mercredi 16 septembre - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Hostomel : comment un aérodrome de banlieue a brisé la blitzkrieg de Vladimir Poutine

Le 24 février 2022, à l'aube, le vrombissement sourd, lourd et oppressant des rotors déchire le ciel matinal au nord de Kiev. Une armada de plus de trente hélicoptères d'attaque russes déboule en rase-mottes, frôlant les cimes des arbres et soulevant la poussière des routes pour fondre sur l'aéroport stratégique d'Antonov, à Hostomel. À leur bord, les super-soldats des brigades héliportées des VDV, l'élite de l'armée du Kremlin, ont une consigne simple : s'emparer en quelques heures de cette tête de pont vitale, y poser des flottes d'Iliouchine lourds pour déverser des milliers de fantassins, et liquider le pouvoir ukrainien avant la tombée de la nuit. Ce coup de force minuté à la perfection, censé plier la guerre en soixante-douze heures top chrono, va pourtant se fracasser sur un mur de feu et de sang. En transformant la piste en un champ de ruines incandescent, la bataille d'Hostomel a signé l'arrêt de mort de la blitzkrieg poutinienne.

JPEG

 

L'audacieuse estocade des aigles russes et la cécité stratégique du Kremlin

Dans les salles d'opérations moscovites, le plan respire l'arrogance d'un pouvoir autocratique engoncé dans ses propres illusions. Aveuglé par des rapports de complaisance et une morgue impériale totalement déconnectée de la réalité du terrain, l'état-major de Vladimir Poutine pèche par une incompétence analytique abyssale. Les services secrets russes, le FSB en tête, ont vendu au maître du Kremlin le mirage d'une promenade militaire où l'armée ukrainienne, prétendument au bord de l'effondrement, s'évaporerait au premier coup de canon. L'idée fixe de cette planification infantilisante est d'éviter l'embolie d'un front classique en misant sur un coup de poignard chirurgical censé paralyser un État jugé artificiel.

 

 

Les équipages de Mi-8 et de Ka-52 fondent le long du fleuve, s'engouffrent par la brèche biélorusse et survolent le réservoir de Kiev à une altitude suicidaire pour échapper aux radars. Le souffle chaud des turbines lèche les toits des datchas endormies. Malgré la riposte fulgurante des premiers défenseurs au sol qui parviennent à cueillir plusieurs appareils dans une gerbe d'étincelles et de fumée noire, le gros de la horde volante réussit sa terrifiante trouée. Saisir Hostomel doit s'offrir comme un tapis rouge logistique à seulement quinze kilomètres des faubourgs de la capitale, censé recevoir le ballet incessant des gros porteurs transportant blindés légers et unités d'assaut fraîches. C'est le dogme implacable de la guerre éclair : sidérer l'adversaire et s'emparer des leviers du pouvoir avant même que l'Occident ne réalise l'ampleur de l'agression. Les commandos russes sautent du ventre des hélicoptères dans un vacarme assourdissant, neutralisent à la grenade les quelques gardes médusés et prennent le contrôle des installations. Dans les couloirs du pouvoir à Moscou, on jubile déjà en ouvrant des cartes d'état-major obsolètes, ignorant avec une superbe coupable que les prévisions mégalomanes de Poutine s'apprêtent à se volatiliser dans le sang de ses propres soldats.

 

Le choc des tranchées : quand le tarmac se métamorphose en enfer

Dès les premières lueurs de l'après-midi, la réaction ukrainienne tombe comme un couperet, balayant d'un revers de main les projections absurdes du Kremlin qui niait toute volonté de résistance à la nation voisine. Le président Volodymyr Zelensky refuse d'évacuer et hurle ses ordres : reprendre la base d'Hostomel à tout prix. Une force hétéroclite mais féroce, mêlant des vétérans d'assaut aérien, des artilleurs aguerris et des membres des forces spéciales, fond sur le site en hurlant sa rage. Les canons automoteurs se calent en position, les culasses claquent à un rythme frénétique, et les obus pilonnent méthodiquement la piste principale pour y creuser des cratères géants, rendant tout atterrissage de gros porteur rigoureusement impossible.

