Jours tranquilles à Gouangzhou
Jours tranquilles à Guangzhou
Tribulations d’un communiste revolutionnaire en Chine
On se trouve dans une ville gigantesque ou tout est démesuré
On quitte la grande circulation et le bruit étrange qui jailli de la rencontre entre le caoutchouc des pneus des véhicules électriques et l asphalte. 20 millions d habitants 10 fois plus de gratte-ciel qu à NYC ! des millions de scooters qui te frôlent dans les ruelles et même sur les trottoirs .
On s enfonce dans la nuit et les ruelles de Shipai, cœur vibrillonnant de Guangzhou. L’air tiède porte les parfums de nouilles sautées, de jasmin et d’huile des scooters électriques qui caressent le marcheur tardant à s écarter.
Tout est calme électrifié dans la Rivère des Perles, au fin fond de shipai l'ancien village incrusté dans la big city, éclairé par les multiples enseignes accrochées aux murs fatigués.
Le front de la guerre des classes :
Une épopée 2.0
On se prend subitement à penser que le front n’est plus dans les tranchées ni dans les steppes enneigées. Le front est dans les usines et les ateliers.
En Union soviétique, la première grande armée de Staline fut la classe ouvrière qui a tenu ce front en se dressant contre le NAZI avec une violence inouïe entre deux guerres
Stakhanov et ses émules, des millions d’ouvriers et d’ouvrières, se sont littéralement jetés dans la bataille tués au travail.
Cadences infernales, records brisés nuit et jour, corps épuisés, vies sacrifiées sur l’autel de l’industrialisation forcée. Ils ont vaincu le Moloch capitaliste par le fer et le feu et puis finalement par le sang. Ils ont construit une puissance industrielle capable de briser le nazisme.
Leur héroïsme fut tragique, brûlant, magnifique… et terriblement coûteux en vies humaines.
En Chine, le front ouvrier est le même — les usines, les ateliers, les chaînes de production —, mais le combat a pris une autre forme. Ici, il n’y a pas de guerre chaude. Pas de bombes, pas d’invasion militaire.
Le combat se joue dans la durée, la patience et la discipline consentie. C’est un front économique silencieux, obstiné, implacable.
Tout est calme en apparence à Dongguan, à Huangpu, dans les zones industrielles qui entourent Guangzhou, des millions d’ouvriers et d’ouvrières tiennent ce front chaque jour.
Ils acceptent les heures supplémentaires, non par contrainte brutale (comme l’insinue la propaganda staffel occidentale), mais parce qu’elles augmentent significativement un salaire aujourd’hui déjà décent.
Ils transforment des pièces, assemblent des moteurs, chargent des conteneurs, font rouler des millions de scooters électriques. Chaque geste est une victoire discrète contre le Moloch impérialiste qui voulait les maintenir dans la misère et la dépendance. Tout le monde ici sait ce que fut la « guerre de l’opium » quand l'impérialisme anglais tenta de tuer une grande partie de la population chinoise pour mieux la dépouiller
Les ouvriers ne meurent plus à la tâche comme les stakhanovistes. Ils construisent des ponts gigantesques, des ronds-points sortis d un roman de science fiction, des immeubles convulsifs dans les nuages, des voitures volantes, et des trains qui filent comme des avions et aussi des navires et des canons !
Ils élèvent leurs enfants qui iront à l’université, ils habitent désormais dans de vrais logements confortables en centre ville sur la ligne de front.
Leur héroïsme est plus discret, plus durable, plus profond. C’est l’héroïsme de ceux qui savent que la vraie guerre se gagne sur le long terme : par la production, l’innovation, la souveraineté technologique et la maîtrise de son destin.
Deux classes ouvrières, un même front : les usines et les ateliers.
L’une l’a tenu dans la fournaise et le sang.
L’autre le tient dans la persévérance et la dignité retrouvée.
Marche tranquille à Shipai la nuit, se perdre dans le labyrinthe des ruelles sans fin ni commencement inspire cette vérité ressentie avec une violente intensité : le combat pour la liberté goes on !
Le Moloch n’est pas mort, mais il recule toutes griffes dehors. Il recule devant des petites mains chinoises qui, sans fanfare ni tragédie spectaculaire, continuent patiemment de bâtir un monde où les travailleurs ne sont plus seulement des variables d’ajustement, mais les véritables artisans de l’Histoire.
OUI les masses font l’histoire, mais pas toujours comme on le croit !
Jours tranquilles à Guangzhou…
Sous la surface paisible, un front immense et silencieux tient bon. Et cela, aucune puissance déclinante ne pourra jamais l’arrêter.
À la mémoire de mon père ( Charles Pierron dit « le petit charlot »cité au corps d’armée ; 1922-1975 ; et à tous les résistants héroïques déportés, assassinés ou revenus déshumanisés.
À tous les ouvriers anonymes, les « sans-dents », les pères et les fils qui, sans tambour ni trompette, continuent de porter le monde sur leurs épaules mains calleuses épaules robustes moulées par le labeur. Vous n’avez pas de monuments.
Mais vous avez ma mémoire, vous les Immortels qu’on célèbre en Russie comme jamais en France.
Et tant qu’un seul communiste révolutionnaire marchera dans ces ruelles en pensant à vous, votre combat ne sera pas oublié.
Jours tranquilles à Guangzhou…
Sous la surface paisible, un peuple ouvrier écrit, en silence et en sueur, la suite de l’Histoire. Et cela, aucune vermine au pouvoir, aucun parasite tueur, n'en viendra jamais à bout
La rivière de Perles Gouangzhou China 13 JUIN 2026.



