vendredi 10 mai 2013 - par rosemar

L’abolition de l’esclavage ?

Depuis 2001, le 10 mai a été institué Journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage. L'abolition de l'esclavage ? Mais, enfin, si l'on regarde comment sont exploitées certaines populations, on se dit que l'esclavage existe toujours : les derniers événements qui se sont produits au Bangladesh nous le prouvent...

A Savar, près de Dacca, capitale du Bangladesh, mercredi 24 avril, un bâtiment , qui abritait des ateliers de confection pour des grandes marques de prêt-à-porter occidentales, a vu l'un de ses murs céder et enfouir sous les décombres 3 122 personnes, en majorité des femmes. Les derniers bilans officiels évoquent au moins 304 mort et plus de 900 disparus.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'immeuble avait été bâti sur un sol instable et sans les autorisations nécessaires.

Le secteur du textile emploie 3,6 millions de personnes dans le pays, pour la plupart des femmes, dont certaines gagnent l'équivalent de 30 euros par mois.

Dans quelles conditions déplorables travaillent ces ouvrières du textile ? Les entreprises occidentales ne se livrent-elles pas à une exploitation de ces populations en détresse ?

Ne peut-on pas parler de nouvel esclavage ? Un esclavage qui, en plus, se cache, tait son nom. Aucune mesure de sécurité, des ateliers insalubres, mal conçus, un salaire de misère, des accidents du travail qui se répètent inlassablement... Toutes les conditions ne sont-elles pas réunies pour parler d'esclavage ?

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 L'Union européenne achète au Bangladesh 60% de ses vêtements. Ce sont donc nos entreprises de prêt-à-porter qui font fabriquer au Bangladesh des vêtements dessinés en Europe, puis vendus en Europe.

On peut le dire : un nouvel esclavage est né : notre système fondé sur le profit et l'exploitation de la misère humaine perdure... et se développe même avec les délocalisations, les bas salaires, la précarité qui s'installe un peu partout...

Célébrer l'abolition de l'esclavage ? N'est-ce pas indécent alors que des populations vivent encore sous le joug du profit ?

N'est-ce pas une aberration alors que des gens misérables essaient de survivre, exploités, tués à la tâche ?

Le Bangladesh fait-il partie d'une autre planète ? On pourrait le croire quand on entend parler d'abolition de l'esclavage, une façon, sans doute, de nier une fois de plus ces populations, de leur enlever tout droit à exister dans des conditions de vie décentes...

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21 réactions


  • politzer politzer 10 mai 2013 16:22
    bonjour

    Aux Philippines 20% de la population doit s expatrier par manque de travail sur place . Ceux qui bossent touchent 200€ pour des semaines de 6 jrs et des journées de 12h sans compter les transports. Contrats de travail sur 5 mois éventuellement renouvelables. Le capitalisme financier en rêvait pour la France , c est fait là bas ! les gens sont terrorisés par la crainte de perdre leurs emplois d esclaves salariés et sont prêts à tout pour les conserver ...Alors les crétins ou les canailles qui prétendent que les hauts salaires et le smic sont responsables du chômage devront changer leurs « éléments de langage » . La déréglementation générale qui comprend l’immigration de peuplement ( des travailleurs bon marché futurs créateurs de plus value et donc de capital sont importés ) et les délocalisations ( exportation de capital mort sous forme monétaire ou matérielle) conduisent lentement mais sûrement vers des horizons de misère qui tendent à se rapprocher des conditions d existence de ces populations. Ca fait bien 30 ans que des gens comme moi ont alerté nos compatriotes de cette descente aux enfers mais l anti communisme , l anarchisme, le PS et la cfdt kollabos inspirés par les forces du capital financier français ont refusé d appréhender cette réalité qui aujourd hui s impose aux aveugles et à la mauvaise foi d antan. Les Français vont ils accepter sans broncher la réduction de leurs salaires, la fonte des pensions, le chômage de masse durable pour leurs enfants et la destructions des services publics ? Ou bien vont ils enfin comprendre qu’il faut changer de société ? Et pour commencer sortir de l’UE, sortir de l’Euro et de l’Otan. A ma connaissance seul F.Asselineau propose un nouveau pacte démocratique permettant au moins l arrêt du désastre. pour aller plus loin il faudra se battre encore !


    • rosemar rosemar 10 mai 2013 18:29

      Bonjour politzer 


      Au lieu de progresser dans le social, l’humanité régresse... C’est inquiétant : au Bangladesh, et dans d’autres pays, l’esclavage existe encore : c’est indéniable...

    • Henrique Diaz Henrique Diaz 11 mai 2013 15:14

      A Politzer,
      Pour une régulation par l’Etat de l’économie de droite, il y a bien Debout le République de Dupont Aignan, je vois mal pourquoi Asselineau, qui cache mal son fond de droite ne s’y associe pas ? Si vous regardez le fond des solutions que vous proposez, il n’y a pas de différence majeure avec DLR.

