mercredi 22 décembre 2010 - par Imhotep

Hippodrome de Compiègne : ouverture d’une information judiciaire

C’est parce que sept élus socialistes ont déposé plainte le 18 novembre dernier dans l’affaire de la vente très étrange de l’hippodrome de Compiègne qu’une information judiciaire a été ouverte le lundi 20 décembre. Voici la liste des sept mercenaires : 

Christian Bataille, député (PS) du Nord ;
Jean-Louis Bianco, député (PS) des Alpes-de-Haute-Provence ;
François Brottes, député (PS) de l’Isère ;
Henri Emmanuelli, député (PS) des Landes ;
Jean Glavany, député (PS) des Hautes-Pyrénées ;
Germinal Peiro, député (PS) de la Dordogne ;
Laurence Rossignol, vice-présidente (PS) du conseil régional de Picardie.

Le Monde : Le parquet de Compiègne a ouvert, lundi 20 décembre, une information judiciaire contre X à la suite de la plainte déposée par sept députés socialistes dans l'affaire de la vente de l'hippodrome de Compiègne, et a demandé le dépaysement du dossier, dossier dans lequel l'ex-ministre du travail Eric Woerth est cité.

L'information judiciaire vise les éventuelles infractions d'abus d'autorité, complicité de prise illégale d'intérêt, trafic d'influence par personne dépositaire de l'autorité publique, trafic d'influence par particulier et favoritisme ainsi que recel dans tous les cas, a précisé un communiqué du parquet.

Mais ce ne sont pas les seuls socialistes qui s'intéressent de près à cette affaire maintenant judiciaire : Une plainte des personnels de l'ONF. Outre la plainte des députés socialites, le principal syndicat de personnels de l'Office National des Forêts (ONF), s'apprête de son côté à déposer plainte contre X estimant que cette vente est "illégale". Selon son secrétaire général, Philippe Berger, "cette vente n'aurait pas dû avoir lieu". Cette plainte du Snupfen pourrait être jointe à la procédure.

Si vous vous souvenez bien, l'Immaculé Eric avait claironné dans le Parisien qu'il trouvait très étrange qu'une fois plus ministre on ne parlait plus de lui. Evidemment cela n'était tenu qu'au calendrier judiciaire : dépaysement à Bordeaux auprès de six juges d'instruction de l'affaire Woerth (mari et femme)/Bettencourt et report en janvier de la décision de la Cour de Justice de la République pour, tiens on y est, l'affaire de Compiègne et des avantages nouvellement acquis.

Cette plainte ne le concerne pas directement car lui, c'est la cour de justice qui s'en occupe, en revanche cela le concerne bien évidement indirectement. S'il n'est pas touché par la plainte ce n'est que structurel. Cependant si cette plainte a prospéré (les juristes sont des poètes) cela veut dire qu'elle est recevable, cela veut dire qu'il y a du grain à moudre et cela veut dire que cela ramène le bon Immaculé à la surface des choses. Mais Woerth est bien évidemment impliqué par le décret qu'il a pris pour cette vente, par ce courrier du 29 octobre 2009 annonçant aux heureux bénéficiaires la conclusion positive de cette vente. Du reste voici la tribune des sept mercenaires publiée dans le Monde : 

En qualité de ministre du budget, M. Eric Woerth annonçait, par lettre du 29 octobre 2009, à la Société des courses de Compiègne (Oise) l'acceptation de la cession de l'hippodrome du Putois sis sur un domaine forestier de l'Etat. Il cédait ainsi 58 hectares domaniaux à une société privée. Une telle cession pourrait paraître anodine. Elle est pourtant doublement scandaleuse.

Elle révèle d'abord un comportement récurrent d'irrespect des règles et d'une privatisation du bien public devenue objectif de gouvernement. Christian Bataille s'était déjà interrogé sur les étranges méthodes de gestion du domaine de l'Etat, et donc de l'argent des Français lors de la vente puis du rachat du siège de l'Imprimerie nationale.

Alors qu'il l'avait vendu 85 millions d'euros, l'Etat rachetait par la suite aux acquéreurs privés le même bien pour la modique somme de 325 millions d'euros. Pour justifier l'injustifiable, le ministre Eric Woerth parlait alors de "mener une politique dynamique de gestion du patrimoine"...

