vendredi 21 décembre 2012 - par Guy BELLOY

FR3 Côte d’Opale vous présente le restaurant…. (Chut)

Port d’Etaples à la nuit tombée…

Voix claire, précise de la commentatrice nous présentant un pêcheur de coquilles St Jacques depuis 28 ans, activité pratiquée de père en fils…

Il a pêché 150 kg en baie de Seine et après quelques heures de navigation dans la nuit, il vient d’accoster pour débarquer sa cargaison.

Sourire satisfait du sympathique patron :

-« C’est d’la belle coquille toute vivante ; y’a encore de l’eau d’dans ! C’est comme un cœur, ça vit encore ! »

Et, fièrement, de nous présenter le mollusque dans la paume de la main….

Moi, bêtement, je suis heureux de le voir…heureux. Ici, pas de « foul game », pas d’intérêts en jeu…

-« On peut en manger avec des frites, des pâtes… » s’exclame joyeusement le patron de pêche…

Il n’en dira pas plus. La journaliste vient de trouver son enchaînement :

-« Mais il y en a qui l’aiment plus « sophistiquée »…

Là je tique, c’est quoi soudain ce ton de bobo, la journaleuse ?

Pour arriver bien sûr, début de pub masquée :

-« A 30 ans, Sébastien M….. (le nom est prononcé mais je vais pas en rajouter), est l’un des plus jeunes chefs du Touquet et, pour lui, pas question de se fournir en surgelés ! »

-«  ça n’a rien à voir, commente le Chef d’un sourire de…Chef devant la caméra. Ça se tient à la cuisson ; y’a pas photo quoi ! »

Et d’en rajouter :

-« ça a un charme fou ! J’arrive ici, j’suis déjà inspiré ! C’est… Y’a plus qu’à aller en cuisine… »

Arrivée en cuisine où est présentée une recette inédite qu’a « imaginé » Sébastien… (le mot « créé » était-il excessif pour un Chef talentueux ?) : St Jacques et légumes « oubliés » ( ?!!?)

Gros plan sur le Chef aux fourneaux qui commente sa création en « live ».

-« Comment faire un beurre noisette ? »

-« C’est tout simple, s’exclame le préposé aux cuisines. Là, on entend « chanter » le beurre, et dès qu’il a fini de chanter, on saisit la noix.. »

« Et en salle, le plat du jour met visiblement les papilles en joie », enchaîne la fonctionnaire du micro…

Gros plan sur le garçon et surtout sur son T-shirt, arborant le nom du restaurant…

Enthousiasme apparemment non feint d’un client :

« C’est trop bon, c’est génial »…

Et la voix professionnellement douce de conclure :

-« Les qualités gustatives de la noix de St Jacques sont à leur maximum fin janvier… »

Bon, si vous n’avez pas encore compris…



3 réactions


  • Abou Antoun Abou Antoun 21 décembre 2012 23:01

    Eh ben, çà pour un scoop c’est un scoop.
    Et pour finir, Utre grand jeu ; envoyez votre réponse par SMS à corruption@fr3.
    Qui passe à la caisse sur la chaîne nationale en région Nord-Pas De Calais ?
    Un vainqueur sera tiré au sort parmi les gagnants et empochera la somme de 500€ offerte par le célèbre restaurant « Les Pêcheurs d’Etaples ».


  • Germain de Colandon Germain de Colandon 22 décembre 2012 12:35

    Déjà, dire « les Saint-Jacques d’Etaples » est une escroquerie crasse de première... puisque les mollusques proviennent de la Baie de Seine, donc : Trouville, Port-en-Bessin, Grandcamp-Maisy !
    Du reste, de l’avis des vrais connaisseurs, la Saint-Jacques « Normande » est l’une des meilleures au monde.
    Qu’on se le dise.

    Quant à FR3, même pas la peine d’en parler vu le niveau des zozos qui y pullulent... à nos frais...

    GdC


  • Abou Antoun Abou Antoun 22 décembre 2012 21:39

    Question provenance, le littoral du Pas de Calais est propice à la pêche mais les plus forts tonnages viennent effectivement de la baie de Seine :
    extrait du wiki :
    En France, les principaux ports de pêche de la coquille Saint-Jacques sont, sur le littoral du Pas de Calais : Étaples, Boulogne-sur-Mer, sur le littoral normand : Dieppe et Fécamp, Port-en-Bessin, Grandcamp, Saint-Vaast-la-Hougue et Granville. La Normandie représente plus de la moitié de la production française, c’est la première région française de pêche de coquille Saint-Jacques (Pecten maximus) et elle a obtenu deux labels rouges : pour la coquille en 2002 et pour la noix en 20094. La moitié environ de la production étant vendue hors criée, de gré à gré. Enfin sur le littoral breton, la baie de Saint-Brieuc avec les ports d’Erquy, Loguivy-de-la-Mer et Saint-Quay représente plus de 6 500 tonnes soit presque la moitié de la production française (16 000 tonnes au total par an). (Le tableau ne tient compte que des ventes déclarées en criée.)


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