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Grève générale contre la réforme des retraites, propagande médiatique - AgoraVox le média citoyen
mardi 26 octobre 2010 - par Samuel Moleaud

Grève générale contre la réforme des retraites, propagande médiatique

On y est. Le dégoût et la rage se sont invités à mon réveil ce matin. L’envie de vomir dans mon café aussi. Voila, c’est en ce jour de grisaille que le sénat a entériné ce à quoi nous nous attendions tous, pile le jour des vacances scolaires histoire d’enterrer une grève presque générale qui dure depuis mi-octobre.

Comme d’habitude, le pouvoir passe en force sans écouter la population, ses peurs et ses besoins (représentativité démocratique ?). C’est un samedi 23 octobre donc, que fut signé l’arrêt de mort anticipée de milliers de travailleurs français (indépendants, artisans/salariés du bâtiment, travaux publics et autres métiers « d’extérieur »), contre les en-cravatés notables parlementaires et les bourgeois d’affaires du Medef déjeunant à la table du sacrosaint Capital, qui ont une espérance de vie à cinquante ans beaucoup plus élevée que les premiers qui subiront la loi dont l’impact est aussi dégueulasse que son instigateur ministre du Travail. Les manifestations, les blocages de raffineries, d’aéroport et de gare n’auront servi à rien, si ce n’est qu’à légitimer la remise en cause du droit de grève en France. Me direz-vous, nous savons depuis la réforme de 1993 que nos droits à la retraite seraient constamment remis en cause. Un peu tard pour se révolter. Dix-sept ans plus tard, c’est le monde de la finance qui se l’accapare. Quelle aubaine ! Passage de 65 à 67 ans à taux plein entériné donc, et déjà, voilà que la grande presse incite à stopper la grève lorsque le texte sera définitivement adopté par ses messages en forme de faux sondages parlant d’eux-mêmes, alors que la semaine précédente, les mêmes sondages faisaient état de 65% des français soutenant le mouvement social… : « si la réforme est adoptée par le Parlement, 56% des personnes interrogées considèrent que les syndicats devront respecter le vote des parlementaires et arrêter le mouvement. »(1) Mais les gens commencent doucement à se rendre compte que ce sont les mêmes bourgeois qui, depuis deux millénaires, utilisent l’être humain pour satisfaire leurs intérêts privés à court terme pendant que 85% de la population crève en bas de la pyramide.

Ce texte n’aura d’objectif majeur que celui de dire une chose : face aux grands fossoyeurs de la protection sociale, face aux maîtres capitalistes esclavagistes des grandes institutions financières internationales qui voudraient abolir tout code du travail, exploiter la vie de l’humain de sa naissance jusqu’à sa mort, et ce, à taux plein, le missile est lancé. C’est une guerre des classes ouvertement déclarée par la grande bourgeoisie contre la majorité des peuples. Ca dure depuis des années, et c’est seulement maintenant que l’opinion se rend compte que nous sommes en guerre. Et comme d’habitude, le vainqueur n’est pas du côté des plus nombreux…

La réforme Woerth, ou le pouvoir politique au chevet de la finance internationale.

Depuis le tsunami néolibéral des années 1970 qui dévaste tout sur son passage, armé de ses dérégulations, ses préceptes économiques, ses guerres et sa propagande, le monde, disons la société civile internationale, semble aspirée dans un trou noir abyssal où nul ne peut entrevoir une quelconque sortie. La crise économique de 2008 semblait montrer à la face du monde l’échec cuisant du capitalisme sauvage et la nécessité d’essayer un autre paradigme économique, là où il n’a fait que trébucher pour mieux sauter et repartir de plus belle, avec davantage de violence. L’ogre capitaliste se nourrit des crises, son estomac paraît ulcéré par la systémique chute libre des indices sur les marchés financiers, mais en ressort infiniment plus puissant après avoir concentré un peu plus le capital que lors des crises précédentes.

