lundi 11 mai 2009 - par Bernard Dugué

Il n’y a plus de place pour la gauche dans la « marchancratie »

La plupart des pays européens sont gouvernés par la droite, annoncée victorieuse aux européennes ; alors qu’en France, la gauche de gouvernement est dans un piètre état. Et ce n’est pas mieux si l’on observe la gauche de la gauche. Pourquoi en est-on arrivé là ? Ne peut-on penser que l’idée d’une société de gauche n’a plus les faveurs d’une majorité de citoyen ? Situation assez paradoxale au vu de la crise actuelle qui creuse les inégalités. Essayons de lever le paradoxe. Et même d’aller plus loin !

Le marasme social, la décomposition des sociétés, le mal démocratique, tous ces symptômes font l’objet d’analyses savantes. Parfois, le grand public est informé d’une étude émanant d’un grand professeur à l’occasion de la parution de son livre chez un bon éditeur. Sommes-nous plus renseignés sur les maux et l’état de la situation ? Pas certain. Ces grands professeurs, comme P. Rosanvallon très en vue en ce moment, jaugent la société d’une manière souvent abstraite, en plongeant dans les écrits anciens comme si ces textes savants servaient de notice pour comprendre le présent en s’y référant ou en s’en démarquant. Parfois, des choses intéressantes sont exposées. Mais la vérité est souvent plus simple et directe. Prenons le risque du simplisme en abordant la question politique contemporaine par la méthode du charbonnier. Directement dans le cambouis. Enfin, disons au plus près de l’humain. Voici quelques généralités, au risque d’être abstrait. Puis une évocation de la marchandisation.

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Le ressort de nos sociétés avancées, c’est le matérialisme, le goût pour les biens matériels proposés par le système moyennant paiement. On constate que les deux anciens ressorts faisant office de lien social, la nation, les travailleurs, se sont fatigués et sont maintenant usés tels des vieux amortisseurs de voiture. Ce qui fait tourner le monde, c’est l’argent.

La condition humaine se définit par une détermination de son rapport à autrui, à la société, à un ordre de légitimité, de légalité, de souveraineté, qui dépasse l’individu singulier mais qui l’inclut en le transcendant. Cet ordre, ce fut Dieu, la Monarchie, la Nation, l’Internationale. C’est disons, pour parler comme Hegel, un rapport entre le singulier et l’universel et ce rapport est rendu effectif par ce qu’on a désigné, par delà les époque, comme étant l’Etat. Tous les régimes depuis le Moyen Age se sont conçus comme la réalisation d’un Etat organisé autour d’un ordre transcendantal de souveraineté. Ce modèle s’est effrité à partir des années 1960. Nous en voyons les miettes en 2010.

Pour qu’il y ait réalisation de ce rapport transcendantal, il faut que les sujets puissent voir une visibilité de cet ordre. Dieu s’est fait image et représentation dans les églises, la Monarchie dans ses représentants aristocrates et ses jeux de cour, la Nation dans ses élites administratives et ses rites, l’Internationale dans ses luttes et ses conquêtes. Le sujet voit immédiatement ou non cet ordre, ce rapport, cette transcendance qu’il intériorise et qui finit par déterminer sa conduite face à la société.

La marchandise, l’argent, sont devenus peu à peu les ressorts d’un nouvel ordre transcendantal, un ordre bien moins déterminé et même abstrait, structuré autour le la monnaie, devenue valeur universelle. Le monde marchand contemporain est devenu un espace où règnent la légalité et la transcendance de l’économie, dont le chiffre fétiche est la croissance. En vérité, le sort, le destin, le dessein d’une société repose sur les ressorts phénoménologiques des sujets. Pour le dire autrement, dis moi à quoi pense un individu et je te dirais quel est le type de régime où il vit. Dans la France de 2009, l’individu est un citoyen qui pense à la légalité, au droit et au choses matérielles, et à cet chose universellement et absolument abstraite qu’est l’argent et la monnaie. Le Français a un rapport maladif face à l’argent et c’est pour cette raison qu’il utilise la carte de crédit pour ne pas se salir les mains en manipulant de la monnaie où en signant un chèque. C’est sa mauvaise conscience. Le sort de nos sociétés européennes n’est pas radieux. Les hommes préfèrent peu à peu voir les choses et les objets plutôt que leurs prochains. Certes, des résistances se dessinent mais elles ne renversent pas pour autant le cours assuré de la marchandise, avec l’ensorcellement des individus qui privilégient leur budget, leur intérêt, leur consommation, leur passion, leur star fétiche, leur fanatisme, leur proximité, face aux même soucis portés par les autres et surtout, face aux valeurs qui n’ont pas de contrepartie marchande. L’ordre souverain qui a gagné les sujets n’est que la Marchandise et la plupart des individus s’y soumettent. La Marchandise impose que l’homme devienne lui aussi une chose. Ce qui est logique. L’homme doit s’assujettir face à la souveraineté. Dans les temps révolus, cet assujettissement était une élévation. On s’élève en oeuvrant pour Dieu, la Nation, l’Internationale, mais on s’avilie face à la Marchandise. Les individus ont pour l’instant fait le choix de s’avilir mais pas tous, dieu merci. En cette matière, il n’existe pas de discours manichéen ou binaire. On peut très bien apprécier la Marchandise et respecter, voire promouvoir les Valeurs et œuvrer en conséquence. La société est un dosage mais progressivement, la souveraineté de la Marchandise l’emporte et de là vient le marasme actuel, de là vient l’effritement de la gauche des valeurs sociales et de la droite des valeurs nationale et réciproquement car il y a une gauche nationale et une droite sociale.

