Ou comment truquer facilement quelques études scientifiques.
Soyons direct : les firmes de type multinationale ou grosse société nationale mentent comme elles respirent, et n’ont que faire de la santé publique, tant qu’elles n’y sont pas incitées par la poigne d’un état ou la vigilance des acteurs de la société civile. Certes, les états ne sont pas des anges, mais qu’a-t-on inventé de mieux, sous réserve de prévoir des contre-pouvoirs par des élections libres, des assemblées, une vie associative et des médias indépendants ?
Laissons à d’autres le soin de développer la défense des industriels, qui ont de fait quelques arguments à faire valoir, en général l’emploi et son double le chômage, la concurrence internationale, la mondialisation et les incertitudes scientifiques, l’investissement, l’innovation, la nécessité du profit, la rémunération des actionnaires...
Naturellement, en disant qu’ils se moquent de la santé publique, on ne prétendra pas qu’ils vont jusqu’à vidanger le circuit de refroidissement de la centrale nucléaire voisine sur votre pelouse (quoique les armateurs vidangent sans scrupules dans la méditerranée ou devant le littoral Atlantique...), les choses sont plus subtiles que ça, et heureusement, les ingénieurs font leur boulot en améliorant les techniques et la sécurité ; amen. Voilà pour la défense.
Reste que les infos circulent mieux depuis Internet, et qu’il y a toujours quelque part des gens honnêtes qui font de vraies études scientifiques.
Eux dont autrefois la voix était étouffée, noyée dans le flot de contrevérités et de dissimulations, ou leur parole délaissée par les médias, peuvent voir aujourd’hui leurs analyses circuler beaucoup plus facilement.
Il est maintenant tout à fait évident que pendant tout le vingtième siècle, les grandes entreprises ont menti, triché, truqué les études, corrompu ou compromis les scientifiques et les politiciens, saboté la réputation et la carrière des gens honnêtes, manipulé les médias, tout ça sur des sujets aussi divers et aussi graves sur le plan sanitaire que le plomb dans le carburant automobile, l’amiante, le benzène, la dioxine, les médicaments, le nucléaire, les pesticides.
les menteurs jouissent d’une retraite paisible et prospère, tandis que les scientifiques honnêtes ont subi les pires avanies. Il est même probable que les plus gros menteurs sont tous décorés de la légion d’honneur.
Il est même possible que les mensonges continuent, et que les mêmes méthodes éprouvées soient encore utilisées !
Le plus récent exemple de ces stratégies fut l’intense lobbying européen de l’industrie chimique pour édulcorer le protocole Reach.
J’entends déjà la critique : voilà des accusations bien lourdes sans aucune preuve !
Internet permet de faire circuler les preuves des agissements de ces nuisibles, de faire connaître au grand public des enquêtes et des livres comme par exemple ceux-ci :
L’Histoire secrète du plomb, Marcia Angell (ex-directrice du new England Journal of medecine, Ed. Allia, paris 2005, La vérité sur les compagnies pharmaceutiques, comment elles nous trompent et comment les contrecarrer, du même auteur, Ed. Mieux-être Le Monde selon Monsanto, Marie-Monique Robin Travailler peut nuire gravement à votre santé, Annie Thébaud-Mony, Le grand secret de l’industrie pharmaceutique, de P. Pignarre
On pourrait penser que la désinformation requiert les services de prodiges des mathématiques, comme pour imaginer les produits financiers tels que la titrisation de prêts douteux, mais non, il suffit de techniques artisanales, de trucs de bonimenteurs, simples et efficaces comme toutes les techniques d’escrocs peaufinées depuis que le monde est monde, depuis que des hommes trompent les autres ...
Des chercheurs (Gennaro V. et Tomatis L.) ont soigneusement vérifié les études épidémiologiques financées ou soutenues par l’industrie pétrolière, sur les effets toxiques de l’exposition professionnelle à certaines substances, et ils ont relevé de nombreux biais méthodologiques aboutissant à une large sous-estimation des risques au travail.
Qui s’étonnera que 60% des études conduites par des chercheurs indépendants de l’industrie mettent en évidence un risque, contre 14% de celles financées en tout ou partie par l’industrie ?
A titre d’exemple, voici quelques-unes de ces astuces toutes simples :
La dilution :
ne pas séparer les travailleurs exposés (ou soupçonnés d’être exposés) de tous ceux de l’entreprise concernée, ce qui dilue fortement le risque et peut fortement le sous-estimer in fine. La répartition erronée :
mal répartir les travailleurs, par exemple en mettant des gens exposés dans le groupe témoin des non exposés. Dans certains cas, on a conclu que les travailleurs exposés étaient en meilleure santé que autres ! Témoins mal choisis
Si on compare à la population générale, car les travailleurs sont – en moyenne- en meilleure santé, du fait que la population générale comprend des inaptitudes totale ou partielle à l’emploi. Choisir un temps d’exposition trop court, pour des affections qui peuvent se révéler des années ou des décennies plus tard (cancers). Interpréter l’absence de surveillancecomme une absence d’exposition.
