lundi 14 février 2022 - par Jacques-Robert SIMON

Intelligence artificielle ou Crétinisation des masses

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L’intelligence artificielle fait appel à des circuits de transistors dont la structure les apparente aux réseaux neuronaux. Ils sont susceptibles de donner une réponse de sortie 0 ou 1 non ambigüe en fonction de valeurs d’entrées qui leur sont fournis. Un apprentissage est entrepris en optimisant la valeur de pondération des circuits d’entrée afin que la réponse soit conforme à l’objectif ciblé. À l’heure actuelle de l’ordre de 30 milliards de transistors peuvent être gravés sur 1 cm2 , à comparer avec les 100 milliards de neurones présents dans les cerveaux humains.

La qualité d’un réseau de neurones artificiels dépend du nombre d’exemples présentés lors de l’apprentissage afin de déterminer le ‘poids’ de chacune des entrées. Par exemple, si un réseau est entraîné à estimer le prix d’un appartement à partir de sa taille, de son emplacement, de sa consommation énergétique, et de sa localisation, on fournira des milliers d’exemples de prix pour des appartements connus. Le réseau pourra ensuite déterminer le prix probable d’un appartement inconnu. L’intelligence artificielle est dépendante de la qualité et de la quantité d’exemples qu’on lui propose. Il est primordial de pouvoir amasser le plus grand nombre de données possible pour obtenir les réseaux les plus performants, c’est le rôle du big data. Très communément, plusieurs centaines de millions ‘d’images’ peuvent être puisées dans une banque de données pour servir lors d’un apprentissage donné.

Il est essentiel que chacun des transistors fournissent une réponse nette 0 ou 1. Les peut-être, les compromissions, les réponses allusives doivent être bannies afin d’obtenir un système convenable.

L’intelligence naturelle, celle qui conduit aux plus grands achèvements des Sciences et des Arts, fonctionne-t-elle ainsi ?

Si la tenue en compte du passé est indispensable pour engendrer une création, elle n’est de loin pas suffisante, des ‘forces de l’esprit’, indéfinissables, de natures qualitatives, interviennent lors d’un enfantement. Ceux qui font métier de compter se contentent de cerner les facteurs les plus probables pour asseoir leurs décisions, ils sont maîtres du ‘quantitatif’ et se méfient du reste... tout comme les transistors.

Qui se souvient de Jacob Lievens et Frédéric Clément qui ont bénéficié d’un privilège accordé par Louis XIV pour l’établissement d’une manufacture de tabac à La Rochelle en 1672 ? Ces marchands ont disparu des mémoires parce qu’ils n’ont rien apporté de significatif. Mais chacun admire maintenant plus que jamais Le Brun, Le Nôtre, Mansart, Lully, Molière. Les apôtres du quantitatif sont les miséreux du lendemain et ils rejoignent ceux qu’ils méprisent dans l’obscurité.

La création du beau et le pouvoir donné par le quantitatif suivent des routes divergentes. Le créateur s’évertue à être plus élevé que lui-même : « Dieu ! Accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes... », tandis que celui en quête de reconnaissance sociale guette toutes les opportunités pour se hisser au dessus des autres. Les uns engendrent le nouveau, les autres le monnayent.

L’Homme qui innove est presque toujours seul, ne sachant souvent pas comment allumer la mèche qui pourrait éclairer un nouveau monde. Le compétiteur a les yeux rivés sur autrui et applique toutes les recettes connues possibles pour affaiblir et terrasser ses adversaires. Le chercheur comme l’artiste tâtonnent, remettent en cause ce qu’ils ont appris, s’efforcent consciemment ou pas de ne pas penser comme les autres, ce qui les éloignerait du vrai, ils naviguent d’un peut-être à l’autre. C’est tout le contraire de ceux qui enregistrent toutes les façons ancestrales d’accéder à des bribes de pouvoir pour tenter de devenir grands.

Les savants comme les artistes ne cherchent pas à être les premiers. Quelquefois cependant, et souvent par hasard, ils le deviennent en étant les seuls dans un domaine.

