vendredi 9 février - par Renaud Bouchard

F. Bayrou, E. Macron et les Lettres béarnaises : manque de prévoyance, trompeuses espérances, fronde politique et châtiment judiciaire ?

« Considère, mon amour, jusqu’à quel excès tu as manqué de prévoyance. Ah ! malheureux, tu as été trahi, et tu m’as trahie par des espérances trompeuses. Une passion sur laquelle tu avois fait tant de projets de plaisirs ne te cause présentement qu’un mortel désespoir, qui ne peut être comparé qu’à la cruauté de l’absence qui le cause. Quoi ! cette absence, à laquelle ma douleur, tout ingénieuse qu’elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux, dans lesquels je voyois tant d’amour, et qui me faisoient connoître des mouvemens qui me combloient de joie, qui me tenoient lieu de toutes choses, et qui enfin me suffisoient ? Hélas ! les miens sont privés de la seule lumière qui les animoit, il ne leur reste que des larmes, et je ne les ai employés à aucun usage qu’à pleurer sans cesse, depuis que j’appris que vous étiez enfin résolu à un éloignement, qui m’est si insupportable qu’il me fera mourir en peu de temps... »

 

Lettres portugaises (1669), attribution controversée (Gabriel de Guilleragues), Traduction par Alexandre Piédagnel . Texte établi par Alexandre Piedagnel, Librairie des Bibliophiles, 1876 (p. np-95)i

 


 

Une jeune femme, enfermée dans un couvent au Portugal écrit cinq lettres. Son amant -le premier et le seul- est un officier français qui a servi quelques temps près de son cloître et a été rappelé dans son pays. Qui les a écrites ? Sont-ce pure construction romanesque d’un habile et fin lettré courtisan ? ou sont-ce de vraies lettres rédigées depuis une pieuse cellule d’un couvent de l’Alentejo ? La raison scientifique penche pour la première hypothèse, la raison sensible pour la deuxième. Mais jamais rien n’a encore permis de trancher avec autorité, écrit Gaël Leveugle, metteur en scène, à propos de Gabriel Joseph de Lavergne, comte de Guilleragues, officier, diplomate et écrivain français, auteur présumé de ce formidable roman épistolaire que fut le recueil des Lettres portugaises de la Franciscaine Maria Alcoforado, publiées anonymement en 1669.ii

 

 

 

Passionnant roman épistolaire, s'il en est, qui permet aujourd'hui d'imaginer avec l'Incipit cité supraiii, en mettant le principal personnage au masculin, ce qu'a pu – ce qu'aurait pu éprouver – une sorte d'amant éconduit face à la « trahison » de celui qui, en la personne de François Bayrou, aurait pu – aurait dû tant il était plus que pressenti pour deux portefeuilles ministériels, prendre en charge les naufrages en cours de l'Education dite nationale ou celui à venir des Armées avec l'aventure militaire de la France et de l'Europe en Ukraine en tant que supplétif de l'OTAN.

 

Mais voilà ! Plutôt que de rejoindre un gouvernement, sans doute après en avoir soigneusement examiné, étudié, consulté, pesé les paramètres, l'intéressé a préféré éluder et renoncer à ce choix fatal, considérant sans doute à raison le gouvernement tout en miroir présidentiel de M. Attal comme souffrant d'incomplétude sinon d'incapacité essentielle et, pour tout dire, comme très mal parti.

 

Comment le président de la République s'est-il encore une fois mépris à ce point ? Comment a-t-il pu croire un seul instant qu'il pourrait faire miroiter un avantage et leurrer un homme politique né en 1951, disposant pour sa part d'une réelle et profonde culture, de l'expérience, du recul, de l'intelligence et de la prudence nécessaires au point de l'amener à quitter la direction du Haut- Commissariat général au Plan pour passer sous les ordres d'un jeune godelureau né en 1989, au parcours universitaire incertain, dépourvu de toute expérience politique et professionnelle et ne connaissant rien à la vie, tout simplement ?

 

« Pourquoi faut-il qu'il soit possible que je ne vous reverrai, peut-être jamais ? M'avez-vous pour toujours abandonnée ? Je suis au désespoir, votre pauvre Marianne n'en peut plus, elle s'évanouit en finissant cette lettre. Adieu, adieu, ayez pitié de moi. »

 

La réalité est beaucoup plus simple et ne fait que révéler l'ampleur de la pétaudière gouvernementale autour de M. Macron et de M. Attal.

