lundi 8 octobre 2007 - par Philippe Vassé

Frégates de Taïwan : la vérité en marche

Le dossier des frégates de Taiwan, avec en arrière-plan celui de la vente de Mirage 2000 et de missiles au même pays, n’en finit pas depuis plusieurs semaines de rebondir, notamment depuis le décès inattendu de Philippe Jaffré. Justement, cela amène à revenir sur divers décès suspects d’acteurs liés à cette affaire qui, aujourd’hui, pourrait livrer vite tous ses dessous....

Un mois de septembre 2007 chargé

Ce mois de septembre 2007 aura été un mois chargé en informations relatives au dossier des frégates de Taïwan, et d’informations qui auront des conséquences sur son devenir.

Le 5 septembre 2007, Philippe Jaffré, ancien PDG d’Elf au moment de l’affaire des réseaux de cette société, décède, officiellement des suites d’une longue maladie. D’autres sources indiquent que sa mort aurait été "inattendue".

Selon ce lien, Philippe Jaffré était en charge du « lobbying » auprès de la Commission Eeropéenne : http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Jaffr%C3%A9 .

Le 6 septembre 2007, la justice suisse, avec une prudente discrétion, a officiellement donné son aval officiel, très prévisible, à la restitution à Taïwan de 520 millions de dollars bloqués dans des banques helvétiques et déposés sur des comptes privé de proches ou de membres de la famille d’Andrew Wang.

Taïwan va donc enfin, avant les élections de 2008, comme nous l’avions pronostiqué, recouvrer son argent. En aval de cette information, il faut savoir que cela obligera donc la France à verser aussi des dommages et intérêts à Taïwan, dont le montant sera bientôt discuté avec les autorités françaises, dès lors que le dossier suisse sera définitivement clos.

Le 17 septembre 2007, le journal Le Monde révèle que Dominique de Villepin, qui affronte une instruction sur la fausse liste dite de Clearsteram, a demandé publiquement la levée du secret-défense sur l’affaire des frégates vendues à Taïwan.

Puis, un site internet animé par des journalistes proches des services de renseignements. Géopolitique.com mettait en ligne le 24 septembre 2007 des documents plus que « confidentiels » sur les écoutes téléphoniques d’Andrew Wang ainsi que les conclusions du procureur de Taipei sur ce dossier. Nous invitons les lecteurs d’Agoravox à lire ce matériel authentique qui ne peut que les passionner et souligne combien la justice française est entravée par certains dans son travail serein pour découvrir la réalité des faits passés.

Entre autres choses, ces documents téléchargeables démontrent que certains en France ont tout fait pour préserver le secret-défense qui, chacun le pressent, ne couvre ici que les dessous peu reluisants d’une corruption de personnalités de diverses nationalités, dont des françaises.

Il semble donc que la marche vers la vérité dans ce dossier plus qu’explosif soit en route et que les langues se délient, ou, c’est selon, que les choses cachées jusqu’ici sortent au grand jour dorénavant.

Retour sur des morts de plus en plus suspectes

Il est intéressant de noter que, depuis le début de cette affaire, l’information qui y est relative est censurée, bâillonnée, voire étouffée littéralement.

Il en a été ainsi des information contenues dans le livre Corruption : une affaire d’Etats, de Christine Deviers-Joncours (dont je tiens ici à saluer le courage et la droiture car, sans ses qualités personnelles admirables, cette affaire serait probablement restée une dossier clos à jamais), publié en 2005 aux éditions du Rocher.

Etrangement, ce livre n’a pas connu une grande diffusion et n’a pas recueilli l’attention de nos médias hexagonaux. Ce qui est très dommage pour eux.

Et pourtant, ce livre apporte des éclairages instructifs sur trois morts suspectes d’acteurs de cette affaire, deux Français, Jean-Claude Albessard et Thierry Imbot, ainsi que le capitaine Yin, de la marine taïwanaise.

Page 107 et 108, l’auteur rapporte qu’elle a eu connaissance par des amis taïwanais d’un rapport officiel des enquêteurs taïwanais remis au président Chen fin mars 2000 sur le meurtre du capitaine Yin.

Selon ce rapport qu’on lui a communiqué par amitié, traduit en français, les enquêteurs taïwanais seraient parvenus à la conclusion que le capitaine Yin aurait été tué en présence de 5 personnes : 3 officiers de marine taïwanais (tous aujourd’hui en prison à vie pour faits de corruption), Andrew Wang et Jean-Claude Albessard.

Toujours selon ce rapport officiel taïwanais, ce serait Jean-Claude Albessard, spécialiste en arts martiaux, qui aurait porté le coup mortel au capitaine Yin qui ne voulait pas transiger sur son honneur et son intégrité.

Jean-Claude Albessard, selon les sources médiatiques officielles, est mort en mars 2001 -Wikipédia :

en mai 2000 : Techno-science.net ,

en janvier 2001 : Paradisfj qui cite Libération, en mars 2000 : http://leruisseau.iguane.org/spip.php?article5 qui cite le Monde).

Ce qui fait quatre dates de décès, au choix, selon les sources ! Beaucoup pour un seul mort...

Selon les uns, son décès serait dû à un cancer de longue durée, selon les autres, à un cancer foudroyant ! Visiblement, certains se donnent du mal pour tromper sur les dates, brouiller les pistes et cacher la vérité à la justice et aux médias.

On a appris ainsi par Libération : http://www.paradisfj.info/spip.php?article46, que, suite à son décès, l’appartement de Jean-Claude Albessard a été perquisitionné par la gendarmerie française qui y a trouvé des documents, des carnets d’adresses et les preuves de liens maintenus avec Andrew Wang alors en fuite et recherché par la justice de son pays.

On ne sait pas encore à ce jour à quoi ont servi ces documents, quel juge d’instruction a en reçu la garde et à quels résultats ils ont amené pour la manifestation de la vérité.

