mercredi 24 juillet 2013 - par Roosevelt_vs_Keynes

Glass-Steagall : Cheminade écrit au Congrès américain

Le Congrès américain s'est rassemblé au-delà des clivages pour en finir avec l'empire britannique, via Wall Street

La loi Glass-Steagall de 1933 ne se contente pas de séparer les fonctions des banques : elle implique l'émission de crédit productif public par des Etats-Nations souverains, et la collaboration de ces Etats-Nations entre eux, via une nouvelle conférence de Bretton Woods.

C'est tout cela qui est derrière l'introduction du Glass-Steagall Act du 21° siècle au Congrès américain, le 11 juillet 2013.

Courage politique aux Etats-Unis

 

Il n’y pas qu’en France où les partisans d’une séparation stricte des banques sont privés de parole. Aux Etats-Unis, l’omerta financière a frappé jeudi dernier lorsque la chaîne de télévision consacrée à l’actualité financière CNBC, qui avait diffusé le 12 juillet une entrevue avec la sénatrice Elizabeth Warren sur la proposition de Loi de 2013 pour un Glass-Steagall du XXIe siècle, a exigé le retrait de la vidéo du compte YouTube de la sénatrice, sous peine de poursuites judiciaires pour violation des droits de copyright !

 

La sénatrice démocrate Elisabeth Warren et l'ancien candidat à la présidentielle de 2012, Jacques Cheminade se battent tous deux pour Glass-Steagall

 

Warren avait contré avec aplomb les habituels clichés colportés par les hôtes de la chaîne, exposés comme de simples valets au service des mégabanques de Wall Street et de la City. La vidéo avait déjà été vue par plus de 700 000 internautes en quelques jours.

En réponse à son hôte, qui l’a accusée de cacher le fait qu’une banque de dépôt, Continental Illinois, avait fait faillite au cours des années 80 en dépit du fait que Glass-Steagall était en alors en vigueur, Warren a répondu :

 

Ce que vous dites est tout simplement faux. Regardez l’histoire : de 1797 à 1933, le système bancaire américain ’krachait’ environ tous les quinze ans. En 1933, nous avons mis en place une bonne réforme, dont Glass-Steagall était la mesure centrale. De 1933 au début des années 80, c’est une période de presque 50 ans, il n’y a eu aucun incident. Aucun. Le système a été maintenu stable et sûr. C’est seulement à partir du moment où nous avons dérégulé que nous avons connu la crise des caisses d’épargne [Continental Illinois], et qu’avons-nous fait ? Nous avons dérégulé encore plus ! Nous avons ensuite eu la crise de LTCM [un fonds d’investissement] à la fin des années 90, et qu’avons-nous fait, en tant que pays ? Eh bien, ce pays a continué à déréguler encore plus. Ensuite nous avons eu le grand krach de 2008.

Vous n’allez pas défendre l’idée que la régulation ne peut jamais être efficace ! Elle a marché !

(…) Glass-Steagall peut évacuer encore plus de risque du système, elle peut diminuer la taille des plus grandes institutions bancaires. N’oubliez pas, vous avez dit qu’il y avait trop de concentration dans l’industrie en 2008, et aujourd’hui en 2013 les quatre plus grandes banques sont 30 % plus grosses [qu’en 2008]. Ceci introduit trop de risque dans le système.

 

La vidéo peut être vue ici

 

C'est pour la soutenir qu'en France, Jacques Cheminade a écrit ce courrier à la sénatrice américaine :

 

Jacques Cheminade Paris, July 17 2013

Solidarité et Progrès

BP 27 92114 Clichy Cedex

France

To the Honorable Senator Elizabeth Warren

Dear Mrs. Warren,

Following my letter of May 6, 2013, I want to congratulate you again, this time for having introduced in Senate, together with senators Angus King, John McCain and Maria Cantwell, a 21st century Glass-Steagall Act to separate deposit-taking financial institutions from speculative investment banking. As I told you before, I am deeply convinced that the adoption of such a Glass-Steagall Act in the United States is, for us all, the first step to emerge out of the present world crisis. You should make it happen now !

Your action is extremely inspiring for us in Europe, for two main reasons. First, it shows that the spirit of the American Constitution is still alive and that Main Street could prevail over Wall Street. Second, because you in the United States should give the first kick because we in Europe are presently under the shackles of the world monetary system mediated by the euro monetarist cult, which prevents us to exert our respective national sovereignties through a government of the people, by the people and for the people. This principle is written in the words of our French Constitution, but it is thanks to your push that we are going to be able to move ahead to re-establish our own banking separation, as it was established in 1945, following the victory over Nazism and the lead of the Roosevelt Administration. You in the United States, endowed with the tradition of a national economy of the Hamiltons and the Roosevelts, should therefore reopen the way for us.

I hope that Joe Manchin, Barbara Boxer, Richard Shelby, Barbara Mikulski and many, many other Senators are going to join you soon. It is a matter of life and death at this point of the present economic and financial collapse.