 

  • L’annonce de la suite de la composition se fait encore attendre, et François Bayrou n’y serait pas pour rien.

  • Alors que son nom était cité pour remplacer Amélie Oudéa-Castéra à l’Éducation nationale, le président du Modem affirme qu’il n’entrera pas au gouvernement, faute "d'accord profond sur la politique à suivre". Des propos qui interrogent de la part d’un allié historique d’Emmanuel Macron.

  • François Bayrou aurait refusé d’être nommé ministre des Armées et a confié à l’AFP que « deux domaines" lui paraissaient "mériter un engagement plein" : "le ministère de l'Éducation" et un grand ministère pour résorber "le gouffre qui s'est creusé entre la province et Paris".

  • Lors d’un dîner avec des membres du Modem, François Bayrou a dénoncé "une démarche d'humiliation" de l'exécutif envers son parti, affirmant qu'on lui avait proposé quatre portefeuilles pour le MoDem, alors qu'il en voulait six.

  • Parmi les noms qui circulent pour entrer au gouvernement, Nicole Belloubet, ancienne garde des Sceaux, est pressentie pour l'Éducation nationale (cela aurait pu tout aussi bien être le Commerce extérieur, la Francophonie, les espèces en voie de disparition etc.) , tandis que le poste de ministre du Logement se jouerait entre l'actuel titulaire Patrice Vergriete, les députés Renaissance Guillaume Kasbarian et Annaïg Le Meur ou la sénatrice LR Dominique Estrosi-Sassone.

  • "Le MoDem a une responsabilité. Il est membre de la majorité pour reconstruire le pays", a pourtant rassuré François Bayrou jeudi matin sur France Info. Un entretien au cours duquel plusieurs journalistes politiques ont cru déceler une intention de candidature pour la présidentielle 2027.

    Sans doute ont-ils vu juste.

    Il est dès lors aisé de comprendre – mais ce n'est là qu'une hypothèse de ma part -, que pareil dessein venant accompagner le refus de M. Bayrou de se soumettre, de faire allégeance en entrant au gouvernement pour s'y soumettre et y demeurer politiquement inactif n'a pu que susciter -simple hypothèse, là encore – une réaction à laquelle je m'attendais personnellement et qui s'est produite : la neutralisation immédiate et la mise hors-circuit du frondeur.

    Le fait est que dans un cinglant réquisitoire contre le macronisme et les duettistes Macron & Attal en représentation permanente d'un nouveau numéro du cirque gouvernemental qui n'amuse plus personne, M. Bayrou a tour à tour dénoncé « l’ignorance par les responsables du sommet de ce que vit la base » des Français ; l’impossibilité de réformer le pays « dans un climat uniquement gestionnaire » ; « la rupture constante, continuelle, progressive et de plus en plus grave entre la base et les pouvoirs » ; un exécutif qui « fait comme si la crise n’existait pas ». M. Bayrou s’est alarmé au point de déclarer : « Le résultat de la crise et de cette incompréhension croissante entre les milieux de pouvoirs et la base, c’est la progression des extrêmes et singulièrement du Front national. […] Je pense que [l’exécutif] partage une partie [de cette analyse] mais les actes devraient suivre la parole. »

Mais voilà que là encore les doigts crochus du Destin et un mystérieux Karma semblent avoir immédiatement et littéralement sanctionné le présomptueux défaillant en un retour de flamme qui, au vu de l'ambiance générale, ne surprend guère.

On rappellera en effet que le tribunal correctionnel de Paris avait condamné le parti dans le dossier des assistants parlementaires européens, mais relaxé François Bayrou. Les magistrats « n'ont rien trouvé, car il n'y a rien », avait réagi le maire de Pau.