 

 

Les combats virent immédiatement à la boucherie urbaine et rapprochée. Les parachutistes d'élite russes, soudainement isolés au milieu des hangars sous un déluge de feu, se retrouvent cernés de toutes parts. Les colonnes blindées de renfort censées descendre par la route depuis la frontière se heurtent quant à elles à des embuscades dantesques, sous la mitraille et la boue, et s'enlisent dans les bourbiers du nord de la région, victimes d'une logistique défaillante que l'autocratie n'avait même pas anticipée. Un officier ukrainien présent sur les lignes de front témoigne de la violence de la fournaise dans ses carnets de campagne : "On ne voyait plus le ciel à cause de la fumée noire, les explosions d'obus se succédaient sans interruption, et chaque mètre de béton arraché aux Russes ressemblait à un combat de tranchées de 14-18."

 

 

Au milieu du chaos, le géant des airs, l'unique et monumental avion-cargo An-225 Mriya, la fierté technologique de l'Ukraine, brûle lentement dans son antre, réduit en un squelette de tôle calcinée qui fume sous la bise hivernale. Surtout, la manœuvre psychologique s'effondre en vol : avertis par radio par les survivants de l'enfer qui les attend en bas, les pilotes de l'armada d'Iliouchine qui patientaient en altitude reçoivent l'ordre désespéré de faire demi-tour. Le piège s'est refermé. En refusant de céder le moindre arpent de béton sous une grêle d'acier, les défenseurs brisent net l'échine de la machine de guerre russe, réduisant les visions de grandeur poutiniennes à néant.

 

Aucune description de photo disponible.

 

Le tournant géopolitique et la faillite des ambitions impériales

Cet échec inaugural aux portes de Kiev rebat instantanément toutes les cartes géopolitiques de la planète, exposant au grand jour la faillite intellectuelle et militaire du régime moscovite. En privant le Kremlin de sa tête de pont aéroportée, la résistance acharnée d'Hostomel force l'armée russe à s'enliser dans une guerre d'usure longue, barbare et hautement destructrice pour laquelle sa structure corrompue n'était absolument pas taillée. Les pertes humaines enregistrées au sein des unités d'élite des VDV s'avèrent tout bonnement catastrophiques, brisant à jamais le mythe de l'invincibilité de ces troupes spéciales formées pour les coups de main rapides.

 

Putin increasingly isolated as he faces more fallout and backlash

 

L'affrontement démontre au monde entier que la redoutable armée de Poutine souffre de failles structurelles abyssales, masquées jusque-là par une propagande agressive mais exploitées avec une audace tactique redoutable par une nation déterminée à ne pas plier l'échine. Le mirage d'une capitulation ukrainienne en trois jours vient de s'évaporer dans la fumée, la suie et la boue des abords de Kiev, révélant l'incapacité totale du dictateur russe à comprendre le sens de l'Histoire et la profondeur de la souveraineté ukrainienne. En transformant cet aérodrome de banlieue en cimetière des ambitions impériales, l'Ukraine a non seulement sauvé son existence, mais elle a aussi écrit l'acte fondateur de sa légende patriotique face à un despote terrassé par ses propres mensonges.

 

Bibliographie & références

  • Galeotti, Mark, Putin's Wars : From Chechnya to Ukraine, Osprey Publishing, 2022.
  • Kofman, Michael & Collins, Liam & Spencer, John, The Battle of Hostomel Airport : A Key Moment in Russia's Defeat in Kyiv, War on the Rocks, 2022.
  • Plokhy, Serhii, The Russo-Ukrainian War : The Return of History, W. W. Norton & Company, 2023.
  • Racz, Andras, The Russia-Ukraine War : Military and Strategic Analysis, Finnish Institute of International Affairs, 2022.
  • Zhilin, Alexander, Anatomie d'un échec stratégique aux portes de Kiev, Éditions militaires contemporaines, 2023.


26 réactions


  • Gégène Gégène 16 septembre 17:17

    Heureusement, les russes terminent bien ce qu’ils commencent mal smiley


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 16 septembre 17:48

      Bonjour @Gégène,

      C’est bien vite oublier que l’histoire récente montre plutôt le contraire... Entre le bourbier afghan de l’époque soviétique ou les déboires répétés de ces dernières années, on a connu des fins de parcours un peu plus glorieuses pour l’une des prétendues plus puissantes armées du monde. Disons que pour l’instant, le plan se déroule « comme prévu », mais surtout dans le mauvais sens.


  • Doume65 16 septembre 17:31

    « L’affrontement démontre au monde entier que la redoutable armée de Poutine souffre de failles structurelles abyssales »

    Ah, vous nous rassurez. C’est donc pour rire que nos dirigeants prétendent qu’ ILS ARRIVENT.