The Glass-Steagall principle implies a return to a national economy based on a credit policy system, as Roosevelt developed it. A project like NAWAPA in the United States or to restore the Lake Chad water system in Africa should be examples for the 21st century as the TVA was in the '30s of the last century. My hope is that you keep going in that direction, for our common good.

Very respectfully yours in this moment of emergency,

Jacques Cheminade

Former French presidential candidate

 

 

 

 

 Le 18 juillet, la loi Moscovici de trahison bancaire a été adoptée

 http://www.dailymotion.com/video/x1276cy_la-loi-bancaire-est-une-trahison-du-peuple-conference-internet-de-j-cheminade_news?start=1766#.Ue5hsmtOK70

 

 … Mais le Glass-Steagall français est plus que jamais possible : à vous de soutenir  le Congrès américain et les élus français par ici !

 

 



13 réactions


  • Al West 24 juillet 2013 11:35

    Bonne initiative même si quand on voit le nom de McCain dans le tas, on tique.
    Et vous auriez pu prendre dix minutes et traduire la lettre en français, quand on publie sur un site francophone c’est la moindre des choses...


    • Roosevelt_vs_Keynes 24 juillet 2013 12:05

      Zavez tout à fait raison !

      TRADUCTION :

      A l’honorable Sénatrice Elizabeth Warren

      Chère Mrs. Warren,

      Faisant suite à ma lettre du 6 mai 2013, je veux, par la présente, vous féliciter à nouveau, cette fois pour avoir introduit, avec les sénateurs Angus King, John McCain et Maria Cantwell, un Glass-Steagall Act du 21° siècle, pour séparer les activités de dépôts de celles d’activités d’investissement spéculatifs. Comme je vous l’ai dit déjà, je suis profondément convaincu que l’adoption d’un tel Glass-Steagall Act aux Etats-Unis est, pour nous tous, la première étape pour sortir de cette crise mondiale. Vous devriez faire en sorte que cela se produise maintenant !

      Votre action est extrêmement inspiratrice pour nous en Europe, et ce pour deux raisons. Tout d’abord, cela montre que l’esprit de la Constitution américaine est toujours vivace et que Main Street doit prévaloir sur Wall Street. Secundo, parce que vous, aux Etats-Unis, devriez donner le coup d’envoi ; car nous, en Europe, sommes présentement sous le joug du système monétariste mondial via le culte de l’euro, qui nous empêche d’exercer nos souverainetés nationales respectives grâce à un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. Ce principe est inscrit dans le texte de notre Constitution française, mais c’est grâce à votre action que nous pourrons rétablir notre propre séparation des banques, comme c’était le cas en 1945, à la suite de la victoire sur le nazisme et le leadership de l’administration Roosevelt. Vous, aux Etats-Unis, inspiré de la tradition d’une économie nationale de Hamilton et de Roosevelt, devriez ré-ouvrir la voie pour nous tous.

      J’espère que Joe Manchin, Barbara Boxer, Richard Shelby, Barbara Mikulski et beaucoup, beaucoup d’autres sénateurs vous rejoindront bientôt. C’est maintenant une question de vie ou de mort à ce point de l’effondrement économique et financier.

      Le principe du Glass-Steagall implique le retour à une économie nationale basée sur un système de crédit public, tel que Roosevelt l’avait développé. Un projet comme NAWAPA aux Etats-Unis ou la remise en eaux du Lac Tchad en Afrique devraient être des exemples d’une Tennessee Valley Authority du 21° siècle, comme ce fut le cas dans les années 30 du siècle dernier. Mon espoir est que vous continuiez dans cette direction, pour le Bien Commun de l’humanité.

      Très respectueusement vôtre, dans ce moment d’urgence.

      Jacques Cheminade

      Ancien candidat à l’élection présidentielle française


    • Al West 24 juillet 2013 12:19

      Quelle rapidité, bravo ! et merci pour les lecteurs.


  • Jimmy 24 juillet 2013 12:48

    la seule chose qui pourrait nous sauver serait de faire totalement disparaître les banques privés, interdire le prêt avec intérêt et ne plus compter que sur les états pour distribuer du crédit
    tout le reste ne sert qu’à perpétuer l’énorme escroquerie


    • Roosevelt_vs_Keynes 24 juillet 2013 12:54

      Faire totalement disparaître les banques privés ? Hum... C’est comme Wolverine : pas créditble :)

      http://t.co/0ZCvZNVHdU


    • Jimmy 24 juillet 2013 17:11

      parce que c’est réaliste de demander aux banques d’observer des règles qui ne servent pas leurs intérêts ?


    • Roosevelt_vs_Keynes 24 juillet 2013 17:43

      « Demander » ? Vous n’y êtes pas.

      La Couronne britannique considère la ré-instauration du Glass-Steagall Act par les Etats-Unis comme un Cassus Belli - un « motif de guerre ».

      Comme l’a souligné Jacques Cheminade lors des questions/réponses de sa conférence internet de lundi 23/07, c’est là que les autres partis politiques français ne sont pas à la hauteur : ils refusent de désigner l’ennemi - l’empire financier britannique de La City de Londres avec la Couronne britannique à sa tête - , donc refusent d’y déclarer la guerre.