Une chose est certaine : celui que les enquêteurs taïwanais soupçonnent du meurtre du capitaine Yin est mort, celui qui, à leurs yeux, était le lien entre la société Thomson de l’époque, dirigée par Alain Gomez, et l’assassinat de l’officier taïwanais, est bien décédé. Et la gendarmerie a pris ses documents personnels sur son activité à Taïwan, sans que l’on sache précisément dans quel cadre et dans quel dossier, sur quel mandat de quel juge d’instruction elle agissait.

Reste à savoir qui possède maintenant ces précieux documents et quel usage en a été fait, en est fait ou en sera fait.

D’autant que la nouvelle direction de Thalès a aujourd’hui plus que grand besoin de vider l’abcès sur cette affaire et cette période sombre, ne fût-ce que pour redonner une image « restaurée » d’intégrité au groupe.

Sur Thierry Imbot, le livre de Christine Deviers-Joncour, si peu citée par les sources les plus diverses qui suivent cette affaire, apporte deux éléments très intéressants que les médias français n’ont jamais relevés.

Page 109 et suivantes, l’auteur relate son entrevue avec Thierry Imbot, entrevue qui a pris place en mars 1999. Page 111, on lit que Thierry Imbot informe son interlocutrice que la soeur de M. Alain Gomez, Geneviève, a été nommée, hasard de la vie des grandes sociétés françaises à ce moment, à la place du célèbre Alfred Sirven à la présidence d’Elf Aquitaine International à Genève.

Il en tire quelques conclusions que le livre résume très bien. Page 112, citant Thierry Imbot, le livre, jamais attaqué à ce jour en justice pour aucun des faits qui y sont mentionnés, explique que, selon ce dernier, l’introduction de la soeur du PDG de Thomson dans le groupe Elf visait en fait à semer la confusion dans ce dernier, au profit de Thomson et à cacher le scandale des rétro-commissions sur les frégates.

Et Thierry Imbot de citer à son interlocutrice les noms d’une quinzaine de personnes, de droite comme de gauche, qui, selon lui, seraient impliquées dans des détournements gigantesques d’argent sur ce dossier des frégates.

Le 12 février 2000, s’appuyant sur les informations communiquées entre autres par Thierry Imbot, Christine Deviers-Joncour adresse une lettre ouverte à la ministre de la Justice de l’époque, Mme Elisabeth Guigou. Elle fournit preuves et éléments.

Elle transmet son courrier à l’AFP. Qui n’en parlera jamais. Et les mois vont passer sans réponse de la ministre socialiste de la Justice ni un article de presse sur sa lettre pourtant très « porteuse » pour les médias ! Silence pesant et total des médias comme de la justice !

Le 11 octobre 2000, Christine Deviers-Joncour apprend - page 119 du livre - que Thierry Imbot est brutalement décédé chez lui, en tombant, selon la version officielle, de sa fenêtre alors qu’il aurait voulu fermer ses volets à cause du grand vent. Le livre cite deux faits qui, même sans lien direct entre eux, aurait pu interpeller les lecteurs et les magistrats français : page 120, il est relaté que le 9 octobre 2000, Thierry Imbot ne s’est pas présenté à l’agence immobilière pour signer des papiers concernant son nouvel appartement parisien au motif qu’il avait été pris en chasse par une voiture qui aurait essayé de le tuer.

Nous sommes à deux jours de sa mort soi-disant accidentelle.

Le livre rappelle une coïncidence intéressante : juste en face de son appartement d’où il serait donc tombé par accident, son vis-en-vis de cour en quelque sorte, s’appelait à l’époque Mme Geneviève Gomez, celle-là même dont Thierry Imbot avait afffirmé qu’elle jouait, selon lui, un rôle néfaste dans Elf au compte de la société de son frère, Alain Gomez.

Le hasard des choix de logements d’acteurs de ce dossier aurait pu intéresser médias, police et justice... Jusqu’ici, ces « détails » factuels n’ont pas retenu l’attention de grand monde, à l’exception notable du juge d’instruction Van Ruymbeke.

A ce jour, il semble que personne n’ait cherché vraiment - à part M. René Imbot, père du défunt - à savoir qui avait essayé de tuer, le 9 octobre 2000, celui qui avait fourni matière à Mme Deviers-Joncour pour solliciter une intervention nécessaire du ministre de la Justice du moment.

En juin 2002, le général René Imbot aborde, lors d’une audition comme témoin, deux morts suspectes, celle de son fils Thierry et de l’ingénieur Morisson, ceci devant le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, celui-là même que certains s’acharnent à vouloir chasser, par des moyens juridico-administratifs, des dossiers Bravo-Tango et Clearstream !

Une dernière "coïncidence", cette fois de dates, est apportée par le livre de Christine Deviers-Joncour, suite à la mort de Thierry Imbot : par une lettre datée du 12 octobre 2000, alors que Thierry Imbot ne pourra plus parler à personne de ce qu’il savait ni indiquer où sont ses documents personnels sur lesquels il appuyait ses affirmations, Mme Elisabeth Guigou répond à la lettre du 12 février 2000 de Christine Deviers-Joncour.

On appréciera le délai de réponse de la ministre de la Justice - 8 mois de perdus pour les magistrats - et sa réponse qui se veut définitive et claire : « elle ne peut en rien interférer dans la marche de la justice ».

Une nouvelle fois, l’affaire des frégates semblait refermée.

Une vérité aujourd’hui bien nécessaire pour beaucoup

Aujourd’hui, en ce mois de septembre 2007, l’affaire explose de nouveau, et ce, de plusieurs côtés.

