lundi 2 décembre 2013 - par edmonde

Grazia tombe du catwalk

Passer du statut d’hebdomadaire à celui de mensuel dans le petit monde de la presse féminine est une disgrâce au moins équivalente à celle d’être relégué de première en deuxième division dans le football. C’est ce qui serait en passe d’arriver à GRAZIA l’hebdomadaire féminin français lancé en 2009 par le groupe Mondadori France.

Le magazine féminin GRAZIA va mal. Des journalistes sont en grève. D’autres sont virés. Et pour cause, plus personne ne lis GRAZIA.

« A force de ne parler que de leurs annonceurs, outre leurs problèmes utérins, ces magazines féminins ont finit par lasser, et sont désertés par un lectorat qui va chercher de la nouveauté sur les blogs qui font eux l’effort de faire découvrir des petits créateurs » analyse, sentencieuse, une ancienne journaliste de mode reconvertie dans la vente de matériel de cuisine.

L’échec de GRAZIA est-ce la préfiguration de ce qui va se produire dans l’ensemble de la presse magazine féminine si elle ne se régénère pas ?

Nul ne le sait. C’est pour l’heure, le résultat funeste d’un mariage consanguin entre les grandes marques du prêt à porter et ces magazines qui ont assis leurs monopoles par une sorte de copinage lucratif.

Les grandes marques stérilisent le marché et les magazines se muent en tracts publicitaires. Les principaux vendeurs de luxe (Maje et Sandro pour ne parler que de celles-ci), mais aussi les marques mainstream telles que H&M, Zadig et Voltaire, et autres ont fini par truster ces magazines et finalement par lasser la ménagère.

Renvoi d’ascenseur pour l’échafaud.

Les renvois d’ascenseurs de la presse magazine aux annonceurs de plus en plus fréquents à mesure qur ceux-ci se plaignent de la baisse de fréquentation des magazines dans lesquels ils font de la pub sont un véritable cercle vicieux. Plus l’annonceur se plaint des tarifs, plus les renvois d’ascenseur sont nombreux, plus l’espace réservé aux jeunes créateurs s’amenuise. Fini le bonheur de la lectrice qui avait encore quelque chose à découvrir. Du coup, elle s’en va chercher de l’air frais ailleurs.

Des grandes marques qui vampirisent les petits créateurs.

Remarquons en prime que, les grandes marques se contentent souvent, une fois arrivées, de puiser leur inspiration chez les petites nouvelles, dont elles se repaissent comme les vampires s’abreuvent du sang des jeunes vierges.

« L’injustice est d’autant plus grande lorsqu’on sait que de ces marques créatives, les magazines n’en parleront pas » remarque notre consultante.

« Qu’il s’agisse d’une volonté explicite du concurrent auquel ils facturent leurs pages de pub ou d’une anticipation de ses désirs, le résultat est le même : les annonceurs sont chez eux, et pas question de faire la promo d’un concurrent qui n’annonce pas dans un magazine féminin. Surtout en période de crise. »

 Cette injustice faite aux petits créateurs besogneux dont les magazines de mode grand public se rendent complices en parlant davantage de la copie mise sur le marché par leurs annonceurs que de l’original qu’ils dissimulent à leurs lectrices, serait donc bientôt en passe d’être réparée par la dure réalité du marché.

Il est aisé d’imaginer que les magazines désertés des lectrices vont péricliter et les grandes marques qu’ils soutiennent à bout de bras, et qui ont davantage investi dans la pub que dans la création, peut-être avec eux.

En haut du catwalk, elles, pas fières, Sur leurs escabeaux en l'air, regard implorant, et ne comprenant pas tout*, les cendrillons journalistes de mode vont devoir remplacer leurs rendez-vous dans les bureaux de presse par des pointages à L’ANPE. Un avenir qui promet d'être beaucoup mois Glamour.

« Il faut que tout change si nous voulons que tout demeure »

La maxime du Marquis de Lampedusa qui évoquait la menace du nouvel ordre communiste mettant fin au règne de l’aristocratie sur son île, semble d’actualité.

Mais pour être en mesure de l’appliquer, encore faut-il avoir l’intelligence, l’humilité et la volonté de tout changer . « Pas certain qu’il y ait ces qualités au sein des rédactions des magazines de la presse féminine grand public » conclut notre consultante*, un brin cynique.

*Celle-ci préfère ne pas révéler son identité, en écho aux nombreux témoignages anonymes qui alimentent régulièrement les pages « enquêtes » du magazine ELLE.

*Chanson « Sous les jupes de filles » d’Alain Souchon.

EDMONDE von BOURBON

 



2 réactions


  • bourrico6 3 décembre 2013 09:01

    C’est pas de la presse ça, ça porte un autre nom.

    Peut être éventuellement utile en cas de forte constipation, mais c’est à réserver en dernier recours en raison d’effets secondaires non négligeables.
    Ne peut même pas servir à allumer le feu ni à emballer le poisson en raison d’un papier inadéquat.
    Ne peut pas servir de litière pour animaux et inutile de songer à s’essuyer avec.
    Je n’ai à ce jour, trouvé aucun usage à ce genre de machin.

    Toutefois, lire que la pub à tué un torchon me procure une sorte de satisfaction sadique.


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