Avec la vente du domaine forestier de Compiègne, ensuite, nous sommes entrés dans une nouvelle ère, où la règle de droit est délibérément mise de côté par le ministre. En effet, s'il existe un principe stable dans le droit français depuis l'Ancien Régime, c'est justement la règle de l'inaliénabilité du domaine forestier de l'Etat. Il n'existe que deux solutions pour un ministre de s'en départir : l'échange de parcelles ou bien le passage devant le Parlement par une loi ou un article de loi spécifique.

Dans notre affaire, rien de tout cela. D'ailleurs, à la même demande, le ministre de l'agriculture, Hervé Gaymard, avait répondu le 13 août 2003 que "compte tenu de la législation concernant les forêts domaniales, (...) une cession par vente n'est pas possible". M. Woerth a sans doute pensé qu'à l'impossible il était tenu, malgré l'absence d'évolution du droit en la matière.

En 2009, comme aujourd'hui, la seule disposition législative applicable est l'inaliénabilité, l'indisponibilité du domaine à tout acheteur à défaut de loi ou d'échange.

Devant cet état de fait juridique, Christian Bataille a saisi monsieur le procureur général près la Cour de cassation, le 2 novembre, à fin de saisine de la Cour de justice de la République. Il a été répondu positivement à cette demande.

Nous avons aujourd'hui collectivement décidé de saisir la justice civile et pénale afin que soient poursuivis les coauteurs et bénéficiaires de ce que nous estimons être un forfait contre le bien public. Nous souhaitons l'annulation de l'acte de vente. Le rôle des représentants de la nation est notamment d'empêcher que l'on puisse disposer des biens appartenant à la nation sans mandat légal.

Or il n'existe ici nul mandat, simplement le fait du prince qui considère le respect du droit comme contrevenant à "des règles de souplesse". La formule n'est pas de nous, mais des services du ministère, justifiant a posteriori la décision du ministre. A sa lecture, nous pouvons tous être inquiets sur l'Etat de droit.

En 1989, alors qu'il était interrogé sur ce qu'est le droit, dubitatif, le doyen Vedel exprimait cette idée simple : "Si je sais mal ce qu'est le droit dans une société, je crois savoir ce que serait une société sans droit." Le premier rôle d'un gouvernement de la République n'est certainement pas d'ignorer volontairement et à sa convenance la règle de droit.

Rappelons quelques vérités à opposer aux gros mensonges de ces messieurs de la Woerthrie (vous trouverez ici un article détaillé). En italique les termes exacts de l'accord entre l'Etat et la SCC à partir d'une copie de l'original, ce qui est une preuve manifeste et non des on-dits de couloir :

- la vente est illégale car le règlement des eaux et forêts rend inaliénable un terrain domaniale, parce qu'aucun appel d'offre n'a été fait, car en 2003 l'ancien ministre Hervé Gaymard l'avait dit ;

- cette vente a été refusée aussi en 2005 lors du renouvellement du bail ;

- le bail n'est pas emphitéotique mais avait été prolongé de 15 ans pour aller jusqu'en 2021, avant il s'arrêtait en 2010 : Aux termes d’une convention en date des 17 et 20 novembre 2003, I’Etat (Office National des Forêts), a accorde à la Société des Courses de COMPIEGNE l’autorisation d’occuper un terrain à usage d’hippodrome avec maintien des constructions nécessaires, en forêt domaniale de COMPIEGNE, jusqu`au 31 mars 2010.

- le terrain est constructible comme le prouve l'autorisation de l'agrandissement du restaurant panoramique, comme auraient dit Uderzo/Goscini, et comme a été autorisée la construction d'une aile supplémentaire (permis signé par le sénateur maire Marini en septembre 2005) : Suite à la rencontre du 29 août 2006 qui s’est tenue à Paris, entre le Directeur Général de l’0NF et les Représentants de la Sociéte des Courses de COMPIEGNE, les participants ont convenu qu’à la demande d’échange de terrains était substitué l’octroi par l’ONF d’une concession de 15 ans, à compter du 1er janvier 2007, des terrains de l’hippodrome à la Société des Courses de COMPIEGNE, sans augmentation de la redevance au titre des constructions nouvelles liées à l’extension du bâti réalisée dans le cadre du permis de construire délivré Ie 1er septembre 2006.