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La valeur travail a toujours été prisée dans les sociétés. C’est encore le cas mais souvent, ceux qui vantent cette valeur le font pour faire travailler les autres à leur place. Eux, s’emploient à gérer, diriger, organiser. Ce n’est pas un métier inutile mais à force d’être déconnecté du monde du travail, les gouvernants finissent par ne plus comprendre le labeur et des valeurs humaines alors qu’ils prennent conscience, peu à peu, de la valeur de la marchandise. L’homme s’efface du système des valeurs. Les élites gouvernantes sont ensorcelées par ces belles montres, des automobiles sophistiquées, ces voyages de luxe, ces produits high-tech, ces call-girls aux longues jambes, ces jolies femmes vénales. Le parti du fric est par nature celui de la droite mais la gauche a fini par rejoindre ce parti et oublier les valeurs humaines ou du moins, les mettre en veilleuse. Et les gens du peuple ont fait de même. Attention ! Le ton résolument affirmatif de ces constats ne décrit qu’une tendance et bien sûr, les gens, ça n’existe pas mais l’individu ou la personne, oui ; et chaque personne ne se comporte pas forcément comme l’ensemble.

Un tournant a été amorcé après 1980. L’entreprise a été réhabilitée comme valeur mais c’est surtout l’amour de l’argent, le culte de la réussite, la consommation high tech, voire ostentatoire, qui ont monté d’un cran, lentement mais résolument. Comme on le sait, ce sont les classes aisées et les élites qui forgent les modèles et les valeurs individuelles. Sans pour autant que les valeurs morales et sociales soient délaissées. Elles ont été maintenue pendant longtemps mais se sont effritées entre 1980 et 2010. Dans un tel contexte, au risque d’être manichéen, on dira que : il est « naturel » que la droite, plus individualiste, plus libérale, plus capitaliste, plus bourgeoise, prenne les rênes du pouvoir ; tout comme il est « naturel » que la gauche préserve les valeurs sociales, l’art, la culture, l’éducation, plus généralement les services publics et aussi qu’elle combatte les inégalités. Mais la tendance à la marchandisation a gagné les sociétés. Le grand inquisiteur de l’anti-libéralisme s’écrie : le monde n’est pas une marchandise. Il oublie au passage que si le monde est devenu marchandise c’est parce que le sujet humain s’est imprégné de cette valeur. Tous ces bien d’équipements, ces décos pour la maison, ces voyages dans les îles, ces tailleurs griffés, ces belles berline high tech souvent allemandes, eh bien tout cet ensemble a suscité un désir puissant dans les populations, selon les moyens de chacun. Les uns vont chez le concessionnaire Mercedes, logent dans les relais et château, les autres vont dans les centres commerciaux de banlieue, chez Ikea et dans les magasins discount. Les revenus des premiers sont pourvus pour une bonne part par le travail des seconds. Et maintenant, stop, ce propos vire par trop au cliché.

En résumé, le système productif a si bien fonctionné qu’il a ensorcelé les esprits. Par ailleurs, l’individualisme s’est généralisé, chacun défend ses acquis en se regroupant derrière un syndicat ou une corporation. De plus, les élites, élus, politiques, administratifs, médiatiques et médiarques, ont été en tête de cette montée en puissance de la marchandisation, réclamant de gros revenus pour assouvir une consommation de standing et quand ce n’est pas possible, un petit voyage d’étude aux Antilles permet d’entretenir une bonne camaraderie entre conseillers départementaux de France et d’Outre-Mer. Les statistiques officielles montrent que les hauts revenus se sont accrus de 10 % ces deux dernières années alors que les bas revenus ont baissé ou stagné, ce qui se comprend si on intègre dans la moyenne les licenciements et autres motifs de perte de revenus.