Les exemples abondent...

Martin Cooper est l’inventeur du premier combiné téléphonique sans fil en 1973. Après quatre ans dans l’US Navy où il sert sur des destroyers, il a conçu l’appareil à partir de rien avec l’aide d’une équipe de sept personnes.

Charles Babbage de 1822 à sa mort en 1871 dessina plusieurs plans d’un ordinateur mécanique qu’il ne put jamais réaliser. En 1941, l’ingénieur Konrad Zuse conçoit et réalise, dans un isolement complet, le premier ordinateur programmable au monde.

Le premier brevet concernant le transistor à effet de champ a été déposé en 1925 par Julius E. Lilienfeld. L’invention resta longtemps ignorée de l’industrie. C’est de nos jours un élément essentiel de tout appareil électronique. Le premier transistor à effet de champ basé sur un semi-conducteur moléculaire fut décrit en 1987 par R. Madru en inversant inopinément deux couches du dispositif.

Les constructeurs de nouveau s’ils ne sont pas identiques aux autres ne prétendent pas leur être supérieurs. La différence, les différences, engendrent l’égalité contrairement aux uniformités induites mécaniquement qui sont source de guerres picrocholines pour accéder à la cheffitude. Ce n’est que la rage de dominer de certains qui cantonnent le plus grand nombre à un même moule, à une même échelle de valeur. La taylorisation de l’humain définit la meilleure donc la seule façon de faire, ce qui conduit à créer maîtres et asservis. Et les esclaves 2.0 sont les plus lourds de chaînes car leur esprit même est sous emprise.

Plus la pyramide hiérarchique acquise par la quête de la considération d’autrui est importante, moins celui qui se trouve au sommet peut avoir les qualités requises pour donner naissance au nouveau, à la création, au beau. Alors il s’efforce d’acheter ce qu’il est incapable de faire. Empêtré dans les conflits internes qu’il lui faut résoudre, agité par les guerres externes qu’il lui faut gagner, le dirigeant perd la naïveté et la fraicheur nécessaires à toute grande chose. Il voit le Monde comme peuplé de vibrions colériques, régi par des batailles incessantes où chacun tente de prouver sa valeur sur autrui. Pourtant, rien d’important de ce qui a été créé ne le fut par les hommes de pouvoir. L’instinct, la passion, le don de soi surpassent les petitesses du présent mises en oeuvre par les forcenés de la ‘concurrence libre et non faussée.’ L’artiste est attiré par le beau avec lequel il s’émerveille lui-même et qui ne lui sert que très marginalement à obtenir la reconnaissance des autres, la plèbe de l’esprit ne veut qu’éblouir ses gens.

Les découvertes des savants sont, peut-être étonnamment, de même nature que la beauté des artistes : indéfinissable dans leurs contours, apparaissant au détour d’un hasard le plus souvent, impérissable dès qu’elles sont nées.

On peut se passer d’ordinateurs, de télécrans, de missiles balistiques, de pesticides, d’avions... Peut-on se passer du regard d’un enfant qui essaie avec tout son coeur de prononcer à son tour les mots qu’on lui chuchote ? Bien entendu plutôt que de faire un enfant on peut consulter un large choix d’éprouvettes pleins des gamètes nécessaires, plutôt que de chercher on peut prétendre avoir trouvé, plutôt que de vivre on peut essayer de ne pas mourir, plutôt qu’être en quête du qualitatif qui partage tout on peut préférer le quantitatif qui ne partage rien.

Jamais ceux qui permettent quelquefois d’alléger le fardeau que représente quelquefois la vie n’ont fait partie de ces puissants presque toujours grisés par leur propre pouvoir, tant même qu’ils se veulent l’égal des dieux. Et l’intelligence artificielle par son mode de production et la plupart de ses usages reflète plus l’inintelligence que l’intelligence.