- les bâtiments appartenaient bien aux domaines et non à la société hippique ce qui expliquait un loyer si bas : sans augmentation de la redevance au titre des constructions nouvelles liées à l’extension du bâti réalisée dans le cadre du permis de construire délivré Ie 1er septembre 2006.

- il pouvait y avoir d'autres acheteurs comme c'est le cas de l'hippodrome de Chantilly où c'est l'Institut de France qui en est le propriétaire, ou des investisseurs comme l'Aga Khan qui s'est ruiné (enfin pas tout à fait) à rénover Chantilly ;

- le Golf de Compiègne était sur ce terrain depuis aussi longtemps que la société hippique qui n'était donc pas la seule à y être depuis l'origine ;

- l'acheteur est un investisseur immobilier connu (Gilibert), financeur de l'UMP, très proche du sénateur du coin (Marini président au Sénat de la commission du budget hé hé) connaît bien sûr Woerth malgré leur double dénégation.

On peut aussi se poser des questions comme :

- Pourquoi est-ce le ministre du budget qui a fait réaliser cette vente et non le ministre de l'agriculture comme c'est la règle ?

- Pourquoi ce même ministre de l'agriculture le bon Lemaire ex villepiniste devenu sarkozyaque en touchant son maroquin s'est-il opposé à la vente ?

- Woerth fait-il des décrets à chacune des ventes ou c'est le seul cas ?

- Pourquoi cette phrase dans l'accord si ce n'est pour vendre ensuite : … et d’intégrer les clauses d’intéressements dans l’hypothèse où des plus-values seraient réalisées sur des parcelles de terrain ?

Rappelons aussi tout cela qui tourne autour d'une piste cendrée et quelques chevaux :

- Hubert Monzat a introduit Woerth auprès de l'Aga Khan qui a vidé sa cagnotte pour rénover la ville de Chantilly, en a eu pour récompense un poste de conseiller au ministère où il s'est occupé des paris en ligne et a ensuite eu pour autre récompense de ses bons et loyaux services au sein du ministère d'être nommé directeur général de France Galop propriétaire du PMU qui a largement bénéficié de la loi des paris en ligne. PMU qui vient de se voir gratifié d'un nouveau coup de pouce Médiapart : L'Etat fait un joli cadeau de 100 millions d'euros au PMU ;

- Proto directeur de cabinet de Woerth aussi s'est occupé des paris en ligne. Il est l'ami intime d'Antoine Arnault impliqué dans au moins une société de pari en ligne, possède 10 % avec son père de Betfair, beau-fils de Maistre (sa mère est l’ex épouse d’Arnault) ;

- Branquart, proche de Mancel et de Woerth, condamné avec le premier pour prise illégal d’intérêt, est intervenu comme conseiller pour la loi sur les paris en ligne, rémunéré par BetFair, société anglaise, impliqué dans la société euro2C, société impliquée dans les comptes truqués de la campagne de Balladur, conseiller de la campagne de Woerth ;

- l'épouse qui crée avec, entre autres, l'épouse l'ancien dirigeant du PMU la société Dam's pour détourner la loi de défiscalisation TEPA par cette société de chevaux de course, la loi TEPA étant pour aider au développement de PME et crée des emplois ce que d'évidence n'est pas le but d'une société uniquement propriétaire de chevaux, ne créant strictement aucun emploi et n'ayant strictement aucune capacité de développement important ;

- l'Institut de France est propriétaire de l'hippodrome de Chantilly, géré par France Galop dont la femme de Woerth fut une des dirigeants, France Galop, tiens tiens, qui gère aussi Compiègne, a permis à l'Immaculé d'aider à finaliser le projet de la famille Bettencourt en l'honneur de feu André à l'hôtel de la Monnaie (une salle deviendra un auditorium André Bettencourt), propriété de ce même institut.

Que le monde est petit !

Même si l'Immaculé nous raconte des salades et qu'il veut nous faire croire que ses petites affaires sont oubliées, la justice poursuit son cours et semble s'intéresser de très près à cet hippodrome dont la vente s'est faite sous la responsabilité de ce même Immaculé. Je vous rappelle que vous avez un livre détaillé (160 pages, autant de références, un bel organigramme des liaisons dangereuses d'une soixantedizaine de personnes et sociétés, des copies d'agenda, de courrier, de notes etc.) et gratis les concernant mis à votre disposition (voir plus bas) et que nous en sommes à sa 6è version et qu'il sera à nouveau bientôt mis à jour.

