https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/https://hormon-osteoporosezentrum.de/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/https://akperstg.ac.id/
zonawin777zonawin777
Fin inévitable de la primauté du dollar et de l’endettement US. Vers une devise-clé, le DTS mondial pour une économie mondiale équitable - AgoraVox le média citoyen
lundi 1er décembre 2025 - par Hamed

Fin inévitable de la primauté du dollar et de l’endettement US. Vers une devise-clé, le DTS mondial pour une économie mondiale équitable

Dans une interview de Pierre Grosser par le magazine québécois « L’actualité », l’auteur avance que, depuis 100 ans, les projecteurs mondiaux étaient braqués sur les États-Unis et l’Europe. Et aujourd’hui, selon l’historien français Pierre Grosser, spécialiste des relations internationales à Sciences Po Paris, la situation est en train de se retourner pour l’Occident qui perd de plus en plus sur le plan économique et stratégique mondial au profit de l’Asie.

« Dans son livre « L’histoire du monde se fait en Asie : Une autre vision du XXe siècle » (Odile Jacob), il rappelle la centralité de ce continent dans l’histoire mondiale du XXe siècle. Une position qui continue de s’affermir, au point que d’ici 20 ou 30 ans l’Europe et l’Amérique pourraient n’être que de simples périphéries. Et la question, dit-il, « est de savoir si la « transition » d’une hégémonie à une autre peut être pacifique ».

L’actualité a rencontré Pierre Grosser lors d’un de ses nombreux passages à Montréal. Il répond à ses questions :

« En quoi l’Asie écrit-elle l’histoire du présent siècle ?

Elle l’écrit dans tous les domaines. En 2016, l’Asie représentait 66 % de la croissance mondiale. La Chine, l’Inde, le Japon et les 10 pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) tournent à plein régime.

« Projetez-vous en 2030 ou 2040 et il est fort probable que vous verrez l’Asie comme le centre du monde, et le reste — l’Europe, l’Amérique — comme de simples périphéries. »

Dans une quinzaine d’années, le produit intérieur brut de ce continent dépassera ceux de l’Amérique du Nord et de l’Europe combinés. C’est en Asie que les ventes d’armes ainsi que les budgets militaires augmentent le plus rapidement — l’Inde est d’ailleurs le plus important importateur d’armements au monde. C’est aussi en Asie que les rivalités géopolitiques sont les plus intenses : entre les deux Corées, entre la Corée du Nord et les États-Unis, entre le Pakistan et l’Inde, entre l’Inde et la Chine, entre la Chine et le Japon et, bien entendu, entre la Chine et les États-Unis. Plusieurs sont des puissances nucléaires. Projetez-vous en 2030 ou 2040 et il est fort probable que vous verrez l’Asie comme le centre du monde, et le reste — l’Europe, l’Amérique — comme de simples périphéries. Quel renversement de perspective en un siècle !

La Chine veut accélérer la construction de voies de communication et d’infrastructures afin de mieux se connecter au monde. Est-ce pour favoriser le commerce ou pour étendre son influence politique et militaire ?

Il est difficile de séparer l’économie, la politique et la sécurité. L’initiative « Une ceinture, une route » est un moyen de redynamiser les entreprises d’État chinoises, de recycler les surplus à l’étranger, de faire circuler sa monnaie dans le monde et de développer l’ouest de la Chine. Cela vise à stabiliser les pays frontaliers et à renforcer les régimes autoritaires d’Eurasie devant les risques de déstabilisation et ceux liés à l’extrémisme — le même principe a guidé les États-Unis en 1947 lorsqu’ils ont lancé le plan Marshall pour sauver l’Europe du chaos de l’après-guerre et de l’attrait du communisme. Cela permet de faire face au risque d’un blocus américain et de répliquer au « pivotage » des États-Unis vers l’Asie-Pacifique. La Chine étend de cette manière son influence et se crée des clientèles, mais au risque de se trouver entraînée dans nombre de conflits locaux et régionaux.

Les États-Unis ont un rapport ambigu avec la Chine. Ils rompent avec elle en 1949, puis renouent en 1972. Donald Trump promettait de la punir, soutenant qu’elle manipulait son taux de change pour favoriser ses exportations, puis il a fait volte-face. C’est déroutant pour les analystes ?

Les Américains se voyaient traditionnellement en protecteurs de la Chine par rapport aux ambitions des impérialistes, notamment les Russes et les Japonais. L’objectif était de la protéger de ces puissances qui voulaient freiner les exportations américaines en Chine et empêcher les idées américaines de féconder le pays. Dans les années 1930-1940, puis dans les années 1980, les Américains étaient persuadés que la Chine pouvait se transformer avec l’Amérique comme modèle — d’ailleurs, beaucoup pensent encore aujourd’hui qu’avec la prospérité économique, un peu de pression pour faire respecter les droits de la personne et l’afflux d’étudiants chinois dans les universités américaines, qui retourneront chez eux avec des « idées » américaines, la Chine se démocratisera. Sauf que l’économie américaine est devenue fort dépendante de la Chine. Le président Donald Trump a prétendu changer un jeu dans lequel les États-Unis sont perdants à long terme. Il s’aperçoit qu’il n’a guère de levier.

Les États-Unis ont construit un réseau d’alliances avec plusieurs pays de l’Asie-Pacifique. En même temps, ceux-ci se rendent compte que la Chine prend une place considérable dans leurs économies respectives. Le réseau d’alliances peut-il tenir ?

La situation est complexe. L’ANASE est composée de 10 pays aux systèmes politiques différents : monarchiques, capitalistes, communistes. Elle a des discussions avec tout le monde, et avec la Chine de plus en plus. Les États-Unis tentent de courtiser ces pays afin d’en faire un bloc plus cohérent pour contrer la Chine. Mais les Chinois sont habiles. Ils favorisent les relations bilatérales pour diviser l’ANASE. D’autre part, l’Australie, un solide allié des Américains, redoute la mainmise de la Chine sur ses ressources naturelles, sur son économie et même sur son système politique (dans ce pays, les étrangers peuvent contribuer aux caisses des partis politiques, et les Chinois investissent dans de nombreuses circonscriptions). En même temps, tous ces pays savent une chose : dans 1 000 ans, la Chine sera toujours leur voisine, mais dans 100 ans, personne ne sait si les États-Unis seront toujours présents en Asie.