    Cela dit, ce n’est en fait pas drôle, vu les milliards investis dans l’industrie de l’armement alors qu’on n’est pas foutu de tenir les engagements de début d’été sur la rénovation thermique des écoles.


  • jakem jakem 16 septembre 17:54

    Une chronique que j’ai aimé lire !
    Comme le raid sur Entebbe.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 16 septembre 18:56

      Bonsoir @jakem,

      Merci pour ce retour ! C’est un clin d’œil particulièrement apprécié, et cela fait écho, en effet, à mon article publié sur le raid d’Entebbe. Ravi de voir que le parallèle entre ces opérations d’audace et de haute voltige vous a interpellé !


    • jakem jakem 16 septembre 21:09

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
      Un clin d’œil cordial que je vous adresse ainsi qu’à feu G. de Villiers.


  • Rinbeau Rinbeau 16 septembre 18:39

    Les sources dont vous faites part sont éloquentes.. C’est comme si vous demandiez à César de nous conter la guerre des Gaules.. Heureusement que le ridicule ne tue pas les petits conteurs.. Vous ne feriez déjà plus parti de ce monde..

     smiley


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 16 septembre 18:54

      @Rinbeau,

      Le grand classique du petit lecteur vexé qui vient cracher sa bile sans avoir le moindre argument sur le fond ! Sur AgoraVox, les commentaires sont censés servir à débattre, échanger des arguments ou apporter des précisions constructives, pas à venir étaler son aigreur en jouant les faux spirituels avec des métaphores usées jusqu’à la corde. Si le ridicule tuait vraiment, il y a belle lurette que vous ne seriez plus de ce monde pour venir polluer les sections de commentaires avec du vide. La prochaine fois, essayez d’élever un peu le niveau ou, à défaut, passez votre chemin !


  • juluch juluch 16 septembre 20:31

    Sous estimer son adversaire n’est jamais bon.

    Les russes vont mettre du temps pour rattraper toute cette « défaite ».

    Il a été confondu la WWII et 2022....pas les memes choses, le Kremlin a cru revenir au temps glorieux de l’armée Rouge.

    La réalité a remis les pendules à l’heure.

    Espèrer freiner l’OTAN en attaquant l’Ukraine a eu un effet contraire.

    Les occidentaux se réarment à la puissance 10 et un conflit Russe/OTAN sera désastreux pour Poutine.


    • mursili mursili 17 septembre 10:43

      @juluch

      Les occidentaux se réarment à la puissance 10 et un conflit Russe/OTAN sera désastreux pour Poutine.

      À mon avis vous vous faites des illusions. Étant donné que la puissance militaire de l’OTAN c’est principalement celle des USA, on peut juger de l’efficacité de celle-ci à ce qui lui est arrivé dans ses protectorats de la péninsule Arabique :
      Expert : Images of damaged U.S. bases in Middle East show Iran « getting help from Russia and China » 
      https://youtu.be/NOjJNypbnow

      Selon cet analyste de l’Atlantic Council, l’Iran aurait bénéficié de l’aide de la Russie et de la Chine. Les USA auraient déjà dépensé plus de 30 milliards de dollars dans leur guerre contre l’Iran.
      Les stocks d’intercepteurs américains s’épuisent. La guerre contre la Russie ne sera pas une partie de plaisir pour l’OTAN. 


    • juluch juluch 17 septembre 12:09

      @mursili
      Ils y arriveront pas, pas plus à l’époque du pacte de Varsovie.
      Pour les USA , depuis Obama ces derniers investissent moins pour la défense de l Europe et l invasion de l’Ukraine a permis aux pays occidentaux d’augmenter leurs budget et de se réarmer rapidement.


    • mursili mursili 17 septembre 12:12

      @mursili

      Ces images de CNN sont encore plus parlantes. C’était il y a quatre mois.
      https://youtu.be/xW8fXYWp0Vw

      Alors, vous allez me dire : quel rapport avec l’Ukraine ? Eh bien, comme je vous l’ai dit plus haut : « l’OTAN, combien de divisions ? »


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 17 septembre 13:30

      Bonjour @juluch,

      Merci infiniment pour ce retour toujours aussi pertinent.

      Vous mettez le doigt exactement sur le cœur du problème : confondre la nostalgie des grandes heures de l’Armée rouge avec la réalité d’un conflit moderne au XXIe siècle, c’était le pari perdant par excellence du Kremlin. Cette incapacité à évaluer correctement son adversaire a ouvert une séquence dont la Russie aura effectivement besoin de longues années pour se relever, tant sur le plan militaire qu’économique.