Les choses s’accélèrent donc depuis 2008, la crise étant une aubaine pour légitimer la réduction des dépenses publiques là où elles ont besoin d’être rehaussées drastiquement, et voila que cette année, les "marchands du Temple" peuvent désormais jouir de nouveaux débouchés et étendre leur commerce sur un domaine qui jusque-là leur était interdit de profitabilité : la vieillesse des gens, bientôt la santé. Le droit à vivre après la vie active est remis en cause, et le droit de mourir en bonne santé se paiera en fonds de pensions sur un marché financier. Le monde va trop vite, tout s’accélère, l’assassinat économique aussi, la rage et l’envie d’insurrection remplacent la résignation et l’attentisme dans le cœur de milliers de personnes. Ou l’inverse, suivant la posture la mieux jugée. Tout va plus vite, et pourtant, cette époque semble marquer les prémices d’un mouvement d’unification populaire désireux de résister contre l’ennemi commun qui saccage tout ce qui entrave son égoïste intérêt particulier. L’on se prend à la fête : on bat le pavé, soutenant les slogans révolutionnaires rêvant de mettre à terre ceux qui exploitent la vie des gens et récupèrent à leur compte les injustices les plus notoires. Un tressaillement au cœur voyant la foule mobilisée nous fait espérer que 2010 et la suite de la décennie seront les années du changement tant espéré. Puis d’un coup, une question prouvant que la majorité de nos contemporains ont une guerre de retard dans la tête : pensent-ils vraiment qu’en tant que masses populaires en forme de troupeau dérouté, utilisant les formes légales constitutionnelles de contestation (prévues en République pour que rien ne change) du pouvoir, ils parviendront à obtenir l’abrogation de cette loi, voir à faire tomber la dictature du capital et les dominations de la bourgeoisie sans effusions de sang, sans prisons et ce, dans la paix ?

Depuis la fin du 20ème siècle, les gouvernements successifs ne cessent de légiférer pour faire reculer l’âge légal de départ à la retraite des travailleurs, salariés et fonctionnaires, 1993 étant la pierre angulaire de la régression sociale et de la révocation des acquis du Conseil National de la Résistance, ceux ayant institué en 1945 la retraite par répartition en France. A un tel point que la réforme de la protection sociale est devenue l’axe majeur des programmes électoraux, et l’argument d’économie politique marquant les clivages entre gauche antilibérale, et les détenteurs du pouvoir, gauches caviars alliées à la droite libérale. En France, la réforme des retraites est donc un fait politique et social très récurrent qui occupe les politiques, les journaleux environ tous les dix ans, et est sujette à mouvement sociaux de contestation, voir à grèves générales de ceux qui subissent la loi, à l’instar du mouvement de 1995 et de celui qui se déroule actuellement en 2010 sous nos yeux.

Cet article ne se lancera pas dans la description objective des caractéristiques inhérentes à chaque réforme des retraites (Balladur 1993, Fillon 2003, Woerth 2010, 2020…2030…), puisque d’une part il faudrait des dizaines de pages pour appréhender ce sujet, et parce que d’autre part, la le constat est clair et simple à résumer : la volonté d’asservir le peuple qu’ont les néolibéraux depuis leur accession au pouvoir mondial après la chute du bloc soviétique est à présent montrée au grand jour, et s’impose même dans les pays "riches". Les réformes des retraites sont des destructions successives du droit à la fin de vie décente de milliers de salariés et travailleurs : en reportant l’âge légal de la fin du travail, en imposant une décote de 5% par nombre d’années non cotisées, en défiscalisant les heures supplémentaires travaillées, en reportant l’âge légal du départ à la retraite à taux plein sans prendre en compte les inégalités face à l’espérance de vie à 50 ans des gens, et en renforçant cette année le passage de la retraite par répartition à la capitalisation, voilà que les gens se rendent compte (trop tard) qu’il faut mettre un point d’arrêt à ce système. Mais il est trop tard, même une insurrection populaire nuira au peuple qui subira l’instrumentalisation politique des conséquences de la grève générale. Le pouvoir sous-estime d’une part la rage du peuple, mais celui-ci en parallèle se mord la queue en se battant contre des moulins à vent.

L’impact de ce que la novlangue nomme par réforme, est un prisme à plusieurs facettes. Non seulement la réforme 2010 fait passer l’âge du départ à la retraite de 65 à 67 ans à taux plein, donc sans décote, mais elle oblige aussi au contribuable à cotiser 42 annuités (35 en Allemagne et on dit que les français ne travaillent pas assez…).