  • vesjem vesjem 24 juillet 2013 18:08

    ce qui est dommage avec mr cheminade , c’est que j’ai le temps de boire une gorgée de vin entre chaque mot de sa conférence ; le résultat ne se fait pas attendre ; il m’a saoulé ;
    quand je « tiens la marée » , son discours paraît crédible ;
    il faut qu’il fasse une synthèse avec asselineau en arrondissant leurs angles pour être efficaces .


  • Captain Marlo Pilou Camomille 29 juillet 2013 07:16

    vesjem,

    Cheminade pleurniche sur la perte de souveraineté, mais n’envisage à aucun moment de sortir de l’ UE pour retrouver la souveraineté... , cherchez l’erreur !

    Cheminade n’est qu’un européiste de plus à ajouter à la longue liste de tous ceux qui essayent de faire croire que critiquer l’ UE ou l’euro veut dire en sortir...

    L’UPR n’a rien à vois avec tous ceux qui veulent « une autre Europe ».

    L’UPR ne veut « d’aucune autre Europe », elle veut sortir de l’ UE, de l’euro et de l’ OTAN par l’article 50, ce que vous ne verrez jamais dans les écrits du Front de Gauche, du Front National, de Debout la République, de Chevènement, ni du Groupe Roosevelt, ni de Cheminade, ni d’aucun des pingouins atlantistes qui nous promettent depuis 40 ans « Une autre Europe ».

    Cheminade ne dit pas non plus que l’ UE et l’euro sont des inventions américaines, il veut « américaniser l’ Europe », comme si cela ne suffisait pas ; il encense Monnet , qui n’est qu’un collabo de l’Empire américain.

    L’UPR n’a pas « à se mettre d’accord » avec Cheminade, puisque celui -ci ne veut pas sortir de l’ UE.

    « Solidarité & Progrès »... S & P, comme Standard & Poor’s ?


  • Captain Marlo Pilou Camomille 29 juillet 2013 07:26

    Jean Monnet « Père fondateur de l’ Europe »... Document déclassifié en 2000 par le gouvernement Clinton :

    Note du 6 Mai 1943, adressée au Secrétaire d’ Etat américain Harry Hopkins :

    « Il faut se résoudre à conclure que l’entente est impossible avec De Gaulle, qu’il est un ennemi du peuple français et de ses libertés, qu’il est un ennemi DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE, et qu’en conséquence, il doit être détruit dans l’intérêt des Français. »

    Monnet, employé des USA, rend compte de la résistance de De Gaulle à accepter que la France devienne une colonie de l’ Empire.
    Monnet est donc bien un employé des USA, un collabo, comme Schuman d’ailleurs.

    Que Cheminade en fasse un héros, puis se plaigne de la perte de souveraineté, c’est un comble !

    Voir sur le site de l’ UPR, les dossiers anti- propagande européiste :

    * De Pétain à la CIA, la face cachée de Robert Schuman.
    * Le mythe du couple franco Allemand.

    et la vidéo : « Qui dirige vraiment la France et l’ Europe ? »


    • gdfontaines 31 juillet 2013 11:07

      Monnet une sacrée canaille affairiste utile à un moment donné.. non ?


    • Roosevelt_vs_Keynes 31 juillet 2013 12:04

      @ Pilou Camomille

       

      Monet n’est pas clair, de même que les USA ne le sont pas toujours ; n’ont plus y compris durant la période de Roosevelt (il faudra Pearl Habor pour entrer en guerre) !

      En même temps si FDR ne voulait plus d’empire colonial, son influence allait faire des USA, quoiqu’il en soit, un modèle et donc une sorte d’empire d’influence.. (ce qu’on a aujoud’hui)

      Ce qui permet de trancher, c’est le plan Marshall qui nous sauve tous, car il émancipe (en tout cas il émancipe la France et donc De Gaulle).

      La question c’est peut-être, comment, dans l’ambiance « Monet » que vous décrivez, De Gaulle et le CNR parviennent-ils toutefois à mettre en place leur programme de reconstruction, et recevoir l’aide du plan Marshall .. si ça n’est justement parce-qu’ils ont une certaine idée de l’Amérique, et en particulier celle du Glass-Steagall du 16 juin 1933, reprise par la France par la loi 45-15 du 2 décembre 1945 ?

      L’homme est faillible et il est évident qu’autour de bonnes intentions, traine parfois voire même souvent le diable des affaires...

      Bref, Monet est un drôle de gus, Jacques Cheminade souligne juste qu’à un moment donné, il fallait un tel personnage pour dire aux américains de construire encore plus d’armes puissantes face au fascisme allemand (par exemple).

      FDR et son administration devaient bien savoir tout ça, et surtout savaient en « jouer » ; surtout quand on ré-écoute ou entend les discours et interventions de FDR, quand il dit que l’ennemi sans visage le hait, et plus il le hait plus lui en est fier !

      La dualité bien/mal c’est compliqué, sauf quand au départ on est honnête vis à vis des autres.


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