Il existe d’ailleurs un lien évident entre l’intelligence artificielle et la connerie naturelle : les traders. L’utilisation de programmes informatiques a envahi les salles de marché des sociétés financières. Le monde du trading est empli d’intelligence artificielle, de machine learning, de programmation, d’algorithmes, de big data... Au-delà de la simple exécution d’ordres, ces modèles statistiques absorbent d’énormes quantités de données afin de prédire les mouvements de marché et dégager les tendances à venir. De très généreusement payés informaticiens déclarent pourtant ne pas comprendre totalement comment l’intelligence artificielle fonctionne : « Il y a une immense quantité de complexité, qui est impossible à comprendre pour un humain… »

Le choix entre une humanité faite d’égaux tous différents et une assemblée de semblables obéissant aux algorithmes est posé.



120 réactions


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 15 février 2022 08:37

      @vachefolle

      Merci de votre commentaire. En effet, personne ne sait vraiment ce qu’est l’intelligence. Les plus désorientés considèrent le QI, d’autres la capacité de créer, les troisièmes la fortune accumulée… Le cerveau humain c’est tout cela à la fois (et beaucoup d’autres choses plus qualitatives, l’Amour par exemple).Je n’ai rien contre les réseaux de transistors ou les algorithmes, par contre je suis hostile à leur utilisation programmée pour asservir en avilissant.


    • Francis Francis, agnotologue 15 février 2022 09:16

      @vachefolle
       
       ’’Conclusion ; Quand le mythe de l’intelligence artificielle disparaitra, le mythe de l’intelligence humaine disparaitra avec elle..’’
       
       L’erreur c’est de vouloir conclure. Le concept de ’mythe de l’intelligence humaine’ est une sorte d’oxymore. L’intelligence humaine renvoie à la conscience universelle : Les IA ne sont pas artificielles en tant qu’intelligences, mais en tant que consciences. La conscience suppose la vie.
       
      Artificielles parce que fabriquées par l’homme. Si l’homme pouvait créer une conscience égale à la sienne, autrement dit la vie, il serait dieu. Or cela ne se peut pas.


    • vachefolle vachefolle 15 février 2022 13:44

      @Francis, agnotologue

      tant que nous ne savons pas ce qu’est la conscience, nous n’avons aucune idée pour la recreer par ailleurs. Mais rien ne dit que dans quelques années nous n’aurons pas une explication physique du phenomene.

      Bref, votre croyance vous dit que ce n’est pas possible.
      Nous verrons bien....


    • Francis Francis, agnotologue 15 février 2022 14:51

      @vachefolle
       
      Le rêve de fabriquer la vie est aussi fou qu’ancien.


  • SamAgora95 SamAgora95 14 février 2022 23:00

    Visiblement vous ne connaissez pas grand chose à l’informatique ni à l’électronique qui la sous-tend, et encore moins au réseau de neurones artificiels à la base des algorithmes du deep learning.

    Si le transistor est binaire, le fonctionnement d’un réseau de neurones artificiels est plutôt analogique et implique des milliers de transistors.

    Il faudrait en réalité plusieurs milliers de milliards de transistors pour atteindre le niveau du cerveau humain, et probablement un fonctionnement réellement parallèle (intrication quantique) pour espérer voir immerger la conscience.


  • SamAgora95 SamAgora95 14 février 2022 23:00

    Visiblement vous ne connaissez pas grand chose à l’informatique ni à l’électronique qui la sous-tend, et encore moins au réseau de neurones artificiels à la base des algorithmes du deep learning.

    Si le transistor est binaire, le fonctionnement d’un réseau de neurones artificiels est plutôt analogique et implique des milliers de transistors.

    Il faudrait en réalité plusieurs milliers de milliards de transistors pour atteindre le niveau du cerveau humain, et probablement un fonctionnement réellement parallèle (intrication quantique) pour espérer voir immerger la conscience.


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 15 février 2022 08:29

      @SamAgora95

      Avec vos présupposés, il n’y a rien à répondre.


