mercredi 9 mai 2007 - par Sébastien Marie

Hé, camarades...

Malgré la défaite, la gauche ne doit pas se laisser abattre, mais au contraire mener une radicale autocritique afin de parvenir à résister de manière constructive à la vision conservatrice du Monde. Rénovation des appareils ? Peut-être ! Mais surtout rénovation des manières de penser, des idées, des diagnostics autant que des solutions, se retrouver en tant que gauche internationaliste, humaniste, écologiste... Promouvoir l’Humani-Terre

Sarkozy président. Il ne faut rien de plus que ces deux mots ce matin pour déprimer. Oh ! cela ne va pas bouleverser notre quotidien, non, mais se dire que l’on refaaaaait le match (©) joué ces cinq dernières années, en plus triste encore, ce n’est pas ce qu’il y a de plus réjouissant (comme dirait La Palisse). Pire encore, pour quelqu’un de gauche, est le constat que la droite « décomplexée » - dit-on, mais la droite tout court, finalement - est passée avec Sarkozy, c’est-à-dire la droite réactionnaire, l’ennemi héréditaire. Le coup est dur mais ce n’est pas le moment de se laisser abattre. Si les jeux sont faits, au son des mascarades, on pourra toujours se marrer...

Pourquoi cette défaite ? Déjà parce que l’adversaire était très bon, il nous faut le reconnaître :

  • Une rhétorique et une propagande que n’aurait pas reniées Bonaparte.
  • Il a su réaliser en France ce qui s’est produit un peu partout pour les droites occidentales, qui se modernisent - si j’ose dire - en assumant pleinement leur conservatisme voire leur pulsion réactionnaire (cf. le texte des historiens J.-L. Mayaud et P. Cornu).
  • Alors le mur de cristal qui jusque-là séparait la droite républicaine de l’extrême droite peut être abattu

Nul besoin d’aller chercher d’autres points forts chez Sarkozy, ses défenseurs le feront bien assez et ce n’est pas mon propos. Ce que je souhaite mettre en évidence, c’est le rôle de la gauche dans cette débâcle. 2002 fut difficile à avaler, mais le possible redressement se faisait sentir... jusqu’à ce référendum du 29 mai 2005. Je ne veux pas revenir sur ce référendum pour lui-même, mais pour ce qu’il m’a fait ressentir : la gauche était coupée en deux, c’était une évidence, mais cette fracture était révélatrice de l’archaïsme de la gauche française, archaïsme qui était déjà criant, j’imagine, pour qui avait pris la peine d’observer les autres gauches européennes. Pendant toute la campagne, je ne comprenais pas mes contradicteurs de gauche qui allaient voter contre l’Europe - selon moi - concédons un « contre cette Europe-là » - selon eux. Mais cette Europe-là est celle bâtie depuis le début ! Ce qui signifie qu’il faut inscrire le refus dans le temps : la gauche du « non » ne voulait plus de l’Europe, désormais. Et c’est vrai, les temps avaient changé : nous sommes passés d’un monde industriel, d’une économie multinationale, à un monde post-industriel, une économie globale. Le monde changeant, les solutions pertinentes devaient à l’évidence changer, et c’est alors l’émergence de la social-démocratie, de la troisième voie, du modèle scandinave, du blairisme... Les pays européens se sont appropriés cette modernisation, mais pas la France. C’est ce qu’a mis en lumière ce référendum.

Prendre le train avec un peu de retard n’aurait pas été dramatique. Hélas ! le train n’a pas été pris. Le parti socialiste s’est démené pour produire son improbable synthèse du congrès du Mans. L’unité était retrouvée, les clivages dépassés, les meubles sauvés. La candidature Royal relève du même état d’esprit : faire bloc tout en laissant en retrait les « éléphants », apporter la rénovation et la liberté de ton pour rassembler de part et d’autre. Peut-être les dirigeants et les militants ont-ils vraiment pensé que cette stratégie pouvait fonctionner et que la gauche reviendrait au pouvoir. Et de fait, ce n’est pas passé si loin, le cataclysme de 2002 ayant en tout cas été évité. Mais non ! Ce dont la gauche avait besoin, c’était d’une profonde autocritique, d’une refondation complète, pas de réparer le Titanic avec du sparadrap.