      D’autre part, le Front de gauche vous le savez partage l’essentiel de votre analyse économique. Pour les solutions, il y a en effet désaccord : pour réguler l’immigration, vous croyez qu’il faut fermer les frontières, or dans aucun pays du monde attractif, cela ne marche. Il est beaucoup plus efficace comme le FdG le préconise de régulariser les sans-papier, qui deviennent ainsi non pas français (comme beaucoup le croient) mais sujets de droit, personnes juridiques, plus difficiles à exploiter, de sorte qu’il n’y a plus pour les entreprises privées et de plus en plus publiques de sens à les inciter à venir pour pouvoir les traiter ici comme des esclaves.

      Sortir de l’Otan, on est d’accord, parce qu’il est impossible d’en prendre le contrôle démocratiquement. L’Euro et l’UE au contraire ont été faits par la France, en grande partie, ils peuvent donc être réinvestis dans un sens démocratique et non plus ploutocratique. De Gaulle en son temps a bien su le faire dans la mesure de sa volonté. Il n’y a pas eu de réorientation sociale et démocratique de l’Europe depuis les années 70 parce que ni le PS (après 83), ni le centre droit, ni la droite ne l’ont voulu. Tous étaient libéraux, l’Europe avançait donc dans le sens qui leur paraissait le plus juste. Il est absurde d’avoir contribué à bâtir un grand navire et de le saborder en l’abandonnant à ceux qui en ont fait un casino. L’Europe sans la France ne peut subsister, donc la France a un réel pouvoir de s’y faire entendre, pouvoir qui n’a jamais été utilisé depuis De Gaulle, parce que les dirigeants en place adhéraient à ce qu’elle devenait (tout en faisant croire à leur population qu’ils trouvaient cela injuste mais qu’on ne pouvait rien y faire).


    • rosemar rosemar 10 mai 2013 18:31

      Bonjour Heisenberg


      Merci pour ces infos : il est des pays où l’esclavage et la barbarie existent encore...

  • francesca2 francesca2 10 mai 2013 19:01

    Dans quelles conditions déplorables travaillent ces ouvrières du textile ? Les entreprises occidentales ne se livrent-elles pas à une exploitation de ces populations en détresse ?


    Parce que vous croyez que les entreprises chinoises traitentent-elles mieux leurs employé(e)s ? ou les indiennes peut-être ?
    Vous connaissez les restaveks haïtiens ? 
    Pourquoi avez-vous toujors ce besoin d’ethniciser l’exploitation de l’homme par l’homme ? 

  • chapoutier 10 mai 2013 19:02

    si on comptabilise en temps d’antenne, 1000 morts au Bangladesh valent beaucoup moins qu’un malfrat marseillais.


    • rosemar rosemar 10 mai 2013 19:06

      Bonsoir chapoutier 


      il est vrai qu’on ne s’attarde pas trop dur les morts du Bangladesh : on en a parlé mais rapidement l’info est oubliée...

  • foufouille foufouille 10 mai 2013 20:15

    un esclave ne peut se sauver
    c’est presque de l’esclavage


  • foufouille foufouille 10 mai 2013 20:20

    les esclaves sont encore en europe
    en france le chantier de la centrale
    la grece avec les fraises
    en italie aussi


    • rosemar rosemar 10 mai 2013 23:12

      Bonsoir foufouille 


      il existe des esclaves partout en Europe, des travailleurs qui souffrent, qui sont exploités...

  • Mugiwara 10 mai 2013 21:03

    l’esclavage est dissoute, interdite et c’est une bonne chose. il faut évidemment supprimer le mot race de la constitution. le mot race n’existe pas. ceux qui parlent de race ou d’esclavage, ce sont juste des mafieux ou les royaumes. 






  • Esclarmonde Esclarmonde 10 mai 2013 22:13

    Merci pour cet article !


    C’est une excellente émission de radio il y a quelques années qui m’a fait vraiment ouvrir les yeux sur les situations des ouvrières au Bengladesh, déjà à l’époque, il y avait régulièrement des usines qui prenaient feu faisant de nombreuses victimes


    Non seulement l’esclavage n’a pas disparu aujourd’hui mais quand il a été supprimé en 1848, se développait parallèlement la Révolution Industrielle avec son cortège d’horreurs en matière de condition de travail dans les usines et dans les mines, la seule différence avec l’esclavage des Antilles : un maigre salaire, ça fait peu....



    • rosemar rosemar 10 mai 2013 23:23

      Bonsoir Esclarmonde


      le problème existe depuis plusieurs années et cette exploitation de la misère humaine perdure...
      Et on célèbre l’abolition de l’esclavage : quelle hypocrisie !

      Merci pour le lien...

