Israël emprisonne !
Comment en parler ? Des tortures dignes de la « Carlingue »,[i] de Bonny et Lafond …. L’énoncé sur la photo titre n’est pas exhaustive, tant « l’imagination » des bourreaux israéliens est étendue. On parle même de… A entendre dans la vidéo jointe.[ii] Une bonne partie de ce qui est avancé dans ce billet vient d’un documentaire réalisé en 2025 par la journaliste Barbara Lohr,[iii] reporter à Arte, spécialisée dans l'actualité internationale et les conflits. Sur le site de la chaîne voici ce qui est écris en accroche pour présenter son travail intitulé, « L'enfer des prisons israéliennes » : « Arrestations de masse, disparitions forcées, incarcérations arbitraires sans inculpation ni jugement, détention au secret, torture généralisée, traitements inhumains et dégradants : les rapports de nombreux organismes internationaux, dont diverses agences de l’ONU ainsi que de multiples ONG documentent les actes de tortures et conditions inhumaines infligés à tous les prisonniers palestiniens détenus en Israël après le 7 octobre 2023. »[iv] N’ayant eu vent d’aucune plainte contre la chaîne franco/allemande dans ce qui est dit dans ces 28 minutes ; tout porte à croire donc qu’il n’y a aucune volonté de nuisance auprès de l’état d’Israel, mais d’exposer des faits d’une gravité exceptionnellement inhumaine que le public ne doit pas ignorer !
Etre arrêté par les israéliens. Un peu comme le dicton contre les natifs américains, « un bon palestiniens est un palestinien en prison ou mort. » Déjà avant octobre 2023, Madame Francesca Albanese[v] rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés dénonçait, « Les pratiques carcérales illégales d’Israël équivalent à des crimes internationaux qui justifient une enquête urgente du Procureur de la Cour pénale internationale. » Elle rappelait aussi que : « depuis 1967, Israël a détenu environ un million de Palestiniens dans les territoires occupés, dont des dizaines de milliers d’enfants. » Ces milliers de personnes ont été souvent incarcérés sans inculpation, ni jugement pendant de longues périodes.[vi] Etre un civil palestinien veut dire qu’il peut subir des vagues d’arrestations que ce soit dans la bande de gaza ou en Cisjordanie, que les forces de police et l’armée ont recours à la force et qu’il n’y a pas de protection des Palestiniens contre les attaques organisées par des groupes suprématistes juifs, qui souvent sont protégés par Tsahal. Ces forces armées nagent dans l’abus de pouvoir, l’abus d’autorité et peuvent se permettre à peu près tout, avec bien souvent l’assentiment de la population civile israélienne… On va même jusqu’aux kidnappings. Il y a eu une recrudescence d’enlèvements de journalistes palestiniens qui a bondi au cours des deux dernières années. Alors que cinq professionnels palestiniens des médias étaient arbitrairement incarcérés avant le 7 octobre 2023, vingt l’ont été après cette date, selon RSF.[vii] D’autres enlèvements sont à signaler de gens qui n’ont rien à voir avec le Hamas ou avec la politique, des civils sans histoire, ce qui maintient le sentiment de terreur sur la population palestinienne. Un exemple dans la vidéo, un chirurgien en plein travail arrêté par Tsahal et emprisonné. Finalement relâché, il témoigne des mauvais traitements, de la torture où il confie qu’en tant que médecin il n’avait absolument rien à avouer… Les exemples des exactions commises par l’autorité israëlienne se comptent par millions et en cas de révolte, de contestations, c’est la case prison qui les attend…
Conditions des prisonniers. L'ONG israélienne B'Tselem,[viii] dans son dernier rapport détaille les mauvais traitements reçus par des détenus. Du fait de la récurrence des abus, on peut aujourd'hui parler d'une politique de « maltraitance institutionnalisée. » Le Guardian a également recueilli des témoignages décrivant des schémas d'abus correspondant à ceux documentés par B'Tselem, photos et dossiers médicaux à l'appui.