La Chine est-elle en passe de ravir aux États-Unis le titre de leader du monde ?

La Chine semble se comporter en acteur responsable sur la scène internationale. En janvier dernier, à Davos, devant les leaders politiques et économiques de la planète, le président Xi Jinping a soulevé un tonnerre d’applaudissements lorsqu’il a défendu le libre-échange. Cela faisait tout un contraste après les déclarations incendiaires de Donald Trump contre les accords de libre-échange. Puis, Pékin a manifesté sa fidélité à l’accord de Paris sur les changements climatiques, au moment même où les États-Unis annonçaient leur retrait. À l’évidence, la Chine joue sur son pouvoir de convaincre pour amadouer le reste du monde, « acheter » des votes à l’ONU ou ailleurs et se tailler une belle réputation. Elle veut participer à la définition des règles du jeu. Mais elle n’est pas un modèle pour le libre-échange ni pour la défense de l’environnement – en dépit de certains progrès dans ce domaine, qui en font un leader des énergies renouvelables. Et ses prétentions territoriales en mer de Chine méridionale intimident ses voisins. À bien y regarder, la Chine ne veut sans doute pas et ne peut pas remplacer les États-Unis comme leader du monde. » (1)

Cette interview laisse certes penser que l’avenir appartient à l’Asie. Cependant, pour voir clair, il faut analyser la situation économique mondiale depuis la fin des années 1990 et la projeter sur les forces réelles qui l’activent aujourd’hui. Sans cela, on ne pourra savoir ce qu’il en ressortira dans le futur. Le problème n’est pas de se projeter sur 2030 mais sur comment évolueront les forces sous-jacentes qui orientent l’économie mondiale et donc les nations du monde. Certes, il faut aussi dire qu’il y a des signes qui se précisent sur ces forces et qui laissent entrevoir ce qui se prépare en changements à venir.

D’ailleurs le discours du président américain Donald Trump, aujourd’hui, sur les droits de douanes imposés à l’ensemble des pays du monde, abonde dans la perspective de mettre un frein à l’endettement américain qui dépasse les 100% ; ce qui est dangereux à terme pour l’économie américaine. Et ce discours n’est certainement pas le sien ; il n’exprime que ce que ses conseillers économistes ont à juste raison anticipé l’avenir ; et, malgré que l’économie donne l’air de bien se porter, en réalité, la situation n’est pas du tout optimiste pour les années et décennies à venir.

Et on comprend pourquoi les États-Unis sont les premiers concernés par cette nouvelle configuration du monde qui est réellement en train de s’opérer. Certes, cette configuration mondiale s’opère lentement mais elle s’opère, et tout laisse penser qu’elle rebattra l’ordre de puissance, sur le plan économique mondial. Les États-Unis ont imposé leur ordre depuis les accords de Bretton Woods de 1944, il y a 81 ans ; et tout ordre mondial ne peut être pérenne indéfiniment comme nous l’apprend l’histoire ; une puissance quelle qu’elle soit ne peut garder toujours le monopole ; sinon le monde serait figé ; un seul monde, sans sens.

Aussi se pose la question sur la thèse de Pierre Grosser qui affirme que l’Asie est appelée à être le centre du monde et les États-Unis et l’Europe au rang de « simples périphéries » ; mais il ajoute cette précision de taille : « À bien y regarder, la Chine ne veut sans doute pas et ne peut pas remplacer les États-Unis comme leader du monde. » Pourquoi ?

La question ne se pose pas simplement sur le plan économique, mais se pose surtout sur les « leviers  » qui donnent la puissance sur tous les plans (économique, financier, monétaire, militaire). Et ces leviers, il faut dire, tant ils sont complexes, peuvent-ils être « partagés » ? Dans le sens que les leviers dont disposent aujourd’hui les États-Unis peuvent être « étendus » demain à l’Europe, à la Chine » ?

 D’autre part, la situation mondiale aujourd’hui est véritablement cahoteuse ; les crises et les guerres ont parsemé le monde mais toutes ont un rapport avec ces « leviers de puissance » ; toutes les nations qui montent en puissance y jouent un rôle. 

Prenons la double crise hypothécaire et financière de 2007-2008 et raisonnons. Question : « Que s’est-il passé pour qu’elle ait éclaté. » Pour cela, il faut aller aux événements historiques qui l’ont préparée ; et cette double crise n’a pas fini avec ses effets, et même aujourd’hui, ses effets se ressentent très concrètement, et même demain. On y reviendra.

Pour voir clair, reportons-nous à la fin des années 1990. A l’époque, l’économie américaine était en pleine croissance. Mais en 2000, l’économie américaine a subi une grave crise boursière : la crise du Nasdaq (les valeurs technologiques).

Le Nasdaq est passé de 4700 en février 2000 à 1200, au 3 septembre 2002. Le Dow Jones est passé de 11300 le 1er août 2000 à 7700, le 3 septembre 2002. Les indices boursiers américains Nasdaq et Dow Jones avaient perdu respectivement 75 %, et 30 % de leur valeur, en deux années et demie. La Crise est devenue mondiale ; toutes les Bourses dans le monde avaient dévissé dans le sillage de Wall Street.

Les causes furent essentiellement la spéculation sur les valeurs technologiques ; l’indice du Nasdaq avait atteint des cours complètement déconnectés de la réalité, en 2000 ; ce qui a provoqué un double krach, en avril et septembre 2000, à Wall Street. 

Il faut rappeler que la Réserve fédérale (Fed), avant la crise du Nasdaq, avait procédé à un premier relèvement du taux d’intérêt court directeur en juillet 1999 de 0,25 point, l’amenant à 5 %. Après 6 relèvements à partir de cette date, le taux d’intérêt directeur de la Fed, après un dernier relèvement de 0,5 %, est porté, à 6,5 %, le 16 mai 2000. Cette politique monétaire fortement restrictive de la Fed a mis fin à la spirale spéculative haussière, et donc provoqué l’éclatement du krach des valeurs technologiques, en 2000.