On ajoutera l’obstruction, la rétention de données, la non-publication d’études défavorables, le gain de temps, les experts salariés ou subventionnés par les firmes, la pression sur les opposants, sur les supérieurs des scientifiques rétifs, sur l’administration, les politiques, les médias ; et on comprendra l’étendue de la panoplie anti-vérité à leur disposition !
Il est bon de rappeler que l’UE s’apprête à confier la surveillance des médicaments aux compagnies pharmaceutiques... à déstructurer les réseaux nationaux déjà en place au profit de structures européennes totalement opaques où les labos seront juges et partie, pourront faire jouer toute la gamme des manœuvres dilatoires, comme cela a été le cas pour le Vioxx° et le Zyprexa°. Grâce à l’UE, ces firmes seront encore mieux armées pour mentir !
Il faut soutenir le Collectif Europe et médicament, fort de 60 organisations de 12 pays membres de l’UE, qui a fait de nombreuses contre-propositions à cette idée ultralibérale et délirante.
Au fait, savez-vous qu’un médicament, pour obtenir son autorisation, ne doit pas montrer qu’il apporte au patient quelque chose de plus que les autres médicaments disponibles sur le marché, mais simplement qu’il n’est pas pire ?!
Il faut savoir que l’Europe que l’on construit est ultralibérale et anglophone.
Autrefois, les gens croyaient tout ce qui était écrit dans les journaux "mais c’est écrit dans le journal !" ; aujourd’hui, nous avons tendance à croire ce que disent les études scientifiques. Or, elles peuvent être truquées, mal faites, biaisées, mensongères, voire imaginaires (récente affaire aux USA d’un médecin ayant publié une vingtaine d’études fictives, très favorables aux médicaments étudiés), elles peuvent même être enterrées lorsqu’elles déplaisent aux commanditaires !
Seul un état fort peut équilibrer le poids phénoménal de ces multinationales dont le seul horizon est la courbe des profits.
A l’échelle de l’Union européenne, notre avenir ou celui des générations suivantes est conditionné par les choix que nous ferons, de lâcher la bride à l’industrie en les intronisant juges et partie, ou de créer de véritables instances de santé publique, indépendantes, dont les experts publieront leurs conflits d’intérêt, qui ne cèderont ni au chantage, ni au lobbying, ni à la corruption.
(Nota : ces explications parcellaires sont basées sur l’énorme travail de documentation et de synthèse réalisé par l’équipe de La revue Prescrire, pour son numéro spécial d’août 2009, Environnement et santé.
Les erreurs, digressions ou hors-sujets sont tous de l’auteur !)
Voici un exemple -d’actualité par rapport à la campagne H1N1-, pour ajouter de l’eau à votre moulin :
Les produits antibactériens inquiètent les médecins
27 août 2009
- De plus en plus de produits nettoyants et hygiéniques portent la
mention « antibactérien ». Ces savons, mouchoirs, rince-bouche, crèmes
et éponges inquiètent l’Association médicale canadienne (AMC), qui
demande au gouvernement fédéral d’interdire leur vente. Ils risquent,
souligne l’AMC, de rendre les bactéries résistantes aux antibiotiques.
Ces
produits ne seraient d’ailleurs pas plus efficaces contre les
infections domestiques que du savon ou un désinfectant à base d’alcool
comme le Purell, rapporte le médecin de famille ontarien Kapil Khatter,
qui a proposé la motion. En revanche, ils posent problème puisqu’ils
contiennent des substances similaires aux antibiotiques médicamenteux.
Et si une bactérie devient résistante à ces produits, elle pourrait
aussi le devenir aux antibiotiques.
L’AMC n’est pas la première à
se pencher sur ce risque. En 2000, relate-t-elle dans le texte de sa
motion, l’American Medical Association recommandait de cesser de vendre
ce type de produit pour les mêmes raisons. En 2006, c’était au tour de
la Société canadienne de pédiatrie de s’en préoccuper. Selon elle,
l’usage de ces produits devrait être réservé à des cas particuliers,
pour des soins médicaux à domicile par exemple.
De son côté,
Santé Canada reconnaît qu’il existe des risques pour la santé publique.
Elle recommande, dans une fiche d’information sur la résistance aux
antibiotiques, « d’éviter d’utiliser des savons antibactériens et des
produits nettoyants qui combattent les bactéries ».
Lire la liste d’ingrédients
Des
produits ne portant pas de mention spécifique peuvent aussi renfermer
des agents antibactériens. Toutefois, il peut être difficile de savoir
lesquels en contiennent, même lorsqu’il y a une liste d’ingrédients. Un
même antibactérien peut avoir différents noms, selon la marque du
produit. Mais voici quelques termes à surveiller :
le triclosan (un des antibactériens les plus communs)
la chlorhexidine
les ammoniums quaternaires (tels la cétramide, le benzalkonium et le domiphène)
les parachlorométaxylénols (comme le Dettol)
Selon le Dr Khatter,
cette vigilance est importante. « Des bactéries qui deviennent
résistantes peuvent causer des maladies que nous serions incapables de
guérir. »
C’est pourquoi j’ai personnellement toujours dénoncé la confusion entre connaissance scientifique et application technique de cette connaissance.
C’est justement cette confusion des genres que l’on retrouve dans les biotechnologies, où l’on prétexte la nécessité de l’application technologique pour pouvoir parfaire ses connaissances, connaissances qui relèvent surtout de la statistique, et non de la compréhension des mécanismes, ce dont je vous parlais en réponse à votre dernier article.
Moi-même, j’ai manipulé dans ma jeunesse le benzène et d’autres toxiques (amines aromatiques), dont l’usage nous a été déconseillé, puis interdit. Il me semble que le véritable danger vient de ces composés, qui n’existent pas naturellement, et dont on ne connait pas l’impact réel - disons qu’on ne veut pas le connaître, surtout s’ils rapportent gros.
Et puis, il est très facile de berner les « gens » (dont les membres du gouvernement), tant la chimie est une science qui paraît inaccessible à 95 % d’entre eux.
Par exemple, le gaucho (imidaclopride, ce qui est un pseudo, lui aussi) a été interdit en France malgré les cris d’orfraie de Bayer. Mais bien entendu, cette firme a contourné la loi en proposant un nouveau composé, la clothianidine, celui-ci accepté sans sourciller par l’administration. En réalité, la fonction active de ces deux composés est strictement la même : ce sont des N-nitroiminourées (vous voyez, qui est capable ici de décrypter ce langage, car il s’agit bien d’un langage réservé à des initiés, du moins le dirait-on ?)
"Et puis, il est très facile de berner les « gens » (dont les membres du
gouvernement), tant la chimie est une science qui paraît inaccessible à
95 % d’entre eux." Certes, mais nombre d’experts ont minimisé les risques, et ne déclarent pas leurs conflits d’intérêt...
Bravo, Krokodilo, pour cet article qui flatte si bien le gogovoxien moyen dans le sens du poil. C’est vrai que c’est tellement plus agréable de croire que le monde est gouverné par des pervers criminels qui complotent en secret pour réduire la population en esclavage. Ça fournit en outre une explication logique au fait qu’on a une vie de merde et qu’arrivé à l’âge mûr, on ne compte pour rien dans la société. Ce n’est pas parce qu’on est un gugusse moyen sans talent particulier ni rien de bien original à dire ou à faire pour améliorer les choses et qui n’intéresse personne, mais non mais non. L’explication, c’est qu’ILS sont contre vous car ILS ont bien compris que vous étiez un terrible adversaire.
Je vous suggère de vous trouver une cabane à la campagne, d’y stocker des munitions pour votre fusil à pompe, des boîtes de conserve William Saurin et de vous mettre un chapeau en alu sur la tête qui vous protégera contre les ondes du wifi pour contrôler les esprits. Mais soyez discret, ILS NOUS LISENT PEUT-ETRE !
Vous avez oublié de moinsser mon article, tout ce vert ça me stresse, je n’ai pas l’habitude. Tous les malades de silicose, asbestose et autres apprécieront votre compassion... Il me semblait vous avoir suggéré l’achat d’un sac de frappe (punching-ball), c’est excellent pour ce que vous avez, cette espèce de trop-plein de méchanceté. Mais je suis bon prince : puisque cette sorte de vulgarisation scientifique vous défrise, mon prochain article parlera d’anglais, je sais que vous adorez ça !
Ah, notre cher ASP et son monde bisounours à sa vision du monde, un des plus gros scandales fut les études sur le tabac, donc les superpatrons savaient les nuisances et dont les chercheurs-médecins etaient payés par ses mêmes superpatrons.
Encore un qui sort de l’ile aux enfants, remarque lire en diagonale sans rien comprendre à la chose c’est pire que lire dans le détail et tout comprendre à la chose. Donc comme d’hab encore un qui n’a pas lu dans les journaux officiels médicaux voir journaux populaires, les scandales des tricheries industriels des entreprises pharmaceutiques
Hermès, bon sang mais c’est bien sûr, j’ai oublié le tabac dans mes exemples ! C’est pourtant effectivement un « must » dans le genre menteries et manipulations...
Mon avis ! il ne faut pas éteindre la télé, mais la jeter sur le trottoir avec une personne qui film la scène du début à la fin.C’est à dire que les gens qui verront la vidéo, observe bien que la télé de merde fonctionne. L’opération télétrottoir est lancer depuis le 01/09/2009 sur mon blog ici : http://janko14.skyrock.com P.S mettre ensuite la vidéo sur dailymotion ou autre.