La vérité se fraie son chemin et elle commence à nettement se dessiner, d’autant que beaucoup d’intérêts, certes fort divers, se conjuguent en ce sens :

- ceux de la direction actuelle de Thalès qui veut que son groupe retrouve une image internationale « propre » ;

- ceux de la direction actuelle du groupe Total-Elf-Fina qui a besoin aussi de se débarrasser du passé encombrant de cette affaire - surtout après le décès de Philippe Jaffré ;

- ceux de certains mis en examen dans le dossier de la fausse liste Clearstream qui veulent montrer ce que chacun subodore, à savoir qu’une fausse liste opportunément arrivée par des lettres anonymes peut cacher derrière elle des noms de vrais corrompus ;

- et, enfin, ceux des autorités de Taipei qui désirent aussi que toute la lumière soit faite sur cette affaire avant de renouer, sous réserve, un dialogue possible avec des grands groupes français pour le futur.

Sans oublier les intérêts des banques suisses, voire de Clearstream, qui aimeraient bien "travailler" avec tout le monde, dans un calme retrouvé, afin de préserver l’attrait des banques suisses et leur image de propreté indiscutable, ici quelque peu entachée.

D’un certain point de vue, une sorte de coalition objective existe aujourd’hui pour que la vérité sur les rétro-commissions liées aux frégates vendues à Taïwan sorte au grand jour.

Et cette vérité progresse donc.



20 réactions


  • alberto alberto 8 octobre 2007 13:55

    Super récapitulatif, Philippe, de cette sombre affaire jalonnée de cadavres !

    Je te renvoie au commentaire signé Forest Ent au sujet de l’excellent article d’Aimé Fay ce jour sur Avox : à méditer...

    Bon, je vois que les choses avancent, doucement...

    Bien à toi.


    • La mouche du coche La mouche du coche 8 octobre 2007 14:29

      « je vois que les choses avancent, doucement... »

      « Doucement » est le mot. smiley TRES doucement même smiley du quasi sur-place smiley Je dirais pour ma part que cela bouge tellement peu que j’ai l’impression que cela s’enfonce, et que cela s’enterre plutôt. smiley


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 octobre 2007 15:26

      Alberto,

      Récemment, un scandale a éclaté en France concernant les ex-dirigeants d’EADS et nombre de gens de sa haute direction, juste après que l’ancien Premier Ministre, Dominique de Villepin, ait demandé aux Juges d’Instruction de l’affaire Clearstream 2 de s’intéresser à une caisse noire présumée à EADS de dollars que celui que les sondages qualifient de « premier opposant » - à égalité avec Mme Royal- a évalué à 3 millions d’euros !!!

      La malchance s’abat sur EADS. Encore une série noire de mensonges présumés d’Etat (voir les déclarations de M Breton critiquées et contredits par la presse mondiale).

      Il semble que les mauvaises habitudes aient continué dans ce groupe franco-allemand qui n’a pas brillé, par contre, par sa pertinence sur le plan des délais de livraison de l’A 380.

      Cela souligne l’urgence à lever le secret-défense sur toutes les affaires de ventes d’armes à Taiwan depuis 1989 et sous tous les gouvernements de toutes couleurs.

      Le gouvernement actuel est pris dans un engrenage qu’il doit maîtriser s’il ne veut pas perdre tout crédit dans l’opinion publique : le scandale EADS menace la confiance publique dans les autorités et l’Etat.

      Même Monsieur Fillon l’a compris, bien qu’il n’ait pas encore tiré les conclusions manifestes que la situation exige, à savoir dire la vérité sur toutes les affaires qui ont conduit à ce dernier scandale et qui en sont à l’origine par sa grandeur et les sommes impliquées.

      Sans Justice qui passe rapidement et dans la transparence, les citoyens vont croire, de plus en plus nombreux, qu’il n’existe pas d’Etat de droit pour les corrompus haut placés. Et là, les conséquences seraient dramatiques pour les principes de la République.

      Bien amicalement,


  • alberto alberto 8 octobre 2007 15:57

    Oui, je verrais bien une « action de groupe » demandant la levée du secret défense quand celui-ci, ainsi que c’est le cas ici, ne protège pas la Défense Nationale, mais seulement les intétêts financiers de quelques hommes d’affaires véreux et autres commis de l’Etat corrompus.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 octobre 2007 16:28

      Alberto,

      Je me suis laissé dire, mais l’information peut vous intéresser, que les avocats de Dominique de Villepin- Mes Olivier d’ANTIN et Luc BROSSOLET, allaient aussi argumenter, dans l’intérêt de leur client, de la Justice et de la vérité, une demande aux Juges d’Instruction Pons et d’Huy afin que ces derniers exigent la levée du secret-défense dans les dossiers cités afin que puissent être comparés les vrais noms de corrompus sur les listings de la Direction du Budget et les faux noms sur les fausses listes.

      En effet, ils pensent, avec une logique certaine qui est aussi assez naturelle, que la preuve la plus manifeste de troubles manipulations via de fausses listes avec de faux comptes bancaires peut être définitivement établie si les vraies listes stockées à la Direction du Budget étaient publiées et confiées aux deux magistrats instructeurs.

      Il me semble que les autorités ne pourront pas faire l’impasse sur la nécessité de vider l’abcès des dossiers de ventes d’armes à Taiwan sous les divers gouvernements.

      D’autant que Nicolas Sarkozy avait promis une « rupture » d’avec le passé, voilà une occasion en or de la concrétiser.

      Sans compter que cela pourrait ainsi permettre à l’Etat français, en clair aux citoyens contribuables, d’économiser sur les sommes que la France devra reverser à Taiwan à la fin de l’arbitrage international en cours.....

      Que les corrompus des rétro-commissions paient, pas les citoyens innocents !

      Tel me semble être la ligne directrice des évènements qui s’annoncent,

      Bien cordialement,


  • orwell 8 octobre 2007 17:19

    J’aimerais bien connaître les sources qui affirmeraient que Philippe Jaffré n’est pas mort d’un cancer comme celà a été dit par la presse.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 octobre 2007 17:53

      Georges,

      La mort de Philippe Jaffré a été précédée dans de nombreuses rédactions parisiennes de presse de beaucoup de rumeurs diverses et variées sur Philippe Jaffré, son passé et ses activités durant ces dernières années.

