Karachi : 28 documents sur 54 de la DGSE ne devraient pas être déclassifiés
La commission qui décide si oui ou non les documents classés secret défense, ou sous toute autre appellation qui empêche de les rendre publics, est composée, il faut le rappeler, d’UMP. Cette commission avait déjà déclaré non avenue la perquisition des locaux de la DGSE pour l’affaire Karachi, alors que cette perquisition avait été autorisée dans l’affaire ben Barka il y a à peine quelques mois (juste pour nos nationalistes qui pensent que des secrets qui déclencheraient la troisième guerre mondiale auraient été ainsi dévoilés, justifiant l’interdiction de la perquisition la DGSE bien qu’une autre ait eu lieu sans rien déclencher et sans soumettre la France à un risque stratosphérique). Il faut ajouter que Fillon qui se devait de suivre ce que son non mentor avait déclaré comme quoi il n’y aurait pas d’obstacles à la vérité de la part du pouvoir, ce que le Premier Sinistre s’est dépêché de ne pas faire mais de suivre l’avis de la commission qui n’est pourtant que consultative, a interdit la perquisition.
L'ami Morin, dans le poste à ondes électromagnétiques (fréquences modulées) avait joué au malin et, monté sur ses ergots de coq à 2 %, s'était déclaré le meilleur de la classe (France Inter). Sans doute dans une classe qui ment et triche avait-il la première place, quoique la concurrence y est forte avec des Boutefeu très actifs. La vérité n'était pas tout-à-fait celle-là. Non seulement il avait traîné considérablement les pieds, mais de plus les documents fournis étaient inutilsables pour la plupart avec nombre de parties de documents rendues illisibles. De plus à la demande du juge Trévidic du mois de mai, il n'avait toujours pas répondu jusqu'à son licenciement en novembre, soit trois mois après le délai légal de deux qui impose une réponse. Reuter : Le juge Trévidic avait demandé en mai à Hervé Morin, prédécesseur d'Alain Juppé, plusieurs documents.
Certains, sans portée déterminante, ont été remis mais d'autres, dont la déclassification n'a pas été soumise à la commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), manquent à l'appel, remarque le juge Trévidic dans son courrier à Alain Juppé.
"Il s'agit d'enquêtes administratives sur le versement des commissions et d'un rapport réalisé par Dominique Castellan, un dirigeant de la Direction des constructions navales (DCN), sur l'arrêt du versement des commissions", a dit la source.
C'est donc à Juppé, le maire fidèle absolu à Bordeaux - juré craché - que revient la délicate mission de refuser au juge Trévidic la totalité des documents qu'il a réclamés, documents passés entre les main de cette commission aux relents UMP. Libération : Le juge Marc Trévidic chargé de l’instruction sur l’attentat de Karachi ne pourra pas, selon toute vraisemblance, prendre connaissance de 28 documents des services secrets de la DGSE intéressant pourtant son enquête. Dans l’édition de ce matin du Journal Officiel, la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) indique qu’elle a examiné 54 documents de la DGSE relatifs à l’attentat de Karachi. Selon elle : 26 peuvent être déclassifiés, et 28 ne doivent pas l’être.
Conformément à la procédure, l’étude de ces notes lui a été demandée par le ministre de la Défense, Alain Juppé, sur la base d’une lettre motivée du juge Trévidic, datée du 22 novembre dernier. Au regard des textes, la CCSDN rend un avis consultatif, qui n’oblige en rien les ministres concernés, même si dans la grande majorité des cas le gouvernement se conforme à sa délibération. En théorie, la loi permet aux ministres de passer outre l’avis de la CCSDN et de transmettre l’intégralité des documents pertinents.
Quant au NouvelObs il nous précise : Au vu des 54 documents classifiés émanant de la DGSE produits par Alain Juppé à l'appui de sa saisine, la CCSDN a émis un avis favorable à la déclassification de 23 documents de la DGSE (message, fiche, note). Dans le même avis, la commission émet un avis favorable à la déclassification partielle de trois documents (deux notes et un fax) et un avis défavorable à la déclassification des 28 autres documents.
On va donc voir - au passage Sarkozy avait menti lors de son off des pédophiles en proclamant que tout avait été fourni - si Juppé suit les déclarations de son Président (et la voie de la lumière) ou l'avis de cette commission (et la voie de la dissimulation). Il serait temps, non d'augmenter comme l'a fait ce pouvoir, le périmètre du secret défense mais de le restreindre de manière drastique. Il n'a pas à couvrir les turpitudes financières des élus et de l'exécutif.
Puisque nous sommes dans cette affaire Karachi voici un lien fort intéressant de France Inter, radio qui mériterait d'être plus connue pour ses enquêtes extrêmement fouillées, documentées et approfondies. L'article est beaucoup trop long pour le résumer dans celui-ci. On peut juste en dire qu'en novembre 2000 des négociations étaient encore en cours pour le versement des 15 % de commissions restant dues et qu'il y avait nombre d'analyses juridiques afin de savoir si l'Etat (la DCNI) pouvait se dégager de l'obligation de les verser. Cela courrait aussi en janvier 2001. Tout cet article laisse supposer que ces 15 % de commissions, ce qui vu le montant global des pots de vin est loin d'être anecdotique , non versés pourraient être la cause de l'attentat.
L'année se finit comme elle avait commencé : triste et scandaleuse pour la France, à cause d'un pouvoir tout aussi triste et scandaleux.
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