Comme on l’a dit, l’argument politique majeur depuis des décennies, (droite gaulliste, giscardienne, chiraquienne, sarkozyste et gauche mitterrandienne confondues) est de faire croire que le coût du travail en France est trop élevé, ce qui n’inciterait pas les entreprises à embaucher, aggravant le taux de chômage (2). Ce non sens idéologique électoraliste permet de maintenir les salaires à un niveau minimum dans le souci de réduction des coûts de production des entreprises, et aussi cela permet de choisir la hausse de la durée de cotisation plutôt que celle du taux de cotisation salariale et patronale, ce pendant que depuis trente-cinq ans, les actionnaires s’engraissent et se retrouvent à "piloter" (belle oxymore créée par les institutions et le Medef) la machine économique. Mais le taux de cotisation en France n’est pas plus élevé qu’en Allemagne ou que dans les pays scandinaves. Ce raccourci médiatique ingéré par tous désormais, car martelé dans les colonnes journalistiques depuis des années, permet de faire croire que la sécurité sociale nuit à l’emploi. La propagande qui aseptise les débats met en œuvre des discours politiques tellement décomplexés qu’il est paradoxalement difficile de les comprendre.

L’État providence et sa "gouvernance polycentrique" (gestion publique décentralisée, à plusieurs centres de décision, où la région s’administre librement, en théorie technocratique des notables), coûtent cher. Les salaires, même maintenus par le bas au smic, ça coûte cher. La retraite, la santé, ça coûte cher et nous sommes en crise. Alors il faudra travailler jusqu’à 80 ans et épargner vous-même car nous ne pourrons rien pour vous dans dix ans, désolé. Oui, désolé, mais nous avons de l’autre côté Dassault, Lagardère, Pinault, Bolloré, Bettencourt et tous nos copains au ministère à nourrir et rincer, et ils sont très gourmands. Et puis il y a aussi les chinois, ils demandent même à acheter nos brevets sur l’aéronautique et l’aérospatiale ! Alors soyez compréhensifs, honnêtes gens, c’est pour cela que nous ponctionnons dans les poches du peuple, c’est pour votre bien et nos réformes sont raisonnables ! Enfin quand-même, si un ouvrier meurt à soixante ans après avoir cotisé toute sa vie sans profiter de sa retraite, ce n’est tout de même pas de notre faute !

Retraites et démographie : le vieillissement de la population comme instrument de propagande.

Bref, une masse salariale élevée, des salaires plus conséquents et des dépenses publiques plus massives, une intervention de l’État plus importante au lieu d’effacer son rôle sans résister à la globalisation, seraient une solution pour financer ces services publics. Mais il est plus facile de dire au micro qu’il faut réformer le système des retraites parce que la population vieillit. (En 1993, la réforme Balladur était aussi mise en application sous le coup du vieillissement…)

Si l’on regarde les chiffres, l’espérance de vie en bonne santé à 50 ans est de 22.8 ans pour les hommes les plus qualifiés (1 an de plus pour les femmes), et 13.7 ans pour les ouvriers.(3) Si un ouvrier part à 60 ans à la retraite, il a donc seulement quatre ans de vie en bonne santé sans travailler contre 13 ans pour un salarié "plus qualifié". La réforme actuelle ponctionne donc la moitié de l’espérance de vie en bonne santé d’un ouvrier en allongeant de deux ans la durée de cotisation. Voilà en quoi celle-ci est en quelque sorte un arrêt de mort anticipée pour de nombreux travailleurs. Ajoutons, selon la même source, que si l’espérance de vie augmentait jusque là, c’est bien parce que les gens pouvaient arrêter de subir le stress des dures conditions de travail entre 58 et 60 ans… L’on a de cesse de le rappeler, mais croire que le système des retraites en France doit être ré(trans)formé en profondeur et de manière urgente parce qu’avec l’allongement de l’espérance de vie et le déficit public de 20 milliards d’euros à la sécurité sociale ne pourront plus subvenir aux besoins de santé des retraités, cela est un énorme non sens.

Selon une étude de Daniel Mermet dans un triptyque d’émissions sur la fiscalité en France fin septembre(4), si le régime fiscal français était le même que dans les années 1990, l’État pourrait récupérer 100 milliards d’euros auprès des grandes fortunes, qui depuis quinze ans donc, se retrouvent imposées sur leurs ressources à hauteur de 0 à 5% là où le contribuable moyen est imposé entre 10 et 15%... La France permet aux plus riches de défiscaliser leurs revenus, faisant de ce pays un "paradis fiscal" selon les mots du journaliste à France Inter François Ruffin, et l’on vient ensuite nous expliquer que la population vieillit, que les déficits se creusent, et que nos institutions (autrefois sociales et redistributives) ne peuvent financer la fin de vie des gens ? Avec 100 milliards d’euros supplémentaires dans le budget de l’État, il semble quand même que beaucoup de services publics seraient largement excédentaires, ce qui remet en cause la vague de privatisations, de fusions-acquisitions qui dure depuis les années 1990.