      Comme on dit élégamment, le « Tout Paris » a ses informations que le commun des mortels n’a pas toujours... C’est regrettable sur le plan de l’information, mais la France a ce type de fonctionnement assez socialement cloisonné sur ce plan.

      La version officielle donnée à la presse a été une « longue maladie ». Nulle part, le cancer est cité comme tel. Dans ce qui est devenu le groupe Elf-Total, de nombreuses sources ont donné à des journalistes comme à des citoyens d’autres informations légèrement discordantes de la version « presse », qu’il ne nous appartient pas de reprendre sans preuves à l’appui, mais qu’il importe de noter pour le droit à l’information.

      Personne d’ailleurs n’a, cela est intéressant, en tout cas à ce jour et sauf erreur de notre part, indiqué quel type exact de « longue maladie » (il y en beaucoup qui peuvent se voir appliquer ce vocable) aurait frappé Philippe Jaffré.

      La thèse du « cancer » que vous avancez n’est pas validée pour le moment par des sources écrites avérées.

      Ses thuriféraires et anciens patrons ont surtout souligné, non une longue maladie par nature douloureuse et marquée par l’absence du malade, mais son activité persévérante de lobbyiste auprès de la Commission Européenne de Bruxelles.

      C’est le cas sur Wikipédia qui reste aussi sur ce sujet très évasif.

      Il reste que le décès de Philippe Jaffré peut aussi permettre à la direction actuelle du groupe de « se décharger » du passé -du passif ?- des années 1990 afin de tenter de restaurer une image publique nouvelle, différente des images d’anciens dirigeants jugés, en fuite, emprisonnés (Le Floch-Prigent) ou morts de façon foudroyante (comme Alfred Sirven).

      Par ailleurs, un acteur du dossier des frégates a ainsi disparu. C’est bien dommage car il aurait pu aussi éclairer, le moment venu, la Justice sur les faits et la vérité.

      Bien cordialement vôtre,


  • orwell 8 octobre 2007 18:16

    http://www.lefigaro.fr/actubourse/20070910.FIG000000240_deces_de_philippe_j affre_patron_brillant_et_provocateur.html

    Désolé, mais, pour le droit à l’information, vous vous devez, soit d’indiquer vos sources, soit d’être plus précis.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 octobre 2007 03:34

      Georges,

      C’est très intéressant de sourcer la version que donnent certains journaux, notamment celui que possède Monsieur Dassault, qui vendit des Mirage 2000 à Taiwan, lesquels font aussi l’objet d’instructions en cours à Taiwan pour versements de rétro-commissions illégales -Opération Tango.

      A l’évidence, tout ce qui est vrai ne s’écrit pas toujours dans la presse française.

      Par exemple, peu de journaux français ont pointé avec « ténacité » les liens entre Monsieur Desjeux (Thalès) et le poursuivi judiciaire par la Justice de son pays pour crime présumé, Andrew Wang. C’est intsructif de voir que les preuves matérielles de l’aide d’une société française à une personne recherchée par la Justice de son pays pour crime possible n’ait pas suscité plus d’indignation dans cette presse que vous citez.

      Il y a aussi des choses dans ce dossier qui sont couvertes par les nécessités de diverses intsructions en cours et qui ressortiront de manière publique, mais cette fois sourcée par la Justice d’un Etat ou d’un autre.

      Dans le cas de Philippe Jaffré, il y a ce qui est écrit par certains et ce qui est dit par d’autres ( je précise qu’aucune thèse n’est plus sourcée qu’une autre sur le plan des faits avérés).

      Je ne prends donc pas partie, mais constate qu’il y a des divergences d’informations données.

      Ce qui est en soi déjà très instructif...

      Bien cordialement,


  • Manuel de Survie Manuel de Survie 8 octobre 2007 22:51

    Nous allons pouvoir juger du sérieux de l’article. Je m’adresse à son auteur, que je cite :

    " [...] Le 12 février 2000, s’appuyant sur les informations communiquées entre autres par Thierry Imbot, Christine Deviers-Joncour adresse une lettre ouverte à la ministre de la Justice de l’époque, Mme Elisabeth Guigou. Elle fournit preuves et éléments.

    Elle transmet son courrier à l’AFP. Qui n’en parlera jamais. Et les mois vont passer sans réponse de la ministre socialiste de la Justice ni un article de presse sur sa lettre pourtant très « porteuse » pour les médias ! Silence pesant et total des médias comme de la justice ! [...]"

    Quelles sont les « preuves et éléments » fournis ? Et si vous ne nous les communiquez pas, que faites vous d’autre que ce qu’a fait l’AFP ? En quoi votre silence serait moins pesant que celui des médias ?

    Vous avez le choix :

    - ou bien vous connaissez le contenu de cette lettre, et il ne vous reste plus qu’à nous le donner, afin de mettre vos lecteurs en situation d’évaluer les preuves en question.

    - ou bien vous ignorez ce contenu, et en ce cas, il est abusif de prétendre qu’elle contenait des preuves.

    Des preuves que les médias, sous l’effet d’une pression occulte, auraient renoncé à exploiter ? Et vous, quand vous ne les donnez pas, vous êtes sous l’effet de quoi ?


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 octobre 2007 03:59

      Cher Manuel,

      Connaître une lettre et ne pas en faire état ne signifie rien d’autre qu’un choix rédactionnel fait en fonction des buts de l’article publié.

      Cette lettre à Elisabeth Guigou, envoyée auparavant à François Mitterrand, certains en connaissent le contenu.

      Le livre cité, non- contredit par personne à ce jour sur aucun fait qu’il énonce, en fait état. La source est citée et elle n’a jamais été contredite.