A propos d'Immaculé, dans 2 jours et quelques heures il y a 2010 ans, selon les évangiles s'est passé quelque chose entre un âne et un bœuf (non entre démocrate et républicain).

Joyeux Noël monsieur Woerth !

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Si vous êtes intéressés par les textes ci-dessous, vous pouvez les retrouver en cliquant sur les liens et ce totalement gratuitement car il est hors de question que je touche un Kopek sur le dos de la Sarkozye qui, étant le règne du bling bling et de l’argent roi et corrupteur, sera combattue par son contraire : la gratuité (ou en compensation faire un don à Agoravox ou vous abonnez à Médiapart). Pour simple information, si vous êtes sur iPhone ou iPad, sans flash, en haut de la page dans le bandeau vous pouvez télécharger les textes en pdf, et pour tous les diffuser le plus possible autour de vous. Pour le télécharger il y a un onglet sous le texte. Il faut vous inscrire à Issuu ce qui permet aussi de télécharger tous les textes nombreux et intéressants de ce site. Sinon vous pouvez toujours vous désinscrire ensuite. Si tout cela vous gêne je pourrais vous les envoyer par e-mail ([email protected])). Le texte sur Woerth est régulièrement mis à jour (aujourd’hui 6é version du 16 novembre 2010) :
 N’oublions jamais :
  • l’affaire Karachi
  • l’affaire GDF
  • l’affaire Tapie
  • l’affaire Clearstream
  • l’affaire Bettencourt
  • l’affaire Wildenstein
  • l’affaire de Compiègne
  • l’affaire Peugeot
  • l’affaire de la Jatte
  • l’affaire Pérol
  • l’affaire de l’Epad
  • la proposition de loi sur la déchéance de la nationalité française et son extension
  • l’affaire de la rémunération illégale de septembre au 31 décembre 2007
  • la circulaire Hortefeux
  • la position d'Hortefeux dans la condamnation des 7 policiers, et ses deux condamnations à lui
  • l’affaire des sondages
  • les classements du parquet
  • l’affaire de l’espionnage des journalistes par le contrespionnage
  • l’affaire de la validation des comptes de campagne de Balladur et de Chirac
 
Sarkozya delenda est !


15 réactions


  • frugeky 22 décembre 2010 11:02

    Jubilatoire !
    Quel coquin ce Woerth ! Quel beau présumé innocent (les mains pleines) !
    Quelle clique de profiteurs, accapareurs, menteurs, prévaricateurs, dépensiers de l’argent public, si mesquins dans leurs oboles (voir le « coup de pouce » au smic, qui est plutôt un coup de pied au cul...).


    • 2102kcnarF 22 décembre 2010 15:24

      Il dort jamais ce mec pour être toujours dans tous les mauvais coups ! Il est entièrement dédié à sa propre cause. Quelquepart c’est un sacré bosseur en plus d’être un surdoué de l’escroquerie ....  smiley ..... 

      « une nature quoi  » , « un vrai de vrai » , « on en fait plus des comme lui » ...avec la voix d’André Pousse dans un film d’Audiard .


    • plancherDesVaches 22 décembre 2010 21:17

      Bayrou : un gars de droite qui veut la place des requins en les tuant.

      Soit, pas mieux qu’eux.


  • jako jako 22 décembre 2010 11:19

    Merci de votre article imothep.
    En entendant cela hier soir j’ai repris du cassoulet .
    Ce matin aussi sur FI, suite à l’affaire médiator qui semble pas mal non plus, on a apris que le labo en question est localisé à neuilly...
    et que le propriétaire a reçu la prestigieuse breloque il y 18 mois des mains de notre roy
    Essayez de vous procurer la liste des « récompensés » et vous aurez celle des affaires de demain.
    Je file acheter du cassoulet smiley


    • jako jako 22 décembre 2010 13:43

      Au sujet de la légion d’horreur, le dernier promu le 14/12 est christian estrosi, vous qui savez rédiger un article il y a peux être quelque chose à faire ?


  • Gabriel Gabriel 22 décembre 2010 11:51

    Ce microcosme est composé de personnes qui ne m’inspirent que pitié. Si j’étais un chien, je ne leur confirais même pas mes puces... Superficialité, paraître et vide de l’âme sont les principaux constituant de cette société d’inutiles malfaisants. Merci de nous rappeler cette liste édifiante fruit de ces bandits donneurs de leçon. 