Faute de cela, la gauche française n’a pas compris qu’elle se perdait, qu’elle ressemblait de plus en plus à la droite, qu’elle devenait conservatrice. Elle s’est trahie elle-même, en se laissant glisser sur la pente naturelle, de manière imperceptible, mais pourtant bien réelle. Ici je veux préciser comment je vois la gauche de façon à ce que l’on saisisse en quoi j’estime qu’elle s’est trahie. Si l’on suit la bipolarisation de la pensée humaine selon des anthropologues comme Roger Caillois ou Mircea Eliade, on obtient la dichotomie suivante :

  • D’un côté le sacré, le pur, la vie, l’ordre, le Prince, l’essence, le yang, la droite
  • De l’autre le profane, l’impur, la mort, le désordre, la multitude, l’existence, le yin, la gauche

Le hasard fait bien les choses (est-ce un hasard ?). Historicisons la séparation. Au sortir de la Révolution Française, Kant faisait remarquer que l’on entrait dans un temps linéaire (en opposition au temps cyclique), qui se dirigerait donc désormais dans une direction donnée, avec les possibilités de libertés que cela suggère. Il est alors facile de séparer des courants politiques :

  • Les révolutionnaires qui veulent accélérer le déroulement du temps vers le Progrès
  • Les progressistes (libéraux) qui veulent définir l’avenir dans la continuité
  • Les conservateurs qui veulent freiner prudemment l’avancée
  • Les réactionnaires qui veulent revenir en arrière

Les deux premiers groupes constituants la gauche, les deux derniers la droite. D’autres définitions sont possibles, très certainement, mais c’est celle-là que je trouve pertinente, et qui m’intéresse, parce qu’elle indique le rôle que doit tenir selon moi la gauche : regarder vers l’avenir, porter un projet progressiste et libéral, un projet de résistance à la pente naturelle du conservatisme, un projet de libertés individuelles, un projet de désordre social (éducation, culture, mobilités).

Au lieu de cela, la gauche s’est figée, au sortir des 30 Glorieuses, sur ses vieux dogmes (Etat-Providence) et ses vieux rêves égalitaires dont l’absurdité saute pourtant aux yeux. Des inégalités, il y en aura toujours, mais si la gauche parvient à créer les conditions de possibilités d’ascension et de mixité sociales, alors elle aura gagné. Sa mission est donc de rendre la société dynamique, puisqu’une société dynamique est une société qui s’ouvre, une société qui regarde vers l’avenir, qui permet les ascensions sociales, les parcours individuels originaux, qui tolère les différences, qui conquiert de nouveaux droits humains, en particulier pour ses minorités maltraitées. Certes, de cette ouverture, les plus riches et les plus puissants profitent le plus, au moins ne sont-ils pas les seuls ! au moins les pesanteurs et conditions d’immobilismes s’abattant sur les plus pauvres se perforent - partiellement seulement bien entendu. Au contraire, dans une société sclérosée, les plus riches et les plus puissants trouvent les moyens de se protéger et de limiter les dégâts, alors que les masses plus démunies, elles, voient les quelques portes entr’ouvertes se refermer, et c’est le retour des rancoeurs, des suspicions envers l’Autre, du racisme, des reniements des droits humains (et à commencer, bien entendu, par ceux des femmes, des minorités ethniques), des fatalités sociales, des exclusions durables.

Quel bilan en tirer ? Eh bien que la clé est donc dans le dynamisme socio-économique, et que celui-ci dépend de la capacité d’une société à s’ouvrir aux autres, à échanger, à commercer. L’objectif est de transformer une société-sablier en société-ballon de rugby : élargir autant que possible le goulot d’étranglement. Et justement, ce dont nous disposons dans le monde actuel nous le permettrait plus que jamais : l’Europe, la mondialisation dite libérale, le monde post-industriel : voilà ce qui devrait nous pousser à l’ouverture, au libre-échange. C’est notre présent, c’est notre quotidien. Le refuser, vouloir revenir aux 30 Glorieuses, aux solutions de l’époque... c’est céder à la pente du conservatisme. C’est ce que fait la gauche française.