 Au final, la République se délite. Le ressort de la République c’est la vertu disait Montesquieu. Le ressort des démocraties dominées par la marchandise ce serait le désir, le profit. Nous pourrions créer ce néologisme de marchancratie, le pouvoir donné aux hommes mais aussi aux profits. Dans un tel univers, il n’y a plus de place pour la gauche. Ce n’est pas une question de programme mais de valeur, d’éthique, de visibilité dans la conscience de l’humain rapportée à la visibilité d’horizons a-humains, comme le profit, la technique, la marchandise. Pour l’instant, c’est disons, mort pour la gauche. Parce que les consciences sont de plus en plus gouvernées par le matérialisme que sollicitées par l’humanisme. Est-ce définitif ? Nul ne le sait mais ce verdict rend plutôt vaines toutes ces tentatives de refonder la démocratie.



17 réactions


  • Kalki Kalki 11 mai 2009 11:33

    L’homme doit s’assujettir face à la souveraineté. Dans les temps révolus, cet assujettissement était une élévation. On s’élève en oeuvrant pour Dieu, la Nation, l’Internationale, mais on s’avilie face à la Marchandise

    Pas du tout d’accord avec vous, il semblerait que vous preniez le passé (et les “Histoires”) comme réalité (alors que le passés dans les histoires, ne sont que des mythes magnifiés), tout comme biensur la mythomanie des histoires des religions.

    Y a t’il des diffèrences entre ce que vous citez et, finalement est ce que l’argent, l’économique n’étaient pas juste une raison qu’on cachait, mais qui demeurait pourtant bien présente dans bien des décisions, et des visions du monde individuelles et collectives (pour la politique, les religions, la guerre, les horizons, et les horizons des possibles, et les visions de l’égalité politique et économique possibles dans les sociétés)

    Est-ce définitif ? Nul ne le sait mais ce verdict rend plutôt vaines toutes ces tentatives de refonder la démocratie.

    Refonder la démocratie , En politique et/ou en faisant une révolution d’engouement (en prenant les individus avec leurs mentalités actuelles) ne changerait … Rien.

    http://eminencia.org/

    Je vous invite à prendre connaissance du Méta projet que je monte.( qui propose d’autres méthodes). Et peut être que vous pourriez prendre contact, suite à cet APPEL.


    • paul muadhib 11 mai 2009 16:47

      salut kalki, je suis aller voir votre lien que je trouve interessant, je le mets en favoris pour y retourner.

      on y parle d auroville ; quand j avais 15 ou 16 ans aurobindo faisait parti de mes lectures, avec la o tseu, le confucianisme, krishnamurti etc..l epoque des doors et du petit cognac au fond de la classe...pour certains...
      je suis en irlande ayant pressenti un evenement majeur a venir. Pour l instant dans le sud et bientot dans le donegal tout en haut. le pays a la gueule de bois depuis la recession, enfin ceux qui pensaient « baiser » les autres en achetant et revendant des maisons, pour les autres ca va , l argent facile a change certains, l arrogance a debarque, mais les sympa d avant sont sympa, le bio se developpe bien , les liens entre personnes sont encore vivaces ici, c est bien, ma femme et moi nous revivons loin du pays de la haine exacerbee qu est la france ..cela dit j ai toujours trouve la france ainsi, cette droite francaise est vraiment speciale....je ne mentionnerais pas le ps de droite, le corbillard va bientot passer, et c est tant mieux pour avancer...
      je vous rejoins quand vous dites que refonder avec les memes mentalites ne changera rien, ca a toujours ete une evidence pour moi, j ecris un livre sur le sujet , sur la racine du « mal » selon ma perception de moi meme, l ego que j appelle cerveau analytique....
      trop long a developper ici..
      pourriez vous developper succintement votre meta projet .
      salutations


    • Kalki Kalki 11 mai 2009 18:05

      je vais copier ce que j’ai écrit dans les présentations ici et là ( le site , l’interface tout au moins n’est pas finit je m’explique)

      Je vais également reformuler le projet plusieurs fois pour bien le définir ( car il a plusieurs facettes), chaque touche pour détailler la peinture.

      Première Formulation :

      "Il n’était pas désirable que les prolétaires puissent avoir des sentiments politiques profonds. Tout ce qu’on leur demandait, c’était un patriotisme primitif auquel on pouvait faire appel chaque fois qu’il était nécessaire de leur faire accepter plus d’heures de travail ou des rations plus réduites. Ainsi, même quand ils se fâchaient, comme ils le faisaient parfois, leur mécontentement ne menait nulle part car il n’était pas soutenu par des idées générales. Ils ne pouvaient le concentrer que sur des griefs personnels et sans importance. Les maux les plus grands échappaient invariablement à leur attention." 1984, George Orwell

      Eminencia se veut d’être le terreau pour les réflexions, les débats, les solutions, et les décisions.