  • LE CHAT LE CHAT 22 décembre 2010 12:58

    y a t il des lampadaires costauds à Compiègne ? comme tu le sais je suis traditionaliste !


  • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 22 décembre 2010 14:07

    Et qui c’est qui va trouver une convocation du tribunal correctionnel dans son petit soulier au pied du sapin de Noël ? C’est le très honnête Eric Woerth ! Parce qu’il le vaut bien.

    Et quand tu seras sur ton beau nuage,
    Viens d’abord sur notre maison
    Je n’ai pas été tous les jours bien sage,
    Mais j’en demande pardon.
     
    Petit papa Noël
    Quand tu descendras du ciel,
    Avec des jouets par milliers,
    N’oublie pas mon petit soulier.


  • Imhotep Imhotep 22 décembre 2010 14:17

    Rama Yade vient, elle, de recevoir le cadeau de ses caprices, nommée ambassadrice permanente à l’Unesco. Cette hypothèse avait été faite, non en conseil des ministres comme tout pouvoir qui se respecte et respecte son mandat, la démocratie et la probité, mais devant l’UMP. Sarkozy défend avec vigueur non les intérêts des Français mais ceux de l’UMP. Le Figaro : Seul[e] ombre au tableau : la défiance des membres de la majorité à son égard. Lorsque Nicolas Sarkozy avait évoqué son nom lors de la réunion opérationnelle de l’UMP à l’Élysée, mi-décembre, un silence consterné avait accueilli sa proposition. François Fillon avait de son côté émis une objection : « Comment pourra-t-elle assurer cette fonction en passant sa vie sur le plateau du Grand Journal de Canal + ? »


  • Robert GIL ROBERT GIL 22 décembre 2010 14:22

    pour ceux qui ne l’on pas vu un PPS sur le systeme Woerth

    http://2ccr.unblog.fr/2010/12/15/pps-la-nebuleuse-woerth/


  • dogon dogon 23 décembre 2010 19:10

    Bonjour Imhotep (de Imouthes « Celui qui vient en paix » !!! ),
    toujours autant de plaisir à vous lire.
    Je pense que vous êtes déjà au courant. Jacques SERVIER, patront des laboratoires éponymes, est un « client historique » de Notre Saignerie par le biais de son cabinet d’avocat (dont N.S. détient toujours 34% du capital). Il a, lui aussi, reçu la Légion d’Honneur des propres mains de notre bien-aimé Très Petit Père du Peuple.
    Si j’apprécie la pertinence de vos articles, j’en apprécie aussi beaucoup l’impertinence (Eh oui, j’adore la sémantique et ses aléas).
    A (continuer) à vous lire,


  • BA 24 décembre 2010 10:40

    Karachigate : cette affaire empêchera-t-elle Sarkozy d’être président ?

    Chaque semaine depuis trois mois, le Karachigate s’invite dans l’actualité. Parfois, le relais médiatique joue à plein, forçant une réaction officielle. Plus souvent, les révélations n’intéressent que peu longtemps l’attention médiatique. Et pourtant, cette affaire suit son cours, pas à pas, grâce à l’instance de quelques enquêteurs, officiels ou officieux. A l’Elysée comme au gouvernement, on serre les fesses ou on croise les doigts. C’est selon. Nicolas Sarkozy, le premier, est évidemment aux abonnés absents. L’affaire, qu’on se le dise, ne le concernerait pas.

    En mai 2002, 15 personnes dont 11 Français travaillant pour la DCN ont perdu la vie dans un attentat à Karachi. En 1994, deux contrats, l’un dénommé Agosta portant sur la cession de sous-marins français au Pakistan, l’autre, dénommé Sarawi 2, portant sur la cession de frégates françaises à l’Arabie Saoudite étaient conclus. Les mêmes intermédiaires « non locaux », imposés par le gouvernement Balladur de l’époque, ont été identifiés dans les deux contrats.

    De nouvelles informations, une succession de courriers, d’extraits d’audition ou de contrats, ont été publiés par France Inter jeudi 23 décembre.

