jeudi 10 octobre - par Dr. salem alketbi

Fines démarcations entre professionnalisme et partialité dans les médias

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Loin des chaînes satellites dirigées par certains pays de notre région et des chaînes qui défendent l’agenda d'organisations terroristes connues, de par mon suivi des couvertures par les médias internationaux et arabophones d’évènements dans divers pays, j’ai remarqué que certains de ces médias feignent le professionnalisme et avancent souvent des arguments soulignant leur longue histoire et les règles régissant leurs performance médiatique, tandis qu’une simple analyse des contenus véhiculés par ces médias indique l'existence de nombreuses déviations par rapport au professionnalisme, qui n'accepte que l'objectivité autant que possible et une couverture médiatique équilibrée des évènements.

Le professionnalisme et ses règles dans le travail des médias ne se limitent pas à communiquer les points de vue de toutes les parties, mais devrait également tenir compte de certaines considérations, y compris ce qui est publié et tout ce qui peut être déduit entre les lignes par le lecteur qui ne manque pas de remarquer et de comprendre ce genre d’allusions linguistiques. Cela inclut également la sélection d'histoires spécifiques pouvant elles-mêmes représenter un message particulier du média au public.

 

Dans la recherche de l'objectivité et du professionnalisme, il existe de nombreux pièges et épines, et il est difficile de lier les médias à un professionnalisme total, car ceux qui travaillent dans ces médias ont des opinions et des tendances qui peuvent pencher vers une partie ou une autre et parfois même violer le message du média lui-même et ses orientations. Et c’est là où réside le conflit caché sur la manière de faire passer des messages et des contenus avec un professionnalisme de haut niveau sans préjudice apparent au professionnalisme du média et sans le montrer comme présentant une certaine partialité et sans dévier des règles et normes du travail professionnel.

Pour moi, la transparence et la crédibilité des médias sont plus importantes que tout autre principe, mais le problème est que certains médias tombent parfois dans le piège du point de vue de l’opposition et sont soumis à l'idée de diaboliser l’autorité, persuadés que l'opposition a toujours raison et que l'autorité a toujours tort. Cette équation n'est pas vraie, mais est en fait la fabrication des parties voulant consacrer une certaine réalité.

En principe, les médias ne doivent pas sympathiser avec les moins puissants dans la mesure où ils nuisent au transfert des faits au public. La force ou la faiblesse dans les conflits politiques ne sont pas absolues et les médias ne doivent pas abandonner leur rôle dans la communication honnête des faits ni se laisser entraîner par ce qui est répété par une partie particulière. Les médias se doivent de toujours rechercher la vérité et la présenter sans retouches et sans partialité pouvant faire dévier le professionnalisme de ses objectifs.

Je note également que certains reportages publiés par des médias occidentaux réputés revêtent la forme du professionnalisme, mais une lecture attentive de ces reportages peut aboutir à un résultat complètement différent, comme je l'ai dit, de petits signes de manque de professionnalisme, tels que l'espace alloué à toutes les parties impliquées dans la couverture. Il est illogique d’attribuer les mêmes espaces à toutes les parties pour les commentaires, par exemple, il n’est pas possible d’accorder un espace pour les commentaires officiels sur un sujet particulier égal à celui alloué aux nombreuses parties concernées et qui peuvent avoir des opinions contraires à la position officielle. Cette disparité dans les espaces alloués est compréhensible et justifiée professionnellement, mais la manière de la formulation de la position officielle et la manière de la commenter et de la présenter et la place qui lui est accordée dans le rapport peuvent vider cette position de son contenu et peuvent même en faire un témoin du sujet et l’écarter de son cours, et nous sommes tous conscients que dans la langue il y a de nombreux outils pouvant être utilisés à cet égard, tels que des mots et des phrases susceptibles d’avoir plusieurs facettes et interprétations, et celles qui portent plus de remises en cause que d’objectivité et d'autres méthodes d'écriture nuancées.

Tout le monde comprend que préserver le professionnalisme des médias dans les moments de fortes tensions politiques et militaires, en particulier dans les pays et nations où les travailleurs dans les médias portent la nationalité de ces pays et y appartiennent et se polarisent - au moins dans leurs émotions et leurs points de vue - est une question très difficile et complexe, mais une érosion de cette crédibilité parfois même sa limitation sans dire son absence, est dans l’intérêt des médias sociaux et leur donne des doses supplémentaires d’oxygène pour s’étendre et gagner la confiance des peuples comme alternative aux médias traditionnels.



10 réactions


  • kimonovert 10 octobre 11:27

    Le professionnalisme consisterait par exemple à nous parler du martyre du peuple kurde..., de la duplicité d’Erdogan, enfin de trucs qui fâchent !


  • kirios 10 octobre 11:28

     globalement les médias ne sont pas crédibles ; le professionnalisme des journalistes n’a jamais été un gage d’objectivité....ni d’honnêteté les éditorialistes nous démontrent toujours le contraire .

    les médias sont  des agents de propagande !

    je pense que la conscience citoyenne impose le doute et la recherche d’informations contradictoires pour se rapprocher de la vérité.


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 octobre 12:08

    Je n’ai pas très bien compris le texte proposé, ni où l’auteur voulait en venir.

    Il existe depuis 1971 une Charte du journalisme, avec les droits et les devoirs.

    Les devoirs essentiels du journaliste, dans la recherche, la rédaction et le commentaire des événements, sont :

    1) respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître ;

    2) défendre la liberté de l’information, du commentaire et de la critique ;

    3) publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent ; ne pas supprimer les informations essentielles et ne pas altérer les textes et les documents ;

    4) ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ;

    5) s’obliger à respecter la vie privée des personnes ;

    6) rectifier toute information publiée qui se révèle inexacte ;

    7) garder le secret professionnel et ne pas divulguer la source des informations obtenues confidentiellement ;

    8) s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation, les accusations sans fondement ainsi que de recevoir un quelconque avantage en raison de la publication ou de la suppression d’une information ;

    9) ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ; n’accepter aucune consigne, directe ou indirecte, des annonceurs ;

    10) refuser toute pression et n’accepter de directives rédactionnelles que des responsables de la rédaction.

    Tout journaliste digne de ce nom se fait un devoir d’observer strictement les principes énoncés ci-dessus ; reconnaissant le droit en vigueur dans chaque pays, le journaliste n’accepte, en matière d’honneur professionnel, que la juridiction de ses pairs, à l’exclusion de toute ingérence gouvernementale ou autre.


    • Le421 Le421 11 octobre 08:37

      @Fifi Brind_acier
      La charte du journalisme c’est écrit ce que veux le boss sinon c’est la porte !!
      Simple...
      Bolloré a acheté Canal+ pour virer les Guignols de l’Info sur demande de son pote Sarko. Par exemple !!


  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 10 octobre 12:14

    Le problème des journalistes, ce sont les pressions qui s’exercent sur eux, de la part des rédactions, des propriétaires des média, y compris quand ils sont publics, de la corruption toujours possible par les lobbies, ainsi que par des pressions de la part de puissances étrangères, qui ont intérêt à ce que les journalistes couvrent tel sujet et pas tel autre qui dérange.

    « Révélations d’un journaliste allemand » Udo Olfkotte


  • Julot_Fr 11 octobre 09:01

    Comme dit Soral, les journalistes (des media de nos milliadaires) sont soit des putes, soit des chomeurs


  • kimonovert 11 octobre 21:31

    Un vrai journaliste écrit des livres et voit immédiatement son crédit parmi les gens selon les ventes réalisées, lesquelles sanctionnent son talent et non plus globalement celui d’autres journalistes qui écrivent dans un journal...


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