mardi 13 janvier 2009 - par ddacoudre

Fillon je t’attendais ?

Nous y sommes arrivés. Ces derniers temps plusieurs informations ont relaté la mort accidentelle dans un hôpital d’un enfant, puis comme à son habitude d’autres faits divers similaires sont venus s’ajouter à la liste.

Comme à son habitude tous les médias, télé, radio, écrit, et nous mêmes sur Agoravox avons enchaîné sur cet information.

J’y suis également allé de plusieurs commentaires en réaction à certains articles, et je me demandai quand la réponse policière du gouvernement arriverait.

Nous ne sommes pas sans ignorer que lors d’un décès l’officier d’état civil doit être informé, précédé éventuellement de l’action d’un officier de police pour diligenter si nécessaire une enquête s’il y a mort violente, c’est a dire s’il a présomption de meurtre ou d’assassinat, ou tout autres manières de succomber sans liste limitative laissant ainsi l’ouverture par une action judiciaire d’en apprécier les circonstances singulière.

Cette pratique dure depuis des siècles et fut donc inscrite dans la loi en 1803. Tous ceux intéressés par l’historique peuvent fouiller dans nos annales ils y trouveront nos usages en la matière et les raisons de cette loi comme celle de l’origine du mot croquemort.

Chacun peut lire ci dessous les articles du code civil qui le précisent.

Article 78

Créé par Loi 1803-03-11 promulguée le 21 mars 1803

L’acte de décès sera dressé par l’officier de l’état civil de la commune où le décès a eu lieu, sur la déclaration d’un parent du défunt ou sur celle d’une personne possédant sur son état civil les renseignements les plus exacts et les plus complets qu’il sera possible.

Article 81

Créé par Loi 1803-03-11 promulguée le 21 mars 1803

Lorsqu’il y aura des signes ou indices de mort violente, ou d’autres circonstances qui donneront lieu de le soupçonner, on ne pourra faire l’inhumation qu’après qu’un officier de police, assisté d’un docteur en médecine ou en chirurgie, aura dressé procès-verbal de l’état du cadavre et des circonstances y relatives, ainsi que des renseignements qu’il aura pu recueillir sur les prénoms, nom, âge, profession, lieu de naissance et domicile de la personne décédée.

Ainsi donc ce matin le radio réveil me dit que monsieur Fillion s’inquiète du nombre important de décès survenant dans les hôpitaux suite à des erreurs et qu’il va donc de ce fait diligenter une enquête, et d’indiquer qu’il y a 10 000 décès par ans dans nos hôpitaux suite à des erreurs.

Voilà donc une nouveauté fabuleuse, que les soins nous aient augmenté l’espérance de vie et aient diminué le nombre d’erreurs dû aux difficultés passées d’avoir des diagnostic précis, n’est pas très important, si ce n’est, que cela fait augmenter la demande de soins, donc le trou de la Sécu et forcément le nombre d’interventions de soins et inévitablement celles d’un pourcentage d’erreurs qui s’en suivront car le risque zéro est, aussi, absent dans ce milieu. Milieu qui est grandement pathogène car c’est en son sein que se regroupent toutes les chances d’y rencontrer les maladies transmissibles de notre monde, et je trouve déjà qu’il y a prouesse d’avoir aussi peu, (même si c’est toujours trop pour y être passé comme tant d’autres), de maladies nosocomiales.

Nous allons donc franchir ce pas qui va faire de l’erreur médicale un acte de mort violente, bien non cela est valable depuis 1803.

Question ?

Pourquoi le gouvernement à mis en route sur les hôpitaux sa machine propagandiste, dont chacun aujourd’hui, à moins de faire preuve de malhonnête intellectuelle, a compris le processus qui consiste à informer les médias d’une piste de faits divers à suivre, de la relayer en boucle sur tous les médias durant un certain temps, de la renforcer par d’autres cas similaires si possible, voire de privilégier une victime enfantine pour accroitre la commisération et s’opposer à toutes tentatives de velléités contraire qui seraient tout aussitôt réprimandées par la population qui n’accepterait pas que l’on mégote sur la vie d’un enfant.

Chacun à compris depuis la dernière mort d’enfant dans un hôpital qu’il n’y en avait pas dix milles et que le choix de ces morts d’enfants comme sujet de faits divers est intentionnel.

Alors que veut faire le gouvernement ?

Enclencher derrière un processus de pénalisation comme à son habitude, ce qui aura pour effet que dans les hôpitaux avant toutes interventions l’on nous réclamera la signature d’une décharge, comme celles que j’ai du signer dans une clinique privé lors de mon dernier passage sur un billard, sinon pas de soins, hormis sous astreinte ce qui dégage de fait la responsabilité du corps soignant pour la transférer au décideur de l’astreinte.

Nous avons eu ensuite les morts par « délaie », délaie d’intervention trop long, eux aussi rentrerait donc dans la dénomination de mort violente justifiant une enquête policière, nous avons lu que le texte de l’article est ouvert, pour y laisser entrer par l’action judiciaire toute jurisprudence qui décidera qu’un délaie trop long est un acte de mort violente.

Je ne sais si le but du gouvernement est de discréditer l’hôpital public en vu d’en transférer la gestion à des organismes privés en préparant le silence de la population, par la manipulation sans honte de la souffrance de ceux qui se prêtent innocemment (je l’espère)dans leur malheur au jeu , en croyant que c’est pour une noble cause, et participe par leur sincère douleur et sa véracité filmé (comme par hasard),à la justification des mesures que prend derrière le gouvernement.

Sincèrement nous n’en avons pas assez d’être dupe de cela ?