    Le journaliste Benoit Collombat révèle notamment, documents à l’appui, que les services juridiques de la branche commerciale de la Direction des constructions navales (DCNI) se sont inquiétés de savoir, fin 2000 et début 2001, si le non-versement des 15 % de commissions occultes dues sur le contrat Agosta, décidé par Jacques Chirac en 1996, pouvait poser problème vis-à-vis des intermédiaires. Pourquoi ? Trois faits troublaient la direction de la DCNI : les intermédiaires concernés ne réclamaient rien, le contrat original n’était plus en leur possession, alors que les autorités françaises avaient mentionné l’existence de rétro-commissions.

    Or, une convention de l’OCDE avait rendu illégale, à compter de septembre 2000, ce type de commissions versées à des intermédiaires pour faciliter la vente de matériel, en l’occurrence militaire.

    Le journaliste fait notamment état de quatre documents :

    1. En juillet 2000, dans une note intitulée HYPERLINK « http://sites.radiofrance.fr/franceinter/richmedia/PDF/pdf/DOC3.pdf »« Consultancy Agreement 12 juillet 1994. Reprise de provision », adressée à la direction juridique de la DCNI, on peut lire cette troublante confirmation des déclarations de Dominique de Villepin et Charles Millon voici 3 semaines devant les juges : « en juillet 1996 les paiements [de commissions] sont bloqués sur instructions des autorités françaises faisant état de retours illicites de tout ou partie des commissions en France. »

    Nicolas Sarkozy, lors du sommet de Lisbonne, s’était étonné de ces accusations de rétro-commissions qu’il assimilait à des rumeurs.

    2. Le 30 août 2000, un conseiller juridique, Guy Robin, écrit au directeur de la DCNI sur l’« analyse de l’Accord M », désignant un Consultant et une société, Mercor Finances, enregistrée au Panama, l’un des destinataires de commissions occultes du contrat Agosta. Il souligne que le Consultant ne s’est pas manifesté depuis l’arrêt des versements 4 ans plus tôt.

    Mais il s’interroge surtout sur la réalité du contrat : « L’accord n’a pas clairement et précisément défini les obligations contractuelles pesant sur le Consultant. » Et il souligne son «  doute quant à la réciprocité réelle des obligations entre les Parties et, plus particulièrement, quant à la réalité des prestations d’informations et d’assistance venant en contrepartie de la rémunération. »

    En d’autres termes, le conseiller juridique de la DCNI dénonce explicitement le caractère fictif du contrat de commission.

    3. Le 18 janvier 2001, le même Guy Robin écrit à l’avocat Eric Ginter, du cabinet Gide-Loyrette-Nouel, qui conseillait alors la DCNI. Il s’inquiète à nouveau de « la conduite à tenir vis-à-vis de ce consultant sur le plan strictement juridique et sur le traitement tant comptable que fiscal à réserver au solde des sommes qui ont été provisionnées. »

    Autrement dit, la DCNI s’inquiète toujours des conséquences éventuelles de l’arrêt du versement des commissions. Rappelons la thèse défendue par Dominique de Villepin, selon laquelle le lien entre cet arrêt et l’attentat est inexistant. Vraiment ?

    4. Le 24 janvier 2001, dans un autre courrier à la direction de la DCNI, Guy Robin explique qu’il considère que l’interdiction de versement de commissions, désormais effective, constitue « un argument juridique suffisamment fort pour mettre un terme à l’accord de consultance en question du fait de sa violation à l’ordre public français et, plus particulièrement, à la loi pénale française. »

    Benoit Collombat fait également état de certaines auditions menées par le juge Marc Trévidic auprès de trois dirigeants de la DCNI en 2009 et 2010 : Guy Robin (directeur juridique), Emmanuel Aris (directeur international), et Gérard-Philippe Ménayas (directeur financier). Selon ces témoignages troublants :

    1. La société Heine, dirigée par Jean-Marie Boivin, et dont la création a été validée par le ministre du Budget Nicolas Sarkozy en 1994, a servi à faire transiter les quelques 33 millions d’euros de commissions, de la DCNI vers des « petites banques régionales  », «  pour des raisons de discrétion. »

    2. Le fameux contrat de consultant, par lequel Ziad Takiedine a perçu des commissions malgré un rôle imprécis dans la vente des sous-marins serait stocké dans le coffre d’un notaire en Suisse : « HYPERLINK « http://sites.radiofrance.fr/franceinter/richmedia/PDF/pdf/DOC7.pdf »le 22 septembre 2000, le PDG de DCNI, Dominique Castallan envoie un courrier au notaire suisse, Maître Pierre Natural, censé détenir l’original de ce fameux contrat de consultant », dans lequel il fait état d’un « accord transactionnel  » signé par la DCNI en faveur du consultant.