En restreignant les injections monétaires en monnaie centrale par la hausse du taux d’intérêt et du ratio des réserves obligatoires, donc en agissant sur la base monétaire (M0), la Fed a poussé le système bancaire par le renchérissement des prêts à freiner les crédits aux investisseurs ; ce qui a entraîné la vente massive des valeurs boursières puis la panique, ce qui a débouché sur le krach boursier. Le but de la Banque centrale américaine, comme ce qui s’est passé en 1929, est d’éviter une détérioration du marché boursier par une spéculation excessive mettant en péril non seulement les avoirs des investisseurs mais le système financier et monétaire américain. 

Et la crise boursière survenue en 2000, et après que le marché boursier s’est assaini, la Fed américaine, dès janvier 2001, a pris des mesures pour redresser la situation de l’économie américaine. Le 3 janvier 2001, elle procède à la première baisse du taux d’intérêt directeur de 0,5 %, le ramenant de 6,5 % à 6 %. Sept baisses très rapprochées suivirent, et en sept mois, à partir de cette date, le taux d’intérêt directeur est ramené, le 21 août 2001, à 3,5 %.

Cependant, en plus de la crise à Wall Street, un autre événement majeur est apparu cette même année. Le 17 juillet 2000, le président Saddam Hussein annonce que l'Irak fixerait désormais le prix de ses exportations pétrolières en euros au lieu des dollars américains ; cette décision visait à saper l'hégémonie du dollar US sur le monde. Depuis l'invasion du Koweït par l'Irak en 1990, et la guerre qui a suivi, l’Irak, il faut rappeler, était sous sanctions économiques par l’ONU ; ses exportations pétrolières s’opéraient en dollars et les revenus affectés essentiellement pour financer les besoins de l’Irak en nourriture.

Et comme l'euro venait d’être lancé comme monnaie unique dans l’Europe monétaire européenne en 1999, son adoption était une opportunité pour les pays de l’Union monétaire – à l’époque, ils étaient « Onze pays » –, pour diversifier leurs transactions internationales et réduire leur dépendance du dollar américain ; la décision irakienne est venue renforcer la monnaie unique européenne, et par conséquent l’économie européenne. Ce qui a amené une remise en cause de l'hégémonie du dollar et, donc une menace pour l'économie américaine.

Une situation qui aurait entraîné une baisse de la demande de dollars, sur le plan international, ce qui obligerait la Fed américaine à diminuer ses injections monétaires ex nihilo pour le financement des déficits publics et commerciaux avec les pays du reste du monde. Le but de cette réduction d’injections de liquidités, dès lors qu’il y a moins de preneurs de dollars sur les marchés monétaires et plus de preneurs d’euros, est d’éviter une dépréciation de la valeur de la monnaie américaine ; mais une telle situation impacterait forcément négativement l’économie américaine ; les déficits commerciaux américains se réduiraient inévitablement. 

Une telle décision donc du président irakien était inacceptable pour les États-Unis. Étendue à d’autres pays comme l’Iran, ou à d’autres pays de l’OPEP qui seraient incités à le faire, elle porterait un lourd préjudice à la puissance du dollar, et donc à la puissance américaine.

Il faut d’ailleurs se rappeler, à l’époque, un rush d’avions humanitaires, à partir de l’Europe, qui a commencé à briser l’embargo anglo-américain sur l’Irak, en 2000-2001. C’était en quelque sorte une reconnaissance de la part de l’Europe pour l’Irak de Saddam d’avoir « libeller son pétrole contre nourriture en euro ».

Et cette décision monétaire prise par l’Irak rendait la Banque centrale européenne (BCE) à partager avec la Banque centrale américaine le « privilège exorbitant du dollar ». Une expression utilisée pour signifier la puissance du dollar qui a été inventée par Valéry Giscard d'Estaing, puis popularisée par le président Charles de Gaulle ; le président français avait d’ailleurs décidé, à partir de janvier 1965, de convertir en or les excédents en dollar de la balance des paiements française.

C’est dire ce qu’a été le « pétroeuro », un véritable « levier de puissance » ; mais le succès de l’Europe sur le pétrole irakien ne dura pas longtemps. En effet, l’attaque du 11 septembre 2001 contre les Tours du Word Trade Center, à New York, a été une prémisse pour mettre fin à l’ambition monétaire européenne qui opérait, il faut le souligner, en coulisse et sans bruits.

En effet, après avoir mis en déroute les Talibans, en Afghanistan, en novembre 2001, les États-Unis, malgré qu’ils n’aient pas reçu la caution de l’ONU, attaquent l’Irak, en 2003. La capitale irakienne Bagdad est prise, l’armée irakienne disloquée, les États-Unis s’empressent de mettre fin à la facturation du pétrole irakien en euro.

Mais la situation de guerre en Irak devenait, dès 2004, difficile pour les forces d’occupation. Ce qui a eu des conséquences sur l’économie américaine ; les décideurs financiers américains notamment les gouverneurs de la Banque centrale américaine (Fed) devait tout faire pour relancer l’économie, et par ce biais, soutenir l’effort de guerre. Mais comme la situation économique ne laissait pas entrevoir une reprise, les États-Unis venaient d’essuyer crise sur crise depuis 2000, et le marché des actions avec des crises boursières en cascade, entre 2001 et 2002, n’était plus porteur, que restait-il pour booster la croissance économique des États-Unis ? « L’immobilier ». 

 En effet, ce créneau apparaissait le seul à pouvoir doper l’économie américaine. La construction immobilière très porteuse en création d’emplois conjuguée à une politique de crédits octroyés très favorable aux ménages américains pour accéder à l’achat de logement permettait de relancer l’économie américaine.

Cependant, la construction ne suffisait pas pour doper l’économie américaine ; il fallait un autre agrégat porteur pour booster l’économie, et celui-ci n’est autre que la consommation qui a une grande part dans la croissance du PIB américain. Et c’est ainsi que les autorités financières et monétaires américains se sont attelées à créer des crédits en masse sur le plan intérieur ; le système bancaire était autorisé à octroyer des masses de crédits à faible taux d’intérêt pour la consommation et pour les crédits d’achats de logements, de construction d’habitats ; et c’est ce qui a permis de relancer l’économie américaine dès 2003. Et cette situation a duré, en pleine guerre, jusqu’en 2006.

Mais si le taux d’intérêt directeur était à 3,5%, le 21 août 2001, après l’attaque terroriste du 11 septembre 2001, le taux a été ramené rapidement à 3 %, le 17 septembre 2001. Le taux directeur a continué à baisser, et après 6 baisses, il a atteint 1 %, le 25 juin 2003. Au total, la Fed a procédé à 13 baisses.