      Eminencia : pour les citoyens, en véritable démocratie.

      Un lieu d’information, un lieu de débat, de réflexion, de décision, et de connaissance.

      Un lieu d’échange, d’aide, d’entraide,  permettant de créer son projet réel , d’agrandir son réseau, de trouver de l’aide nécessaire POUR ENFIN CONCRÉTISER.

      « Eminencia » cherche avant tout à concrétiser, et à aider à concrétiser.

      Le projet « Eminencia » est ’neutre’ politiquement, de plus il tient à rester légal, les modérateurs sont appelés à la neutralité.

      Eminencia est neutre, la visée est démocratique, les moyens sont démocratiques, les buts sont démocratiques.

      Les membres (n’importe qui) peuvent créer leurs projets. Les projets des membres dans le lieu d’échange Eminencia peuvent être fortement politiques, ou viser à l’organisation de divers projet dans la vie réelle

      De plus suite de mes réflexions, Eminencia c’est aussi TROIS projets d’un tout autre niveau, presque indissociable, pour une autre société :

      Le but ultime d’Eminencia : convertir les communes (ou créer des communes) sur un nouveau modèle. Des communes, pas des communautés ou des écovillages ... car il s’agit bien de société, de citoyenneté et de démocratie, pas de religion, d’autarcisme ou de communautarisme. Chacun est libre de faire subtilement ce qu’il veut, de plus c’est une obligation (si l’on veut être citoyen et participer à la société) de penser et d’avoir un esprit critique : le contrat de citoyenneté)

      Seconde Formulation :

      Lire une autre présentation ici

      Troisième Formulation (plus technique)

      - Un site : Un système d’information
      - Compatible Openid : Tout le monde est déjà membre, il suffit d’une adresse email pour se connecter.
      - Un “blog” multiauteur pour de l’information libre, permettant le débat humain, avec image et son (c’est humain, ça risque d’être houleux, mais au moins c’est humain, certain ne se cacheront pas derrière des mots en l’air, c’est parfois trop facile d’écrire sur Lordinateur).
      - Multilangue et en plus permet de traduire les pages indépendamment de la langue ‘officielle ’ de l’article (et des commentaires), tout le monde peut se balader : nouvelles Babylone (diraient certain) mais Babylone des citoyens et pour les citoyens
      - Parcequ’un blog ne suffit pas, de l’information à tout va submerge finalement (ça ne fait pas avancer) il faut donc un moyen de “Ralentir ou temporiser l’information” pour débattre ( et décider )
      - C’est pour cela qu’il y a un forum. ( le forum permet aussi à n’importe qui de prendre contact et de créer son “projet” et de partager, de trouver de l’aide, et enfin de le concrétiser). Peut-être un forum romanum ?
      Parce que les discussions, le débat ne suffisent pas, il faut encore atteindre un autre niveau de l’ “information”, le niveau de la “connaissance”, des connaissances.
      - C’est pour cela qu’il y a un wiki.
      L’action dans le réel est favorisé par tout cela, mais ce n’est plus information informatique, vous comprenez, c’est une action, dans la réalité, une concrétisation, ENFIN, et eminencia c’est également cette volonté : l’accomplissement, dans un milieu qui aide, sans contrôle, sans jugement. Pas seulement des réflexions en l’air, ou de l’information journalière ou une gentille encyclopédie universelle, séparément, ça ne sert à rien, il faut faire le lien, il faut tisser des liens.


  • Francis JL 11 mai 2009 14:04

    « Le néolibéralisme, ce n’est pas moins d’Etat, mais un Etat au service de la concurrence » (Christian Laval). Donc un Etat au service du marché. Or le marché est par nature, amoral. Et Montesquieu disait : « Un État sans morale n’est que despotisme ».

    CQFD : L’État néolibéral est despotique.


    • Francis JL 11 mai 2009 14:07

      L’Union Européenne est despotique.

      On ne souligne quasiment jamais que l’expression « communauté internationale » est classiquement utilisée pour désigner Washington et tous ceux qui en viennent à s’aligner avec elle, pas seulement sur cette question, mais d’une manière assez générale (Chomsky là)


  • Internaute Internaute 11 mai 2009 14:08

    C’est trés bien vu sauf que vous prenez vos désirs pour des réalités, ce qui se confirme à la fin quand vous écrivez « Pour l’instant, c’est disons, mort pour la gauche. Parce que les consciences sont de plus en plus gouvernées par le matérialisme que sollicitées par l’humanisme »

    J’ai toujours appris que c’est la gauche qui est matérialiste, la droite (nationale) étant plutôt idéaliste, mettant ses valeurs au-dessus des biens. En fait vous sombrez dans le cliché de la dichotomie gauche-droite, ouvriers contre patrons alors que c’est le FN qui fait le plus de voix chez les ouvriers.