[ix] Il est question de violences graves et arbitraires, d'agressions sexuelles, d'humiliations, de conditions de détention insalubres avec surpeuplement des cellules et rationnement extrême de nourriture, de refus de traitements médicaux, d'interdictions de culte ou encore d'actes de soumission au drapeau israélien. Au moins 100 prisonniers sont morts de ces mauvais traitements, dénombre l'ONG. Les détentions abusives, sans inculpation formulée clairement sont légion, voici un exemple de ce qui coute d’etre au mauvais endroit au mauvais moment pour un palestinien : Ashraf al-Muhtaseb a 53 ans,[x] arrêté le 8 octobre et libéré le 7 avril, emprisonné dans trois lieux différents. Il raconte ses nuits passées sans couverture, les expéditions punitives durant lesquelles lui et d'autres prisonniers ont subi coups et humiliations. Il raconte aussi la faim, le manque de nourriture. Il est sorti de prison avec près de 30 kilos en moins, quatre côtes et une main cassées, incapable de marcher. Lui qui était musicien avant la prison n'entend plus de l'oreille gauche. Durant ses six mois de détention, il n'est jamais passé devant un juge. Aucune charge n'a d'ailleurs et retenue contre lui. Son cas est devenu commun dans le monde carcéral israélien. Ces abus ont empiré depuis l’arrivée de Itamar Ben-Gvir au gouvernement comme ministre en charge des prisons. Ce dernier a durci encore plus les conditions de détention des palestiniens, supprimant le pain frais, avec des distributions de nourriture de mauvaise qualité et en quantité limitée. Mais surtout, il a offert l’impunité à tous les gardiens de prison et soldats, qui ainsi, peuvent exprimer toute leur haine et leurs déviances. « Les gardes m'ont dit : on vous donne assez pour vous maintenir en vie, mais que si cela ne tenait qu'à nous, nous vous laisserions mourir de faim", explique un ex prisonnier.[xi] Que ce soit du côté de l'armée ou des services pénitentiaires, rapporte le quotidien Haaretz, on nie tout système d'abus autorisé dans les services de détention. Cet Itamar Ben-Gvir est surnommé par la sociologue Eva Illouz de « fascisme juif », ce qui décrit assez bien le personnage. On doit se demander ce que peuvent bien penser les survivants de l’holocauste d’avoir engendré de tels individus qui salissent leur religion, leur communauté et leur mémoire.
Prison de Sde Teiman, le « Guantanamo » d’Israël. Environ 9 500 Palestiniens, dont des centaines d’enfants et de femmes, sont actuellement emprisonnés, dont un tiers sans inculpation ni jugement. Un nombre indéterminé d’autres personnes sont détenues arbitrairement dans des centres de détention et des camps spéciaux à la suite de vagues d’arrestations et de campagnes d’enlèvements sur le territoire palestinien qui ont visé toutes sortes de civils de tout âge, en particulier, après le 7 octobre. D’innombrables témoignages[xii] de palestiniens auprès des ONG font état de détenus enfermés dans des cages, attachés à des lits, les yeux bandés, portant des couches, nus, privés de soins de santé, de nourriture, d’eau et de sommeil et victimes de décharges électriques, notamment sur les parties génitales. Des chiens d’attaque lâchés sur des hommes,[xiii] et certains même violés par ces animaux. De chantage et de brûlures de cigarettes. En outre, les victimes ont évoqué de la musique forte jouée jusqu’à ce que leurs oreilles saignent. Les noyades simulées et les prisonniers suspendues au plafond sont le commun journalier pour beaucoup. Voilà ce dont on ne parle pas dans les médias occidentaux : des répliques, et c’est une horreur, des répliques que furent les camps de concentrations hitlériens et leurs atrocités. Tout cela se passe au 21eme siècle et comme à l’époque des années 30/40 cela ne suscite guère de vague dans les médias, les politiques et le grand public. Tortures et dégradations humaines as usual ! La vie continue…
Comment un peuple qui a tant souffert par le passé, autorise-t-il certains de ses membres à ressembler à ceux qui ont exterminé la génération des grands-parents ? C’est à douter sincèrement de l’humanité !
Georges ZETER/janvier 2026
Vidéo : L'enfer des prisons israéliennes | ARTE
Les photos utilisées viennent de captures d’écran du documentaire « l’enfer des prisons israéliennes »
[iii] https://www.figra.fr/wp-content/uploads/2018/02/Barbara-Lohr-Barbara-Lohr-Sibe%C3%8C%C2%81rie-les-aventuriers-de-lage-perdu.pdf
[v] https://www.ohchr.org/fr/news/2023/07/special-rapporteur-says-israels-unlawful-carceral-practices-occupied-palestinian
[vi] https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2021/06/israeli-police-targeted-palestinians-with-discriminatory-arrests-torture-and-unlawful-force-2/
[vii] https://rsf.org/fr/palestine-sur-19-journalistes-d%C3%A9tenus-arbitrairement-en-deux-ans-isra%C3%ABl-en-lib%C3%A8re-seulement-trois
[viii] B'Tselem est une association israélienne de défense des droits humains qui n'a pas les faveurs du gouvernement
[ix] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mardi-06-aout-2024-4509121
[x] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/la-revue-de-presse-internationale-emission-du-mardi-06-aout-2024-4509121
[xi] Idem. Témoignage de Firas Hassan