Alors aujourd’hui que la gauche a perdu, l’heure ne doit surtout pas être à l’opposition à Sarkozy. Elle doit être à la résistance. Pourquoi ce vocabulaire ? Parce que nous ne devons pas nous opposer symétriquement à Sarkozy, ce serait accepter le diagnostic que la droite a repris à l’extrême droite en l’euphémisant. Ce n’est pas le rôle de la gauche que de parler de protectionnisme européen, de patriotisme économique contre les délocalisations, de ne parler de co-développement que dans la rubrique « lutte contre l’immigration » des programmes, de sacraliser la laïcité, etc. S’opposer à Sarkozy sur son terrain, c’est le renforcer d’une part, et c’est d’autre part ne pas voir à quel point nous sommes loin de nos valeurs. C’est donc le moment de changer de stratégie, de résister au conservatisme, de proposer un vrai projet de gauche. Il faut accepter le monde tel qu’il est et regarder vers l’avenir, accepter le monde post-industriel et la globalisation (dont nous profitons largement, soit dit en passant), ce sont les instruments de l’ouverture et de la remise en question, donc de l’avancée vers l’avenir.

C’est pourquoi aujourd’hui, il faut abandonner la France. Nous ne sommes plus Français, nous ne nous reconnaissons pas dans l’identité nationale que l’on nous servira, nous sommes des Humani-Terriens, nous sommes humanistes, mondialistes, écologistes. Nous avons besoin du Monde et nous voulons parler du Monde. Le cosmopolitisme, les métissages, les cultures, les échanges, les voyages : voilà ce que nous voulons porter. Notre rôle de Marianne rebelles est de montrer que oui, nous sommes plus jolis métissés. Durant ces cinq années, notre but sera de montrer que nous n’avons pas peur des Africains, des musulmans, mais que nous voulons nous enrichir humainement, culturellement, à leur contact ; que nous na craignons pas la mondialisation, mais que nous voulons une ouverture réciproque permettant aux uns de se développer et donc de gagner en libertés, en droits humains, et aux autres d’innover pour continuer à avancer. Pour ces derniers, nous voulons trouver chez les Allemands, les Suédois, les Anglais, les Italiens de Romano Prodi, les Espagnols de José Luis Zapatero leurs solutions les meilleures pour adapter notre société. Pour les premiers, nous voulons que cesse le scandale de la mondialisation d’aujourd’hui : « libéralisme au sud, protectionnisme au nord » ou comment les plus riches, pour sauver leurs agricultures, maintiennent la tête sous l’eau les plus pauvres. Nous voulons une nouvelle impulsion de gouvernance globale, seule solution pour traiter les enjeux environnementaux et pour gérer les conflits qui rongent les rapports entre « civilisations ». En clair, nous voulons rendre évident ce besoin de monde, ce besoin d’Europe, ce besoin de dépassement (sans dissolution) de la nation ; il nous faut imaginer une mythologie-monde comparable à la mythologie nationale propagée avec le succès que l’on sait au XIXè siècle. Il nous faut rendre visible la culture-monde, les identités multiples et complexes, la littérature de voyage, le cinéma de voyage, la musique de voyage ; il nous faut promouvoir tout ce qui sert le dialogue interculturel, les échanges et les libertés gagnées par cette voie. Voilà comment nous entendons contrer la perception anxiogène du monde qui est celle que notre société adopte aujourd’hui. Voilà comment la gauche pourra se retrouver, et donc rêver à nouveau, projeter à nouveau, innover à nouveau, gagner à nouveau. J’espère ne pas avoir usé du « nous » abusivement dans ce paragraphe.