    La gauche n’existe plus tout simplement parceque la droite gouverne à gauche. Nous avons sombré dans un étatisme de type communiste où le moindre détail de la vie courante est contrôlé par les députés. On n’arrête pas de parler des excès du libéralisme mais en fait de libéralisme il n’y a que quelques grands marchands internationaux (banques, multinationales, importateurs) qui ont un peu de liberté. Essayez de développer par vous-même une petite entreprise et vous verrez que nous somme dans un Etat totalitaire où le libéralisme n’est qu’un mot creux. Ce que nous vivons est une parodie complète du système capitaliste. L’accumulation de capital étant à peu prés interdite il n’y a plus que les conglomérats qui s’en sortent. Ces exceptions remuent des sommes colossales ce qui permet aux journalistes de les montrer du doigt et de condamner tout le système.

    La séparation politique se fait aujourd’hui selon l’axe mondialistes-nationalistes et la gauche comme la droite (UMPS) se trouve du même côté, le côté mondialiste.


    • Kalki Kalki 11 mai 2009 15:19

      J’ai toujours appris que c’est la gauche qui est materialiste, la droite (nationale) etant plutôt idealiste, mettant ses valeurs au-dessus des biens. En fait vous sombrez dans le cliche de la dichotomie gauche-droite, ouvriers contre patrons alors que c’est le FN qui fait le plus de voix chez les ouvriers.

      Commencons par la fin (admettons la classe inferieur et la plus grande part de marche du FN, comme dans d’autres sphères), les gauches etaient ou se disaient « progressiste » (ideologie fonde sur les technologies, et leurs avances toujours meilleur pour un monde meilleur, et leurs bienfaits), des communistes aux socialistes en passant les bourgeois caviars, ils se tromperent depuis toujours sur la (sur la base de ce qu’il fallait vendre aux peuples, pour l’avenir, pour leur bonheur/bienetre, future). Concernant la forme : Le message de la gauche etait faites pour ceux qui recevraient les messages : la classe inferieur , on parle a la classe inferieur avec des images, des metaphores, du symbolisme, et des « Grandes idees » d’avenir meilleur, et (un peu de patriotisme, l’europe etait juste un nouvel ideal àune autre echelle). On peut tromper la classe inferieur, elle a toujours etait trompee, ( sauf quand elle a agit d’elle meme).

      On parle a la classe superieur avec des chiffres, avec des dossiers, des constats, des experts de l’expertise subjective passee comme objective, et ON PEUT AUSSI TROMPER LA CLASSE SUPERIEUR (la classe superieur , et /ou classe moyenne si jamais on arrive àla definir : en tout cas beaucoup s’y croient de nos jours parceque « il n’y a plus d’ouvrier »)

      Un chiffre peut paraire realiste, une quantification se veut et se dit scientifique (et « la science c’est bien et c’est la raison ») : mais ca reste qu’une vision abstraite, avec le même coefficient d’erreur et de subjectivite, et de prise de position ideologique aveugle.

      Qui n’est pas consumeriste ? L’esprit economique d’aujourd’hui est materialiste, en tout cas il l’impose.

      Derrière des simples chiffres, on ne voit plus la realite, la realite est materiel, la liaison economique /realite materialiste ( et seulement materialiste) est faites abstraitement dans le mental. C’est quand on prend un grain de sable pour (un) grain de sable, qui n’a que pour utilite (utilitarisme) de rentrer dans la composition du ciment (pour construire) ou de se trouver sur les plages (pour le divertissement), qu’on a perdu pied dans l’humanite, et qu’on ne voit que la realite materialiste et que celle la .

      Le liberalisme est une ideologie.
      Le liberalisme est une utopie...

      On atteint pas le reve, on atteint jamais la perfection,
      Et si le reve etait trompeur et empoisonne ?


  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 11 mai 2009 15:59

    Tiens Bernard, lis le dernier bouquin de Régis Debray sur la fraternité dans lequel il tente avec Ségolène Royal de restaurer cet idéal contre tout ce que tu dénonces.

    Mais il faudrait que tu révises ton hostilité spontanée, voire irrationnelle, vis-à-vis de celle que tu penses être soit politiquement hors jeu, soit dangereusement populiste...


  • xray 11 mai 2009 19:36

     

    La misère est le fondement de la société de l’argent. 

    Le bourbier européen 


    (
    Faire courir les petites fourmis humaines le plus vite possible,  le plus dans tous les sens possible et le plus … inutilement possible.)
     



    L’Europe gagne à pourrir la vie du plus grand nombre. 
    Cette Europe du fric, des banquiers, de la pègre, de la mafia,  des curés fascistes et des ânes,  on n’en veut pas ! 