      Peut-être que les silences d’Elisabeth Guigou, comme les choix des deux magistrates en charge du dossier dit « ELF » à l’époque ( ELF est alors dirigée par Philippe Jaffré), auront un jour prochain leurs explications.

      Divers acteurs du dossier- que j’ai rencontrés- indiquent que les magistrates voulaient « se payer Roland Dumas », ou encore pointent des relations présumées très amicales entre Elisabeth Guigou et Alain Gomez ( PDG à l’époque de Thomson).

      Ceci étant, il me semble que vos remarques passent à côté de ce qui devrait, pour des citoyens attentifs à l’intérêt général, être au centre du débat : la levée totale du secret-défense sur les affaires citées.

      Car au-delà des points que vous soulevez comme s’il ne fallait pas parler de ces dossiers nauséabonds - ce qui reviendrait à permettre à la corruption en France de sépanouir en paix- c’est bien cette levée nécessaire du secret-défense sur ces points qu est au coeur de tout, et, derrière, la condition d’une restauration de l’image publique internationale des sociétés françaises du secteur.

      Justice, morale et intérêt publc sont ici liés.

      Enfin, sur cette lettre à Elisabeth Guigou de la part de Mme Christine Deviers-Joncour (que vous pouvez demander à son initiatrice via son éditeur cité), je constate que, pendant qu’Andrew WANG se fait vider ses comptes en Suisse par l’action tenace de la Justice taiwanaise ( la France ayant stoppé son instruction et.... poursuivant en matière disciplinaire son principal magistrat efficace pour des motifs fallacieux), pendant que l’auteuse de la lettre est harcelée par le fisc français pour une commission qu’elle a rendue A LA JUSTICE, cette même Justice de la République n’instruit pas, sauf erreur de ma part, sur la complicité aujourd’hui avérée entre Thalès et Andrew Wang, dont les écoutes téléphoniques révélées- voir dans l’article le lien adéquat- démontrent qu’une société française privée a fait tout son possible pour bloquer l’instruction judiciaire sur ces affaires et aider un présumé assassin en fuite, recherché par les autorités de son pays, et coopérant d’ailleurs avec elle pour rendre l’argent qu’il a placé en Suisse !

      C’est étrange, cela : obstruction à la Justice française, ce n’est pas un délit ? Ou Thalès est-elle au-dessus des lois de la République ? Ces écoutes téléphoniques devraient réveiller Mme Dati, Garde des Sceaux qui devrait faire respecter la Justice dès ces enregistrements rendus publics- soit depuis le 24 septembre 2007.

      Mais Thalès n’est toujours pas poursuivi. Décidément, les Ministres de la Justice en France sont bien distraits depuis 1991 sur ces affaires.....

      Bien cordialement vôtre,


    • Manuel de Survie Manuel de Survie 9 octobre 2007 10:32

      Quand vous choisissez de taire le contenu d’une lettre présentée comme révélatrice, ce n’est « rien d’autre qu’un choix rédactionnel ». Quand la justice et les médias font comme vous, c’est une conspiration du silence.

      Merci de l’avoir confirmé aussi franchement. C’était une « lettre ouverte », selon vous, pourtant.

      Ma remarque, je le reconnais, passe à côté de bien d’autres questions. Ce n’est qu’une objection, parmi beaucoup d’autres possibles, que vous avez omis de vous faire à vous-même, et qu’il faut bien faire à votre place. L’objection vise un argument qui, si peu central soit-il, participe à la cohérence de votre propos. Iriez-vous jusqu’à dire que je cherche à détourner l’attention de l’enjeu central ? Toute objection relative à l’absurdité de l’un de vos arguments contribue au contraire à débarrasser la demande de la levée du Secret-Défense des mauvais arguments qui ne peuvent servir qu’à la rejeter.

      De même, il est normal qu’une conversation sans témoin, dont l’interlocuteur est mort, rapportée dans un livre, ne soit ni démentie ni contestée ni contredite par personne. On peut simplement se demander si un agent de la DGSE bavarde pour le plaisir, ou dans un cadre opérationnel précis. Et on peut aussi se demander si sa mort ne l’a pas rendu plus bavard qu’il ne l’avait été en réalité. Cela s’appelle des hypothèses. Pour étayer la thèse du livre, la bonne méthode consiste à les examiner. Non pas à se réjouir que personne, jusqu’ici, ne se soit soucier de le faire. Car là encore, ce défaut de méthode nuit à une cause par ailleurs mieux fondée.

      Le comble de la mauvaise foi, qui donne la mesure de votre probité intellectuelle, consiste à insinuer qu’en démontrant l’inconsistance de vos preuves, je ne serais pas autant que vous en train de parler de cette affaire (et mieux que vous), que je n’en parlerais que pour vous empêcher d’en parler. De façon, sans doute, à lutter en faveur d’une immunité générale, en accordant à tout le monde des permis de corrompre :

      « [..] Car au-delà des points que vous soulevez comme s’il ne fallait pas parler de ces dossiers nauséabonds - ce qui reviendrait à permettre à la corruption en France de sépanouir en paix- c’est bien cette levée nécessaire du secret-défense sur ces points qu est au coeur de tout, et, derrière, la condition d’une restauration de l’image publique internationale des sociétés françaises du secteur. [..] »

      Plus une cause est noble, plus elle oblige ceux qui la défendent à la rigueur. En vous délivrant de cette obligation, vous ne faites que lui nuire. Et en montrant comment vous lui nuisez, je ne fais que la défendre.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 octobre 2007 15:58

      Cher Manuel,

      Je suis ravi de vous lire dans votre souci soudain de la probité collective au bénéfice de la levée du secret-défense sur les dossiers étudiés par l’article. C’est beau et grandiose !

      Encore faudrait-il que vous ayez des arguments factuels et sérieux de valeur pour jouer ici le blanc et pur Chevalier qui arrive en 2007 avec la morale universelle candide à la main.

