Gouvernement, Quo usque tandem abutere patienta nostra ?
Oui, c’est un plagiat de la seconde Catilinaire de Cicéron. "Jusqu’où abuseras-tu de notre patience ?"
Les gaulois réfractaires, ceux qui ne sont rien, les fainéants et les illettrés, ceux qui foutent le bordel ou ne se paient pas de costard et les emmerdés, ça commence à faire du monde même si chaque citoyen peut cocher plusieurs cases. Déplorons l’absence ou de la relative faiblesse des réponses de ces français aux humiliations subies du fait des propos du chef de l’état. Mais faut-il en déduire qu’il n’existe pas de seuil qu'Emmanuel Macron ne devrait franchir en matière de provocation ?
Que le gouvernement Borne première mouture nommé au lendemain d’une réélection soit macronien est logique. Avec des mandats à la chambre des députés qui sont synchrones avec celui du président, c’est de bonne guerre de spéculer sur un plébiscite et l’obtention d’une majorité à la botte du chef de l'état fraichement élu. Les urnes en ont décidé autrement.
Passons sur l’arrogance de l’injonction présidentielle lors du constat de son échec à obtenir une majorité au Palais-Bourbon, elle a été commentée.
Les retouches très cosmétiques, apportées ce jour au gouvernement Borne semblent témoigner du mépris du Président pour le message très clair du scrutin dont il a décidé de ne pas tenir compte. Les erreurs de casting éprouvées sont toujours présentes, comme si ni leurs inconduites, ni leurs incompétences ne devaient induire une urgente exfiltration. Mais cette gifle concerne au premier chef les représentants élus de ce peuple auquel il est intimé un "cause toujours, tu m’intéresse".
La décision d’Elisabeth Borne de ne pas demander à une chambre un vote de confiance est-elle, elle aussi, un affront aux nouveaux parlementaires et aux citoyens ? C’est sans doute un peu plus compliqué. Cette confiance pourrait être obtenue via un abaissement du seuil de majorité si les députés du Rassemblement National s’abstenaient, mais le gouvernement ne veut pas devoir au RN cette « confiance » factice. Une telle abstention pourrait en outre être mal perçue par les électeurs du RN qui pourraient y voir une trahison ? La « normalisation » du RN passe-t-elle, à l'instar des autres partis, par la trahison de ses militants et sympathisants par des cadres avides de respectabilité sous couvert de responsabilité ? Et de combien de points cette infâme tambouille politique ferait-elle monter l’abstention qui, bien que non représenté, est de très loin le premier parti de France ?
Face au mépris et au déni du président et de ses alliés, il serait sans doute pertinent que tous les parlementaires qui se prétendent d’opposition votent une motion de censure, quelle que soit son origine. Juste pour "intimer à ces salisseurs de démocratie qu'ils feraient mieux de faire profil bas !" Là, le plagié, c'est Michel Audiard dans Les tontons flingueurs.
Cliché @les_gavroches