    Au passage, quelques noms surgissent ici ou là dans ces révélations : Eric Ginter, à l’époque avocat de la DCNI, est actuellement avocat du frère de l’émir du Qatar, Abdallah Ben Abdallah Al-Thani.

    Son cabinet de l’époque, Gide-Loyrette, fut le même qui, de 2007 à 2010, a embauché Jean-François Copé, actuel secrétaire général de l’UMP.

    Le monde est petit. Très petit.

    Jeudi 23 décembre, Mediapart révélait que l’Elysée avait commandé, en 2008 et 2009, une mission secrète pour « négocier avec l’ancien dirigeant d’une société écran de la Direction des constructions navales (DCN) ».

    L’information est tirée du témoignage de l’ancien numéro deux de la DGSE, le service de contre-espionnage français, auprès du juge Renaud Van Ruymbeke. Alain Juillet, à l’époque, travaillait à Matignon :

    « Début juin 2008, Bernard Delpit, adjoint de François Pérol à l’Elysée

    (M. Pérol était alors secrétaire général adjoint de la présidence, NDLR) me téléphone et me dit : « On a un problème. Quelqu’un nous a écrit en nous demandant des indemnités très importantes. Est-ce que vous pouvez voir ce qu’il y a derrière tout cela ? » »

    Ce quelqu’un est Jean-Marie Boivin. Il y a 3 semaines, on a appris que ce Boivin avait écrit à plusieurs reprises à Nicolas Sarkozy, jusqu’à lui faire suivre, le 16 mai 2007, jour de son intronisation, la copie d’une facture de 8 millions d’euros pour « services rendus. » Dix-huit mois plus tard, le 24 janvier 2009, un protocole d’accord était conclu, attribuant effectivement 8 millions d’euros à Jean-Marie Boivin.

    Alain Juillet explique ce qu’il découvre, après ses 3 rencontres officieuses avec Boivin : « dans la société Heine, il y avait des quantités de mouvements financiers ». Et : « Je pensais qu’il n’était pas de l’intérêt général que toutes ces histoires sortent dans les médias luxembourgeois ou ailleurs, même si à l’époque ces commissions étaient légales  ».

    Soyons précis : Alain Juillet mentionne que les commissions, à l’époque, étaient légales. Il ne s’agirait donc pas de rétro-commissions selon lui. Selon lui, il lui semblait « légitime » d’indemniser Boivin de 2,5 à 3 millions d’euros. Il détailla au juge Van Ruymbeke toutes ses démarches de négociations pour convaincre Jean-Marie Boivin que 3 millions d’euros étaient une indemnité largement suffisante. Sa mission terminée, Juillet quitta un peu plus tard Matignon.

    En janvier 2009, Boivin reçut effectivement une indemnité. Elle ne fut pas de 3, mais de 8 millions d’euros, l’exact montant qu’il réclamait depuis le début. La réaction de Juillet, devant le juge, est une évident surprise : « « Je n’en suis pas revenu, pour moi ce n’était pas possible (...) Si on lui a payé 8 millions, comme le disent les journaux, c’est qu’il y a des choses qui m’ont échappé. »

    Mieux, Alain Juillet explique même que Boivin, selon ses informations, aurait depuis remis toutes ses archives compromettantes à l’Elysée.

    Résumons-nous :

    1. Finalement, la thèse d’un lien entre l’arrêt des versements de commissions à certains intermédiaires non pakistanais refait surface.

    2. L’Elysée a fait enquêter, pour négocier un « accord du silence » avec l’un des hommes clés de cette affaire de Karachi, Jean-Marie Boivin, à l’exacte même période où Nicolas Sarkozy qualifiait de fable la thèse d’un lien entre ces commissions occultes et l’attentat de Karachi.

    http://sarkofrance.blogspot.com/2010/12/karachigate-cette-affaire-empechera-t.html


  • furio furio 26 décembre 2010 13:54

    Bien vu encore une fois Imhotep ...Mais pas un seul modem parmi les mercenaires ?


    Comme vous le voyez l’opposition à sarkygnol se situe plutôt à gauche.

    Cordialement

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