      Penchons-nous un peu, pas trop pour ne pas tomber, pour profiter de vos « apports » de détenteur de la probité innée et immaculée dont vous vous vantez un peu trop peut-être :

      - Quand Thierry Imbot décède, cela fait longtemps qu’il n’est plus à la DGSE ( ce que vous affirmez) et qu’il travaille dans le privé, et plus particulièrement avec des entreprises américaines. Erreur donc sur votre apport moral sur ce point !

      Erreur encore sur les dires du livre de Christine Deviers-Joncour intitulé « Corruption : affaire d’Etats » : ce que Madame Deviers-Joncour, dont apparemment, vous semblez douter aussi de la probité morale, affirme avoir entendu de la bouche de Thierry Imbot, le propre père de ce dernier, rené Imbot,le confirmera en audition au magistrat Renaud Van Ruymbeke. Dont nouvel acte aussi sur vos lacunes !

      Je précise d’ailleurs que, comme le dit l’article, son livre n’a jamais été contredit en un seul de ses points par personne depuis sa publication en avril 2005.

      En 2005, vous étiez déja né à la blancheur naturelle, je suppose ?

      Votre probité élevée pour un but noble entre tous vous aura joué de mauvais tours pendables, mais puisque vous étiez mû par le souci de la seule vérité, j’ai du mal à comprendre la source de ces erreurs accumulées par un esprit empreint de la plus haute probité intrinsèque, que vous niez à autrui en général, et surtout à celles et ceux qui dénoncent la corruption.

      Pur hasard, j’en suis certain. Comment en douter avec votre culture si précise sur le dossier ?

      La lettre de Mme Deviers-Joncour, que je ne publie pas ici parce qu’elle n’était pas en rapport direct avec le sujet central de l’article - ceci aurait dû vous apparaître clairement, en votre qualité d’esprit clairvoyant- n’a pas non plus été contredite par personne, ni par les deux magistrates qui faisaient l’instruction d’un dossier autre que celui des frégates, ni par Mme Elisabeth Guigou, ni par les acteurs vivants du dossier.

      Dont acte aussi ! Pas de chance pour vos allégations si « honnêtes »....

      En résumé, à part commettre des erreurs factuelles considérables pour un « connaisseur »- ou se prétendant tel- du dossier et mettre en doute, poussé par une passion soudaine pour la Juste VERITE, la probité des acteurs de ce dernier comme la mienne au passage, le tout au nom d’une « morale » que je discerne assez bien, mais qui ne participe pas du tout du combat contre la corruption, je ne vois pas ce que vous apportez de clair et de concret à l’exigence de la levée du secret-défense.

      Mais, il est vrai que ce dossier et ses à-côtés ont le mérite parfois de faire sortir de leur silence des « experts » en néant et des « connaisseurs » sans savoir, comme quelques commentaires hâtifs, tous orientés vers une suspicion bien calculée, mais stérile, le démontrent sur ce fil.

      Le tout par le plus total des hasards alourdis !

      Il reste que la vérité avance et qu’elle est aujourd’hui une forte exigence politique, économique, financière, juridique et morale.

      Car, si les corrompus des dossiers ne paient pas en ayant été identifiés, ce sont les citoyens contribuables de France qui paieront la note d’1,2 milliard de dollars au profit de l’Etat taiwanais.

      Et le rapprochement entre Boeing et Thalès ne devrait que pousser vers la vérité des faits....ainsi que des livres à sortir bientôt, sans oublier l’enquête taiwanaise, qui, discrète, progresse aussi.

      Ah, oui, j’avais aussi omis de m’étendre sur cette dernière, mais en Suisse, la Justice a cru les enquêteurs taiwanais et leurs documents très précis, ce qui a abouti au rejet des pressions de certains, que les documents publiés par Guillaume Dasquier identifient avec clarté !

      Bien cordialement vôtre,


    • Manuel de Survie Manuel de Survie 10 octobre 2007 02:28

      Je ne fais que vous lire, et me poser des questions que tout lecteur un peu attentif se pose en vous lisant. J’ai l’impression que vous supportez mal qu’un simple lecteur, cent fois moins informé que vous sur cette affaire, puisse aussi facilement entendre ce qui sonne creux dans votre histoire. Cela vous plonge dans un état de confusion tel que vous préférez me prendre pour je ne sais quel expert, prétendant avoir « une culture précise du dossier ». Je n’utilise pourtant que les éléments que vous fournissez vous-même.

      Vous nous racontez que lors de sa rencontre en mars 1999 avec Christine Deviers-Joncour, Thierry Imbot aurait interprété l’arrivée de Geneviève Gomez au poste autrefois occupé par Alfred Sirven (chez Elf Aquitaine International, à Genève) comme une manoeuvre destinée à « semer la confusion » dans le groupe Elf et à « cacher le scandale des rétro-commissions sur les frégates ». D’où une « coïncidence intéressante », 18 mois plus tard, lorsqu’il loue un nouvel appartement. Je vous cite :

      « Le livre rappelle une coïncidence intéressante : juste en face de son appartement d’où il serait donc tombé par accident, son vis-en-vis de cour en quelque sorte, s’appelait à l’époque Mme Geneviève Gomez, celle-là même dont Thierry Imbot avait afffirmé qu’elle jouait, selon lui, un rôle néfaste dans Elf au compte de la société de son frère, Alain Gomez. Le hasard des choix de logements d’acteurs de ce dossier aurait pu intéresser médias, police et justice... Jusqu’ici, ces « détails » factuels n’ont pas retenu l’attention de grand monde, à l’exception notable du juge d’instruction Van Ruymbeke. »

      Voilà qui retient votre attention, en effet, mais dont vous ne faites strictement rien de plus que les autres, selon votre procédé habituel. Vous nous dites en quoi il y a coïncidence, certes. Mais vous ne nous dites pas en quoi elle est intéressante. Les journalistes, la police, et les juges peuvent trinquer avec vous : « Il est des nôtres ! Il a étouffé l’affaire comme les autres ! ».

