des produits dérivés, de l’absence de micro taxe.
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Fraudeurs organisés : ils profitent des carrousels TVA et des failles de contrôle.
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États fiscalement attractifs : ils profitent des profits déplacés.
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Une partie de la classe politique : dépendante des financements privés, des réseaux d’influence, et parfois des carrières post mandat dans les secteurs qu’il faudrait réguler.
Ceux qui pourraient agir sont souvent ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change.
Ce n’est pas un complot : c’est un mécanisme structurel classique en économie politique.
6. Synthèse
Face au risque d’une tutelle du FMI, les deux camps évitent soigneusement les solutions structurelles — Zucman, Prats, Peyrelevade et Cheney — qui permettraient de récupérer entre 70 et 150 milliards par an. Et ils les évitent d’autant plus que les acteurs capables de les mettre en œuvre sont précisément ceux qui profitent du système actuel.
7. Conclusion : un pays qui joue à se faire peur, mais refuse de se réformer
La France n’est pas condamnée. Elle est simplement empêchée par un débat politique qui contourne les vraies marges de manœuvre.
Les solutions existent. Elles sont connues. Elles sont chiffrées. Elles sont documentées.
Mais elles sont taboues, parce qu’elles touchent les intérêts de ceux qui ont le pouvoir de les bloquer.