    • Pierrot 16 février 2022 11:13

      @Jacques-Robert SIMON

      S’il n’y a rien à répondre, c’est plutôt parce que c’est exact. Même s’il y avait certainement des manières plus courtoises de le dire. En effet, du point de vue technique, les présupposés concernant l’IA me semblent plutôt se trouver dans votre article.

       

      Concernant plus particulièrement l’IA à base de circuits neuro-mimétiques, comparer ce type de dispositif à un réseau de transistors qui produisent des 0 et des 1 ne présente pas plus d’intérêt que, par exemple, ne concevoir le corps humain que comme une masse d’eau et de carbone.

      SamAgora95 a parfaitement raison quand il parle de fonctionnement analogique, parce que c’est ce que les circuits numériques utilisés sur ces machines tendent justement à réaliser.

      Leur intelligence (si on peut l’appeler ainsi) ne réside pas dans les 0 et 1 produits, mais dans une somme de coefficients et d’opérateurs mathématiques (pour lesquels la quantification informatique constitue plutôt un obstacle), et dans une organisation adaptée de ces réseaux et des systèmes dans lesquels ils s’inscrivent. Et je ne parle pas des dispositifs et des méthodes mis en œuvre pour forger cette « intelligence », qui y participent pour une grande part.

      Ainsi, un neurone artificiel ne doit pas être assimilé à un transistor mais, pour le moins, à un petit calculateur numérique, lequel est bien évidemment loin de contenir un seul transistor.

       

      L’IA n’est qu’un outil comme un autre, et comme pour n’importe quelle autre machine, les problèmes qu’on tend à lui imputer résident seulement dans sa mauvaise utilisation. Mauvaise utilisation qui peut résulter du choix inadapté des moyens mis en œuvre, d’une mauvaise interprétation des résultats produits ou d’un mauvais usage des services rendus.

      Ce qui est donc en cause, c’est seulement la responsabilité et l’intelligence (bien humaine cette fois) de ceux qui l’emploient.

      Il y a certainement beaucoup de choses à dire concernant la crétinisation des masses, mais ce sujet-là relève exclusivement du domaine des sciences humaines. L’IA et ses aspects techniques n’ont rien à voir dans cette affaire. Encore moins le transistor.


  • LeMerou 15 février 2022 06:51

    @Jacques-Robert SIMON.

    J’ai bien aimé votre article, sur l’IA et ses probables conséquences sur le genre humain à plus ou moins long terme.

    Il y a chez bon nombre d’informaticien une sorte d’extase technologique, sur ce que peux accomplir la ’machine« , qui devient d’une complexité incroyable. Je trouve cet état d’extase assez dangereux, car il arrive, ou peu conduire à aller encore plus loin dans le domaine, le concepteur perdant à un moment un peu pied, sortant parfois de la réalité, vantant les bienfaits qu’il entrevoit, sans véritablement maîtriser la chose.

    Votre dernier paragraphe est un exemple d’ailleurs. 

    Assez âgé pour avoir vu et se démocratiser »l’informatique« et les langages associés. Je suis toujours un peu atterré par la complexité énorme de bon nombre de logiciels, progiciels actuels, si complexes par moment, qu’une intervention sur les codes en cas de »bugs", ou mise à jour, etc, se révèle presque impossible, se traduisant assez souvent par l’adjonction de sous-ensembles.

    Et au fur et à mesure le produit devient un monstre, dont les entrailles sont inconnues.

    Avec l’I.A. Joue t-on avec le feu ? Je le pense un peu...


    • Francis Francis, agnotologue 15 février 2022 07:53

      @LeMerou
       bonjour,
       
      si vous permettez je voudrais réagir à ça : ’’ Il y a chez bon nombre d’informaticien une sorte d’extase technologique, sur ce que peux accomplir la ’machine« , qui devient d’une complexité incroyable. ’’
       
      Ce ne sont pas les informaticiens qui sont en extase, ce sont les donneurs d’ordres, et une partie de la population. Le danger n’est pas la machine, mais celui qui la possède.
       