Guillaume Sarkozy, l’un des dirigeants du Medef, qui vient de créer une entreprise de capitalisation des fonds de pension de retraites (5) et son frère doivent vraiment se marrer lorsqu’il voient les français soutenant la réforme, bourgeois, militant à l’UMP, salariés désintéressés dépolitisés, gober en masse l’argument démographique et celui des caisses vides. La politique de défiscalisation française qui fait des cadeaux en permanence aux grandes fortunes, à l’instar de Mme Bettencourt, et l’argent perdu par le secteur public lorsqu’il est versé dans le privé en dividendes actionnariaux ou en primes non imposables une fois que l’entreprise ait été privatisée et que l’État refuse de taxer davantage, sont autant de relations de causes à conséquences qui expliquent à quel point le financement de la sécurité sociale pourrait ne pas être un problème en France. Cela montre aussi, que les salariés français pourraient partir à la retraite après 35 ou 37.5 annuités, grâce à une Sécurité Sociale largement excédentaire. Mais évidemment, cela remettrait énormément de choses en cause, et surtout, la classe politique ainsi que le modèle économique néolibéral qu’elle impose ne seraient pas au pouvoir. Si l’État récupérait d’un coup la centaine de milliards d’euros qui glisse du public vers le privé depuis une vingtaine d’années, notamment à cause de ces mécanismes de défiscalisation, le problème de la réduction des dépenses publiques, le gel des salaires des fonctionnaires, leur non remplacement depuis 2007, c’est-à-dire la politique d’austérité (idéologiquement capitale pour le gouvernement, et logiquement inutile si l’on accepte qu’il y ait plusieurs solutions macroéconomiques) qui fait l’objet de toute cette contestation sociale, si l’État avait "en main" cette somme colossale, les fondements de l’ordre mondial néolibéral ne seraient pas imposés en France. Et il ne faut pas fâcher le régime des banques et des multinationales privées.

Bref, pour résumer, dans le financement de la sécurité sociale et pour allouer des pensions de retraite par répartition aux gens, l’État n’a pas que l’allongement de la durée de cotisation comme solution. Il peut aussi augmenter le taux de cotisation des plus grosses entreprises (oups pardon, j’oubliais l’obligation de compétitivité des entreprises), ce qui permettrait de réduire le nombre d’annuités tout en augmentant les recettes. Il peut aussi rétablir un régime fiscal tel qu’il était il y a quinze ans pour éviter les fuites de capital. Au lieu de ça, Mr Sarkozy, notre super président propose de réduire le taux de l’Impôt Sur la Fortune pour 2011 (6)…

Il faudrait peut-être dire à ce monsieur que les riches en France ne représentent qu’une maigre partie de la totalité de l’électorat. Mais même les ouvriers ayant oublié leur condition de classe exploitée, beaucoup d’employés de bureau des PME lorgnant sur les postes à responsabilités, et les agriculteurs se gavant de subventions de l’UE se retrouvent souvent à voter pour des politiques qui noient dans la novlangue les nécessités des classes populaires pour favoriser au bout du tunnel les classes dominantes. Et même les individus que l’on retrouve dans les cortèges qui ne soutiennent pas la politique de ce gouvernement ploutocratique, ne prennent pas forcément le temps de regarder au fond des choses ce qui ne va pas et scandent primairement « Sarko démission », sans savoir ce que signifie la retraite par capitalisation, par qui et comment est-elle imposée.

Entre autisme social, autoritarisme du pouvoir politique et toute cette pression médiatique qui alimente la propagande néolibérale, on n’est pas sortis ! Bientôt, les manifestants seront systématiquement jetés en prison. Les grévistes occupant leurs entreprises seront automatiquement réquisitionnés par le pouvoir pour stopper leur grève (bientôt un projet de loi pour réquisitionner les salariés d’ailleurs, suite à la réquisition des salariés de Total à la raffinerie de Grandpuits ?), et l’âge légal de départ à la retraite dépassera 70 ans. Mais même lorsque la population active mourra au travail, ou quand les gens n’auront pas de salaires assez conséquents même pour capitaliser leur propre retraite, ce sera le domaine de la santé publique qu’ils voudront mettre à mal. Nous ne sommes qu’à la première étape de la régression sociale. Le jour où les gens prendront conscience qu’on leur aura grignoté tous leurs droits sociaux, qu’ils n’auront plus rien à perdre, l’intimidation du pouvoir n’y fera plus rien. Et là, ça fera mal, lorsqu’une réelle ambiance de guerre civile acharnée règnera dans les villes, armée contre peuple enragé, que les dominés sauront tous qu’il s’agit d’un conflit de classes contre classes. Pour éviter et anticiper ce moment non souhaitable mais qui pourtant semble inévitable, en guise de résistance à cette loi meurtrière des retraites, ne nous contentons pas des seules manifestations dans les rues, bloquez et bloquons tous l’économie dans une grève générale dure, totale et absolue selon ce que chacun peut faire, en imaginant tous les alternatives que l’on peut apporter à la société à l’échelle individuelle.