Pour conclure, j’estime qu’il ne faut pas attendre cette rénovation des hommes politiques. Certes des possibilités de mouvements apparaissent : les antilibéraux ont la tentation de se regrouper, et la gauche réformiste a la tentation de regarder vers le centre qui lorgne lui-même vers le centre-gauche depuis son émancipation vis-à-vis de la droite menée par François Bayrou. A l’heure qu’il est, rien ne laisse présager du résultat de ces agitations. Peu importe ! A nous de mener la résistance, à nous de manifester notre humani-terrianisme, à nous de porter nos valeurs, de les apporter sur la place publique et d’en faire l’objet du débat, à nous de faire en sorte qu’on ne parle pas en 2012 d’identité nationale menacée, de déterminisme génétique, de protectionnisme, et d’autant de sujets dont la simple évocation signifie la défaite de la gauche. Nous avons cinq ans pour être constructifs. Cinq ans pour réunir les conditions de possibilité de naissance d’une anthropolitique (appelée de ses vœux par Edgar Morin depuis 1965 !), c’est-à-dire faire revenir l’humain et pour cela l’ouverture au Monde, selon la magnifique phrase de Jean-Pierre Vernant que je ne me lasse pas de citer : « Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui. Demeurer enclos dans son identité, c’est se perdre et cesser d’être. On se connaît, on se construit par le contact, l’échange, le commerce avec l’autre. Entre les rives du même et de l’autre, l’homme est un pont. » Reconstruisons le pont...



17 réactions


  • docdory docdory 9 mai 2007 12:09

    @ L’auteur

    « Ce n’est pas à la gauche de sacraliser la laïcité » , prétendez-vous ?

    Mais ça fait des années que la gauche démolit la laïcité au kärcher ! Quelques exemples : les horaires réservès aux femmes musulmanes dans les piscines de Martine Aubry , les menus musulmans dans des cantines d’écoles censées être et demeurer laïques , les subventions à de pseudo « associations culturelles musulmanes » par certaines mairies prétendûment de gauche , qui servent à contourner la loi de 1905 et à financer des mosquées ! La gauche a tellement oublié la laïcité que S. Royal n’a strictement rien dit ( silence radio intégral ) pour défendre Charlie -Hebdo lors du procès scandaleusement intenté contre ce journal par des intégristes musulmans !

    Ce qui a été battu le 6 mai , ce n’est pas la gauche , mais une pseudo-gauche qui a laissé tomber les Lumières pour flatter l’obscurantisme le plus moyen-âgeux ! Combien de millions de voix cet abandon des fondamentaux de la gauche lui a t-elle coûté ???


    • LE CHAT LE CHAT 9 mai 2007 12:16

      @DOCDORY

      super ta photo ! ils sont en train de se bouffer entre eux , laissons faire le darwinisme , les éléphants doivent rejoindre le cinetière ....


    • Sébastien Marie Zarathustra 9 mai 2007 13:59

      J’estime que la laïcité n’a pas été définie une fois pour toutes en 1905 et qu’il ne faut pas la figer dans cette acception. Briand, Jaurès et les autres ont su à l’époque tirer les leçons de ce qui se passait ailleurs dans le monde, ont su trouver les compromis intelligents qui ont assuré la pérénnité de la laïcité. Mais depuis, les temps ont changé. La laïcité a changé. C’est ce que Jean Baubérot appelle le 3ème seuil de laïcisation autour de 68. Désormais, l’individu ne cherche plus tellement à s’émanciper de l’Eglise (c’est largement fait), mais des institutions étatiques. Faute de comprendre cette évolution, la République cible les Musulmans comme menace contre la laïcité, comme votre message en atteste. On aurait aujourd’hui besoin des méthodes de 1905, pas des solutions. Je ne peux qu’inviter à parcourir les travaux de Jean Baubérot donc (Laïcité 1905 - 2005 entre passion et raison ; ou le plus accessible et « citoyen engagé » L’intégrisme républicain contre la laïcité) ou du sociologue Alain Ehrenberg (Le culte de la performance ; L’individu incertain) par exemple. L’islam est moins une menace pour la laïcité qu’un révélateur des sacralités et cléricalismes républicains qui s’ignorent.