    Dès l’instant où l’on a parlé de construire l’Europe, on pouvait observer que les plus acharnés à « construire l’Europe »  étaient les plus incompétents en tous domaines. On aurait dû se méfier. 


    Des institutions fantômes (Que du papier !)  
    Ponctuellement, les médias produisent un éclairage positif sur des institutions qui ne sont rien d’autres que des images d’Épinal. 
    Ces images d’Épinal qui masquent des fonctionnaires payés à prix d’or pour ne rien faire et pour seulement obéir.  Obéir à qui ? 

    Ces fonctionnaires qui n’ont pour activité que de répondre aux courriers des requérants pour leur expliquer, en des tournures de phrases recherchées, qu’ils ne sont pas compétents. 
    Voire encore de mettre directement à la poubelle les courriers véritablement dérangeants. 

    En dehors de cela, par nature, les fonctionnaires sont toujours à la recherche de quelque chose à voler. Pour eux, l’Europe est un terrain de chasse idéal. L’Europe, ils sont « POUR » ! 


    Le pouvoir est entre les mains de ceux qui contrôlent le capital de la Dette publique. 
    Pour la France, le capital de la Dette publique (cinq fois le budget net de l’
    État) est contrôlé par ceux qui, en France,  bénéficient de la loi 1905. La loi 1905 défiscalise les immenses ressources des curés. 

    Les curés qui, eux aussi, sont toujours à la recherche des quelque chose à voler. Qui de plus, n’ont pour préoccupation première que de pourrir la vie du plus grand nombre. 

    (Faire courir les petites fourmis humaines le plus vite possible, le plus dans tous les sens possible et le plus … inutilement possible.)  


    Face à cela, les Politiques ne sont que des porte-cravates. 
    Les politiques ne sont que les marionnettes d’un Grand Guignol destinés à animer le spectacle pour les « Gogols ». 


    Les politiques sont asservis au capital de la Dette publique. 
    Si ce capital gagne à pourrir la vie du plus grand nombre, il gagne aussi à générer l’insécurité. 


    Le Grand Guignol politique 
    http://n-importelequelqu-onenfinisse.hautetfort.com/ 

    Drogue, SILENCE ! 
    http://www.lepost.fr/article/2009/02/28/1440133_drogue-silence.html 

    La dictature de l’image 
    http://echofrance37.wordpress.com/ 

    L’euro « justice » 
    http://echofrance36.wordpress.com/2008/10/22/leuro-justice-un-immense-neant-dans-une-coquille-dillusion/ 



  • ddacoudre ddacoudre 11 mai 2009 23:46

    bonjour duget

    bien d’accord sur l’essentiel. il y a très longtemps un homme que certain appelaient jésus a viré les marchands du temple. si déjà à cette époque était compris le danger de laisser la marchandisation envahir les esprits, nous n’avons pas su tirer profit de cet enseignement, nous avons même fait exactement l’inverse nous avons donné le pouvoir aux marchands pour notre plus grand malheur, car les quelques années glorieuses de l’industrialisation ne pèseront pas lourds dans l’histoire de l’espèce humaine, mais son activité aura engendré des répercutions écologiques bien plus durables.

    Il est une évidence pour moi de considérer la distinction que nous faisons entre le naturel et le culturel, comme purement conventionnelle, car cela résulte d’une sensation à considérer que nos innovations donnant lieu à des réalisations échapperaient à la « nature », à ses « forces », parce que nous réaliserions des produits qui supposent d’associer, d’assembler ou de combiner une quantité innombrable de connaissances de découvertes de savoir faire que nous nous transmettons.

    Purement conventionnelle, car il n’y a pas « décohérence » entre les deux car cette opposition ne donne pas une valeur nulle, même si nous n’avons pas défini une loi d’unification.

    Nous pouvons le comprendre par la capacité combinatoire de l’intelligence associative dont notre cerveau est doté. Et lorsque celui-ci reçoit les informations envoyées par les cellules de notre organisme qui ont enregistré une ou des perturbations de son environnement, notre structure cérébrale commande alors les comportements qui satisferont à cette ou ces perturbations. C’est ainsi que nous donnons corps à toutes choses matérielles ou abstraites par projection de la pensée symbolique, lorsque les événements favorisent leurs émergences en perturbant notre organisme. Dans ce prolongement ayant conscience de la limite de notre regard, et ayant également par des moyens techniques mis en évidence certaines lois, nous ne pouvons pas contester quelles ne soient pas issus d’autres chose que de la perturbation de notre organisme relayé par le cerveau. Y compris des perturbations liées à des événements environnementaux dont nous ignorons tout. Ce culturel que nous définissons, appartient donc entièrement au naturel, parce qu’il se trouve dans l’univers, et que celui-ci le constitue, et qu’il est bien le produit d’une structure inné qui favorise l’aptitude à l’adaptation.