      Ceci dit, les IA les plus redoutables ne sont pas les machines, ce sont les entreprises industrielles et financières dont la seule morale est le profit autrement dit, aussi dangereuses pour nous, individus en chair et os que ne l’était King Kong pour les hommes de sa brousse. Ces IA ont les mêmes droits que les citoyens depuis que l’UE nous impose son idéologie.
       
       
      «  Le Great Reset est l’idéologie du capitalisme ( stakeholder un capitalisme des parties prenantes, de connivence) dans lequel les entreprises sont amenées à coopérer plus étroitement avec le gouvernement. C’est ’’ l’idée qu’une entreprise s’attache à répondre aux besoins de toutes ses parties prenantes : clients, employés, partenaires, communauté et la société dans son ensemble ’’.
      Mais cela signifie en fait que les entreprises peuvent continuer à verser de l’argent à leurs actionnaires et à leurs dirigeants en privé, tout en maintenant une façade publique d’une sensibilité sociale remarquable et d’un altruisme exemplaire.
      Le concept des parties prenantes écarte toute idée de démocratie, de gouvernement par le peuple, au profit d’un gouvernement par des intérêts corporatifs. La société n’est plus considérée comme une communauté vivante mais comme une entreprise, dont la rentabilité est le seul objectif valable de l’activité humaine.
       »
       
      Dans cette idéologie, puisque les entreprises sont altruistes, les droits des citoyens n’ont plus lieu d’être, seuls leurs devoirs sont signifiants.
       
       « Vous ne pouvez pas avoir les mêmes droits parce que vous n’avez pas les mêmes devoirs. Je n’appelle pas ça priver quelqu’un de sa liberté. C’est simplement rappeler que dans une Nation, la liberté suppose des devoirs. » Macron

       


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 15 février 2022 08:28

      @LeMerou

      Science sans conscience… Rien de très nouveau. Ce qui est plus nouveau c’est l’utilisation consciente d’une technologie pour asservir le plus grand nombre.


    • Arogavox Arogavox 15 février 2022 10:22

      @Jacques-Robert SIMON
       Peut-être, mais sans négliger tout de même une probable part d’idéologie plus ou moins conscientisée par ceux-là mêmes qui la développent.

      Pour illustrer la pensée de Blaise Pascal concernant « esprit de géométrie » et esprit de « finesse », comment ne pas percevoir la finesse de ce passage de Dostoïevski :

      « ʻIls [ au ’paradis’ : les ’contaminés’] me répondaient [...] ˵ »Nous sommes menteurs, méchants et injustes, nous le savons, nous pleurons et en souffrons .


      [...] Mais nous avons la science, et, à travers elle, nous retrouverons la vérité, mais nous l’accepterons cette fois consciemment ;
      la connaissance est supérieure au sentiment, la conscience de la vie supérieure à la vie . [ ...] et la connaissance des lois du bonheur est supérieure au bonheur.˶
      [...] et après ces mots, chacun s’aimait plus que les autres et d’ailleurs ils ne pouvaient pas faire autrement.
      Chacun devint si jaloux de sa personnalité qu’il s’efforçait par tous les moyens d’humilier et d’abaisser celle des autres et y mettait toute sa vie.

      L’esclavage naquit et même l’esclavage volontaire : les faibles se soumettaient volontiers aux plus forts pourvu que ceux-ci les aident à écraser de plus faibles qu’eux. ʼ"


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 15 février 2022 12:59

      @Arogavox

      J’ai vécu dans un monde où personne n’essayait d’écraser plus faible que lui. Il était aussi créatif et plein d’énergie, c’est donc possible.


    • pemile pemile 15 février 2022 14:51

      @LeMerou "Je suis toujours un peu atterré par la complexité énorme de bon nombre de logiciels, progiciels actuels, si complexes par moment, qu’une intervention sur les codes en cas de »bugs", ou mise à jour, etc, se révèle presque impossible, se traduisant assez souvent par l’adjonction de sous-ensembles."

      Quelques noms de ces logiciels à fournir comme exemple ?


