Histoire berruyère :
Hier après midi en consultant fb, j'ai appris que le matin de cette triste et belle journée ensoleillée, la mairie de Bourges pour ne pas dire monsieur le maire (que j'écris avec une minuscule c'est tout ce qu'il mérite), a accéléré les préparatifs de la construction de la maison de la culture, la macu comme certains l'appellent.
Je suis allé faire un tour sur le site et effectivement des employés municipaux s'affairaient à démonter les aménagements existants afin probablement de permettre ensuite aux tronçonneurs d'opérer, je me suis approché pour les questionner et il m'ont confirmé l'infamie en cours.
Si j'ai bien tout compris, dans un premier temps, 82 arbres qui se trouvent sur les pentes de la place Séraucourt le long de la rue Jean Bouin seront abattus.
Ensuite des doctes fouilleurs feront des recherches archéologiques hors de toute logique pour savoir si pas hasard Bourges ne serait pas une ville ancienne avec un passé peut être mérovingien voire gallo-romain et comme cela est probable, ils ont un bon moment à rester dans le coin avant d'aller rechercher d'autres horizons, et ensuite la macu sera érigée dans un espace où elle n'a rien à y faire puisqu'il est déjà occupé par une forme de vie extraordinaire, l'arbre qui lui même par ses qualités à nulles autres pareilles sert d'asile à des multitudes de vies. Les hommes sont plus intéressés par le passé et le futur que l'instant présent qui seul recèle toute la richesse et la vivacité de la vie réelle.
Je ne suis pas contre une macu mais contre le projet en soi qui est un déni de bons sens, un déni de saine gestion urbaine.
Faut-il absolument que la culture ait un bâtiment dédié, forcément couteux ? Actuellement les différentes activités se déroulent dans des lieux différents et ensuite si il faut absolument regrouper l'ensemble pourquoi ne pas envisager de l'implanter dans une friche industrielle, par exemple celle qui se trouve à côté du plan d'eau du Val d'Auron, l'ensemble pourrait constituer un ensemble magnifique sur une zone déjà bétonnée donc avec un impact limité sur des terres agricoles.
Je suis allé à la mairie et à l'accueil j'ai demandé sous quelle forme je pouvais témoigner de mon indignation et deux gentilles dames m'ont donné une fiche de réclamation administrative mais bon j'ai fait avec et j'ai écrit mon coup de cœur, je sais très bien que cela n'aura que peu d'impact mais chaque fois que des espaces verts disparaissent c'est la vie naturelle qui s'enfuit, chaque fois qu'un arbre est coupé c'est le temps créateur qui est sacrifié, chaque fois que l'argent triomphe ce sont nos forces de vie qui se corrompent.
De plus en plus vite notre beau pays et le monde également se couvrent de l'activité humaine, je désespère d'être un humain, je pressens de plus en plus clairement où se situe le facteur commun délétère qui nous mange de l'intérieur, si vous lisez ces quelques lignes il sera là en pleine activité mais qui s'en soucie réellement, et malgré tout je suis persuadé qu'il y a une issue car il nous reste à découvrir ce qu'est vivre comme un être humain.
Monsieur le maire quand tout sera bétonné en serez-vous pour autant plus heureux ? Regardez jouer des enfants, les vôtres peut-être, où croyez-vous que leurs joies et leur vie sont les plus intenses, assis sur un bloc de ciment avec des écouteurs dans les oreilles ou allongés rêveurs sous le feuillage d'un arbre et le ramage des oiseaux ?
Peut-être que dans un futur plus ou moins lointain, des enfants humains demanderont à leurs parents, c'est quoi un arbre, c'est quoi un oiseau ? Mais si ce temps devait venir seront-nous toujours des êtres humains, l'avons-nous seulement été un tant soi peu au cours de notre histoire ?