    Nous faisons cette distinction parce que notre regard, par sa structure sa forme et sa nature, est limité, et donne au cerveau les images de notre monde sensible que celui-ci redistribuera à tout l’organisme.

    Partant de là nos concepts, induit par notre représentation du monde, considèrent comme naturel ce qui est en l’état matériel dans la nature, ou reconnu héréditairement transmissible, ou se manifestant par des régularités observables à notre échelle (la vie, la mort, la pensée, se nourrir etc.…).

    Cela relève du fait que, pour exister nous sommes exemptés, dispensés de connaître, de comprendre et d’établir des repères. Des repères de liens de compréhension normalisateurs, régulateurs de l’émergence d’un Homme qui se dit Créateur. Pour exister nous n’avons pas besoin de comprendre notre monde sensible, c’est « l’état que nous qualifions à tort ou raison d’animalier ». Également peut-être cela relève-t-il aussi du fait d’une approche eschatologique de l’Homme créé, ou à notre ignorance due à nos difficultés à retrouver, ou à vouloir chercher le « réel » dans l’image que nous en construisons.

    Il faut être convaincu pour penser autrement que l’Univers permet toute chose que nous inventons. Telle la voiture qui ne nous paraît pas issue de l’univers parce que nous disons que nous la créons, et ce n’est pas parce que nous réalisons de tels assemblages qu’ils ne sont pas naturels, car tout événement est déterminé par ce qui l’a précédé.

     

    Force est de constater que l’univers autorise des formes bien plus complexes, telle que nous les Humains ou un flocon de neige, dont la structure complexe n’apparaît pas à notre regard. L’univers n’a nul besoin de voiture pour se déplacer, cet outil est inhérent à nos contingences humaines planétaires. Avec une force de gravitation plus faible nous nous déplacerions sans véhicule, où bon il nous semble. Dans de telles conditions, nous n’aurions pas créé de véhicules, les oiseaux n’auraient pas besoin d’ailes, et notre monde serait tout autre, comme il le serait également avec une gravitation plus forte, mais dans ces conditions nous aurions réalisé peut-être d’autres innovations.

    Néanmoins, par nous, l’Univers sous-tend ces créations puisque nous la réalisons, et qu’elle est le produit d’un empilement d’événements successifs. Pour autant nous ne naîtrons pas au volant d’une voiture, de la même manière que notre planète n’est pas apparue spontanément.

    Bien sûr, en l’état cette voiture n’est pas codifiée dans nos gènes. Elle l’est par contre dans la capacité combinatoire cérébrale projective qui va associer inné et acquis. Elle se transmet par l’apprentissage, et par l’information que nous nous enseignons les uns aux autres pour la concevoir, et détermine d’autres événements. Ainsi à un moment donné les comportements culturels vont enregistrer que cet acquis est une exigence vitale pour la survie de son organisme inné ; c’est tout notre discours sur la croissance.

    De telle manière que si nous regardons le culturel comme autant d’essais  : C’est à dire que chacune de nos réalisations, dépendantes de nos capacités créatrices (produit de l’univers et non pas de notre cerveau), ne durera qu’en fonction de son aptitude à subsister, comme constante d’un développement, dans un système d’évolution universel dans lequel la culturalité favorise et facilite l’adaptation, l’acculturation, la régression, la progression, ou son suicide (aptitude à une structure d’engendrer son autodestruction).

     

    Alors le culturel peut être regardé comme un événement en soi, un évènement transformateur de l’environnement qui s’inscrit naturellement dans la genèse planétaire.


    cordialement.


    • Kalki Kalki 12 mai 2009 00:34

      Vous parlez du Naturel (un peu à la manière d’un alchimiste) , culturel (sociopsychologie)

      Mais et le biologique ?

      Si bien sûr nos visions de notre environnement ( du monde, et de la société..) sont malléables (et se forment rapidement, car à chaque individu), il est une chose qui ne s’adapte pas aussi rapidement, notre biologie. (et les biologies)

      La vision d’une chose ne fait pas la chose, mais libre à vous de la croire, car on est bien dans le domaine des croyances.

      P-S : on à écouté ceux qui représentèrent le Jésus : contre la marchandisation bien longtemps, il n’y a qu’un chrétien, c’est jésus (les autres c’est des ...). Toutes les forces mises pour contrôler n’ont servi à rien ( quand d’ailleurs on ne voulait pas « contrôler » , prendre leur pouvoir et user de ses mêmes forces à son profit )

      On ne contrôle pas les gens, et même leur foutre une idéologie dans le crâne ne changera pas la « nature profonde » du monde humain (une idéologie comme une autre)

      Le « libéralisme  » (donc le matérialisme et la pensé seulement individualiste) est la libéralisions des "forces économiques" après la chute des morales religieuses ... Et  ?