Ce n’est que le 30 juin 2004, que la Fed relève son taux d’intérêt court directeur, d’un quart de point, à 1,25%. Après 17 hausses, le taux directeur de la Fed est porté à 5,25 %, le 29 juin 2006. Et ce relèvement du taux d’intérêt directeur de la Fed a commencé ses effets au point que, de nouveau comme en 2000, avec l’indice boursier le Nasdaq, il enclenche une nouvelle crise économique en 2007, crise dite des « subprimes  » ou « crédits hypothécaires à risque ». Cette crise va se transformer en crise financière, en 2008.

La crise financière de 2008 s’est étendue à tout l’occident au point que, par les pertes financières sans commune mesure avec les crises passées sauf avec la crise de 1929, elle a provoqué un véritable blocage des économies occidentales, à l’été 2008. Elle a menacé l’économie mondiale.

En 2009, la quasi majorité des économies occidentales étaient en récession malgré les plans massifs financiers de sauvetage opérés par les quatre principales Banques centrales du monde, à savoir la Réserve fédérale américaine (Fed), la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d’Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ). Avec une nouvelle politique monétaire dite « non conventionnelle », lancée dès l’été 2008, par les Banques centrales occidentales. La Banque centrale de la Chine ne faisait pas encore partie du consortium des grandes Banques centrales, émettrices de monnaies internationales.

Dès lors, que peut-on dire des crises financières et économiques qui se succèdent ? Force de constater que la Banque centrale américaine qui opère d’abord par une politique monétaire expansive par un relâchement de son taux d’intérêt directeur, dans un premier temps, pour doper l’économie américaine, puis, dans un deuxième temps, une politique monétaire restrictive, par un relèvement de son taux d’intérêt directeur, elle provoque la crise. Et commencent alors les corrections boursières pour « purger le système financier américain et mondial  » de la spéculation excessive, entretenue en Bourse, à Wall Street.

On comprend que la Fed américaine est le « maestro de l’économie mondiale » ; par l’artificialité de la croissance de l’économie américaine, voulue pour masquer en fait la décroissance économique qui n’apparaît pas en regard de la forte consommation des ménages américains. Qui paradoxalement booste l’économie américaine et en même temps booste l’économie mondiale, notamment européenne, chinoise, indienne, et autres puissances économique y compris les pays en développement.

Ceci nous fait dire que tout repose sur l’économie américaine, une économie spéciale due à la primauté du dollar. La question est jusqu’à quand ? Et comme l’écrit Pierre Grosser qui affirme : « À bien y regarder, la Chine ne veut sans doute pas et ne peut pas remplacer les États-Unis comme leader du monde. » Est-ce vrai ? Certes Grosser a raison de dire que la Chine ne cherche pas à remplacer les États-Unis du moins pour l’instant. Et si la Chine cherche à creuser toujours plus l’endettement des États-Unis qui a dépassé les 120% du PIB et pousse toujours les États-Unis à consommer made in China, bien sûr, « la primauté du dollar américain n’est pas éternelle », elle relève d’un contexte historique précis et appelé à évoluer.

Oui, et la Chine le sait ; et pour l’instant, la Chine ne veut pas et ne peut pas remplacer les États-Unis ; mais passé un temps, la Chine penserait autrement. A voir la crise de la dette française qui est une question centrale pour le gouvernement français ; et la nécessité de la réduire pour éviter une catastrophe nationale dans les années à venir. Cinq Premiers ministres, Elisabeth Borne, Gabriel Attal, Michel Barnier et François Bayrou, se sont succédé de mai 2022 à aujourd'hui, le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, nommé depuis le 9 septembre 2025.

Ce qui arrive à la France pourrait l’être pour les États-Unis ; et tout laisse à penser que les droits de douanes imposés par Donald Trump à l’ensemble du monde entrent dans ce plan ; mais l’endettement de la première puissance du monde n’est pas prêt de s’arrêter ; il continuera mais il aura une fin. En attendant, les États-Unis cherchent toujours à dominer le monde, ce qui accroît leur endettement et, ce faisant, ils rendent service aux économies européennes, chinoise, indienne, japonaise, sud-coréenne, bref à l’ensemble des économies du monde parce qu’il concourt à leur croissance économique.

La question qui se pose est : « Jusqu’à quand les États-Unis continueront-ils à jouir du privilège exorbitant du dollar ? » Et ils continueront à payer leurs importations dans leur propre monnaie et que le dollar est utilisé comme unité de compte et réserve de valeur à l'échelle mondiale. Le dollar, selon les données occidentales, représente encore entre 58 et 60 % des réserves mondiales. Quant à la monnaie européenne, la deuxième grande monnaie internationale du monde, elle représente entre 20 et 25%. Le reste globalement est réparti entre le yuan chinois, le yen japonais, la livre sterling et le franc suisse.

Il est clair que le dollar US en tant que monnaie-centre dans le système monétaire international, depuis les accords de Bretton Woods, en juillet 1944, a rendu un immense service à l’économie mondiale. C’est grâce au dollar US et l’endettement continuel des États-Unis que les puissances émergentes ont pu monter en puissance ; depuis les Quatre Dragons asiatiques (Hong Kong, Singapour, la Corée du Sud et Taïwan) suivis des Quatre Jaguars asiatiques (Malaisie, Indonésie, Thaïlande, Vietnam) qui ont connu une industrialisation rapide et une croissance économique spectaculaire dès les années 1960, leur valant le surnom de « nouveaux pays industrialisés ».

Et aujourd’hui la Chine qui s’est convertie au « socialisme du marché » dès le début des années 1980 a dépassé tout ce qui est imaginable ; elle est devenue l’« atelier du monde » ; de plus le yuan chinois trône en tant que cinquième monnaie internationale dans le panier de monnaies dans l’actif monétaire du FMI, le DTS. Un instrument monétaire international créé par le FMI en juillet 1969 pour compléter les réserves officielles existantes des pays membres.