      Votre coïncidence serait-elle aussi intéressante si Thierry Imbot n’avait aucun lien avec l’espionnage ? Comment exclure le maintien d’un lien au moins épisodique entre Thierry Imbot et la DGSE ? Ou avec les service taiwanais ? Comment exclure une mission pour le compte du groupe Elf ou pour un concurrent du groupe Elf ? La chute de Thierry Imbot ne pourrait-elle pas s’expliquer comme accidentelle, en dépit de sa trajectoire « non-newtonienne », si celui-ci était en train d’inspecter les environs d’une fenêtre, afin de voir quel matériel il pouvait y installer ? Faut-il exclure ces hypothèses sous prétexte qu’officiellement, Thierry Imbot n’était plus un agent de la DGSE ?

      En réalité, pour vous, la question ne se pose pas comme ça. Les hypothèses s’évaluent sur l’échelle d’intensité paranoïde. Il y a les persécuteurs et les persécutés. Accident du travail d’un espion (persécuteur) : 2 points. Meurtre par défenestration d’un persécuté : 7 points. Le choix est vite fait : Thierry Imbot, c’est un fait notoire, n’était plus un agent de la DGSE, et ses activités, de toute évidence, n’avaient depuis longtemps plus rien à voir avec le renseignement.

      Mais la méthode paranoïde a parfois du bon. Après avoir prétendu que ma remarque sur la « lettre ouverte » de Christine Deviers-Joncour était faite pour détourner l’attention de l’essentiel, vous finissez par vous accuser d’être l’auteur de cette diversion, et vous me reprochez maintenant de ne pas vous avoir dénoncé :

      « La lettre de Mme Deviers-Joncour, que je ne publie pas ici parce qu’elle n’était pas en rapport direct avec le sujet central de l’article - ceci aurait dû vous apparaître clairement, en votre qualité d’esprit clairvoyant- n’a pas non plus été contredite par personne [...] ».

      Je vous le répète, je n’ai fait que vous lire avec un peu d’attention, et du point de vue de la méthode.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 10 octobre 2007 03:48

      Cher Manuel,

      Il est difficile de vous suivre dans vos raisonnements qui se torturent tout seuls, pour ne pas dire qu’ils sont tortueux.

      Il est admirable que la vérité est en vous un si grand ami qui voit même Thierry Imbot, ayant échappé à une tentative de meurtre la veille, vérifier une fenêtre le soitr par temps d’orage, peut-être en plus en se penchant résolument à droite. C’est si naturel !!!

      Et bien sûr, signaler des faits qui auraient pu intéresser la Justice dans ce décès n’est pas se substituer aux institutions, mais juste éclairer celles-ci.

      Il me semble que votre mauvaise foi est ainsi faite : quand vous n’arrivez pas à décrédibiliser, vous insultez et tentez de nier l’honnêteté des acteurs et des nararteurs des faits. Puis, quand cela aussi échoue, vous attaquez la probité des uns et des autres. Et quand cela finit en désastre pour vous, vous repartez en thèse paranoïde.

      Décidément, votre fonction n’est même pas celle d’un « troll », c’est carrément du niveau de cette personne, qui, derrière vous, évoquait pour apporter son grain de sel sans intérêt aucun sur le dossier son « agrémentation » à des niveaux de sécurité. Sans même connaître que ce mot n’existe pas et que l’on parle d’accréditation !!!

      Résumons : vous voulez protéger les corrompus de ces affaires en vous faisant passer pour un « simple lecteur ». C’est votre droit. Vous voulez que les faits demeurent non-résolus et les coupables impunis. C’est votre droit. Vous estimez que la soeur d’Alain Gomez, Geneviève, est rentrée à Elf uniquement par miracle d’origine quasi-divine pour y travailler au seul et exclusif développement de ladite société. Bien...

      Et vous allez certifier qu’Elisabeth Guigou n’était pas une proche relation d’Alain Gomez pour que tout cela soit le chemin de la vérité. Ai-je bien compris votre prose, cher Manuel de survie pour corrompus en danger ?

      Bien sûr, vous intervenez ici par pur acte de citoyenneté désintéressée, pour le seul amour de la vérité.

      Cela va de soi à vous lire tant votre attention à la vérité souffle à chaque ligne de vos messages...en contre-sens de celle-ci !!!

      Bien cordialement à vous,

      PS : je suis étonné par une chose : vous ne dénoncez pas le rapport taiwanais officiel qui met au compte du représentant de Thomson à Taiwan à l’époque, M Albessard, le crime sur le capitaine Yin, comme méthode paranoïde ou erreur de narration. La Justice et les policiers de Taipei seraient-ils dans le vrai selon vous, simple citoyen dévoué à la recherche de la vérité pure ? Vous ne défendez certes donc pas les intérêts de Thalès (ex-Thomson), mais peut-être essayez-vous, avec une certaine maladresse et sans espoir aucun, d’empêcher la vérité d’apparaître sur les corrompus français....


    • Manuel de Survie Manuel de Survie 10 octobre 2007 17:36

      Bref : « Ou bien mon interlocuteur est un simple lecteur qui veut souligner certaines faiblesses de ma thèse. Intensité paranoïde : 1. Ou bien mon interlocuteur veut »protéger les corrompus de ces affaires en se faisant passer pour simple lecteur« . Intensité paranoïde : 2. » Le choix est facile.

      Vous n’avez toujours pas compris ce qu’est une hypothèse. Et encore moins ce qu’est une méthode d’enquête, qui consiste à mettre des hypothèses en concurrence. Sur d’autres critères que les vôtres. Vous trouvez cela tortueux et difficile à suivre. Peut-être bien. Cela s’appelle la rigueur.

