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Fin du Communisme de caserne - AgoraVox le média citoyen
mardi 25 novembre 2025 - par politzer

Fin du Communisme de caserne

L'Avènement du Communisme de Caserne en URSS et la Correction par Deng Xiaoping en Chine

Introduction

Le "communisme de caserne" désigne une forme déformée de socialisme caractérisée par une centralisation excessive, une bureaucratie rigide et une économie planifiée de manière militaire, souvent justifiée par des contraintes externes.

Ce concept a été vilipendé par Karl Marx lui-même, qui l'utilisait pour critiquer des visions autoritaires et utopiques du socialisme, évoquant une régimentation rigide et centralisée qui s'écartait des principes marxistes authentiques, comme dans ses attaques contre des figures comme Bakounine ou des idées nihilistes associées à Nechayev.

En Union soviétique (URSS), cette déviation s'est développée sous l'influence de facteurs comme l'encerclement capitaliste, qui a imposé un isolement hostile et des menaces permanentes.

Sans recourir à des interprétations spécifiques critiquées par Lénine, cet article examine comment ces pressions externes ont contribué à l'émergence de ce modèle en URSS.

Il explore ensuite comment Deng Xiaoping, en revenant aux principes de la Nouvelle Politique Économique (NEP) de Lénine, a corrigé les déviations encore marquées par le stalinisme sous Mao Zedong, remettant la Chine sur la voie du marxisme scientifique adapté aux réalités nationales.

L'Encerclement Capitaliste et l'Avènement du Communisme de Caserne en URSS

Après la Révolution d'Octobre 1917, l'URSS naissante s'est retrouvée isolée dans un monde dominé par les puissances capitalistes. Cet encerclement n'était pas seulement idéologique, mais concret : des interventions militaires étrangères pendant la guerre civile (1918-1921) ont impliqué des armées de pays comme la France, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Japon, soutenant les forces blanches contre-révolutionnaires. Ces agressions ont forcé l'adoption de mesures d'urgence, comme le "communisme de guerre", avec des réquisitions forcées, une centralisation économique et une militarisation de la société pour survivre.

Staline, dans ses analyses, soulignait que l'encerclement capitaliste représentait une menace objective : l'URSS, couvrant seulement un sixième du globe, était entourée de territoires hostiles prêts à l'attaquer ou à la subvertir. Il affirmait que cela impliquait l'envoi constant d'espions, de saboteurs et d'assassins par les États étrangers, nécessitant une vigilance accrue et des mesures défensives internes.

Cette situation a prolongé une économie de pénurie et une planification rigide, favorisant une bureaucratie centralisée pour mobiliser les ressources contre les menaces extérieures.

Les embargos économiques et les tensions diplomatiques des années 1920-1930 ont renforcé cette tendance, transformant l'État en un appareil militarisé où la priorité était donnée à la défense et à l'industrialisation forcée, au détriment d'une flexibilité économique et d'une participation plus large des masses.

Cette déviation n'était pas inhérente au marxisme, mais résultait de contraintes objectives : l'arriération économique héritée de la Russie tsariste, combinée à l'isolement, a conduit à une rigidité qui évoquait un "communisme de caserne" – un système où la discipline militaire primait sur le développement dialectique.

Les purges et la répression interne étaient présentées comme nécessaires pour contrer les infiltrations liées à l'encerclement, mais aussi pour consolider l'unité du Parti contre des déviations internes, évitant ainsi une contre-révolution comme en Hongrie ou Tchécoslovaquie plus tard.

Cela a finalement aliéné certaines masses et entravé l'innovation, menant à la stagnation sous des dirigeants ultérieurs comme Brejnev.

Les Déviations sous Mao Zedong et leur racine stalinienne

En Chine, Mao Zedong, influencé par le modèle soviétique sous Staline, a adopté des approches similaires marquées par une centralisation excessive et des campagnes massives.

 Le Grand Bond en Avant (1958-1962) et la Révolution Culturelle (1966-1976) reflétaient une déviation "gauchiste" encore entachée de stalinisme : une planification rigide, une collectivisation forcée et une répression des dissidences, justifiées par la lutte contre l'encerclement impérialiste (notamment américain après la guerre de Corée).

Mao visait à accélérer l'industrialisation et à mobiliser les masses, mais ces politiques ont entraîné des famines, des inefficacités économiques et une bureaucratie qui s'écartait des principes marxistes de développement scientifique et équilibré.