Et le processus de la transformation du monde est simple ; d’un côté l’Occident très industrialisé au départ jouissant des monnaies internationales et seules utilisées dans le commerce mondial ; les reste du monde colonisé ou dominé. Puis avec la décolonisation, et la demande mondiale, de plus en plus de pays asiatiques pauvres sauf le Japon qui était occupé en 1945, cherchaient des opportunités pour s’industrialiser ; et l’Occident, dans la guerre froide, en particulier les États-Unis avec l’Union soviétique, s’est attelé à industrialisé les pays d’Asie pour endiguer l’expansion soviétique ; et cela passait par une aise accrue sur le plan financier et industriel. Et c’est ainsi que la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour sont montés en puissance ; leur faible coût de la main d’œuvre et leur production devenue compétitive, le Japon était au centre dans ce processus, a eu un impact très important sr la production européenne et américaine. Ce qui a provoqué des délocalisations d’Occident vers les pays d’Asie.

Et cette désindustrialisation de l’Occident s’est accentuée avec l’entrée en scène de la Chine qui, avec un cours de main d’œuvre encore moins coûteuse, a constitué un tournant pour l’économie mondiale. Ce mastodonte industriel a provoqué ce que tous les experts affirment une « désindustrialisation de fait de l’Occident ». En fait, les États-Unis et les pays d’Europe n’avaient pas le choix ; une grande partie de leurs industries n’étaient pas compétitives ; soit ils devaient fermer leurs entreprises de production, soit ils délocalisaient et par associations (joint-ventures), ils partageaient les revenus issus de la vente des produits exportés ou consommés sur place ; en clair, ils profitaient aussi des marchés locaux ; et la Chine est un des plus grands marchés du monde.

Donc tout compte fait, l’Occident s’est fortement désindustrialisé ; certes des entreprises de niveau mondial continuent en Occident, mais la Chine et les pays du BRICS+5 constituent à terme un pôle qui, après la désindustrialisation de l’Occident, va s’attaquer et plus faut-il dire, il s’attaque déjà à la « désindustrialisation » financière et monétaire de l’Occident. 

L’Occident, même s’il a perdu beaucoup de sa capacité productive, garde cependant sa capacité financière et monétaire, au niveau mondial. Cependant, la question que l’on a posée plus haut est toujours d’actualité. « Jusqu’à quand les États-Unis continueront-ils à jouir du privilège exorbitant du dollar ? »

Continuer à payer leurs importations dans leur propre monnaie et que le dollar est utilisé comme unité de compte et réserve de valeur à l'échelle mondiale sauve la mise aux États-Unis, et dans quelques années voire deux décennies, à l’horizon peut-être de 20250. Mais le retour de manivelle de l’évolution des forces économiques mondiales sont irréversibles ; elles continueront à s’ajuster et se parfaire.

Qu’en sera-t-il à cet horizon qui remettra en cause la place du dollar US dans le système monétaire international (SMI) ? Combien d’approches ont été faites sur cette question mais n’apportent pas véritablement une réponse. Alors que le problème qui apparaît complexe est en réalité simple et logique par lui-même et par l’histoire qui a conféré à ce qu’est devenu le dollar, après les accords de Bretton Woods de 1944. En fait, on peut dire que ce sont les événements entre crises et guerres qui ont institué le dollar US, en tant que monnaie-centre dans le SMI.

Pareillement, on peut penser que ce sera la situation économique, financière et monétaire mondiale qui viendra à statuer sur le nouveau SMI. D’emblée, on peut dire que ce ne sont pas les cryptomonnaies, des monnaies numériques en usage sur Internet, indépendante des réseaux bancaires et liée à un système de cryptage, qui résoudront la crise à venir du SMI. La réponse viendra d’une réunion internationale comme celles qui est opéré à Gênes, en 1922, ou à Bretton Woods, en 1944.

Rappelons les accords de Gênes de mai 1922 issus de la conférence de Gênes, qui s'est tenue en Italie du 10 avril au 19 mai 1922. Elle regroupait des représentants de 34 pays avec le but de rétablir l'ordre monétaire mondial, qui était complètement désorganisé par la Première Guerre mondiale. Cette conférence a eu lieu à l'initiative du Royaume-Uni et a réuni tous les pays ayant participé au conflit sauf les États-Unis.

Ou encore la conférence de Bretton Woods, qui s’est tenu du 1er au 22 juillet 1944 à Bretton Woods, dans le New Hampshire (États-Unis), rassemblant 44 pays. Elle a abouti à la création du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), qui est aujourd'hui la Banque mondiale. L'objectif principal était de reconstruire l'économie mondiale d'après-guerre et de mettre en place un système monétaire international stable, centré sur le dollar américain comme monnaie de réserve convertible en or.

Pareillement, il y aura une conférence internationale qui sera tenue dans un pays donné et groupera essentiellement les pays du G20, devenu G21 depuis que l’Union africaine l’a rejoint en 2023, devenu membre de plein droit, à l’instar de l’Union européenne.

C’est dans cette réunion que se discutera la mise en place d’un nouveau système monétaire international. Tout laisse à penser que le retour à l’étalon-or est dépassé ; ou encore un système hybride, comme à Gênes, en 1922, prévoyant que les cinq nations, émettrices de monnaies internationales, pourraient avoir le choix de mettre en œuvre une convertibilité de leur monnaie en or, si leur stock en or le leur permettait, ou de considérer les trois monnaies internationales, c’est-à-dire le dollar américain, l’euro et le yuan chinois, comme monnaies de réserve substitutives. Il est très peu probable que ce système hybride serait accepté.

En revanche, les droits de tirage spéciaux (DTS) ou en anglais Special Drawing Rights (SDR), qui ont fait leurs preuves ai FMI, en tant qu’instrument monétaire international, peuvent être utilisées comme une « devise-clé dans le système monétaire international à venir ». Et tout laisse penser que cette monnaie-clé surviendra dans le nouveau SMI.

Rappelons qu’en 1974, le DTS a été redéfini comme un panier des monnaies des 16 Etats-membres du FMI réalisant chacun au moins 1% du commerce mondial. En 1981, le panier est simplifié pour ne retenir plus que cinq monnaies (dollar US, yen, livre Sterling, Deutschemark, franc français), puis en 1999 pour substituer l’euro au mark et au franc. En 2001, le critère d’inclusion dans le panier est modifié. Les monnaies du panier doivent non seulement être celles des plus gros exportateurs, mais aussi les monnaies les plus utilisées pour la facturation du commerce.

