Grippe A : Le bilan
Qui faut-il croire ?
Ceux qui s’alarment et proclament l’Etat d’urgence ? Ou ceux qui pensent que tout l’emballement médiatique et médical ne relève que de la parano collective.
Les médias vous donnent le choix. Les phrases journalistiques sont toutes les mêmes : elles commencent par des scénarios catastrophes en début de phrase, ponctuée de « il ne faut pas s’alarmer », ou de « nous en sommes pas encore là » en fin de phrase.
Pour autant, nous pouvons toujours dissocier l’angoisse de la réalité.
Le virus est bel est bien là, même s’il n’est pas aussi virulent qu’on voulait bien le prédire.
En effet, de moins en moins de pays sont épargnés et ce 10 mai 2009 a été marqué par la première victime du virus, hors du foyer épidémique. Un homme est décédé du virus au Costa-Rica, alors qu’il ne s’était jamais rendu au Mexique.
Si l’on ne peut véritablement se fier aux prédictions journalistiques, nous pouvons tout de même rappeler le bilan tout à fait relatif de cette Grippe :
Il y a 3400 personnes porteuses du virus dans 30 pays différents, et 15 cas contaminés en France.
Les Etats-Unis sont particulièrement touchés (600 nouveaux cas en une seule journée) et dépassent en nombre de victimes le foyer de l’épidémie.
Le Canada conserve le 3ème rang des pays les plus touchés avec un total de 281 personnes contaminées mais « seulement un mort ».
Le problème n’étant pas de se féliciter du faible nombre de décès à déplorer, mais plutôt de savoir si oui ou non le virus va muter et devenir beaucoup plus virulent qu’il ne l’est déjà.
En effet, le patrimoine génétique du virus résulte d’une étrange recombinaison entre des virus d’origine porcine, aviaire et humaine.
Certains dénoncent d’ailleurs, depuis des années la concentration de grands élevages porcins, notamment aux Etats-Unis, entraînant le risque d’une pandémie.
Déjà en 1998, on détectait pour la première fois une hybridation entre des souches porcines, aviaires et humaines dans un élevage industriel de Caroline du Nord.
Quelques associations mettaient alors en cause la croissance spectaculaire des élevages industriels , (ce qui décuplait les risques de contamination) et dénonçaient la généralisation des vaccinations anti-grippales sur les animaux (ce qui faciliterait l’épidémie).
Cette logique stratégique des entreprises porcines, comme celle de la filiale de « Smithfield Foods », premier producteur de porc au monde, visait à ignorer les risques de contamination et garantir ses marges plutôt que de suivre les recommandations de l’O.M.S.
Pas étonnant alors que l’on retrouve une de ses filiales « La Gloria », dans le premier village Mexicain contaminé.
D.Perrotin