      Et vous avez totalement raison sur l’effet boomerang : au lieu de repousser l’OTAN, cette agression a surtout réveillé et ressoudé les Occidentaux comme jamais. C’est un pari géopolitique totalement manqué, et c’est un plaisir de lire des analyses aussi lucides dans les commentaires. 


  • jakem jakem 16 septembre 23:41

    Au soviétik ambassadeur qui mit en garde la France en raison de sa vulnérabilité face aux missiles de l’URSS, le général répondit : « Eh bien, monsieur l’ambassadeur, nous mourrons donc ensemble ! »


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 17 septembre 13:33

      @jakem

      C’est exactement cela, une réplique cinglante et implacable ! C’est ce genre de panache et de sens de l’État qui manque tant aujourd’hui. Face au chantage nucléaire ou aux intimidations, il n’y avait que de Gaulle pour renvoyer un ambassadeur soviétique dans les cordes avec une telle désinvolture héroïque. C’était le temps où la France dictait encore son rang par la force du verbe et l’indépendance de sa voix. Merci pour ce rappel historique qui illustre si bien la trempe du personnage !


  • Jean Keim Jean Keim 17 septembre 07:26

    D’innombrables actes courageux voire héroïques ont lieu dans chaque camp de toute guerre, mais il n’en reste pas moins vrai que la guerre est une belle saloperie qui se fout complètement des vies humaines engagées dans les conflits, seul compte le profit ‘’escompté’’ par ceux qui trament les affrontements.


    • Christophe 17 septembre 11:40

      @Jean Keim
      Aussi bien ceux qui en tient profit durant mais aussi après la guerre. Les USA, le pays le plus criminel de la planète, l’ont maintes fois démontré ; les conflits enrichissent les tenants de l’industrie de l’armement et les pays ciblés correspondent aux intérêts économiques des USA, ses intérêts étant privés.


  • Christophe 17 septembre 11:37

    Marrant cette référence à une guerre éclair. Il suffit de savoir que ce concept est exclusivement occidental pour en tirer les conclusions qui s’imposent ... La Russie a échoué à atteindre un objectif fixé par les occidentaux.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 17 septembre 13:35

      @Christophe

      C’est un tour de passe-passe sémantique assez fascinant, mais un peu facile ! Prétendre que la notion de « guerre éclair » est une pure invention occidentale pour faire porter le chapeau au Kremlin, c’est oublier un peu vite les plans initiaux de l’état-major russe, ses colonnes de blindés bloquées sur les routes de Kyiv et les déclarations triomphantes des médias officiels au printemps 2022.

      Inverser les rôles en soutenant que Moscou subissait un objectif fixé par d’autres relève de la haute voltige intellectuelle. À ce compte-là, transformer une bérézina stratégique en plan savamment calculé, c’est à la portée du premier prestidigitateur venu. Mais la réalité du terrain, elle, n’a pas besoin de concepts occidentaux pour être cruelle !


  • Fergus Fergus 17 septembre 11:55

    Bonjour, Giuseppe

    Merci à vous pour ce récit détaillé de la défaite originelle de Poutine, trahi par son arrogance et la stupéfiante vacuité stratégique de ses conseillers militaires.

    Votre phrase « l’état-major de Vladimir Poutine pèche par une incompétence analytique abyssale » résume parfaitement les causes de l’échec russe.

    L’état de délabrement de l’armée, tant au plan matériel qu’humain, a fait le reste en annihilant les projets initiaux du dictateur impérialiste du Kremlin.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 17 septembre 13:39

      Bonjour Fergus,

      Merci infiniment pour ce retour et pour votre lecture toujours aussi attentive. C’est un plaisir partagé, d’autant que je lis toujours avec beaucoup d’intérêt vos propres analyses sur AgoraVox.

      Vous touchez exactement le point névalgique : cette arrogance combinée à une incompétence analytique totale de la part de l’état-major russe a signé l’arrêt de mort de leur plan initial. Entre le délabrement profond des structures militaires et l’illusion d’une promenade de santé, le mur de la réalité ukrainienne était inévitable. Merci encore pour la lucidité de votre commentaire, qui fait écho à une exigence de vérité qu’on essaie de maintenir sur le site, même si nous sommes peu nombreux !


  • Enki Enki 17 septembre 12:45

    Oui, Poutine s’y est pris comme un débutant dans son offensive.

    Il pensait obtenir la couverture aérienne de l’Ukraine sans penser Starlink.