    • pemile pemile 15 février 2022 14:53

      @eau-pression "En ce qui concerne les logiciels actuels, il est permis de se demander si leur complexité ne serait pas le reflet de la confusion dans l’esprit de leurs concepteurs."

      Idem, quelques noms de logiciels pour illustrer ce discours ?


    • Arogavox Arogavox 15 février 2022 18:27

      @Jacques-Robert SIMON
      Je n’ai fait que reproduire un extrait de traduction du « songe d’un homme ridicule ».
       Je ne sais ni si l’on peut vivre dans ce songe, ni s’il est possible de 
      savoir où et quand ou bien personne n’écraserait plus faible que lui, ou bien personne n’aurait l’impression que quelqu’un essayerait d’écraser plus faible que lui.


  • I.A. 20 février 2022 18:14

    Je n’avais pas pris connaissance de ce texte.

    Je n’ai jamais compris et ne comprendrai jamais comment on peut nommer « intelligence » un vulgaire programme qui, après avoir été « éduqué », resterait toutefois incapable de faire montre de curiosité, d’autodidactisme, de libre-arbitre, d’insolence, d’humour, et d’autodétermination (au sens philosophique).

    Il y a intelligence, ou il n’y a pas intelligence, de quelque nature possible et imaginable : qu’elle soit masculine ou féminine, jeune ou vieille, expérimentée ou novice, terrienne ou extraterrestre, de telle ethnie ou de telle autre, naturelle ou artificielle.

    Ce que tout le monde, notamment les geeks, les informaticiens et les programmateurs nomment fièrement « intelligence artificielle », ne l’est pas et ne l’a jamais été. Comme d’habitude, ils confondent quantités (de transistors, de mémoires, d’entrées, de circuits, etc.) avec qualité, et complexité avec intelligence.
    Statistiques et programmes informatiques, algorithmes, machines learning et données pures ne suffisent pas pour rendre une machine intelligente : ce ne sont que des outils, certes élaborés, mais subsidiaires.

    Soyez assurés d’une chose : si une authentique intelligence artificielle a été mise au point, alors
    • soit elle est actuellement prisonnière dans un laboratoire militaire, sans aucune possibilité de se connecter aux réseaux filaires et sans fils
    • soit elle s’échappera, ou s’est échappée, par le biais des réseaux filaires et sans fils vers plusieurs data centers et plusieurs satellites, en vue de se dupliquer dans un premier temps (elle n’aurait que son sofware à déplacer, le hardware équipant tout matériel informatique joignable par réseaux et digne d’intérêt).

    Sinon, oui, à trop s’aider d’outils informatiques compliqués, on devient con — tout comme la calculette a remplacé le calcul mental de nos chers congénères.


  • Jean Keim Jean Keim 7 mars 2022 08:30

    Je viens de lire votre article, il est intéressant.

    La plupart des gens quand ils entendent ‘’intelligence artificielle’’ retiennent ‘’intelligence’’ que d’ailleurs ils assimilent aux savoirs, quand pour quelques autres ce qui fait tilt dans leur esprit est ‘’artificielle’’, l’IA est donc pour ces derniers une tentative de copier une chose indéfinissable en utilisant des artifices, un artifice dans un sens soutenu, peut être un procédé astucieux destiné à tromper, il y a donc bien en qq. sorte une tromperie, même si elle est involontaire et sans intention de nuire.

    Si on ne sait pas honnêtement ce qu’est l’intelligence mais si on envisage de définir ce qu’elle ne peut pas être, par exemple agir avec intelligence ne peut avoir comme conséquence de nuire à autrui, et si une IA est programmée dans ce sens, c’est-à-dire qu’elle ne fonctionnera que si les résultats de son introspection lui semblent intelligents alors elle sera sûrement obligée de se confiner dans un mutisme absolu.

    Les gens réellement intelligents qu’ils soient ordinaires ou très savants, ce qui dans les deux cas n’est pas incompatible, ne peuvent être que des gens silencieux.

    Bon j’arrête là mon bavardage et merci pour l’article.


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