Le parquet de Paris a en effet interjeté appel, ce jeudi 8 févrer 2024, des trois relaxes prononcées mardi lors du jugement dans l'affaire dite des assistants parlementaires européens du MoDem. Le tribunal correctionnel avait notamment relaxé le président du parti, François Bayrou (ainsi que Pierre Portheret et Stéphane Thérou), tout en condamnant le MoDem (autrefois UDF) à 400.000 euros d'amende en tant que personne morale. Les juges de première instance avaient en effet estimé que l’implication de François Bayrou dans un détournement de fonds publics, par le biais duquel des assistants d’eurodéputés travaillaient en réalité pour le parti centriste, n’était pas démontrée. Leurs attendus notaient cependant de manière suspicieuse : « Il est très probable que [trois des prévenus] qui ont commis des actes de complicité de détournements de fonds publics au seul profit du parti, ont agi avec l'autorisation de François Bayrou et à tout le moins en l'informant de leurs agissements. Mais il n'est pas rapporté la preuve de cette autorisation ou de cette information. Or, en application de l'article 427 du code de procédure pénale, les infractions pénales doivent être établies par des preuves, même appréciées d'après l'intime conviction des juges. En l'absence de toute preuve, une juridiction pénale de jugement ne saurait, sans méconnaître le principe de la présomption d'innocence, déduire la culpabilité d'un prévenu d'une hypothèse, fût-elle vraisemblable. Il résulte de ce qui précède que François Bayrou sera [relaxé]au bénéfice du doute ».

« Accusation totalement infondées »

Dans un bref communiqué diffusé jeudi, le parquet rétorque que, de son point de vue, « les faits caractérisent les infractions reprochées et les preuves de ces délits sont réunies contre tous les prévenus » - huit autres personnes ont été condamnées en première instance et disposent depuis mardi d’un délai de dix jours pour contester cette décision.

 

D’un point de vue général, l’appel du parquet n’a rien de surprenant (c’est plutôt l’inverse qui eût été étonnant) : ses représentants avaient notamment requis à l’encontre de M. Bayrou 30 mois de prison avec sursis, 70.000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité également assortis du sursis... Le jugement ne satisfait donc pas le ministère public qui n’est pas réputé pour être bon perdant - effectivement - et entend à présent convaincre la cour du bien-fondé de son analyse.

Cependant, le contexte politique ne manquera pas de susciter mille interprétations : François Bayrou ne se serait-il pas félicité un peu vite d’une relaxe qui n’avait pas encore de caractère définitif ?

Il vient de refuser d’entrer au gouvernement et de créer une crise politique. Certains seront ainsi tentés de déceler des arrière-pensées extrajudiciaires dans ce qui n’est finalement, pour le parquet, qu’une décision relevant de la routine. Mais ne nous égarons surtout pas et bridons les interprétations comme les soupçons, n'est-ce pas ?

 

À lire aussi Derrière la fronde de François Bayrou, la volonté d’écorner les premiers pas de Gabriel Attal

 

M. Bayrou a immédiatement réagi jeudi après-midi 8 février 2024 dans la presse en affirmant que « (sa) ligne de défense sera la même puisque toutes les accusations se sont effondrées lors du premier procès », et qu'il « fera face avec la même combativité », au Point . Confiant, il assure que le parquet peut « faire appel, ça ne tiendra pas plus la seconde fois que la première fois, car ce n'est pas vrai ; les accusations portées contre moi sont totalement infondées ». Le président du Modem préfère pour sa part dénoncer « la somme d'argent considérable » : entre 3 et 5 millions d'euros en frais d'enquête, d'avocats et de procédure, pour un préjudice estimé par la justice à 200 000 euros sur quinze ans, selon lui. « (Les magistrats) n'ont rien trouvé, car il n'y a rien. »

Aucune date n’est encore fixée pour le procès en appel. Peu importe. L'intéressé est désormais caramélisé après avoir cru pouvoir échapper à quinze ans de procédure...

Que n'a-t-il attendu l'expiration du délai d'appel ! Il eût été tellement plus simple et judicieux pour lui de quitter un gouvernement après y être entré en prétextant d'arguments auxquels personne n'aurait prêté attention.

M. Bayrou est pour l'instant hors-jeu.

« Comme le dirait Boileau, ( je cite ici Vittorio Fortunati à propos de son étude sur l'Incipit des Lettres portugaises) le vraisemblable peut quelquefois (voire souvent) n’être pas vrai. Faute de preuves, nous nous contentons de fournir des indices, pour suggérer que l’on pourrait aborder le problème de l’incipit d’une autre façon ou, encore mieux, d’un autre point de vue, c’est-à-dire comme un problème textuel. »

Ou banalement politique.
 

 

ihttps://fr.wikisource.org/wiki/Lettres_portugaises_traduites_en_fran%C3%A7ais

ii https://ebmk.univ-lorraine.fr/spectacles/les-lettres-de-la-religieuse-portugaise/

iii Référence papier

Vittorio Fortunati et Università degli Studi di Pavia, « Conjectures sur l’incipit des “Lettres portugaises” », Studi Francesi, 193 (LXV | I) | 2021, 155-160.