Aujourd’hui cela se voit comme un nez au milieu de la figure. Faut croire qu’il n’y a que les journalistes de métier pour ne pas le voir ou se taisent-ils pitoyablement. Allons nous attendre de rencontrer un effet aussi désastreux que celui de l’affaire Outreau quand bon nombres de médecins ou d’infirmier(e) seront criminalisés pour avoir accompli l’acte le plus humain auquel aucun d’entre nous n’échappe et qui est une raison de l’évolution de notre existence l’erreur.

Question de science vie. Qu’est-ce qui vous semble important et dont on ne parle jamais ?

 Réponse de Radman directeur de recherche biologique à l’inserm.

On ne parle pas assez de l’évolution, une logique indispensable pour comprendre tout système d’adaptation. Un processus central du monde du vivant dont nous faisons partie, nos organismes, tout comme nos pensées. Tout cela peut-être envisagé comme un processus évolutifs faisant jouer à la fois les variations et la sélection. De ce point de vue, on voit bien que pour une réussite il y aune quarantaine d’essais infructueux. Ces erreurs sont toujours tout aussi importantes que les réussites, elles en sont même la condition. Si le système immunitaire n’avait pas la possibilité de produire des millions d’anticorps apparemment inutiles, il ne pourrait pas nous défendre quand survient une infection qu’ils n’ont jamais vue auparavant. Ce très large éventail de possibilités, de combinaisons, lui permet de trouver des solutions à des problèmes jamais posés. L’évolution nous montre aussi que pour être efficace, l’exactitude n’est pas indispensable. C’est parce que le vivant n’est pas précis, mais flexible, qu’il fonctionne si bien et fait preuve de cette extraordinaire faculté d’adaptation. Quand ça va très mal, il y a même des systèmes biologique qui augmentent les erreurs, ce qui augmente leurs chances de s’adapter.

Sa limitation est toujours d’actualité, la trouver est une source de progrès, s’en protéger et un acte de survie, la criminaliser est contre nature puisque notre existence c’est bâti, construite, développé sur et dans l’erreur, l’erreur c’est notre existence et cela nous sauve.

Au début du quinquennat de notre président je me demandais par quelle voie nous développerions la nouvelle fascisation qui passerait inaperçu aux yeux de la population comme ce le fut pour nos prédécesseur dans les années trente. Je crois que c’est par cette voie des faits divers.

De la crise de 1930 s’en est suivit 40 avec son cortège macabre, qu’en sera t-’il dans dix ans si pour calmer nos peurs nous enfermons tous ceux qui se trompent, bien sur quand il s’agit de l’autre.

 
A moins que l’on rétablisse la peine de mort ! Intéressant l’article qui suit à lire par curiosité.

Article 83

Créé par Loi 1803-03-11 promulguée le 21 mars 1803

Les greffiers criminels seront tenus d’envoyer, dans les vingt-quatre heures de l’exécution des jugements portant peine de mort, à l’officier de l’état civil du lieu où le condamné aura été exécuté, tous les renseignements énoncés en l’article 79, d’après lesquels l’acte de décès sera rédigé.

NOTA :

La loi 81-908 du 9 octobre 1981 a aboli la peine de mort.



6 réactions


  • PtitLudo PtitLudo 13 janvier 2009 15:32

    Comme d’habitude plusieurs événements tragiques vont servir une nouvelle fois à faire passer des mesures honteuses au profit des lobbys qui doivent se bousculer chez PIC Conseil entre autre.

    Au lieu de s’attaquer au fond du problème, c’est à dire à renforcer l’hôpital public en termes de moyens et de personnels, on va ouvrir la porte à tout un tas de groupes privés auprès desquels il faudra souscrire de fortes assurances pour couvrir ce genre d’accident.

    Et si par malheur on met en doute ce qui se prépare on aura bien sûr droit à la rhétorique habituelle "Vous préférez que l’on laisse mourrir les gens ?"


    • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 00:48

      bonjour ptit ludo

      d’une certaine manière nous agissons toujours avec un temps de retard sur des mesures que nous mettons en place par mimétisme de notre grand frère américain dont notre président est un fan, sauf que les mesures qu’ils a mis en place en copie conforme sont celles qui ont porté leur opposant a la présidence. quand eux les abandonnent nous on nous les mets en place.
      cordialement.


  • furio furio 13 janvier 2009 21:49

    Bien vu.
    A noter que celui qui annonce les 10 000 morts c’est un UMP !! Le hasard !
    Remarquez ils ont raison de prendre les français pour des cons, ça marche !


    • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 00:54

      bonjour furio

      c’est bien dommage que les français se laissent aller à un alarmisme excessif par une confortation de leur conviction par des faits qu’ils rencontrent et généralisent, l’effet loupe de l’info est dramatique, mais bien plus le théatralisme des faiseurs d’opinions.

      cordialement.


  • claireopale claireopale 13 janvier 2009 21:58

    je confirme certains français sont des cons....notamment ceux qui avalent la propagande gauchiste !!


    • ddacoudre ddacoudre 15 janvier 2009 01:02

      bonjour claireopale

      au cas ou tu ne t’en serais pas rendu compte la propagande "gauchiste" est la même que celle de la droite, je t’invite à te repasser les discours de la campagne électorale, sauf si tu parle de l’extrème gauche, mais ne pas vouloir être dupe malgré les réalité me paraît être un signe de bon sens. il y a un proverbe qui dit que l’on peut tromper tromper 100 fois une personne mais l’inverse ne se vérifie pas, sauf si l’on dispose de la puissance médiatique, alors il n’y a pas de limite.

      cordialement.


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