      Ceci dit, si Royal n’a rien dit sur le procès contre Charlie, F. Hollande est allé témoigner sans la moindre ambiguité. Il ne faut donc pas mettre toute la gauche dans un grand sac obscurantiste parce que sa candidate ne s’est pas prononcée sur la question. Quant au contournement de la loi pour financer des lieux de culte, ce n’est pas une nouveauté (Mosquée de Paris dans les années 20 par exemple), et ce n’est d’ailleurs pas si contraire à l’esprit de la loi de 1905...

      Bref, si nous ne sommes pas d’accord, merci d’avoir pointé cette partie du texte sur laquelle je suis passé trop vite.


    • docdory docdory 9 mai 2007 14:56

      @ l’auteur

      Si vous pensez que des horaires musulmans dans les écoles , des menus musulmans dans les cantines ou des subventions à des associations musulmanes ne sont pas des atteintes flagrantes à la laïcité , libre à vous , mais je ne vous suivrai pas sur ce terrain .

      Si vous croyez que nombre de citoyens , en particulier des femmes dans les banlieues n’ont pas envie de s’émanciper de l’emprise toujours croissante des mosquées et imams , vous vous trompez lourdement , vous faites partie des socialistes angéliques .

      Mais citez moi un seul parti socialiste en état de marche dans un pays musulman , je demande à voir ! En tolérant des atteintes , que vous croyez à tort minimes , à la laïcité , vous sciez la branche sur laquelle vous êtes assise , n’en déplaise aux dénégations des intellectuels que vous citez dans votre post , dont l’opinion n’engage qu’eux -même !


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 9 mai 2007 15:13

      @ Docdory

      Bonjour et merci de défendre ardemment la laïcité menacée dans ses fondements déjà bien entamés. Il devient particulièrement douloureux de devoir supporter les accusations de racisme ou d’intégrisme laïc dès lors que l’on soulève ces questions relatives au rapport Machelon. Quant à Ségolène Royal, je rappelle quand même qu’elle s’est exclamée qu’elle ne laisserait pas insulter Dieu, et qu’elle a bravement invité les Français à s’aimer les uns les autres récemment (cela dit, c’est beaucoup plus audible que de pousser à la guerre civile)...

      Sur la construction de lieux de culte musulmans, je peine à trouver des informations précises sur l’argument selon lequel (discuté hier avec Ka) de plus en plus de pratiquants en auraient un besoin crucial et selon lequel, donc, ne pas souhaiter les favoriser serait faire acte de mesures gravement vexatoires et discriminatoires auprès d’une frange importante de la polpulation.

      Ce débat ne fait que commencer...


    • docdory docdory 9 mai 2007 17:43

      @ Cosmic Dancer

      Bonjour et merci de ton intervention . Sur le « besoin » de lieux de cultes , j’ai eu un débat très poussé il y a quelques semaines avec Celine Ertalif , en réponse à un de ses articles , discussion qui portait sur la différence entre le désir et le besoin . Lecture je crois intéressante :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19437


    • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 9 mai 2007 18:36

      @ Docdory

      Je viens de lire l’article et les commentaires que tu m’as proposés en lien. La position de Céline Ertalif est intelligente et le produit d’une forme de sagesse dont je persiste néanmoins à penser qu’elle est une erreur fondamentale pour la pérénnité de nos valeurs républicaines, dont la laïcité est le ciment.

      En dehors du fait qu’il soit légitime de s’interroger sur le besoin (je suis d’accord avec toi sur la distinction entre besoin et désir), et qu’il soit essentiel de rappeler que l’Etat n’a pas à financer les lieux de culte (l’argument selon lequel, s’il ne le faisait pas, ces mêmes lieux seraient pris en otage par les factions radicales de l’islam est fallacieux, sachant qu’ils n’ont pas besoin de ça pour s’exprimer, comme le prouve Tariq Ramadan ou encore la venue heureusement empêchée de son frère Hani à Lyon), il me semble que la communauté musulmane devrait intervenir - par quel biais, grande question, dans la mesure où l’on connaît l’affection de l’UOIF pour les Frères musulmans) - et s’interroger sur ce qu’elle est prête à concéder à la République exigeant l’égalité homme-femme qui n’existe d’ailleurs pas dans les lieux de prière (sans même parler des particularismes alimentaires et vestimentaires en différents lieux).