Ce dernier critère posait problème pour l’inclusion du renminbi (yuan chinois) dans le panier alors que la Chine était déjà le premier gros exportateur du monde et le renminbi de plus en plus utilisé dans le commerce mondial. Ce problème a été levé, en septembre 2016, par les puissances occidentales, en ordonnant l’entrée en vigueur effective de la monnaie chinoise, le 1er octobre 2016. Cette décision reflète la puissance croissante de la Chine dans l'économie mondiale.

Il faut aussi souligner que la valeur du DTS est déterminée quotidiennement par le FMI, en fonction des cours des monnaies qui le composent et des poids des différentes monnaies dans le panier, qui sont les cinq monnaies internationales, quatre occidentales et une chinoise. Dès lors que la primauté du dollar US cessera sur le plan international, de même, les achats de bons de Trésor américains de moins en moins attractifs comme d’ailleurs les bons de Trésor européens, se posera le problème de la stabilité du système monétaire international.

Les pays du BRICS visent aussi à une refonte du système monétaire international, Ce qui va poser à terme une interrogation sur le SMI actuel dès lors qu’il sera visible que le dollar US même avec le « privilège exorbitant » que lui permet la facturation des exportations pétrolières des monarchies pétrolières arabes en dollar, i.e. le « pétrodollar », n’arrive pas à se maintenir en monnaie mondiale-centre dans le commerce international.

Si le dollar US perd de plus en plus d’attrait sur le plan international, cela ne signifiera pas que les investisseurs, en vendant leurs bons de Trésor américains, seraient tentés de les investir en actifs européens, créant ainsi des flux de capitaux importants ; tout dépendra des places financières fortes et stables dans le monde. Et les pays du BRICS y travaillent ; tant la Chine, la Russie, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, mènent une stratégie pour se libérer des deux grandes monnaies mondiales que sont encore le dollar US et l’euro.

Donc viendra un moment où l’équilibre économique, financier et monétaire deviendra de plus en plus inopérant et qui demandera une solution d’autant plus que le statut du dollar et de l’euro ne peut demeurer ce qu’il est indéfiniment. Ce qui nous fait dire que le dollar et l'euro seraient menacés à plus ou moins long terme. Et une telle situation résulterait de divers facteurs, comme une émission excessive de monnaie par les banques centrales occidentales, entraînant une inflation ou des déséquilibres structurels, nécessitant l'élaboration de solutions nouvelles. Ce qui amène les grandes puissances du G20 à réfléchir à une refonte du système monétaire international qui devient en fait une « nécessité » pour s'adapter à l'évolution des rapports de force mondiaux et à l'émergence de nouvelles devises.

La Roupie indienne, le real brésilien comme le rouble russe pourraient être demandeurs d’intégrer le DTS du FMI ; mais ce n’est pas là le plus important. En effet, tout reposera sur le groupe des BRICS dont un est détenteur de monnaie internationale, la Chine, et qui restera compact face au groupe occidental dont quatre détiennent des monnaies internationales, mais en perte de vitesse sur le plan économique, financier et monétaire mondial.

La seule solution qui émergera sera la création d’une « monnaie internationale-clé, le DTS » non celui du FMI, qui sera abandonné mais remplacé par un « DTS mondial » au sein duquel toutes les monnaies des cinq nations déjà intégrées plus les monnaies internationales des autres nations du G20 qui ont cours dans le commerce mondial. La valeur du DTS mondial sera déterminée quotidiennement par une institution internationale liant toutes les grandes Banques centrales ; cette valeur reflètera le cours des monnaies qui la composent et la taille de chaque monnaie sur le plan international dans le panier du DTS mondial.

Il est certain que tout plaide que le système monétaire international doit se réformer ; la question est quand et comment. Quand ? La réponse parle d’elle-même ; tout système est concocté par les forces de l’histoire ; Bretton Woods n’a intervenu que parce qu’au cours de la 2ème Guerre mondiale, les forces de l’histoire étaient telles que seul le dollar US était viable ; toutes les autres monnaies internationales ne l’étaient pas, des économies détruites par la guerre et un endettement massif envers des États-Unis.

Aujourd’hui le dollar US et l’euro tiennent encore mais ils ne peuvent être indéfiniment au-dessus des autres grandes monnaies du monde. La réforme du système monétaire international est inévitable ; et cette réforme le doit à l’histoire, comme l’auront été le dollar US et l’euro. De plus, on ne peut oublier que si l’histoire avance, c’est aussi pour corriger les défaillances qui proviennent des systèmes que l’histoire a permis, mais ces systèmes ayant rempli leur rôle dans l’histoire doivent laisser place à de nouveaux systèmes parce que le monde a avancé, le monde s’est complexifié.

Ne perdons pas de vue que si le monde avance, il n’avance pas sans objectif ; le progrès y est inclus et une répartition des richesses du monde plus équitable en fait partie, et cela relève des forces de l’histoire. Donc ce qui a été était nécessaire et ce qui va advenir est aussi nécessaire ; ce sont les forces de l’histoire qui commandent la marche du monde.
 

Medjdoub Hamed

Note :

1. « L’Occident a fait son temps  », par le magazine québécois L’actualité. Le 10 novembre 2017
https://lactualite.com/monde/2017/11/10/loccident-a-fait-son-temps/

 



4 réactions


  • Étirév 1er décembre 2025 10:59

    « Une monnaie nationale (Dollar) était structurellement inapte à répondre au besoin d’une monnaie mondiale. » (J.M. Keynes)

