lundi 15 juin - par politzer

Jours tranquilles à Gouangzhou

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Jours tranquilles à Guangzhou
 

Tribulations d’un communiste revolutionnaire en Chine

On se trouve dans une ville gigantesque ou tout est démesuré

On quitte la grande circulation et le bruit étrange qui jailli de la rencontre entre le caoutchouc des pneus des véhicules électriques et l asphalte. 20 millions d habitants 10 fois plus de gratte-ciel qu à NYC ! des millions de scooters qui te frôlent dans les ruelles et même sur les trottoirs .

On s enfonce dans la nuit et les ruelles de Shipai, cœur vibrillonnant de Guangzhou. L’air tiède porte les parfums de nouilles sautées, de jasmin et d’huile des scooters électriques qui caressent le marcheur tardant à s écarter.

Tout est calme électrifié dans la Rivère des Perles, au fin fond de shipai l'ancien village incrusté dans la big city, éclairé par les multiples enseignes accrochées aux murs fatigués.

 

Le front de la guerre des classes :

Une épopée 2.0

 

On se prend subitement à penser que le front n’est plus dans les tranchées ni dans les steppes enneigées. Le front est dans les usines et les ateliers.

En Union soviétique, la première grande armée de Staline fut la classe ouvrière qui a tenu ce front en se dressant contre le NAZI avec une violence inouïe entre deux guerres 

Stakhanov et ses émules, des millions d’ouvriers et d’ouvrières, se sont littéralement jetés dans la bataille tués au travail.

Cadences infernales, records brisés nuit et jour, corps épuisés, vies sacrifiées sur l’autel de l’industrialisation forcée. Ils ont vaincu le Moloch capitaliste par le fer et le feu et puis finalement par le sang. Ils ont construit une puissance industrielle capable de briser le nazisme.

Leur héroïsme fut tragique, brûlant, magnifique… et terriblement coûteux en vies humaines.

En Chine, le front ouvrier est le même — les usines, les ateliers, les chaînes de production —, mais le combat a pris une autre forme. Ici, il n’y a pas de guerre chaude. Pas de bombes, pas d’invasion militaire.

Le combat se joue dans la durée, la patience et la discipline consentie. C’est un front économique silencieux, obstiné, implacable.

Tout est calme en apparence à Dongguan, à Huangpu, dans les zones industrielles qui entourent Guangzhou, des millions d’ouvriers et d’ouvrières tiennent ce front chaque jour.

 Ils acceptent les heures supplémentaires, non par contrainte brutale (comme l’insinue la propaganda staffel occidentale), mais parce qu’elles augmentent significativement un salaire aujourd’hui déjà décent.

Ils transforment des pièces, assemblent des moteurs, chargent des conteneurs, font rouler des millions de scooters électriques. Chaque geste est une victoire discrète contre le Moloch impérialiste qui voulait les maintenir dans la misère et la dépendance. Tout le monde ici sait ce que fut la « guerre de l’opium » quand l'impérialisme anglais tenta de tuer une grande partie de la population chinoise pour mieux la dépouiller

Les ouvriers ne meurent plus à la tâche comme les stakhanovistes. Ils construisent des ponts gigantesques, des ronds-points sortis d un roman de science fiction, des immeubles convulsifs dans les nuages, des voitures volantes, et des trains qui filent comme des avions et aussi des navires et des canons !

Ils élèvent leurs enfants qui iront à l’université, ils habitent désormais dans de vrais logements confortables en centre ville sur la ligne de front.

 Leur héroïsme est plus discret, plus durable, plus profond. C’est l’héroïsme de ceux qui savent que la vraie guerre se gagne sur le long terme : par la production, l’innovation, la souveraineté technologique et la maîtrise de son destin.

 

Deux classes ouvrières, un même front : les usines et les ateliers.

L’une l’a tenu dans la fournaise et le sang.

L’autre le tient dans la persévérance et la dignité retrouvée.

Marche tranquille à Shipai la nuit, se perdre dans le labyrinthe des ruelles sans fin ni commencement inspire cette vérité ressentie avec une violente intensité : le combat pour la liberté goes on !

 Le Moloch n’est pas mort, mais il recule toutes griffes dehors. Il recule devant des petites mains chinoises qui, sans fanfare ni tragédie spectaculaire, continuent patiemment de bâtir un monde où les travailleurs ne sont plus seulement des variables d’ajustement, mais les véritables artisans de l’Histoire.
OUI les masses font l’histoire, mais pas toujours comme on le croit !

Jours tranquilles à Guangzhou…

Sous la surface paisible, un front immense et silencieux tient bon. Et cela, aucune puissance déclinante ne pourra jamais l’arrêter.

À la mémoire de mon père ( Charles Pierron dit « le petit charlot »cité au corps d’armée ; 1922-1975 ; et à tous les résistants héroïques déportés, assassinés ou revenus déshumanisés.

À tous les ouvriers anonymes, les « sans-dents », les pères et les fils qui, sans tambour ni trompette, continuent de porter le monde sur leurs épaules mains calleuses épaules robustes moulées par le labeur. Vous n’avez pas de monuments.

Mais vous avez ma mémoire, vous les Immortels qu’on célèbre en Russie comme jamais en France.