    Il espérait un régime change à Kiev, alors que cela ne se passe pas comme ça. Seuls les Etats-Unis savent les faire, avec leur expérience de 70 ans, leurs 17 agences et leur budget annuel ahurissant du renseignement qui dépasse les 100 milliards de dollars/an.

    L’Ukraine était partiellement préparée à l’attaque, puisque Merkel et Hollande ont dit eux même que le format Normandie a servi à ça et que Washington et Londres on publié les plans de l’offensive avant février 2022.

    C’est n’est pas le Poutine qui a eu le culot d’aller se confronter aux Etats-Unis en Syrie, pour remettre en selle Bachar el Assad qui était déjà tombé du cheval.

    Ce n’est pas non plus le Poutine stratège, joueur de judo sachant utiliser la confiance de l’adversaire dans sa force, afin que celle ci l’emporte dans sa chute.

    Je pense qu’il a paniqué. Il avait ses raisons que j’ignore. J’ai quelques hypothèses mais sans doute partielles et trop incertaines à développer ici.

    Maintenant, c’est la guerre d’attrition. Cette guerre m’a montré que tous ceux qui annoncent la victoire de l’Ukraine avec l’Occident comme ceux qui annoncent celle de Poutine sont des charlots, aussi bien les zexperts de plateaux tévés que les notoriétés des médias alternatifs.


    • Fergus Fergus 17 septembre 13:26

      Bonjour, Enki

      « tous ceux qui annoncent la victoire de l’Ukraine avec l’Occident comme ceux qui annoncent celle de Poutine sont des charlots »
      Bien vu : il n’y aura que des perdants.
      Mais eu égard à ses objectifs initiaux (chute de Kiev et vassalisation de l’Ukraine), Poutine sera la principale victime de ce conflit qui a vu se renforcer les positions de l’Otan.


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 17 septembre 13:43

      @Enki

      Prétendre que Poutine « s’y est pris comme un débutant » tout en essayant de lui trouver des circonstances atténuantes et en agitant l’épouvantail américain pour minimiser la responsabilité écrasante du Kremlin relève de la contorsion intellectuelle.

      Invoquer l’expérience des services américains ou les accords de Minsk pour esquiver l’évidence ne change rien à la réalité : c’est bien Moscou qui a déclenché une agression militaire d’une brutalité inouïe en pensant plier l’affaire en quelques jours. Quant à la nostalgie du stratège joueur de judo ou du sauveur en Syrie, elle fait doucement sourire quand on contemple le désastre humain et matériel accumulé sur le front ukrainien.

      Sur un point, en revanche, vous avez raison : les prédictions péremptoires des charlots en tout genre ne remplacent pas l’analyse froide des faits. Et les faits, eux, témoignent d’une bérézina stratégique historique dont le régime russe ne se relèvera pas de sitôt.


    • Enki Enki 17 septembre 13:53

      @Fergus

      On peut comparer les victoires et échecs partiels, jouer au verre à moitié plein ou vide. En l’état, le vainqueur sont les Etats-Unis, en tout cas ceux qui en tirent les marrons du feu. La défaite est pour l’Ukraine qui a perdu 20% du territoire. L’incertitude demeure entre la Russie et l’Europe de l’UE. 

      Mais le premier constat que je fais, qui couvre tous les autres, est que la guerre n’est pas finie. 


  • jakem jakem 17 septembre 13:11

    Je vois une analogie, des ressemblances entre les évolutions des stratégies du tzar et du Méluche.

    L’armée du premier est incapable de battre l’armée ukrainienne, alors son commandant en chef suprême

    détruit les infrastructures civiles, y compris les magasins en plein jour

    cause des milliers de morts civiles,

    kidnappe des enfants,

     fricote avec les pires dictateurs

    engage des combattants étrangers...

    et se fait passer pour une victime de l’Occident.

    Le second est tout aussi pervers. Son mouvement gazeux est tellement puant qu’il n’a pas réussi à embrigader assez d’abrutis votant pour lui. 

    Alors il racole la lie de la société,

    agrège les tarés, les vicieux, les délinquants, les illuminés, les irréalistes, les révolutionnaires de salon,

    défend les terroristes et les dictateurs,

    s’oppose aux lois promettant la réclusion à perpétuité pour les violeurs de mineurs,

    fréquente et engage des étrangers qui se déclarent ennemis de la France pour obtenir plus de voix, ....

    et se fait passer pour une victime.


Réagir