Ces excès étaient en partie inspirés du stalinisme, avec son emphase sur l'industrialisation lourde et la lutte contre les "ennemis internes", mais Mao les a adaptés à une Chine rurale, ignorant parfois les leçons plus flexibles de Lénine comme la NEP.

Sa rupture avec l'URSS khroutchévienne a renforcé l'encerclement impérialiste.

Cependant, ils ont ignoré les leçons plus flexibles de Lénine, comme la NEP introduite en 1921 pour relancer l'économie russe après la guerre civile via des éléments de marché contrôlés par l'État.

 Mao a perpétué une forme de "communisme de caserne" adapté à la Chine rurale, où la rigidité idéologique et économique a freiné les forces productives.

Le retour de Deng Xiaoping à la NEP de Lénine : Une correction marxiste scientifique

Après la mort de Mao en 1976, Deng Xiaoping a initié des réformes en 1978 pour corriger ces déviations. Inspiré directement par la NEP de Lénine et son interprétation par Bukharin,

Deng a promu le "socialisme aux caractéristiques chinoises", intégrant des mécanismes de marché pour libérer les forces productives tout en maintenant le contrôle du Parti communiste chinois (PCC).

La NEP léniniste, qui permettait des concessions temporaires au capital privé pour reconstruire l'économie, servait de modèle : Deng a reconnu que le modèle soviétique rigide, embrassé par Mao, n'était pas adapté, et a pivoté vers une approche hybride.

Deng argumentait que Mao avait globalement raison mais avait commis des erreurs, comme l'ignorance des réalités objectives et une centralisation excessive. Ses réformes ont inclus la décollectivisation agricole, l'ouverture aux investissements étrangers et une planification mixte, effaçant les aspects stalinistes de Mao en favorisant une croissance inclusive.

Cela a permis une expansion économique spectaculaire : sortie de 800 millions de Chinois de l’extrême pauvreté, investissements en infrastructures et une intégration globale sans abandonner le leadership du PCC.

Cette approche dialectique réconciliait le marxisme avec les conditions chinoises, démontrant que le socialisme pouvait s'adapter scientifiquement sans rigidité autoritaire.

En revenant à l'esprit de la NEP – une retraite tactique pour avancer stratégiquement –, Deng a revitalisé le mouvement communiste, offrant un modèle vivant qui transcende les déviations passées.

Conclusion

L'encerclement capitaliste a pesé lourdement sur l'URSS, favorisant l'avènement d'un communisme de caserne comme réponse défensive, mais menant à des rigidités bureaucratiques.

En Chine, Deng Xiaoping a corrigé les déviations maoïstes influencées par le stalinisme en s'inspirant de la NEP de Lénine, remettant le pays sur les rails du marxisme scientifique. Ce virage illustre la flexibilité du marxisme face aux réalités objectives, promouvant un socialisme adaptable et inclusif au XXIe siècle.

Cependant, la Corée du Nord reste un vestige contemporain de ce communisme de caserne, où l'isolement persistant imposé par l'impérialisme et une militarisation extrême perpétuent une bureaucratie rigide et un autoritarisme, bien que justifiés par des menaces objectives, s'écartant des principes marxistes authentiques jusqu’au grotesque culte de la personnalité héréditaire !!!

 

 



2 réactions


  • sylvain sylvain 25 novembre 2025 19:03

    Je serais curieux de savoir ce que la chine actuelle a de marxiste. Un etat qui contrebalance le pouvoir du capital ? A ce compte la, la france gaulliste est marxiste. 


  • microf 28 novembre 2025 13:43

    Très bon article.

    Il fallait toutefois que la Chine passe par ces différentes phases celles de Mao comprises pour permettre son développement.

    Deng Xiao Ping s´est penché sur les erreurs commises avant pour arriver á ce qu´il a dit après réflexion á savoir « peut importe qu´un chat soit noir ou blanc, s´il attrape la souris, c´est un bon chat »

    Ce n´était pas fidèle á doctrine du Parti, mais son efficacité comme résultat a permis au développement de la Chine, et, c´est ce qui compte.

    Les chinois s´en moquent aujourd´hui de l´idéologie Communiste et vivent mieux á présent, c´est ce qui est important.


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