    Le magazine « The Economist » avait, dès 1988, « prévenu » le public du fait qu’un panier de monnaies, le « Bancor » cette devise internationale originellement proposée par le « Fabian » Keynes en tant qu’étalon monétaire international, et que nous voyons d’abord apparaître sous la forme de D.T.S. (Droits de Tirage Spéciaux) au début du XXIème siècles, allait, tel le phénix, renaître de ses cendres autour des années 2018 (voir la couverture de « The Economist »).
    L’avènement de cette monnaie mondiale « DTS-Bancor » a été préparé, dans le secret, comme beaucoup d’autres avènements (dont celui de la création, en 1913, de la « Federal Reserve Bank » ou « FED », la banque centrale américaine) par les « puissances d’argent », c’est-à-dire les principaux propriétaires de capitaux de la planète, et leurs divers affidés, notamment les banquiers centraux, lesquels se réunissent au sein de la Banque des Règlements Internationaux (B.R.I.), qui est la banque centrale des banques centrales, dont le siège se trouve à Baal... Bâle en Suisse, au sein même de la ville qui, pour la « petite histoire », a inauguré, en 1897, le premier congrès Sioniste.
    Le président étasunien F.D. Roosevelt disait : « En politique rien n’arrive par hasard. Chaque fois que survient un événement, on peut être certains qu’il avait été prévu pour se dérouler de cette façon. »
    C’est pourquoi, actuellement, nous assistons à de grandes manœuvres géopolitiques consistant en la « démolition contrôlée » (devenue une habitude depuis un fameux mois de septembre) du dollar par l’entremise, plus ou moins adroite, de remise en cause de la suprématie américaine sur les échanges internationaux.
    La Chine et la Russie, qui sont, rappelons-le, membres de la BRI, sont parties prenantes de cette stratégie : la Chine en tant que moteur principal des DTS tandis que la Russie a raccroché les « wagons du train » de la monnaie mondiale.
    Aussi, et sous l’égide de la BRI, la prochaine étape de la stratégie, jusqu’ici gagnante, des « puissances d’argent » sera la mise au point d’une monnaie mondiale. Cette future monnaie, qui chapeautera toutes les monnaies du monde, devra circuler sous forme exclusivement dématérialisée. C’est précisément pour permettre la validation technique de ce projet que les médias et multinationales ont lancé à partir de mi-2020, (en plein confinement !) et en grande pompe, la « Libra », cryptomonnaie dématérialisée initiée par Facebook et consœurs ; elle avait pour fonction politique de permettre la vérification, in vivo, du fonctionnement de telles monnaies, de façon à les perfectionner et à les rendre parfaitement fonctionnelles. Une fois que les mises au point techniques seront faites, grâce à l’expérience de la « Libra » (appelée aujourd’hui « Diem », curieuse anagramme du mot « dîme »), les DTS en tant que panier de monnaies, pourront circuler sous forme dématérialisées, en précisant que cette monnaie mondiale sera entièrement contrôlée par les élites bancaires globalistes.
    Robert Lattès, membre du Club de Rome (financé par Rockefeller), écrivait (dans Le Nouvel Économiste n°3 du 27/10/1975) que « Sans un nouvel ordre monétaire mondial, il n’y aura pas de nouvel ordre économique, tant le premier commande au second. ». Rappelons que le Club de Rome est cette organisation technocratique fondée en 1968 par Aurelio Peccei (à l’origine de l’émergence du concept de « développement durable »), ancien affilié du Groupe « Bilderberg » et Alexander King, ex-président de l’International Federation of Institutes of Advanced Study (I.F.I.A.S.) et également ancien membre du Groupe Bilderberg. On retrouve ces deux personnages à l’International Conference on the Unity of the Sciences (I.C.U.S.), un organisme également créé en 1968 par la Fondation Culturelle Internationale (I.C.F.), c’est-à-dire le nouveau mouvement religieux de « l’Église de l’Unification », dont le grand patron n’était autre que le fameux coréen Sun Myung Moon, et que la presse mondiale désigne communément sous le nom de « secte Moon ».
    Ceci dit, et parallèlement à cette « évolution monétaire », une autre évolution est menée qui consiste en la suppression de la circulation monétaire sous forme d’espèces dans le monde entier.
    Une fois en place, cette monnaie dématérialisée contrôlera parfaitement et définitivement la vie privée de tous ses utilisateurs, alors même que personne ne pourra échapper à cette dématérialisation monétaire pour les échanges nécessités par la vie courante.
    « Celui qui contrôle la monnaie d’un peuple, contrôle ce peuple. », disait le président des États-Unis, J.A. Garfield, farouche partisan d’un « argent honnête », élu en 1880... et assassiné en 1881.
    Par conséquent, celui qui contrôlerait la monnaie du monde contrôlerait le monde.
    C’est pourquoi l’avènement de cette monnaie mondiale sera le premier pas institutionnel vers le gouvernement mondial oligarchique.
    Rappelons que les oligarques à la manœuvre sont précisément ceux qui ont organisé et profité de toutes les formes que l’esclavage a pris ces 400 dernières années. Ils ont aujourd’hui conquis les pouvoirs politiques de la quasi-intégralité des pays du monde par le contrôle qu’ils ont pris sur les monnaies et sur le système économique mondial. Ce contrôle a pris la forme de la corruption élevée au rang légal par les Anglo-saxons : le « lobbying » est la transcription juridique, et donc la légalisation, de ce que le droit traditionnel appelait « corruption d’agents publics ».
    Le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) est l’un des mécanismes clés dans le cadre du financement de la future monnaie mondiale.
    Le FEM, « validé » par le biais des Nations Unies en 1992 (grâce à la cooptation des hauts fonctionnaires ministériels de 179 pays), lors de la conférence sur l’environnement et le développement, plus connue sous le nom de « Sommet de Rio », est une organisation financière indépendante gérant le système de financement destiné, soi-disant, à mener des actions pour la préservation de l’environnement, dans le cadre du « développement durable ». Il accorde, entre autres, des subsides au projet lié à la lutte contre les effets du pseudo réchauffement climatique. « Pseudo », en effet, car il est avéré que la température, plus élevée dans les temps anciens, s’abaisse graduellement ; le mensonge du « réchauffement climatique » est destiné, en partie, à faire croire que les « élites » actuelles et leurs scientifiques dits « sérieux » peuvent apporter tous les progrès, même ceux du climat.
    NB : On observe dans la Nature deux espèces de mouvements : des mouvements « spontanés » et des mouvements « transmis ». Cette seconde cause de mouvement engendre des déplacements qui déterminent la plupart des phénomènes météorologiques en dérangeant la stabilité de l’enveloppe gazeuse de la terre. Nous voyons que c’est cette cause qui détermine la chute des corps à la surface terrestre. Cette pesanteur planétaire (force que l’on a si mal expliquée jusqu’ici, et qui ne répond nullement à la cause qu’on lui a assignée) est le résultat de la pression exercée par l’Azote qui forme l’atmosphère des planètes sur les corps qui constituent leur surface ou sur ceux qui sont libres autour d’elles. Précisons que l’Azote, appelé « Æther » dans l’antiquité, « Akâsha » chez les Hindous (en sanscrit) ou « Akéréné » dans la Science de l’A-Vesta (Livre sacré des anciens Iraniens) est une substance qui n’est pas seulement dans notre atmosphère, mais au-delà, partout, et dans l’univers entier, sous des états de condensation ou de raréfaction qui dépendent du milieu dans lequel elle s’épand (nous la touchons sans nous en douter, nous la regardons sans la voir, nous la respirons sans en avoir conscience, nous l’entendons et la sentons sans avoir la moindre notion de sa présence, car elle se trouve dans chaque molécule ; en un mot, c’est le véhicule de tous les phénomènes). Cette réaction constante de l’Azote vers la terre, qui lui a pris sa place dans l’espace, n’est pas la seule réaction qu’il exerce. Il tend aussi à se dilater dans une autre direction, c’est-à-dire vers les régions célestes de l’infini. De ce côté il est contenu par l’action dynamique des radiations qui le frappent incessamment. Mais les radiations ne sont ni immuables ni éternelles, elles sont, au contraire, dans un état constant de variabilité. Or, chacun des changements qui surviennent dans leur mode d’action se traduit, dans les profondeurs de notre atmosphère, par un changement d’état de la réaction de l’Azote. Ainsi, tout ce qui se passe sur la terre (froid, chaleur, vent, tornades, etc.) à une cause cosmique ; tout dépend de l’action des astres. C’est dans les profondeurs de l’océan céleste qu’il faut aller chercher la cause de la plus légère brise qui souffle autour de nous. La terre y est étrangère. L’esprit de l’homme, perdant de vue l’Univers, s’est confiné dans son petit monde et a voulu y trouver la cause de tout ce qui existe. C’est là une méthode mesquine que la science de l’Univers détruira.
    Lien


