Intervention du Ministre Didier Guillaume : le blabla perpétuel !
Intervention du Ministre Didier Guillaume : le blabla perpétuel !
Le ministre de l'Agriculture est intervenu mercredi 30 octobre à la radio sur France Inter.
De quoi a-t-il été question ?
Réagissons sujet par sujet.
« Nous devons faire rentrer l'alimentation dans cette politique agricole commune. »
Nous sommes d'accords.
Alors commençons par une particularité agricole à l'OMC pour préserver notre Agriculture. Allez chiche !
Le ministre nous parle ensuite du « dénigrement permanent » que subissent nos Agriculteurs et Éleveurs au quotidien.
Ce dénigrement est alimenté par des publicités mensongères sur le travail quotidien de ces Hommes et de ces Femmes, il est mené par des associations au financement douteux qui s'introduisent illégalement dans des exploitations agricoles.
Ce dénigrement est aussi mené, à certains égards, par les politiques professionnels eux-mêmes.
En effet, Monsieur le Ministre est revenu sur les États-généraux de l'alimentation (Egalim) qui était censé permettre une meilleure rémunération aux agriculteurs et aux éleveurs.
Comme il le rappelle si bien, ces Egalim sont un échec, les éleveurs de la filière bovine (viande et lait) ne voient toujours pas leur revenu augmenter.
Il marque aussi le fait que le SRP n'a servi à rien.
Il ne fallait pas être devin pour le savoir, ce n'est pas en augmentant certains produits non agricoles qui va faire en sorte que les producteurs soient mieux rémunérés.
Mais rappelons que c'est le gouvernement et le rapporteur des Egalim, le député-éleveur de la Creuse Jean-Baptiste Moreau, qui se sont opposés aux amendements visant à mieux rémunérer les paysans et contraindre les industriels et distributeurs à le faire.
Ce ne sont pas seulement des contrôles, avec à la clef des avertissements et des amendes (de quel montant ?!) qui vont obliger la mafia industrielle à partager la valeur ajoutée.
Une législation doit être mise en place :
« Encadrer les marges au bénéfices des agriculteurs et consommateurs avec la mise en application d'un prix abusivement bas qui interdit à tout acheteur de proposer un prix inférieur au coût de production qui serait déterminé par ( l'OFPM) l'observatoire des formations des prix et des marges. »
Le ministre appelle au patriotisme agricole et économique, c'est-à-dire acheter français.
Oui nous devons acheter français au maximum, se servir auprès des producteurs, dans les marchés, en fonction de nos moyens.
A la fin de l'intervention, un homme l'a interpellé sur le soja OGM traité au glyphosate au Brésil, qui arrive en France.
Le ministre n'a pas émis l'idée d'interdire l'importation de ce soja.
Normal dirons-nous, car nous sommes sous l'emprise de l'Union Européenne.
C'est un tout.
Tant que nous resterons dans cette Europe supranationale folle de libéralisme et de profits, nous ne pourrons pas retrouver notre souveraineté alimentaire et réorienter notre Agriculture, pour qu'elle soit au service des paysans, des territoires et des consommateurs.
Sortir de l'UE est une nécessité, l'Europe doit être une zone économique où chaque pays a son indépendance et sa souveraineté, mais en aucun cas elle ne doit être une entité politique.
L'Europe est un continent, composé de plusieurs États et peuples, qui doivent être respectés.
Et qu'on se rassure, une PAC sera toujours possible. Parce que la PAC vient du budget européen, qui est abondé par les impôts de tous les pays européens.
La PAC pourra donc continuer à être mise en œuvre sans passer par le diktat bruxellois.
La sauvegarde de notre Agriculture passera aussi par une régulation des productions, par des prix corrects, par une TVA sociale sur les produits agricoles hors taxes pour réduire les charges et et permettre une répercussion sur les salaires.
« Dans le redressement national, c'est à eux (aux Agriculteurs) que reviennent le premier rôle et la plus haute dignité. Il ne saurait y avoir pour la France de véritable reconstruction, si la part capitale de l'agriculture dans l'économie française et son rôle éminent dans notre structure sociale, devaient être méconnus ».(Charles de Gaulle)
Valentin Lagorio, secrétaire national chargé de l'agriculture au RPF, secrétaire général adjoint à l'UPF.