Référence électronique

Vittorio Fortunati et Università degli Studi di Pavia, « Conjectures sur l’incipit des “Lettres portugaises” », Studi Francesi [En ligne], 193 (LXV | I) | 2021, mis en ligne le 01 juin 2022, consulté le 08 février 2024. URL : http://journals.openedition.org/studifrancesi/43299&nbsp ;;&nbsp ;DOI&nbsp ; : https://doi.org/10.4000/studifrancesi.43299

 



22 réactions


  • Com une outre 9 février 09:49

    Que Bayrou n’entre pas au gouvernement n’est pas une mauvaise nouvelle. Par contre, il est évident que Macron soutient plutôt Horizon que le Modem. Moins de casseroles.


    • njama njama 9 février 12:27

      @Com une outre
      oui oui c’est un gros virage à droite toute...
      il y a les élections €uropénnes pas loin, début juin, faut racler des voix RN et Reconquête...
      enjeu, un transfert de souveraineté pour un exécutif de l’U€ façon fédéralisme ricain...

      autre échéance aussi le transfert de souveraineté possiblement en mai 2024, le nouveau RSI (règlement sanitaire international) de l’OMS... plein pouvoir pour la gestion des pandémies (?)... c’est pas gagné non plus de ce côté-là, mais ça pourrait mettre de la friture dans les débats sur l’élection U€ qui vient juste après

      et puis les JO 2024, mobilisation max des playmobils, plan Vigipirate, retour du pass, jalon vers l’ID numérique ?

      bref Attal y va avoir du boulot l’ petiot

      Le Modem n’a p’t-être pas envie de se laisser entraîner dans le délire (?)


    • Seth 9 février 12:37

      @Com une outre

      Pas del bayrou, par contre on a le retour de la Dalida de la Macronnie, la « superbe » Belloubet qui s’était démenée pour ce pauvre Benalla (tout comme la sioniste perchée bronepivé).

      A propos, toujours rien du coffiot ? smiley

      Enfin... quand on n’a rien de neuf à se mettre sous la denton est bien obligé de refaire avec les vieilleries. smiley


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 février 05:46

      @Seth

      « Le retour de la Dalida de la Macronie, la « superbe » Belloubet... »
      Quel épouvantail !
      RB


    • Com une outre 11 février 07:36

      @njama
      Le transfert ne se fera pas, c’est un mauvais calcul. La droite RN restera RN, appuyée même par certains LR si il le faut, Renaissance va prendre une claque historique, et pleinement justifiée. Surtout que le fédéralisme européen est loin de susciter la passion des foules, elles ont aujourd’hui compris combien l’UE est une nuisance. L’avenir de Renaissance s’arrêtera aux européennes pour disparaitre aux prochaines présidentielles. Horizon va tenter de prendre la relève, avec du racolage à grande échelle dans les autres partis. Une resucée quoi, mais tellement que pas sûr que cela marche, même avec le matraquage des médias pour ce parti tout aussi bidon que Renaissance.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 11 février 20:28

      @Com une outre

       Bonsoir et merci pour votre analyse qui me semble très juste.

      Une autre formation politique risque fort d’apparaître, en lieu et place de toutes les formations politiques actuelles et de celles (RN, Reconquête), qui ne sont en réalité et fondamentalement que de la « fausse opposition ».

      Cette autre formation politique balayera ce qui existe et survit encore pour peu de temps.

      Il n’y a rien à garder ; il n’y aura rien à garder et la purge se fera d’elle-même.

      Cordialement,
      Renaud bouchard


  • S. Lampion S. Lampion 9 février 10:02

    Bayrou a eu une éducation spartiate, vous savez :


    « Au reste, ces enfants, quand ils dérobaient, craignaient si fort d’être découverts, qu’un d’eux, à ce qu’on rapporte, ayant pris un renardeau qu’il avait caché sous sa robe, se laissa déchirer le ventre par cet animal à coups d’ongles et de dents, sans jeter un seul cri, et aima mieux mourir que d’être découvert... » - Plutarque (Vie de Lycurgue)


  • Seth 9 février 12:43

    J’admiore qu’on arrive à épiloguer sur lou bayrou, boursouflure venteuse politique, grand enfonceur de portes ouvertes et égreneur des banalités dont il a fait carrière. smiley