    • Hamed 1er décembre 2025 17:24

      @Étirév

      Juste pour préciser que tout ce qui s’opère dans la marche de l’histoire est historique ; on doit comprendre par « historique » que l’humanité passe par des étapes « naturelles » qui à la fois la font transformer et la font avancer. 

      Au XVIIe siècle, il n’y avait pas le dollar US ni le dollar barré sous forme de serpent barré avec une épée ; cela relève de la folie de domination des hommes qui est comprise comme les guerres interhumaines, comme les guerres d’aujourd’hui en Ukraine et au Proche et Moyen-Orient, comme les oligarques qui ont été générés par l’histoire ; comme la Fed américaine qui a été décidé pour exister à partir de 1913.

      Rien ne vient sans cause ; en histoire, tout est causal. 

      Merci Étirév pour votre long et précieux exposé bien que beaucoup d’idées sont à redire. Vous avez apporté votre appréciation, c’est l’essentiel, c’est « un plus » pour ceux qui vous liront. 

        


  • Étirév 1er décembre 2025 11:01

    « La Roupie indienne, le real brésilien comme le rouble russe pourraient être demandeurs d’intégrer le DTS du FMI »
    En 2015, dans le numéro 138 du magazine « Vers la Tradition », Yves le Cadre terminait ainsi son article intitulé « Les colonnes d’Hercule » : « Nous voilà parvenus à l’époque contemporaine et à la prédominance de la culture occidentale, plus précisément anglo-saxonne, portée à l’extrême dans son expression américaine et au règne du dollar voué à la production effrénée et au négoce des quantités. D’abord, à la suite de la première guerre mondiale, où beaucoup de pays n’ont plus d’or, puis suite au krach boursier de 1929, le système monétaire qui était basé sur l’or s’effondre. Survient la deuxième guerre mondiale, avec la même conséquence que précédemment, et, au sortir de la guerre, les États-Unis, qui occupent une position de supériorité incontestable, imposent le dollar qui, seul, est convertible en or. Puis, à la suite de diverses péripéties impliquant de nombreuses banques et banquiers occidentaux, la convertibilité du dollar en or est abandonnée en 1971 et la disparition du système monétaire international engagée. Le dollar « $ » règne en maître, et il va progressivement intégrer sous sa bannière toutes les autres monnaies et leur imprimer consciemment ou inconsciemment les symboles inversés de la contre-tradition, à savoir 2 barres, parfois simplifiées en un seul trait, au travers des monnaies modernes. Tout d’abord, la livre sterling « £ », qui au milieu de son sigle L, fut dès avant la première guerre mondiale, la première à introduire une barre en travers du L. Puis, dans un espace de temps relativement court, l’euro « € », qui inscrit deux barres dans son travers, le yen japonais deux barres sous le Y (¥), le yuan chinois une barre sous son Y (¥), sans oublier le Rouble russe (₽), et pour finir, en 2009, à notre grande stupeur, la roupie indienne, une barre sous le R (₹) de roupie en dévanagari. Ainsi, le pays dernier refuge de la tradition, s’abandonne officiellement aux démons du monde moderne. Citons la déclaration que fit M. Ambikar Soni, ministre indien de l’époque : « le nouveau symbole donnera à la monnaie indienne son identité propre. Il distinguera la roupie des autres monnaies et mettra en lumière la force et la mondialisation de l’économie indienne ». Maintenant, il faut bien comprendre que tous ces sigles et symboles monétaires internationaux ne sont que des signes d’allégeance et de soumission au roi dollar, nouveau roi du monde inversé. »
    Le symbole du dollar, disent certains, est le résultat de la composition d’un bâton et d’un serpent qui s’enroule sur lui : le bâton signifie le commandement et le pouvoir, tandis que le serpent qui monte en ondulant signifie le progrès accompli à travers la puissance de l’argent (progrès entendu dans l’acception de chemin vers la Gouvernance mondiale).
    Blog


  • microf 1er décembre 2025 21:39

    Chaque chose a un temps, le dollar bientôt ne sera plus cette monnaie qui encore gouverne le monde. 

    Avec le monde multipolaire qui est entrain de voir le jour, bientôt de nombreux pays auront chacun sa monnaie, et commercera avec elle avec ses partenaire.       Ce qui n´était pas possible avant car les gendarmes auto-proclamés du monde empêchaient toute vélléité d´indépendance sur ce sujet.

    De nombreux coups-d´État en Afrique parcequ´un Chef d´État y avait pensé.

    Sylvanius Olympio du Togo qui pensa á se séparer du Franc CFA par exemple, fut rapidement assassiné.


Réagir



https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor