vendredi 13 juin 2014 - par alinea

Instinct

C'était il y a longtemps, j'avais néanmoins déjà éprouvé l'instinct maternel, étonnée d'un changement aussi radical en moi, le fait des hormones en ce cas.

J'ai souvent mêlé instinct et intuition ; ils ne sont pas si différents au fond, tous les animaux ont un sixième sens, une vigilance qui accroît leur perception, et, la plupart du temps, le bon choix opéré pour survivre : fuir quand c'est possible, sinon, attaquer. L'instinct est une forme d'intelligence extrêmement perfectionnée qui vise à la survie de l'individu, à la survie de l'espèce. Perfectionnée parce que rapide, instantanée, indispensable au choix immédiat. Dans la nature, on n'a pas le temps de se concerter, palabrer, tergiverser, différer pour que le troupeau sache ce qu'il a à faire pour se sortir d'une mauvaise posture.

L'instinct n'est pas la seule intelligence que possèdent les animaux ; je les ai vus vivre ensemble, pleurer leurs morts, trouver des sorties improbables pour brouter une herbe plus verte, protéger leur petit ou au contraire l'exposer à une initiation sans pitié ; je les ai vus discourir autour du point d'eau, jouer, se lécher et expérimenter leur rôle dans le groupe et toujours, tirer leçons de leurs expériences avec, il est vrai, un brin de traumatisme quand l'expérience était violente.

Mais je n'ai observé que des bêtes plus ou moins proches de l'homme et, en tous les cas, dépendants de lui à ce moment.

Les animaux m'ont beaucoup appris, et les enfants aussi. En revanche, la leçon que m'offrait la quasi totalité des adultes que j'ai pu fréquenter, était toujours une leçon de contradiction, de répulsion ; pas la moindre porte ouverte et, toujours, l'obligation de rebondir contre leurs préjugés, leurs névroses, et m'éloigner.

Je pense que l'instinct, chez l'homme, est cette connaissance de soi implicite, savoir en tous instants ce qui est bon et ce qui n'est pas bon pour soi ; celui-ci peut se muer en défi, en volonté de se surpasser, d'abord de l'ordre du jeu puis devenir plus sérieux.

L'instinct n'est pas donné aux animaux et remplacé chez l'homme par l'intelligence ! L'instinct est une intelligence dont sont dépourvus bon nombre d'humains ; chez certains animaux aussi il peut faire défaut, enfin chez les animaux qui vivent avec les hommes ! Je place cet instinct à un niveau, non pas primaire, mais très profond, ce savoir inconscient qui affleure le moment venu. J'aime à contredire les philosophes sur ce point qui, tous ou la plupart, qualifient l'intelligence de souple et adaptable, et l'instinct comme geste parfait mais rigide. Je vois l'instinct comme une adéquation efficace parce que « fulgurante » dans des situations, au contraire, variées et inconnues et qui font appel à ces ressources profondes, là où l'intelligence de l'homme est trop lente, où la rapidité de la perception à la fois globale et dans les détails, nous amène à la bonne réaction ; je pense en voiture par exemple ou parfois accélérer est le bon geste ; pour moi l'instinct n'est pas un savoir-faire imprimé dans nos gènes – comme l'abeille construit ses alvéoles, comme l'araignée tisse sa toile, exemple souvent donnés par les philosophes qui jugent la perfection de ces bâtis spontanés en dessous d'une pseudo perfection de la réalisation humaine : le chemin par la tête et la conception leur paraissent le summum. Il me semble que c'est sans rapport !

Et pour tout dire, à force de vivre avec les bêtes, j'ai essayé, je me suis efforcée d'en faire passer le moins possible par la tête, gardant celle-ci pour les choses de l'esprit, qui est ou qui peut être l'antichambre d'une bonne adéquation à la vie. Se débarrasser du mental est le but de la sagesse orientale qui nous offre moult techniques, exercices ou hygiène pour y parvenir, ce qui fait que je confond, volontairement, cet état d'être total et l'instinct, même si je ne les superpose pas parfaitement ; cet abandon au réel apporte d'office l'adéquation, la disponibilité, et du coup l'harmonie qui est, même en des moments pénibles ou dramatiques, l'apanage des animaux et des hommes sages. La beauté des gens qui sont ce qu'ils sont et doivent être dans des circonstances particulières, est la beauté de la Nature, la beauté des animaux ; je ne vois rien de beau dans un penseur, même si j'en goûte les productions.

Ainsi je place dans un même champ sémantique : la Nature, la Beauté, l'harmonie, l'adéquation et l'instinct ; a contrario : l'humain, la laideur, le chaos, l'inadéquation et le mental.

La liberté se plaçant au bout de ce voyage, car c'en est un, sans balise, avec comme seule carte l'exigence de sa propre vérité et comme seul véhicule, son corps.

Bien entendu, nous avons tous en tête que la sagesse se réalise dans des endroits éloignés du monde séculier et chaotique des hommes, sans contraintes journalières de subsistance et, en gros, sans quotidien. Vouloir atteindre cette sagesse en restant dans le bain, on s'en doute, sera un voyage sans fin, si ce n'est la mort, mais dont la finalité n'est pas la mort. Mais la Vie.

Mais quel est-il, ce voyage ?

Il est un retour ; parce qu'on n'accumule pas mais parce qu'on se débarrasse, parce qu'on recherche un état que l'on conçoit comme originel, parce que notre inconscient le sait, qui ne peut s'exprimer que par avertissements.

Quelle idée sinon, d'avoir inventé ce paradis dont nous serions déchus ? Parler d'un désir de retour au liquide amniotique dont on se figure une symbiose totale avec son environnement, et la naissance comme meurtrissure ou comme épreuve initiatique ? Retrouver la santé, l'innocence, le potentiel maximum, toujours abîmé, entravé, contraint, canalisé ? La jeunesse comme curieuse et ouverte, tolérante et partageuse ?

Les nostalgiques, les décroissants, les adeptes de telle ou telle école de sagesse, les bouddhistes, tous ceux qui passent leur vie à tenter de redonner de la vie à leur entourage, à défendre les espèces en voie d'extinction, à faire un travail sur soi, à pratiquer le yoga, la méditation, tous ceux qui veulent freiner la folie ambiante, réparer, retrouver la pureté, tous ceux que l'on traite de réacs, de décalés, d'utopistes, sont de ce voyage.

Pourtant on ne sait pas si les premiers hommes étaient des animaux à l'instinct sûr, en adéquation ( j'aime bien « harmonie » mais celle-ci de nos jours évoque une espèce de sirop sans heurts alors qu'au fond, l'harmonie n'interdit pas les conflits, si ceux-ci sont inévitables et sains) avec leur biotope ; on ne sait rien de leur psychologie, mais on se doute qu'il y a eu une inadéquation qui empêcha une évolution heureuse et le besoin de civilisation, toujours courir derrière quelque chose que l'on croyait devant !

Nous avons pourtant tous les exemples de catastrophes, de fin d'épisodes qui nous prouvent que la course en avant n'est pas le chemin adéquate ; nous sommes les seules bêtes à qui cela arrive ! Tout en survivant ! Le déséquilibre est total qui cherche son point d'appui dans l'inconnu alors qu'il est logique de le situer dans le connu ; l'inconnu étant donné sans qu'il soit besoin de le provoquer.

Certains d'entre nous ont connu ces moments d'osmose, et je ne parle pas d'amour bien que cela puisse faire partie de cette recherche, avec la chose à faire au moment opportun, dans un lieu ou dans des circonstances absolument indépendantes de notre bon vouloir ; la plénitude alors ne se laissera jamais effacer. Cette expérience, ce vécu, sera le phare et pourtant aucune volonté jamais ne pourra l'atteindre ; il nous faudra retrouver les ingrédients, diffus, divers, innommables, d'un état de félicité, appelée grâce, mais qui ne nous distrait pas forcément de notre quotidien ; car celui-ci est riche et abondant en prétextes à la retrouver. Et pour y parvenir, le lâcher-prise est le seul moyen, moyen de faire le vide nécessaire à l'abandon, cet abandon qui lui-même est nécessaire à la totale interpénétration de soi et du monde.

Ainsi, il m'apparaît que l'homme qui vante tant son intelligence – la confond-il avec son ingéniosité ?- sa capacité d'anticipation – c'est à voir-, ses décisions, serait programmé à ce faire, suivant les injonctions qu'ordonne son cerveau, de la même manière que l'araignée tisse, l'abeille cire, l'hirondelle construit son nid. Il m'apparaît aussi que ces ordres donnés ne seraient pas toujours bien compris ni bien exécutés.

Un médecin allemand qui nourrit un cancer après la mort de son fils, se mit en quête d'une explication et élabora une théorie qui stipule que le cerveau donne toujours les bonnes injonctions pour réparer les blessures ou les contradictions, les dilemmes, que la vie occasionne ; l'exemple donné dans toutes les conférences que j'ai pu suivre était celui-ci : l'homme de Cro- magnon devait quitter son habitat protégé et ensoleillé, traverser une rivière pour aller chasser dans la forêt, seul endroit où il y avait du gibier. Mais dans cette rivière vivait un reptile venimeux qui avait déjà tué son oncle, son père et son frère, et le dernier homme de la famille pétait de trouille ; mais il ne pouvait pas, sous peine de perdre non seulement sa dignité mais aussi d'affamer les siens, ne pas y aller. Aussi, contracta-t-il une scoliose en plaques. Plus tard dans son évolution, il inventa le pont.

Sa thérapie consiste à remonter le cours des choses pour trouver le nœud de la contradiction, et libérer le cerveau de son devoir à nous protéger. Je le dis vite, c'est plus complexe ( et je n'ai pas de liens !! c'était avant internet), mais il s'est ainsi guéri de son cancer, quand il en a compris la cause et suivi le cheminement.

Bien évidemment, les choses ont empiré ; la peur des humains n'est plus celle de l'orage ou des incendies des paillers, mais celle de l'autorité, du pouvoir, celle des hommes, leurs congénères. Je trouve cela nettement plus inquiétant ; le temps est le même où on sacrifiait aux dieux, puis aux seigneurs, son labeur, sa vie, on sacrifie, à quoi au juste, aujourd'hui ?

Un cheval se laissera mourir de faim dans un petit enclos dont il pourrait pourtant sauter les clôtures, s'il est seul et déprimé, et surtout s'il a l'habitude d'être nourri de foin par l'homme ; s'ils sont plusieurs et qu'ils broutent de l'herbe, ils sortiront dès qu'ils ressentiront un manque ; aucune clôture ne peut enfermer un herbivore qui saute, sans élan, un mètre soixante, les doigts dans le nez. Aussi, la dépression latente imposée au prolétariat, est une tactique de guerre excellente, réduire l'instinct de vie ; donner leur soupe aux gens, peut se faire de plus en plus rare, la soupe peut être de plus en plus mauvaise... le psychisme des espèces dites supérieures est extrêmement malléable et dépendant. Or, de la dépression, nous sortons rarement seuls. Reste la distraction ; on n'en manque pas, de la bonne de la mauvaise, elle seule semble mettre les gens à l'aise. À tous je conseille « ignatia », trois granules par jour jusqu'à la libération !

Pour se réconforter, on se raconte que la liberté, bien sûr, autorise le mal, un mal pour un bien donc ; le problème, c'est que je ne vois aucune liberté, juste des parcours courus d'avance, prévisibles à l'ennui. Peu de prototypes humains mais une masse de stéréotypes pour qui le prototype est un danger, à éliminer ! La nouveauté doit nous rappeler quelque chose, sinon, elle n'est même pas vue ! Et comme ce paradis perdu, mythique, imaginaire, utopique, n'est plus guère de saison, la route pour y mener en ayant découragé plus d'un, rien ne nous le rappelle ! En revanche, les vendeurs de poudres de perlimpinpin, les bonimenteurs, les bellâtres, les forts en gueule, les oreilles complaisantes, -comme les nouveaux psy qui ont pour principe de ne jamais contredire un client pour le hisser, mais l'approuvent toujours pour lui donner confiance en lui, ce leurre, en l'occurrence, pour survivre dans ce champ de foires-, toute cette engeance a de beaux jours devant elle ; les curés faisant défaut, on se fie à la presse féminine ; comme on sait qu'il ne faut rien garder pour soi sous peine de se névroser, on dit tout, mais sans trier !!

Nous sommes encore en train de nous gargariser d'avoir terrassé l'obscurantisme d'avant le renaissance que nous y sommes déjà retombés plus profond !



123 réactions


    • njama njama 14 juin 2014 00:01

      envie de le relire, bien que je n’aime pas, je n’arrive pas, à relire ce qui m’a construite ! et il n’y a pas que Castaneda !!

      Idem, j’ai partagé aussi ce vécu et ce sentiment avec Castaneda, et l’art du guerrier. J’avais lu (relu et relu) aussi tous ses livres au fil de leurs publications. Je ne pourrais renier qu’ils m’ont [parmi d’autres lectures passionnantes] imprégné, ouvert les yeux ... permis de corroborer tant de choses.

      Sauf que naturellement, la femme, avec son trou noir dans le ventre quand elle a eu un enfant, bon, n’est pas au top !!
      pour l’homme c’est pareil. C’est un détail que l’apprenti(e) ignorait [...] il ne faut pas faire de fixation là-dessus. J’ai 3 enfants. Ma fille ainée vit, et travaille au Mexique, elle est mariée avec un mexicain adorable, et ils ont eu un petit garçon l’été dernier. Promis, juré, je ne pouvais pas prévoir cela ... ce qui ne m’amène pas pour autant chez les sorciers toltèques ... quoi qu’un jour peut-être qui sait (?) j’en croiserais peut-être un en passant ...

      Comme quoi il faut attendre impeccablement, sans rien attendre quel paradoxe (agaçant parfois  smiley ) !

      Ne pleurons pas dessus, le cycle du nagual est fini, le Don de l’Aigle a fait son temps, il nous laisse par le témoignage de Castadena ses admirables héros singuliers, si simples et exceptionnels en leur genre, qui affrontaient impeccablement avec intrépidité l’inconnu, l’infini, la périlleuse magie du nagual ... Le témoignage est bien plus qu’ethnologique il ouvre des perspectives spirituelles ...
      bonne nuit, merci Alinéa, la complicité de cet échange va me bercer.


  • France 13 juin 2014 20:44

    Félicitation, alinea pour cet hymne à l’instinct !

    Connaissez-vous cette autre réflexion sur l’instinct ? : http://www.gcburger.com/home/home-1/qu-est-ce-que-l-instincto-/autres-dnominations-1/un-instinct-alimentaire-chez-ltre-humain/instinct-alimentaire-et-plaisir-du-palais


    • alinea alinea 13 juin 2014 21:13

      Bonsoir France,
      Je sais bien qu’on ne peut pas tout dire en trois pages, mais oublier le plaisir, quand même !!!
      Quelquefois, plaisir n’est pas le bon mot, j’aime bien l’idée de plénitude, de contentement, surtout si on mêle l’instinct, comme je le fais sans vergogne, à l’intuition et à la sagesse ( qui n’a rien de « retenue » !).
      La première cigarette est dégueulasse, le premier verre de vin aussi et pourtant certains s’y attisent tant qu’ils deviennent tabagiques ou alcooliques ; le plaisir devient déplaisir puis maladie ; c’est tout le paradoxe de l’homme qui ne sait plus être lui-même et qui cherche les drogues comme s’il avait quelque chose à oublier... !
      J’ai parlé de Neptune une fois, cette planète ( et son symbolisme) qui explique si bien l’homme !! et qui nous perd si souvent entre désir, instinct, besoin et, drogue ( quelle qu’elle soit !!)....


  • coinfinger 13 juin 2014 21:24

    Je dois ajouter quelque chose à mon post , sur le yoga , la fermeture aux malades . Je pense qu’elle s’explique par des circonstances propres à la culture Indoue . L’intrusion des Parsis , puis des ’Grecs’ d’Alexandre , puis des Musulmans , venant entraver cette culture les a induit à l’idée que le monde est malade , que nous vivons dans le kali yuga : l’age noir . Mais quelques faits aménent l’idée dont ce post que cette situation n’est pas irrémédiable et que l’on peut étre optimiste . Au lieu de Pascal on peut déployer la machine , et s’étonner plutot que croire .
    @alinea , vous étes manifestement intelligente , bien sur vous pouvez comprendre que la femme , porteuse de la vie est socialement , un enjeu stratégique . La manipulation n’a pas eu lieu seulement sur l’accouchement mais aussi la grossesse et le sexe .
    La priorité va à l’approche , je dirais plutot affective que sentimentale ( qui tient encore du cérébral ) . Vos photos qui représentent des caresses m’indique que vous allez dans le bon sens , vous allez trouver ( au sens d’éprouver ) . C’est une autre engrammation pernicieuse à mon avis d’avoir sexualisé le toucher dans la culture occidentale .


    • alinea alinea 13 juin 2014 21:38

      Oui, bien sûr, mais la naissance est l’acte premier !!
      Je suis entièrement d’accord avec votre dernière phrase, mais j’y vois l’attitude de la mère et puis du père ; il y a eu une mode ( si je puis dire) probablement ( à moins que je ne me trompe) apportée par Dolto, qui disait qu’après deux ans ( vague souvenir !!) il ne fallait pas toucher un enfant, qu’on risquait de dévoyer sa sexualité !
      Certes, suivant mon « instinct », je n’ai pas du tout été influencée par ceci, mais j’en connais qui l’on été ; toucher est incestueux ( vous comprenez bien que je parle de toucher sains et spontanés !!!), toucher est une intrusion... le toucher réciproque, le toucher-jeu paraissent entachés de mauvaises pensées !! L’enfant, comme l’animal, ressent et reçoit intuitivement tout ce qui lui arrive !! mais il est vrai que tant ont perdu leur authenticité !!
      Je suis très instinctive vous savez, presque totalement intuitive, je ne recherche plus grand chose de ce côté là, je cherche plutôt le moyen de n’être pas trop marginalisée !! smiley ( et j’ai accouchée avec Michel Odent...)


    • coinfinger 13 juin 2014 22:58

      Intuitive , oui , je vois . Dolto fut une calamité , à mon avis .


  • elpepe elpepe 14 juin 2014 02:10

    belle prose et article interessant,
    J aurais tendance a penser que si l’humain ne depasse pas son instinct de survie, ce meme instinct va le tuer, c’est le pari de Dieu, et le message du Christ.
    ’celui qui cherche a sauver sa vie, la perdra’
    Aussi j’ai l’intuition comme vous que le regne animal a aussi une ame, et que meme la matiere y participe, on ne sait que tres peu sur ce monde, et cosmos
    N’ayant pas eu de parents, l’intuition m’a souvent sauve la mise (intuition mathematique aussi), et suis un peu comme les filles du vent et m’impregne de tout ce qui m’entoure, c’est une grande faiblesse et force, a la fois.
    Mais l’intuition me semble bien differente de l’instinct, je la definirait plutot comme une intelligence sublime, une ramification sensorielle et extrapolation du vecu, mais bon.


    • alinea alinea 14 juin 2014 09:02

      elpepe ;
      L’intuition aussi « me sauve la mise » !!
      "Mais l’intuition me semble bien differente de l’instinct, je la definirait plutot comme une intelligence sublime, une ramification sensorielle et extrapolation du vecu, mais bon."
      Vous avez raison, votre définition est très juste je trouve ; ce que je voulais dire, c’est qu’elle est de la même famille « donnée par la nature » et non pas besogneuse par l’homme ! l’intuition est une intelligence qui « sert » l’instinct, l’instinct a besoin, l’intuition le sert... oui, je les sens très unis ; instinct :
      « Le mot désigne plus largement, au moins depuis Montaigne,l’ensemble des pulsions naturelles qui régissent les comportement animal ou humain. En parlant de l’ être humain »instinct« s’emploie à propos de la faculté naturelle de sentir, de deviner et souvent en emploi absolu l’intuition, le sentiment, il est alors opposée à la raison »
      C’est peut-être la lecture de Montaigne il y a longtemps qui m’a fait réunir ces deux mots avec une telle force !!
      merci de votre post elpepe


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 14 juin 2014 15:15

    Bonjour alinea,
    depuis que j’ai lu votre article je me trouve moins beau, j’ai fait le lien avec Sylvain Tesson qui raconte l’anecdote suivante rapportée du lac Taïga : une vieille gardant un troupeau de vaches est surprise par une meute de loups. les vaches se regroupent et commencent à s’éloigner puis, se ravisant proche de la plus courageuse regagnent du terrain jusqu’à rejoindre la vieille femme et agressent la meute qui finit par fuir. Les plantes sont bien racistes entre elles, les animaux aussi, pourquoi les humains ne le seraient ils pas ? Merci de ne pas l’être non plus.


    • alinea alinea 14 juin 2014 16:01

      Cela me rappelle une vidéo que j’ai vue sur les loups à Tchernobyl ; ceux-ci avaient tué un bébé bison ; les bisons ( comme les vaches avec qui j’ai vécu) se rapprochent du défunt, la mère le lèche et pleure, les autres sont autour en deuil ; les loups rôdent alentour puis s’en vont : les bisons ne sont pas une proie pour eux !
      C’est vrai que les animaux sont racistes ! spontanément mais, au fil du temps, le différent s’intègre ; il doit faire preuve de beaucoup d’humilité et de bonne volonté, mais après, tout va bien.
      L’homme est un animal, raciste donc, seulement, je crois que dans le monde actuel, ce n’est pas ce raciste primordial qui est à l’oeuvre, juste une manière d’être de l’autre qui ne convient pas. Ainsi, je m’éloigne de tout être qui ne sait pas se comporter et il se trouve, qu’au long de toutes ces longues années, ce mauvais comportement n’a rien à voir avec la « race » du « contrevenant » !
      Le fait d’être « agressif » de la part du faible, du mal aimé,etc, est un fait observé, mais c’est bien malheureux de ne pas savoir qui l’on est ni comment se comporter ; cela est valable pour tout le monde naturellement ! Quand on sait cela, quand on voit qu’il n’y a rien à faire pour améliorer la situation, le mieux est de s’en détourner !
      On dit que le taureau est agressif ! Je l’ai vu, se sentant sûrement agressé par l’attitude macho d’un mec, attaquer, sans réellement aller jusqu’au bout du reste ; mais quand on laisse son humanité au portail, qu’on se fond, qu’on s’abstrait... j’ai pu dormir au milieu des bêtes, juste protégée par la vache dominante, et n’être inquiété par personne !
      Rien d’abaissant à savoir qui l’on est, et connaître sa place ; tout irait beaucoup mieux si c’était le cas pour tous !
      C’est pourquoi je confirme, je ne suis même pas raciste à l’égard des connards agressifs !!!! C’est un instinct d’accepter de n’être rien, aussi !!


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 14 juin 2014 17:56

      Oui, ce que j’ai voulu dire que vous me confirmez, c’est que vous êtes tolérante envers les connards agressifs et les laissez courir. L’anecdote est citée dans ce filmhttp://www.dailymotion.com/video/xqgmd6_sylvain-tesson-six-mois-dans-les-forets-de-siberie_travel plein de pensées nobles telles : « la seule patrie qui me vaille, l’instant présent  »...au plaisir. L.S.


    • alinea alinea 14 juin 2014 18:04

      Pas du tout tolérante !! mais pas à force égale, dans ce cas l’instinct nous dicte de foutre son camp !! l’intolérance de l’impuissant, quoi ? smiley
      Rien ne peut changer les connards, même pas la violence physique, surtout pas elle ! alors, laissons-les se fondre ; on ne lutte jamais aussi bien pour le bien qu’en instaurant le bien
      ( je ne sais pas pourquoi, j’ai de fortes envie de répétition depuis quelques jours !!)
      En tout cas, c’est la devise des anarchistes, enfin de la veine à laquelle j’adhère !!


    • alinea alinea 14 juin 2014 18:08

      Je regarderai tout à l’heure l’homme seul qui se fait filmer ( smiley ) ; je n’ai pas encore trouvé le courage ou le temps ( au sens de moment) de partir quatre jours seule sans rien emporter ; c’est pourtant l’initiation des jeunes sioux ! rien quoi ! smiley


  • Nestor 14 juin 2014 16:32

    Salut Alinea,

    J’ai pensé à toi en lisant ça ... smiley



    • alinea alinea 14 juin 2014 16:36

      Je propose qu’on aille faire un tour à la Tour Pages, avec des fourches et des dents acérées, ou bien des poings, voir si ce connard vivra heureux dans sa tour pas d’ivoire maintenant que l’idéaliste a viré du canton !! smiley


    • Nestor 14 juin 2014 16:56

      Le gars demande rien à personne il vie dans sa yourte, il travaille tranquille avec ses chevaux ses 6 hectares de vigne et son hectare et demi d’olivier ... Mais non faut qu’une pourriture vienne lui casser les couilles ... Et la justice comme souvent donne raison toujours au même parasite ! 

      Quand j’ai lu, j’ai eu la même réaction que toi ... Un jour il faudra vraiment ressortir nos fourches et au pire nos vieux 16 à chiens ...


    • cevennevive cevennevive 14 juin 2014 18:47

      Juste une petite anecdote concernant une affaire semblable :

      Il y a quelques années, une yourte abritait, dans une partie du village, une famille de trois enfants.