Et tant qu’un seul communiste révolutionnaire marchera dans ces ruelles en pensant à vous, votre combat ne sera pas oublié.

Jours tranquilles à Guangzhou…

Sous la surface paisible, un peuple ouvrier écrit, en silence et en sueur, la suite de l’Histoire. Et cela, aucune vermine au pouvoir, aucun parasite tueur, n'en viendra jamais à bout
La rivière de Perles Gouangzhou China 13 JUIN 2026.

 



7 réactions


  • Rinbeau Rinbeau 16 juin 11:42

    Nous sommes en guerre.. Des capitalismes.. Capitalismes d’Etat contre capitalisme privé ploutocratique bancaire.. Le monde entier a sombré dans le Capitalisme.. Pas pour le plus grand bien des ouvriers où qu’ils se trouvent à mon avis..

     smiley


  • sylvain sylvain 16 juin 15:16

    et sinon, en pratique, c’est quoi la difference entre le systeme communiste chinois et le systeme capitaliste a l’occidentale.

    Parce que bon, on voit bien des petites differences par ci par la. Mais globalement, ca se ressemble quand meme enormement non ? A part le narattif des « sacrifices consentis » et de la « lutte contre l’imperialisme » bien entendu. Quoique, la lutte contre le totalitarisme chinois, le concurrent chinois... fait a peu pres le meme taf ici


  • sylvain sylvain 16 juin 15:17

    Et pourquoi sur l’affiche les ouvriers semblent europeens ?


  • Decouz 22 juin 10:32

    Quelles sont les préoccupations des Chinois à l’heure actuelle (entre autres ? L’ambition des familles était la réussite au gaokao, qui permettait l’accès à l’université et garantissait un travail, ce n’est plus le cas, les familles se sacrifiaient surtout à cause de l’enfant unique qui était vu comme un investissement et qui recevait une pression maximale (cours supplémentaires, horaires extrêmes)


  • Decouz 22 juin 10:33

    Aujourd’hui, beaucoup de familles constatent que cette équation fonctionne moins bien : le nombre de diplômés universitaires a énormément augmenté. Certaines filières produisent davantage de diplômés que le marché du travail n’en absorbe. Le chômage des jeunes diplômés est devenu une préoccupation majeure. Des emplois autrefois accessibles avec un diplôme de licence exigent désormais un master, sans offrir forcément un meilleur salaire. On voit donc apparaître des débats sur : la valeur réelle du diplôme, l’enseignement professionnel et technique, les métiers manuels qualifiés ; l’entrepreneuriat.


  • Decouz 22 juin 10:37

    L’accès à l’université n’est pas entièrement uniforme à l’échelle nationale. Il existe des différences importantes selon la province ou la municipalité où l’élève passe le gaokao. Le mécanisme principal n’est pas officiellement présenté comme un « quota » au sens politique du terme, mais les universités reçoivent chaque année des plans de recrutement par province. Cela signifie qu’une université réserve un certain nombre de places aux candidats de chaque région. Les grandes universités recrutent souvent davantage d’étudiants dans leur propre région. Un candidat ayant le même score au gaokao peut être admis dans une université prestigieuse dans une province, mais refusé dans une autre. Les élèves de certaines provinces très peuplées font face à une concurrence beaucoup plus forte. Les élèves de Beijing bénéficient généralement d’un accès plus favorable aux universités de la capitale.Les élèves de Shanghai ont souvent un avantage similaire pour les universités locales. Dans des provinces très peuplées comme Henan ou Shandong, le nombre de candidats est énorme, ce qui rend l’accès aux établissements Historiquement, le gouvernement justifie ce système par plusieurs objectifs : assurer un accès à l’enseignement supérieur dans toutes les régions. Soutenir le développement local en formant des étudiants qui resteront parfois dans leur province, éviter que toutes les places des universités d’élite soient captées par quelques provinces très performantes. Ce système est régulièrement critiqué. Beaucoup de familles des provinces très peuplées estiment qu’il est injuste qu’un élève de Pékin ou de Shanghai puisse être admis avec un score inférieur à celui exigé d’un élève du Henan ou du Shandong pour la même université. Ainsi, lorsque les Chinois parlent de l’inégalité du gaokao, ils ne parlent pas seulement de l’examen lui-même, mais aussi de la répartition géographique des places universitaires, qui reste un sujet sensible.

    Ce système est régulièrement critiqué. Beaucoup de familles des provinces très peuplées estiment qu’il est injuste qu’un élève de Pékin ou de Shanghai puisse être admis avec un score inférieur à celui exigé d’un élève du Henan ou du Shandong pour la même université.s les plus sélectifs plus difficile.


  • Decouz 22 juin 11:01

    comme le gaokao et l’université ne garantissent plus l’emploi, un changement de mentalité apparait, comme le « mian zi », la « face », la réputation a une grande importance en Chine, le fait d’aller en université et dans telle université donnait à la famille un sentiment de fierté, si cet aspect n’a pas disparu on se tourne plus volontiers vers des filières techniques et pratiques, où le travail est plus certain, c’est encouragé par le gouvernement et les rémunérations sont aussi motivantes.


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