Génération censure contre Génération identitaire ?
L'annonce est plutôt surprenante. Suite à une action médiatique dans les Pyrénées, le groupe Génération Identitaire est menacé de dissolution de la part du ministre de l'intérieur Darmanin. Diantre ! Que s'est-il donc passé pour qu'une telle mesure soit envisagée à l'encontre des jeunes militants de cette association, qui fait mauvais genre auprès de nos pouvoirs publics ?
Des voitures de police attaquées et brûlées ? Du vandalisme à l'égard de commerces ? Des appels au meurtre ou à la guerre sainte ? Non, vous n'y êtes pas. Il est reproché à cette association le déploiement de banderoles anti-migrants et favorables au retour des frontières, dans les cols des Pyrénées et lors de manifestations d'ultra-gauche. On se souvient de celle de la place de la république à Paris pour Adama Traoré, rappelant le racisme anti-blanc, et perturbée par des répliques antisémites de la part des manifestants "anti-racistes" davantage préoccupés par le sort des délinquants d'origine africaine que par celui des braves gens victimes des agressions au quotidien, venant de gens qui n'ont aucune volonté de s'intégrer chez nous. C'est l'inversion des valeurs à la française... Certains signalent que les "identitaires" auraient infiltré les gilets jaunes et casser du mobilier urbain : possible, puisque le dénommé Hervé Ryssen, sympathisant d'ultra-droite, fit la une de Paris-Match. Mais exceptionnel car ce groupe n'est pas connu pour des destructions en temps normal.
Donc Darmanin cherche à interdire un groupe de quelques centaines de militants plutôt pacifiques qui mettent un point d'honneur à refuser la violence. Nous pouvons lui faire remarquer qu'il serait plus urgent de dissoudre les blacks blocks, les antifas et les bandes de trafiquants qui brûlent les bagnoles et ne connaissent que la batte de baseball comme argument de dialogue. Il pourrait aussi s'intéresser aux diffuseurs de "haine" anti-républicaine tels que les indigènes de la république dont la déléguée Houria Bouteldja est toujours fonctionnaire à l''institut du monde arabe malgré ses innombrables atteintes au devoir de réserve et à l'idéal de laicité.
Mais il faut croire qu'en France, il n'y a que la droite dite radicale qui inquiète le pouvoir. C'est parait-il la conclusion des rapports des services de renseignements, dont on aimerait connaitre le profil sociologique des agents très orientés vers ce qui ressemble de près ou de loin à un patriote. Comment ces limiers sont-ils recrutés et formés ? Qu'est-ce qu'un extrêmiste pour eux ? Quelles sont les convictions politiques et religieuses de ces policiers d'élite ? Des questions que nous sommes en droit de nous poser face à la faiblesse de la répression à l'égard des casseurs gauchistes et les précautions alliées à la timidité face aux islamistes radicaux, malgré les attentats commis en France depuis dix ans.
Bon d'accord. Concédons qu'il n'y a pas que des enfants de choeur chez Génération identitaire. Toutefois, ils ont toujours été relaxé en appel durant leurs procédures, et le bilan de leurs actions est de zéro victime/zéro blessé. Ce qui nous conduit à aborder le clou du problème : en France, militer pour les frontières, contre l'immigration clandestine, contre l'extrêmisme islamiste et défendre une conception judéo-chrétienne de l'identité nationale, c'est une opinion d'ultra-droite. Or, cela est faux. Il a toujours existé une gauche souverainiste anti-immigration. Ainsi qu'une droite ultra-libérale, anti-identitaire et pro-migrants afin d'importer des travailleurs pauvres et tirer les salaires vers le bas. Très sournoisement, nos bobos de gauche et de droite considérent ceux qui sont en désaccord avec eux comme des "fachos" dont il faut anéantir le discours. Peu importe que beaucoup d'électeurs de Mélenchon soient anti-migrants et hostile au salafisme et que Georges Marchais (PCF) fustigeait l'immigration en son temps. En 2021, la liberté d'expression est reconnue à condition de penser, parler et militer comme Jean-Michel Apathie, Anne Hidalgo, LGBT et Bernard Henri-Lévy. Ceux qui sont contre leurs opinions sont des extrêmistes à dissoudre : c'est ce que laisse penser la démarche de Darmanin.
Vous êtes prévenus. Les britanniques qui ont rétabli leurs frontières seraient des "fachos". Les pays d'Europe de l'est qui ont refusé les migrants (Hongrie, Pologne) sont "ultra-nationalistes". Quiconque ose défendre un mode vie traditionnel, la patrie, le catholicisme, la citoyenneté, le mariage hétéro et le code de la route serait un dangereux dissident. Plus que l'inversion des valeurs, c'est le droit à l'opposition qui est remis en cause par Darmanin et les chiens de garde médiatiques. Complotistes, agitateurs d'angoisse, fachos, le vocabulaire ne manque pas pour désigner ceux et celles qui veulent préserver leur identité.
Dissoudre une association ne résoud rien et ne fait qu'attirer l'attention sur le climat de censure qui règne en période de crise. Un climat qui met Marine Le Pen au coude-à-coude dans les sondages avec le président sortant au second tour de la prochine élection présidentielle, et ce n'est que logique. Quand on cantonne le bon sens et le patriotisme à un discours "nationaliste", il ne faut pas s'étonner que l'extrême-droite passe de 0 à 30% des voix en quarante ans. Censurer les thermomètres ne servira à rien, pas plus que le muselage et les insultes à l'égard des opposants, une logique difficile à admettre par les rentiers d'une certaine gauche et d'une partie de la droite du haut de leur nuage, à l'abri des quartiers populaires où le petit peuple survit comme il le peut...