Samuel Métairie.

http://sam-articles.over-blog.com

 

Sources :

(1) http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101023.OBS1708/sondage-56-des-francais-pour-l-arret-du-mouvement-apres-le-vote-de-la-loi.html

(2) DUVAL Julien, Le mythe du trou de la Sécu, Raisons d’agir, 2007.

(3) Journal La Mèche, édition du 10 au 16 septembre 2010.

(4) Daniel Mermet, La-Bas si J’y suis, "Fiscalité, la fabrique des inégalités I, II et III" émissions du mardi 28 septembre, mercredi 29 et jeudi 30 septembre :

http://www.la-bas.org/mot.php3?id_mot=238

(5) Article de Laurent Mauduit sur Mediapart via www.sam-articles.over-blog.com :

http://sam-articles.over-blog.com/article-la-joint-venture-des-freres-sarkozy-contre-les-regimes-par-repartition-59467635.html

(6) http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gl2KV65PxC_4bPOYSAKS_uhPTaJA?docId=CNG.05ad097e07ddb85615d22e56708916b0.c61



25 réactions


  • Samuel Moleaud 26 octobre 2010 11:47

    J’ignore la façon dont Agoravox vérifie les articles avant de les publier, et je les remercie d’avoir publié mon article, mais j’ajoute au passage qu’ils n’ont pas à modifier les titres des articles.

    Le vrai titre de ce texte est : Grève générale contre la réforme des retraites, propagande médiatique et capitalisme : La France en guerre civile, classes contre classes.


  • jef88 jef88 26 octobre 2010 16:29

    « C’est un samedi 23 octobre donc, que fut signé l’arrêt de mort anticipée de milliers de travailleurs français »
    Ce qui est exagéré est nul.
    Je ne savais pas que de condamnations à mort avaient été prononcées


  • diego149 diego149 26 octobre 2010 16:47

    La France en guerre civile,classes contre classes
    C’est vraiment ce que vous souhaitez ? En dehors du titre un peu outrancier, je pense que comme tous les français pseudos révolutionnaires vous ne savez pas ce qu’est une guerre civile ne l’ayant jamais vécu. En Amérique Latine nous savons ce que c’est et je vous assure que c’est quelque chose de terrible.
    Et je ne vous le souhaite absolument pas.


    • Samuel Moleaud 26 octobre 2010 16:55

      Ce qui se passe en France est une guerre des classes. Le pouvoir et la bourgeoisie financière ont déclaré la guerre aux pauvres, celle-ci dure depuis plusieurs années, mais elle est visible et décomplexée avec cette loi de réforme des retraites.
      Je ne souhaite pas l’affrontement et la guerre civile, mais c’est vers cela qu’ils nous emmènent. S’il n’y a pas d’insurrection aujourd’hui, il y en aura un jour, lorsque le peuple en aura vraiment marre d’être spolié.

      Je vous invite à consulter ces pages internet, peut-être que mon titre vous paraîtra moins outrancier :
      http://www.musicologie.org/publirem/la_rafle_de_bellecour.html
      http://www.rue89.com/2010/10/22/lyon-garde-a-vue-cinq-heures-en-plein-air-a-dix-metres-de-la-manif-172666

      Le pouvoir a littéralement décidé de faire une « innovation policière », de cercler les manifestants de moins de 30 ans pour les empêcher de manifester. Tout en les surveillant par hélicoptère, en les provoquant pour qu’ils aillent à l’affrontement avec les flics qui cloisonnaient jeudi dernier la place Bellecour à Lyon. Mais restant calmes, les prisonniers pacifiques se sont quand-même fais gazer, bousculer, matraquer.
      Guillaume Sarkozy, l’un des dirigeants du Medef vient de créer une entreprise de retraite par capitalisation. On oblige les français à travailler plus longtemps alors que les revenus du capital sont moins taxés que ceux du travail.
      Vous n’appelez pas ça une guerre des classes ?