    Merci de nous rappeler l’existence de ces « Lettres de la Religieuse Portugaise » superbes malheureusement oubliées. Je vais tâcher de me les retrouver. Je les recommande. smiley


  • njama njama 9 février 15:58

    Évidemment Bayrou ce vieux briscard de la V° république au CV politique long comme un bras, sous les ordres d’un damoiseau sans faits d’armes, ça le fait pas ! c’est plus que pas poli, c’est assez insolent !

    raison de la nomination du jeunot Attal manipulé par son mentor qui sait qu’il ne pourra pas briguer un troisième mandat, pour mettre sur la touche le plus que probable béarnais impétrant à la fonction présidentielle (comme à son habitude, trois présidentielles au compteur depuis 2002) au profit d’un autre bourrin de la Young Leader Team davosienne ?...

    Si l’hypothèse est juste, assez joli coup de freluquet Jupiter, mais qui ne signe pas la fin de partie... le vieux singe pourrait avoir plus d’un tour dans son sac, d’autant qu’il ne salira pas les mains dans les inévitables casseroles de la fin du mandat macro_attalien..., où la désagrégation de Renaissance, feu follet de la LREM, ce parti sans âme, sans programme, pourrait être fulgurante, avorton politique à peine né qui rejoindra les poubelles de l’histoire.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 février 05:42

      @njama

      Bonjour Njama et merci pour vos commentaires.
      Je m’adresse aussi aux autres lecteurs et commentateurs que je remercie pour leurs visites et analyses.

      « Si l’hypothèse est juste, assez joli coup de freluquet Jupiter, écrivez-vous, mais qui ne signe pas la fin de partie... le vieux singe pourrait avoir plus d’un tour dans son sac, d’autant qu’il ne salira pas les mains dans les inévitables casseroles de la fin du mandat macro_attalien..., où la désagrégation de Renaissance, feu follet de la LREM, ce parti sans âme, sans programme, pourrait être fulgurante, avorton politique à peine né qui rejoindra les poubelles de l’histoire. »

      Ah, si seulement...

      Renaud Bouchard


  • njama njama 9 février 16:14

    Le gros défaut de Bayrou, en dehors qu’il lui faut toujours trois minutes pour ce que l’on pourrait dire en une, est qu’il n’a pas un tropisme affairiste... au sens davosien bien sûr

    Ils s’entendent bien, les présidents de la République et de la FNSEA, amis depuis plus de 20 ans !

    ... « Qui connaît les relations passées entre Emmanuel Macron et le groupe agro-industriel Avril regardera d’un autre œil l’attitude de l’exécutif à l’égard du premier syndicat agricole. »
    Et que peut bien avoir/à voir avec Arnaud Rousseau ce groupe Avril, à moins que cela ne fût une plaisanterie piscicole ?
    Marianne l’explique  :
« Pour se faire une idée, il faut remonter aux années Rothschild du chef de l’État. Arnaud Rousseau ne dirige pas seulement la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), il est aussi le patron d’un mastodonte de l’industrie agroalimentaire, le groupe Avril… » Ah, revoilà le poisson ! 
« …le groupe Avril, géant français des huiles et protéines végétales. Opérant dans 19 pays, ce groupe, peu connu du grand public, pèse tout de même 9 milliards d’euros en chiffre d’affaires en 2022, compte 7 300 salariés, et a réalisé 218 millions d’euros de profit la même année, un résultat net en hausse de 45 % ! »
    Mais comment Emmanuel s’est-il trouvé à faire la connaissance d’Arnaud ?
    «  Les deux hommes, précise Marianne, s’étaient rencontrés dans le cadre de la première commission Attali pour « la libération de la croissance française », qui s’était tenue en 2007 sous Sarkozy. »
    
Ce fut donc là, sous le double adoubement contre nature « Attali-Sarkozy »,  que le regard de l’un a croisé celui de l’autre ! Et qu’ils se sont alors acoquinés, en tout bien 
-et vraiment n’importe quel bien pourvu qu’il rapporte !- tout honneur ! Là, pour l’honneur, il semble qu’un seul des deux ait eu droit à la légion du même nom.