      Et ma question sur ce « besoin » croissant de mosquées réfère évidemment au repli identitaire qu’il serait dangereux de favoriser.

      Les musulmans de France n’auraient-ils donc pour seul idéal qu’une multiplication des minarets ? Les prêches au sein de ceux-ci seraient de toute façon aussi incontrôlables que ceux qui ont lieu dans les caves.

      Etant donné les positions de notre nouveau président sur la question, je maintiens que l’heure est grave, quitte, encore une fois, à passer pour une raciste, selon les termes élogieux de Gazi Borat à mon égard.


    • docdory docdory 9 mai 2007 19:00

      @ Cosmic Dancer

      Effectivement la position de Céline Ertalif est erronnée , d’ou le débat disons ... animé que j’ai eu avec elle ! Quand à la position de Sarkozy , qui , dans son discours post électoral déclare vouloir soutenir les femmes opprimées par la burqa , elle fait rigoler tout le monde : comment peut il concilier le financement public des mosquées qu’il préconise et le droit des femmes en burqa , mystère ?! Sachant que dans les mosquées seront prononcés des prêches incitant ( ou ordonnant ) les femmes à se voiler le plus intégralement possible ...


  • Bois-Guisbert 9 mai 2007 12:36

    Comme la gauche est iéologiquement incapable de répondre aux attentes de la grande majorité des Français, révulsés par la surpopulation étrangère, et bien, elle est condamnée à ne plus exister...

    Elle doit donc se résigner à faire de la figuration pour des dizaines et des dizaines d’années à venir. Normalement, compte tenu du bilan qui est celui du gouvernement dont il est issu, Sarkozy aurait dû être laminé par l’alternance.

    D’autant plus que la majorité à laquelle il appartient a été battue dans toutes les élections intermédiaires. Maéheureusement pour les « progressistes », à l’échelon des présidentielles, l’immigration-invasion pèse de tout son poids et, sur ce terrain, les gauches sont aux antipodes de la majorité de l’opinion publique.

    Alors, la seule vraie question est :

    Si la gauche veut revenir au pouvoir, comment peut-elle infléchir les stupides principes qui lui en interdisent la route ?

    Mais personne n’est obligé de se la poser. On peut fort bien poursuivre avec de grotesques exortations de type :

    Nous ne sommes plus Français, nous ne nous reconnaissons pas dans l’Identité Nationale que l’on nous servira, nous sommes des Humani-Terriens, nous sommes humanistes, mondialistes, écologistes. Nous avons besoin du Monde et nous voulons parler du Monde. Le cosmopolitisme, les métissages, les cultures, les échanges, les voyages : voilà ce que nous voulons porter.

    Vous êtes minoritaires. Avec de telles insanités, vous vous condamnez à être groupusculaires. Grand bien vous fasse ! smiley


    • Sébastien Marie Zarathustra 9 mai 2007 22:44

      Bien sûr, minoritaire, bien sûr la gauche est en déroute... quelques commentaires s’en réjouissent, s’en moquent. J’ai grossi le trait, j’ai voulu titiller par le titre, provoquer par certains passages caricaturaux. Tout cela n’est pas à prendre plus au sérieux que ça... mais j’espère simplement faire remarquer à certains collègues de gauche qu’il faut se réveiller, retrouver certaines valeurs, et les porter sur la place publique.

      Par contre, cela ne me gêne aucunement d’être minoritaire, la question n’est pas là, la question est de savoir ce que chacun veut porter, ce n’est pas le moment de rentrer dans les moules prédéfinis et de nous formater tous à la même école, nous sortons d’une élection, c’est fait pour ça, maintenant, partons dans tous les sens... smiley


  • Sébastien Marie Zarathustra 9 mai 2007 15:19

    Pourquoi vouloir ainsi mettre les gens dans des catégories ?