      P.S. Je ne suis pas révolutionnaire.


  • leypanou 26 octobre 2010 17:39

    Merci à l’auteur de ce résumé. Un article de plus sur les retraites. Ce n’est jamais de trop. Dommage que les grèves un jour par ci un jour par là ne risquent pas de faire changer d’avis le gouvernement, aidé en cela par les socio-traitres du PS et autres syndicats bidons (CFDT, CGC, ...). Ce n’est pas seulement une histoire d’espérance de vie en bonne santé : après 55 ans, et même avant pour certains métiers, on n’a aucun espoir de trouver du travail en France, à cause de la culture française. Donc, obliger les gens à travailler au moins jusqu’à 62 ans est déjà les condamner à vivoter jusqu’à 62 ans ; repousser l’âge de départ légal sans décote à 67 ans, c’est augmenter de facto le nombre d’annuités manquantes. Car, à part ceux qui sont sûrs d’avoir leur travail après 55 ans, que vont devenir les autres ? Le taux d’emploi des 55-64 ans en France est de 38%, chez les informaticiens il est de moins de 15%. Si on enlève les fonctionnaires et assimilés et les médecins et autres, le taux d’emploi des 55-64 ans est donc parmi les plus faibles d’Europe : de quoi vont vivre les gens entre leur cessation d’activité et le moment où ils pourront partir à la retraite ?


    • Samuel Moleaud 26 octobre 2010 17:49

      Ils travailleront pour eux-mêmes, au noir. Ce genre de réforme favorise le développement de l’économie informelle puisqu’en travaillant « au noir » le travailleur peut toucher ce qu’il aurait versé à l’Etat sous forme de cotisations.
      Travailler et cotiser jusqu’à 67 ans, en restant honnête, ou travailler de manière informelle au noir, donc s’exposer au risque d’une décote importante... des deux côtés, c’est la galère...


  • Yohan Yohan 26 octobre 2010 18:08

    Encore un tract !!!


    • Samuel Moleaud 27 octobre 2010 01:51

      Et oui il en faut des tracts, puisque visiblement, l’effort déployé par les militants à expliquer les choses ne suffit pas et que la majorité des gens sont à côté de la plaque.


  • Gérard Luçon Gerard Lucon 26 octobre 2010 18:13

    vous complétez mes deux articles sur le sujet, la résultante est simple ;

    nous avons enfin atteint le stade supreme du capitalisme qui consiste en la main-mise par la finance sur les économies et les retraites des employés et ouvriers, et pas seulement en France ;

    ces économies servent désormais à la spéculation, elles fondront au gré des ratés et des crises financières, le capitalisme basé sur la croissance et le progrès social est mort.


  • Yohan Yohan 26 octobre 2010 18:31

    Oui le progrès social est mort, surtout parce que nous avons vécu sur nos réserves dans l’insouciance du lendemain. L’addition nous est maintenant présentée et Sarko ou Aubry, l’un comme l’autre n’ont pas la clé, puisque ce sont les deux camps qui ont creusé la dette sans être foutut de redresser l’économie. Les français sont trop pantouflards pour faire la révolution. Il suffit de mettre les pompes à sec pour calmer les ardeurs de la populace. Les vacances, c’est sacré....comme les vaches


  • jaja jaja 26 octobre 2010 21:11

    J’ai lu ça aussi sur Bellaciao :

    http://bellaciao.org/fr/spip.php?article109312


  • Le péripate Le péripate 26 octobre 2010 22:23

    Désolé, mais c’est Pétain qui en 41 institue la retraite par répartition. Ce qui fait de lui le père fondateur d’une France de privilégiés.

    Une telle révélation risquant fort d’endommager le psychisme fragile de l’altercomprenant de base, je n’insiste donc pas.


    • Francis JL 26 octobre 2010 22:46

      Je suis allé faire un tour sur wikibéral : c’est pas triste, on y apprend, je cite : « Dans la réalité, la retraite par répartition présente des caractéristiques similaires à la vente pyramidale (ou au schéma d’escroquerie de Bernard Madoff, le plus grand escroc du XXIè siècle) avec ses défauts, et le système génère son propre type de scandale, conduisant par contrecoup à réhabiliter les autres systèmes, y compris la capitalisation. »


      wikibéral ! Les cons ça ose tout ! Et quand en plus ils sont activistes !

       smiley


    • Francis JL 26 octobre 2010 22:55

      Comment arriver sur wikibéral ? Tapez retraites +pétain ! c’est aussi simple que ça !