      Est-ce un bien ou un mal ? Faut-il vouloir revenir en arrière ?

      Les forces économiques n’ont pas changé de mains. La « morale » elle oui.

      "un avenir radieux tout dans la tete" (de certain), est-ce que c’est ce que vous voulez  ?
      Sir duguet, vous avez l’air de vouloir faire de votre idéal une nouvelle idéologie,

      Pas de vision de gigantisme sans (ab)négation de l’être et de l’individu.
      Pas d’individualisme absolutiste sans négation de la société.

      (Tout cela surtout si on ne parle pas de démocratie ’directe’ et de citoyenneté)


    • ddacoudre ddacoudre 12 mai 2009 21:59

      bonjour kalki

      d’accord avec toi, on ne changera pas la nature humaine, sous le culturel se dissimule toujours les bases universelles de toute existence, des particules à la biologique. a chaque étape ce n’est qu’une vue de notre être fonction des moyens technologiques dont il s’est doté. si notre regard était fait de rayon X notre monde serait bien différent. la biologie serait toujours là mais nous ignorerions cette dimension qui n’est qu’une étape de la connaissance humaine.
      si le culturel est partie intégrante d’un comportement inné, seule ses représentations sont aléatoires et diverse en fonction de l’environnement dans lequel il se développe, du cumul des savoirs sous lesquels se dissimule ce que tu appelles la nature humaine, qui fait qu’il n’y a jamais de solutions définitives et qu’il faut constamment remettre le travail culturel sur le métier en croyant que nous disposons du libre arbitre, alors que nous ne donnons qu’une réponse aux effets des sollicitations environnementales qui se compose aussi de cette activité culturelle.

      cordialement.


  • Marc Bruxman 12 mai 2009 02:07

    Bonjour,

    Plutot d’accord avec votre article. On constate en effet que les ressorts naturels de controle des populations tels que la nation et la religion sont en train de couler. Et que la marchandisation est bel et bien en marche. Même les syndicats ne cherchent finalement plus qu’à obtenir « du fric ». La société marchande semble avoir définitivement gagnée.

    Le processus est en cours, et la crise semble plutot l’accélérer que le ralentir.

    La force religieuse a disparue, la force politique ne va pas tarder à suivre.

    Parce que le marchand se fiche que vous soyez moral ou immoral. Si vous avez un vice, le marchand veut satisfaire votre vice. Vous n’êtes plus une personne avec un vice, vous êtes un client. A partir de la, elle devient irrésistible. Surtout lorsque la force politique devient défaillante.


    • Francis JL 12 mai 2009 09:09

      Puisqu’on tape sur les marchands, j’ai envie d’en rajouter une couche.

      Ne dit-on pas dit : « Pour un marchand, un client averti n’en vaut plus que la moitié ». ?

      Ce qui veut dire que les marchands sont, aussi, obscurantistes !  smiley


  • frédéric lyon 12 mai 2009 09:06

    Encore un article où quelques obsédés viennent nous parler, en bien ou en mal, du seul sujet qui les intéresse et qui meuble tous leurs cauchemars :

    L’Argent !

    Et qui viennent en pleurnichant nous rappeler quel mal ils ont, depuis qu’ils ont quitté le sein de leur mère, avec le principe de réalité. 


    • Kalki Kalki 12 mai 2009 10:51

      Peut etre que certain acceptent la réalité et acceptent toute la merde qui s’y passe,

      Certain comme toi par exemple.

      D’autre la refuse.


  • Bois-Guisbert 12 mai 2009 11:05

    Pendant des années, j’ai annoncé que la gauche allait être politiquement cramée parce qu’elle n’a rien à répondre aux de souche qu’exaspère la montée constante de l’immigration allogène et de tous les désagréments qui l’accompagnent. Nous y sommes.

    Sarkozy avec sa smala de Sabeg, de Yade, de Dati, d’Amara, avec sa diversionniste aiguë, sa discrimination positive, sa volonté d’imposer aux Français des voisins qu’ils ne se sont jamais souhaités, est en train de se planter tout pareillement.

    Si l’idiote des Charentes était capable de renier son stupide internationalisme prolétarien et de partir en guerre sous le slogan LA FRANCE AUX FRANCAIS, elle remporterait la présidentielle de 2012 avec 55 % des voix ! Au premier tour !

    Mais, justement, parce que c’est une idiote, elle ne le fera pas smiley

    L’avenir doit donc être cherché dans le mouvement national « convenable » qui prendra, sans l’assumer, la succession d’un FN discrédité par les dérapages verbaux de son chef, un handicap que sa fille ne surmontera jamais...


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