    Sinon, que voulez-vous que je vous dise ? L’émancipation est en question, toujours, mais c’est plus compliqué que ce que vous présentez, et il y a certains amalgames qu’il vaut mieux éviter. J’ai envie de citer également le rapport de l’International Crisis Group (groupe d’experts indépendants) sur la France et ses musulmans qui montre qu’en France, ce sont les musulmans qui sont individualistes, et la République qui est communautariste. Bref, agiter des affaires médiatiques et en tirer des conclusions générales... et balayer des enquêtes de terrain et travaux universitaires comme simples opinions qui n’engagent que leurs auteurs, comme ce que nous disons vous et moi...

    Je ne suis évidemment pas pour des horaires pour les musulmanes dans les piscine. Par contre, quand j’étais au collège, il n’y avait pas de viande le vendredi, ça choque quelqu’un ? Pas moi.


    • docdory docdory 9 mai 2007 18:09

      @ Zarathoustra

      Le fait qu’il y ait du poisson une ou deux fois par semaine à la cantine est un plus sur le plan diététique et de l’éducation alimentaire . Le fait de le mettre systématiquement le vendredi à l’exclusion des autres jours pour complaire aux curés est une atteinte à la laïcité d’autant plus regrettable que la plupart des catholiques se fichent maintenant totalement des « règles » alimentaires imposées par leur religion , règles que la plupart ignorent , d’ailleurs ...


    • Sébastien Marie Zarathustra 9 mai 2007 23:02

      Le problème c’est que tout est comme ça. Les jours fériés ? atteinte à la laïcité me direz-vous. Les lieux de culte catholiques qui ont été mis gratuitement à disposition à l’époque parce que l’Eglise refusait de se conformer à la loi, et que Briand a dit que l’Eglise se retrouverait dans la loi malgré elle... Tout est comme ça. L’Eglise catholique est bien évidemment partout favorisée dans ce pays de culture catholique à travers l’histoire. On peut y voir des atteintes à la laïcité, je trouve que c’est du simple bon sens. Parce que la laïcité, ce n’est pas l’hostilité à l’égard de la religion, c’est davantage l’indifférence. Et l’esprit de la loi, ce n’est pas de « bouffer du curé », c’est de laisser chacun libre de croire ce qu’il veut, ou de ne pas croire. Si certains ne veulent pas manger de poisson le vendredi, eh bien qu’ils en aient la possibilité dans les cantines, si d’autres ne veulent pas manger de porc, pareil... je ne vois pas le problème, chacun à le droit de manger ce qu’il veut. Ca relève pour moi de l’anecdote. Par contre, si la République est bornée et veut imposer les menus... que va-t-il se passer ? Eh bien des écoles musulmanes vont se créer (à part celle à Lyon récemment, il n’y en avait pas, au contraire des autres confessions, ça prête à réfléchir sur le prétendu communautarisme musulman non ?). Est-ce que ce sera là une grande victoire de la République laïque ? Voilà qui me semblerait difficile à soutenir. Tout ça parce qu’on refuserait qu’il y ait deux plats à la cantine ?


  • toto1701 9 mai 2007 17:43

    sarko président,je vous garantis que la créativité artistique litteraire et musicale va bien se porter car c’est dans l’adversité et la lutte pour la liberté d’expressions que se creer les plus grandes oeuvres... jeunes de banlieues et d’ailleurs au travail inspirer vous de vos illustres prédecesseurs , HUGO LA FONTAINE RABELAIS HEDERN HALLIER VOLTAIRE y a 53 % de matiere brut a transformer en des pages et des pages d’ironie ,d’intelligence,de solidarité de bonheur pour le plus grand bien du pays... l’honneur de la FRANCE reside desormais dans la creativité des bannis du pouvoir en place !!!!


  • Schwarzenegger 14 mai 2007 11:53

    Si Sego avait passé moins de temps avec ses amants, elle aurait travaillé plus consciencieusement et plus intelligemment. smiley


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