      Je vous cite à nouveau :

      " [...] Et Thierry Imbot de citer à son interlocutrice les noms d’une quinzaine de personnes, de droite comme de gauche, qui, selon lui, seraient impliquées dans des détournements gigantesques d’argent sur ce dossier des frégates.

      Le 12 février 2000, s’appuyant sur les informations communiquées entre autres par Thierry Imbot, Christine Deviers-Joncour adresse une lettre ouverte à la ministre de la Justice de l’époque, Mme Elisabeth Guigou. Elle fournit preuves et éléments. [...]".

      Jusqu’ici, je n’ai utilisé que les éléments que vous nous avez communiqués. En cherchant dans la presse de ce mois-là un écho de cette « lettre ouverte », la clef de voute silencieuse de votre thèse, je constate que le 11 février, 30 articles paraissent dans la presse française, mentionnant Christine Deviers-Joncour, puis une soixantaine d’autres jusqu’à la fin du mois.

      Les journaux du 11 commentent le réquisitoire du procureur de la République contre Roland Dumas :

      « Outre Roland Dumas et Christine Deviers-Joncour, les réquisitions du procureur visent l’ancien président d’Elf Aquitaine, Loïk Le Floch-Prigent, ainsi que trois anciens dirigeants du groupe pétrolier, tous poursuivis pour abus de biens sociaux : André Tarallo, signataire du premier contrat de Mme Deviers-Joncour ; Jean-Claude Vauchez, administrateur de la filiale suisse Elf Aquitaine International (EAI), qui versa d’importantes sommes à la compagne du ministre, et Alfred Sirven, qui présidait la même filiale. »

      Christine Deviers-Joncour fait à cette occasion de nombreuses déclarations la presse :« Personne ne me connaît plus, excepté Alfred Sirven, qui a dû partir pour protéger 70 % de nos politiques. » (Sud Ouest, le 11/10/2007)

      Le 12, donc, envoi, selon vous, de cette « lettre ouverte » à l’AFP : aucun communiqué. Faute de timbres, sans doute, elle ne pourra être envoyée directement aux rédactions.

      Les journaux du 17 commentent le rejet de tous les pourvois de Roland Dumas et de Christine Deviers-Joncour par la chambre criminelle de la Cour de Cassation.

      Est-ce que le contenu de cette lettre figure dans le livre ? Est-ce que ce contenu vous est connu autrement ? Est-ce le même contenu que celui de la lettre au Ministre de la Justice ? Pourquoi dissimuler à vos lecteur ce que vous avez désigné comme des preuves ? Pourquoi Christine Deviers-Joncour déclare-t-elle le contraire le 7 février à Sud Ouest ? En ces termes :

      « Je connais les noms de ceux qui ont touché, mais je ne peux pas donner de preuves, c’est à Alfred Sirven de les livrer, il a tous les relevés bancaires. »

      Pourquoi des preuves iraient-elles à un Ministre, quand tant d’instructions sont en cours ?

      De toute évidence, vous avez bluffé. Très maladroitement. Vous pouvez encore nous prouver le contraire. Il suffit de nous donner le contenu de cette lettre. Si vous le faites, vos lecteurs pourront juger de la qualité de ces preuves. Si vous ne le faites pas, c’est de vos qualités de sérieux qu’ils pourront juger.


  • Pierre R. Chantelois Pierre R. - Montréal 9 octobre 2007 07:00

    @ Philippe

    Je n’ai connu cette affaire que par vos premiers articles. Lentement, elle se dévoile progressivement et vous nous en présentez une analyse circonstancielle fort bien documentée. D’information brute, l’affaire devient vivante et s’anime. Merci Philippe.

    Pierre R.


  • anuck 9 octobre 2007 13:11

    @ l’auteur

    une chose me fait sourire dans votre article, c’est votre référence au site géopolotique.com. On vous appate avec des sois-disantes informations quelques peu confidentielles et vous comme un bon pigeon vous vous précipitez dessus. J’ai eu durant une période de ma vie une agrémentation au « diffusion restreinte, au confidentiel défense et au secret défense ». Est-ce que vous pouvez imaginer qu’un état laisse diffuser des informations comme cela. N’y aurait-il pas une petite lumière dans votre tête qui s’allume et puis qui vous dirait : « Est-ce que je ne suis pas en train de me faire manipuler. On nous donne à croquer des informations comme cela et je ne me pose pas de questions.... » Peut-être que vous êtes exactement le bon récepteur qu’ils essayaient de trouver. Faîtes quand-même très attention à ce que vous écrivez avant de lancer des vérités non vérifiables.


    • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 octobre 2007 15:20

      Anuck,

      Il est instructif de noter que le site que j’ai mis en avant a publié ces documents authentifiés et dont la Justice parle depuis 2005.

      Bien sûr, la manipulation est une chose à éviter, mais là, les documents sont issus de la Gendarmerie Nationale et n’ont été contredits par personne, dont les principaux intéressés.

      Les faits sont donc ici bien réels.

      Bien cordialement vôtre,


  • Christian FORTIN-ETTORI 5 août 2008 16:08

    Bonjour à Toutes et à Tous !
    En cette période de Jeux Olympiques en Chine, j’ai apprécié de lire dans les détails les échanges "ping-pong" ci-dessus. Ceci étant, qu’y a-t-il de nouveau sur le fond de ces affaires depuis le 9 octobre 2007 à 15h20, date et heure du dernier message posté ? Pour avoir eu, au Crédit Agricole, Philippe JAFFRE, comme "patron", c’est surtout cette partie de l’Histoire, qui m’intéresse particulièrement. Ceci étant, secret-défense, justice, corruption, mensonges, allégations, probité, rigueur, droiture, preuves, agrémentation, accréditation, ... m’intéressent également !
    Merci donc par avance et reconnaissance anticipée de bien vouloir mettre à jour ces informations à l’aune du temps passé depuis 10 mois.
    Bien à vous chers connaisseurs et contradicteurs,
    Christian 


Réagir