      La municipalité (dont je faisais partie) ayant reçu une ou deux plaintes n’a rien fait pour chasser quiconque. Le jeune couple vivait comme nous, avait un jardin, et était installé sur un bout de terrain lui appartenant.

      Eh bien, les connards qui n’en voulaient pas, sont allés, devinez où ? Se plaindre à la DDASS, arguant du fait que les trois enfants ne vivaient pas dans des conditions normales...

      La DDASS a envoyé quelqu’un pour « voir », ce quelqu’un a fait un rapport et la famille était sur le point d’être chassée ou de se voir enlever les enfants...

      Il a fallu que nous recommandions au père et à la mère, de demander un petit permis de construire pour ériger un semblant de maison à côté de la yourte. Ce qu’ils ont fait : une petite maison en bois (mais la yourte est restée, et les plaignants sont partis vivre ailleurs).

      Diogène dans son tonneau dérangeait qui ?


    • alinea alinea 14 juin 2014 18:55

      Les bien-pensants ; je vais finir par trouver que ’ je fais ce que je veux chez moi" c’est très bien !!
      Ils faudra qu’ils s’y habituent ces braves gens ; il y en aura de plus en plus, et, une yourte, c’est très confortable à vivre !! j’en avais trouvé une belle d’occasion, mais je crois que ça risque d’être très long pour avoir une autorisation sur un terrain, que je n’ai pas encore acheté(! !!) mais où j’ai mes chevaux, alors je l’ai laissé filer ! C’est pas ce que je préfère comme habitat, j’aime bien être dedans dehors, mais c’est quand même le moins cher !!
      La première à avoir été virée, c’était dans les Cévennes, dans la Vallée Française, là où ils voulaient faire la barrage de la Borie !!!


  • Nestor 14 juin 2014 17:08

    Sinon pour ton texte ...

    « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées.

    Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif. Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, par la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.

    On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté.

    Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu.

    Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. On observe cependant, qu’il est très facile de corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du pouvoir. »

    [Extrait du « Meilleur des mondes » d’Aldous Huxley (1932)]


    • Xenozoid 14 juin 2014 17:18

      si simple

      Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir –


    • Xenozoid 14 juin 2014 17:21

      si simple, j’ai un article sur la domestication, et sure, les couteaux seront présents


    • alinea alinea 14 juin 2014 17:25

      Huxley est en bonne place dans la courte liste de ceux qui m’ont forgée !! autorisée dis-je, car ces penseurs m’ont autorisée à être ’(ce que je suis) !!
      Là il parle de l’instinct sur un mode commun !! cela a dû lui échappé car il était fin connaisseur de la philosophie orientale !
      Nous sommes des animaux à pâtes molles, c’est vrai ! on fait ce qu’on veut de nous de zéro à 9 ou 10 ans ! C’est pourquoi peu profitent des failles, ces espaces de libertés qui s’offrent à nous par inadvertance !
      J’adore Huxley, mais pas particulièrement le meilleur de mondes ; éminence grise, les portes de la perception, je ne sais plus, je les ai tous dévorés, digérés, transformés en énergie !!!
      Merci pour cet extrait


    • alinea alinea 14 juin 2014 18:42

      Tiens, un autre qui m’a «  forgée » ; le premier en fait, dont j’adore la folie, la paranoïa :

      « Une autre science :

      … et ces « honorables et impartiaux » savants – physiciens, astronomes, biologistes, auxquels sont venus se joindre aussi des fonctionnaires et des ecclésiastiques- qui affirment exécrer Reich, avoir en horreur l’Orgonomie, n’oublient surtout pas de prendre dans Reich et dans l’Orgonomie les seuls éléments qui donnent quel intérêt à leur entreprise : à savoir que la Science jusqu’à présent est demeurée rigidement enclose dans un positivisme étriqué ; qu’elle a pratiqué de façon obsessionnelle le fétichisme de la quantité ; qu’elle ne s’est préoccupée que du mécanique aux dépens des autres dimensions de la réalité ; qu’elle n’a vu, finalement, que l’Envers de la nature – et qu’il est temps maintenant, de se tourner vers son Endroit et de sentir, à l’aide de l’instinct d’une « conscience cosmique » que l’univers vibre tout entier d’une Énergie cosmique omniprésente et vivante...

      Nous voici donc, au détour de ces insatisfactions, de ces hallucinations, de ces remords de la Science Officielle, retrouvant Reich et sa vision révolutionnaire d’une autre science. »


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