      Ceci étant, la plupart des lois favorables aux possédants ont été prises par la gauche au poiuvoir : des lois que la droite n’aurait pas osé ! est-ce pour autant que les possédants vont cracher dessus ?

      Je pense qu’ici, nous avons la réponse du berger à la bergère : dans les conditions de l’époque, on ne pouvait pas faire autrement que d’adopter ce principe : je rigole d’avance à l’idée de voir péripate soutenir qu’en 1941, en pleine guerre, on aurait pu choisir un système par capitalisation !

      Ceci est la meilleure preuve de la supériorité de la répartition, la seule capable de résister en cas de crise.


      Un mot sur l’imposture de wikibéral au sujet de la comparaison Madoff et répartition : ce serait pertinent, si un jour, l’humanité cessait de faire des enfants ! wikibéral est écrit par des escrocs.



    • Samuel Moleaud 27 octobre 2010 01:47

      Pétain a instauré la retraite par répartition ... Et alors ?
      Pétain a instauré la retraite par répartition. Pétain était un dictateur nationaliste fasciste et collaborateur criminel avec le régime nazi. Donc, la retraite par répartition est quelque chose par son fondement à mettre à mal ?

      Vous n’avez rien compris.
      L’altercomprenant de base, qui plus est, sera peut-être celui qui comprendra plus de choses que vous qui employez des mots que la littérature courante ne reconnaît même pas.

      Ce système de retraite (répartition) a été institutionnalisée sous l’instigation du modèle proposé en 1942 par von Bismarck, qui créa le financement de la retraite par la taxation du travail obligatoire (même si c’était dans le but de dissuader les ouvriers à adopter la cause socialiste). Pétain n’a fait que récupérer l’idée, et, meme, après 10 ans de crise, il n’aurait pas eu le choix de faire autrement puisque la retraite par capitalisation instaurée par la loi de 1910, elle, n’avait pas fait ses preuves. Ou plutôt, elle avait par la crise de 1929, fait la preuve de ses dysfonctionnements sociaux.
      Pour la petite histoire, c’est le CNR de 1945 qui institutionnalise la Sécurité Sociale avec ses trois branches, vieillesse, maladie, et famille. La retraite par répartition avec cotisation patronales et salariales, à taux plein sur x annuités provient du CNR. Pétain n’a fait que la première étape, et dans un sens paternaliste, non dans une logique sociale.

      Bref, j’aurais bien aimé que vous insistiez pour appuyer votre argumentaire anti retraite par répartition.


    • Samuel Moleaud 27 octobre 2010 01:49

      Rectification, désolé : Bismarck c’est vers 1870, non 1942 (Beveridge)...


    • Le péripate Le péripate 27 octobre 2010 06:08

      Un argumentaire contre la répartition ? Quelle drôle d’idée. Pas besoin d’argumentaire pour reconnaître un cadavre.


    • COVADONGA722 COVADONGA722 27 octobre 2010 06:33

      yep , de si bon matin tant de mauvaise foi lol ! nonobstant un plaisir de vous croiser de nouveau Le péripate ;
      hi han


    • Francis JL 27 octobre 2010 09:31

      Spécial péripate aussi perfide que ceux qu’il sert :

      "Benjamin Lancar président des jeunes UMP, serait « confondant d’imbécillité » selon Olivier Mazerolle (BFM TV), qui décerne au passage un carton rouge au président des jeunes UMP : « Monsieur Lancar il ose comparer le courage des jeunes qui sont aujourd’hui pour la réforme des retraites, au courage de Guy Môquet. Eh bien franchement, comparer ces deux choses, c’est-à-dire combattre pour les retraites, quand on a vingt ans, à 62 ans, et puis comparer ça à Guy Môquet qui distribuait des tracts contre l’occupation allemande, et qui finalement a été fusillé, franchement c’est confondant d’imbécillité... / ... Il avait aussi trouvé le moyen de magnifier Pierre Laval pour son action avant l’occupation allemande. Franchement on est confondu. Je serais à la place de l’UMP je serais inquiet... » 