    Et lorsque l’on parle de bien, quoi de mieux que la banque Rothschild pour se faire une petite place ? Quoique… une petite place pour un énarque, ce n’est pas à un guichet… c’est à un poste de banquier d’affaires qu’Emmanuel est engagé dans la banque internationale alors que son amitié avec Arnaud se renforce.
    Voilà qui est parfait puisque, comme le dévoile Marianne :
    
«  Cette proximité avait permis à celui qui deviendra banquier d’affaires chez Rothschild l’année suivante de faire de Sofiprotéol  » (ndlr : Sofiprotéol est la première dénomination du groupe Avril : de sa création à son changement de nom en 2015) 
« un nouveau « compte » de la banque d’affaires. »
    Ce que le magazine salue : 
«  Un véritable tour de force pour le jeune Macron, la chose n’étant pas aisée dans le milieu parisien de la banque d’affaires.  »

    .Autre satisfaction « professionnelle » pour Emmanuel :
«  En février 2012, Macron décroche le jackpot : pour Sofiprotéol, il finalise au Maroc la prise de contrôle pour 130 millions d’euros de Lesieur Cristal, numéro un de l’huile alimentaire dans le pays qui était possédé par la SNI, la holding royale marocaine. Ce « coup », quelques semaines avant le célèbre deal Pfizer/Nestlé, permettra à Emmanuel Macron de bénéficier d’un confortable bonus… »

    (...)


  • Fergus Fergus 9 février 16:18

    Bayrou est un has-been qui a tenté un retour tonitruant en ayant, une fois de plus, des ambitions situées bien au-dessus des postes auxquels il peut désormais prétendre, malgré la cinquantaine de députés du Modem.

    Son coup a lamentablement raté. Et cela d’autant plus qu’il a été très largement désavoué par ses propres troupes. Il ferait mieux d’aller pêcher à la ligne dans le Gave de Pau.


    • njama njama 9 février 17:06

      @Fergus
      A décharge c’est pas facile de monte sur le podium...
      déjà trois tentatives au compteur pour Bayrou, pour quoi pas une quatrième... au moins ça mettre un peu d’animation en 2027 smiley


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 février 05:56

      @Fergus
      Certes.
      Mais tout va bien puisque l’on rapporte ceci :

      En déplacement à Bordeaux, Emmanuel Macron a assuré qu’il était toujours « ami » avec François Bayrou malgré le refus du patron du Modem d’entrer au gouvernement.

      Nous sommes rassurés.
      Le gouvernement continue sa trajectoire en sortant du système solaire, « vers l’Infini et au-delà » tandis que M. Bayrou repart pour un tour au tourniquet judiciaire...
      Fatalitas !

       « Fatalitas, quoi que l’on fasse / Il y a toujours la menace de n’être nulle part à sa place / Il faut bien voir le monde en face / Et profiter du jour qui passe… »

      (Hubert Mounier, Fatalitas)

      https://youtu.be/hM-zJSoODFk?t=105

      Cordialement,
      Renaud Bouchard


  • Samy Levrai Samy Levrai 9 février 16:55

    François Biroute a surement sa place à l’abbaye de monte-à-regret.


  • saint louis 9 février 19:29

    Bayrou n’a pas de face, s’il en avait une, il se serait écarté dés le début de ce gouvernement de pacotille qui brille par son imposture.

    Et dire qu’à un moment (avant Macron) je pensai qu’il avait un sens d’honneur.


    • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 10 février 05:49

      @saint louis

      Fascination pour un « gouvernement de pacotille », certes, mais la réalité est que les gouvernement fantoches qui n’ont plus rien à proposer ratissent large pour essayer de durer.
      RB


  • zygzornifle zygzornifle 12 février 08:52

    Heureusement que l’on ne peut remonter dans le passé autrement Macron y puiserait pour son mauvais gout vernement ....


  • ETTORE ETTORE 12 février 13:29

    Bonjour Renaud Bouchard

    Quelle belle lettre, que celle citée en tête d’article !

    Belle en écriture, belle en pensées, belle tout court.

    Et quelle violence, à dégringoler si abruptement sur un « Bayrou ».

    Pour qui, un seul mot suffit à le placer à sa place d’honneur : COCU !

    Non, ce n’est pas une insulte impolie.

    Il en vas de ces mots simples, reconnus, agrées, qui décrivent si parfaitement l’état et l’utilité de l«  »être« ( son existence), sans que l’on sache, qui dépend de l’autre, pour en assumer la paternité orpheline.

    Et, voyez, il en existe même de » magnifique " ....En pièce !


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