lundi 21 septembre - par Michel J. Cuny

Face au danger allemand, pour André Pironneau, serait-ce « Journée portes ouvertes » ? (117)

Le numéro du 13 mai 1937 de L’Écho de Paris aura tout à coup annoncé la démission d’une partie déterminante de la rédaction, dont MM. de Kérillis et Pironneau !... On les reverrait bientôt, tous les deux, à la tête d’un nouveau quotidien dont ils se partageraient la direction : L’Époque, mais il faudrait tout de même attendre jusqu’au 27 juillet suivant pour retrouver un article portant la signature d’André Pironneau. Il a pour titre : La force française est sur la bonne voie… Mais il reste encore beaucoup d’obstacles à surmonter et des projets à réaliser 
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On se rassure comme on peut :
« Dans l’état d’alarme où vit la France de ce temps, la conscience de sa force n’est pas seulement un élément de confiance patriotique, mais encore une condition de l’équilibre national. Aussi nous faisons-nous un devoir, après avoir rapproché nos propres impressions de celles de beaucoup d’autres, de souligner ce qu’avait de réconfortant la très belle parade militaire du 14 juillet à Paris. » 

Un mois plus tard, le 27 août 1937, Paul Reynaud recevait ce petit mot de Charles de Gaulle :
« Bref, il faut une impulsion, c’est-à-dire un vrai ministre. Je souhaite ardemment, et en connaissance de cause, que vous soyez un jour, Monsieur le Ministre, l’organisateur de la puissance militaire française. » (Op. cit., page 452.)

Vous avez dit « impulsion » ?... Quatre jours plus tard (31 août), le nouvel article d’André Pironneau est intitulé : Nous avons dépensé 350 milliards en vingt ans pour notre défense nationale. Et, cependant, nous sommes en retard parce qu’il nous manque une conception d’ensemble hardie et moderne 
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Il est agrémenté d’une photographie très parlante qui fait apparaître des blindés en manœuvre. Elle porte ceci comme légende : « Une conception française qui a donné naissance à un instrument de guerre allemand : le « Panzerkorps », dont on voit ici évoluer les chars puissants » 

Serait-ce un produit d’appel… D’appel à quoi ?...

Passant sous silence ce fait incontestable que la Reichswehr telle qu’elle avait été modelée par le général von Seeckt avant même 1934 était plus qu’une anticipation de ce que, cette année-là, le lieutenant-colonel Charles de Gaulle présentait comme né de sa propre imagination, André Pironneau s’avance jusqu’à prétendre ceci, que…
« En 1935, les Allemands, s’attribuant une conception française, constituaient le fameux Panzerkorps. »

Non content de bien souligner ce qu’il considère comme un saut qualitatif dans la préparation allemande de la prochaine guerre, il fait ensuite jouer – contre la France ? – le facteur quantitatif :
« À l’heure qu’il est, ce formidable instrument de manœuvre et de choc compte six divisions d’élite cuirassées et nous n’avons pas encore mis sur pied la première des nôtres. » 

Faut-il vraiment le clamer sur tous les toits, et jusque par-delà le Rhin, là où André Pironneau sait bien qu’il est lu par ceux et celles qui continuent à suivre de près tout ce qui paraît émaner, directement ou indirectement, de l’auteur de Vers l’armée de métier qui vient à peine de quitter le Secrétariat général du Conseil supérieur de la Défense nationale, et qui est donc un grand connaisseur de ce qui se passe au plus haut de l’État-Major français ?…

Or, à l’approche du 11 novembre 1937, occasion de fêter - peut-être avec une certaine mesure compte tenu de la situation redoutable dans laquelle la France se trouve être selon lui - la victoire de 1918, voici ce qu’il lance à la tête d’Hitler… et de son peuple, en plaçant l’article du jour sous le titre : «  Il nous faut à tout prix l’armistice » avait déclaré Hindenburg - Et les négociateurs allemands qui se présentèrent à Rethondes étaient prêts à une capitulation totale 
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Revenons donc au 20 octobre 1918 :
« C’est la fin, la débâcle, la perspective du plus grand désastre militaire que l’Histoire ait jamais enregistré. D’une part, notre offensive de Lorraine en préparation où Castelnau va opposer 25 divisions entièrement françaises à 8 divisions allemandes et, d’autre part, la marche concentrique des armées d’Italie et d’Orient sur Berlin doivent le consommer. »

André Pironneau poursuit, en soulignant ce qui lui paraît être le plus significatif :
« Le baron de Lersner, agent de liaison de la Chancellerie auprès du grand quartier général, téléphone à Berlin : « La situation est désespérée. Nous ne devons pas nous attendre à une amélioration. L’invasion de notre territoire n’est plus qu’une question de semaines. » « Je voudrais sauver l’armée, déclare Ludendorf, afin de l’avoir encore comme moyen de pression pendant les négociations de paix. » Mais le colonel Heye, du grand quartier général impérial, avoue : « On s’aperçoit qu’il s’agit d’être ou de ne pas être.  » » 

De même, ici…
« Quoi qu’il en soit, derrière le rideau de la résistance allemande, les arrières s’effondraient : « Il nous faut à tout prix et de toute urgence l’armistice », finit par reconnaître Hindenburg. » 

« Sauver l’armée » et éviter l’effondrement total des arrières (la Révolution ?)…

Synthétisant les conditions posées par la France et ses alliés, tout en veillant à ce que les deux points précédemment soulignés soient respectés de la meilleure des façons possibles, le commandant en chef, le général Foch, déclarerait :
« Si donc les Allemands les acceptent, il est inutile de continuer la bataille. »

C’est André Pironneau qui nous rapporte la suite, et qui souligne :
« Le 11 novembre, les Allemands les acceptèrent… Et le lendemain, quand les plénipotentiaires se présentèrent au Grand Quartier Général à Spa, ils furent chaudement félicités des excellents résultats de leurs négociations. « On était surpris, a rapporté Erzberger, des succès qu’ils avaient obtenus.  » Qu’avait donc tant redouté le Haut Commandement allemand ? Tout simplement ce qu’il aurait exigé s’il eût été vainqueur : la signature de l’armistice en territoire ennemi et la capitulation sans conditions. » 

À charge de revanche ?...

Et pour que les initiés ne puissent pas s’y tromper, il conclut :
« Aujourd’hui l’armée allemande a sur pied un million d’hommes. » 

Pour en savoir plus sur le présent travail, veuillez suivre ce lien...
https://dejeanmoulinavladimirpoutin.wordpress.com/

Michel J. et Christine CUNY




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