      « Le pétainisme ne se réduit pas à Vichy, il existait avant et il a perduré après. Dans ces conditions, le nouvel objectif à atteindre dans le débat public me semble être le suivant : mettre en évidence ce qui persiste du pétainisme dans la politique française, sans que cela signifie pour autant qu’Eric Besson soit l’enfant caché de Laval ou que Brice Hortefeux, tel Doriot ou Rebatet, aspire à exterminer ses semblables.(...) ils font du pétainisme sans le savoir et, quand ils caressent la France dans le sens du poil, c’est tout naturellement, presque naïvement, qu’ils mettent à jour ce »tout bas« dont Le Pen se voulait le porte-voix, ce vieux fond que Vichy avait si bien exploité et qui fait de Pétain leur modèle inconscient. C’est leur drame et le nôtre ! Pétainistes sans le vouloir, pire : sans le savoir. » 
      (Gérard Miller, cité par morice, même lien)

      Voilà pourquoi Sarkozy aime dire qu’il est pour la retraite par répartition, c’est un principe de plaisir ! Mais le principe de réalité, c’est son frèrre, qui piaffe après la manne des subvention et du pactole des versements espérés, incitations fiscales aidant, aux fonds de pension à la française.

  • Pépé le Moco 27 octobre 2010 00:12

    @Auteur,

    Afin d’apporter quelques éléments supplémentaires sur le plan économique, il faut savoir :

    - Le Produit Intérieur Brut (P.I.B.) en 1982 était d’environ : 575 milliards d’euros
    - Le Produit Intérieur Brut (P.I.B.) en 2007 était d’environ : 1 900 milliards d’euros
    Soit un augmentation plus de 330 % !!! (lien sur l’évolution)

    - La part des salaires dans le P.I.B. en 1982 était d’environ : 74.1% (lien)
    - La part des salaires dans le P.I.B. en 2007 était d’environ : 65.1%
    Soit une diminution de 9% (lien), soit 171 milliards en 2007 de perte (pas pour le système financier qui en a bien profité).

    Cela engendre une perte des revenus (impôts) pour l’état de :

    - Cotisations patronales (environ 40%) : 68 milliards
    - TVA (soit 19.6% des salaires versés aux salariés) : 20 milliards
    Un total de perte de : 88 milliards pour l’année 2007. Et l’on nous parle pour cette année d’un « déficit » de 32 milliards pour financer les retraites ; mais avec 88 milliards ce n’est pas seulement les retraites qui sont financées, mais l’assurance maladie, le minimum retraite à 1500 euros, un salaire minimum pour les étudiants, le remboursement de la dette,...

    En parallèle, l’augmentation des salaires à quasiment stagné de 1980 à 2007.
    Pourquoi ? Parce qu’un crétin a décidé de supprimer l’échelle mobile des salaires et de fixer l’évolution des salaires sur le taux d’inflation, fixé par ces mêmes crétins.
    Résultat : Stagnation des salaires.
    Aujourd’hui, si l’on considère l’augmentation des prix, qui s’est calquée sur celle du P.I.B. notamment sur les produits de première nécessité (le lait, le beurre, le pain,...), avait été pris en compte pour le calcul de l’augmentation des salaires alors aujourd’hui notre pays ne serait pas aussi endetté ou pas endetté (l’intérêt versé aux banques serait moindre) et l’ensemble des systèmes sociaux serait financé sans problème.

    Les décisions à prendre dépendent uniquement d’une volonté politique, qui est aujourd’hui diffuse au sein d’une Europe néolibérale et atlantisme. Le « Non à l’Europe » était une volonté du peuple, mais les oligarques en ont décidé autrement.

    Comme a écrit HUGO : « Il vient une heure où protester ne suffit plus ; après la philosophie, il faut l’action : la vive force achève ce que l’idée a ébauché. » Les Misérables.

    Annexes, on peut lire :
    Fonds de pension, piège à cons - Frédéric LORDON
    Le mythe du « trou de la Sécu » - Julien DUVAL
    Le président des riches - Michel PINCON et Monique PINCON-CHARLOT (plus chère)


  • hankuler 27 octobre 2010 09:01

    depuis 2006 : délégué général du groupe Médéric, devenu depuis le 1er juillet 2008 le groupe Malakoff Médéric spécialisé dans les assurances complémentaires (retraites et autres).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Sarkozy
    c’est du foutage de gueule


  • hankuler 27 octobre 2010 09:02

    ps :
    guillaume sarkosy


  • Eric Kaminski 27 octobre 2010 09:56

    Restons mobilisés ! Jetez un œil sur ce blog pour une vision plus large du problème et des contre propositions innovantes et réalistes : http://ekaminski.blog.lemonde.fr/


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