  • Christian Labrune Christian Labrune 10 mai 2013 23:26

    Une partie de l’émission « Les matins de France culture » était consacrée aujourd’hui à cette question de l’esclavage. Il y aurait dans le monde entre vingt-cinq et trente millions d’esclaves, au sens strict du mot, c’est-à-dire en faisant abstraction de ces formes nouvelles d’esclavage dont vous parlez à juste titre. En Mauritanie, il y aurait entre 10 et 20% de la population qui serait réduite en esclavage, c’est-à-dire privée de tout droit civique et de tout accès au salariat. L’esclavage y a été officiellement aboli, comme en Arabie saoudite, mais un bon musulman fidèle à la lettre du Coran ne saurait évidemment s’émouvoir d’une pratique plus ancienne encore que la révélation dont il s’autorise et qui la cautionne en maintes rencontres.
    En France, on ne peut pas parler d’esclavage, même quand les salaires ne permettent pas de se loger et de vivre décemment : les « esclaves » y restent toujours CITOYENS. C’est-à-dire que tous les cinq ans, ils peuvent voter et choisir leur président parmi les candidats d’un parti qui, plus que tout autre, raffole du vocable « citoyen » en position de substantif aussi bien que d’adjectif - et vraiment à toutes les sauces ! S’ils sont citoyens, ils ne sauraient bien évidemment être esclaves. CQFD.


    • rosemar rosemar 11 mai 2013 09:19

      Merci Christian pur ces infos 


      l’émission sur France culture qu’on doit pouvoir réécouter...
      Les citoyens esclaves existent aussi en France... hélas, avec la crise, la situation ne va pas s’améliorer...

  • foufouille foufouille 11 mai 2013 10:56

    « En France, on ne peut pas parler d’esclavage, même quand les salaires ne permettent pas de se loger et de vivre décemment : »

    si dans le cas des etrangers en sous traitance qui ne sont pas payes
    sur le chantier de la centrale nuke, chez un agriculteur dans le sud


  • Henrique Diaz Henrique Diaz 11 mai 2013 12:27

    A l’auteur et à C. Labrune,
    La commémoration du 10 mai concerne l’abolition de l’esclavage en France, ce qui se veut un appel au respect de la liberté partout dans le monde, tout en sachant très bien qu’il existe toujours de l’esclavage « à l’ancienne » : des travailleurs qui n’ont aucun droit réel ou formel propre, qui sont certes nourris et parfois bien traités par leurs maîtres (comme on peut bien traiter sa voiture pour qu’elle marche longtemps) mais auxquels il n’est en fait reconnu aucune humanité propre, c’est-à-dire aucun droit de consacrer l’essentiel de leurs forces à eux-mêmes.

    L’esclavage « moderne » dont l’ANI par exemple est une légalisation supplémentaire est plus doux à certains égards, mais il n’est pas plus respectueux de la dignité humaine : obtenir d’un chien qu’il se couche devant son maître au moyen de coups ou au moyen de petites friandises reste dans les deux cas une façon de l’exploiter. Utiliser la culpabilisation et induire le fatalisme de masse ne sont que des façons d’amener l’esclave moderne à s’autoflageller, ce qui présente l’avantage de réduire les besoins en personnel intermédiaire.

    Comment appelle-t-on le rapport de l’employé à son employeur, si par exemple les heures sup ne sont pas payées ou encore si on juge anormal d’utiliser des produits toxiques et que le premier s’entend dire que s’il est pas content, il n’a qu’à aller voir ailleurs et que 20 personnes attendent au chômage pour prendre sa place ? Il a des droits, fera-t-on remarquer ? Mais il existait aussi un « code noir » au temps de l’esclavage français, et dans les rares cas où un esclave avait la possibilité de se plaindre au tribunal, il n’avait qu’une chance infime d’être reconnu dans ses droits. Aujourd’hui, la situation n’a pas fondamentalement changé pour l’ensemble des employés privés et de plus en plus publics ; les prud’hommes essayent de faire ce qu’ils peuvent avec un « code du travail » qui est de plus en plus détricoté, mais on pourra multiplier toutes les lois qu’on voudra, tant qu’on maintient le principe selon lequel, une entreprise dont les travailleurs font les profits n’appartient qu’à ceux qui en détiennent le capital, alors il y aura de l’esclavage au travail. En toute logique, si vous appartenez à une entreprise et qu’elle ne vous appartient pas en retour mais appartient à votre employeur-actionnaire, alors vous appartenez à votre employeur pendant votre temps de travail.

    Certes, en dehors de l’entreprise, nous redevenons citoyen, nous avons des droits à faire valoir : si mon voisin, qui est trois fois plus riche que moi, empiète sur mon espace contre mon consentement, je peux faire valoir mes droits. (Mais ça devient tout de même plus difficile s’il est trente fois plus riche que moi). Aujourd’hui, seul le Front de gauche propose d’inscrire dans la constitution le principe de la citoyenneté dans l’entreprise.

    Par la monarchie quinquennale de la cinquième république, nous pouvons être citoyen un dimanche tous les cinq ans, car après avoir choisi notre monarque, nous n’avons plus aucun droit de cité dans les décisions collectives. Nous avons le choix entre le libéralisme nationaliste, le libéralisme sociétalement conservateur, le libéralisme sociétalement progressiste, et éventuellement, si on ose aller du côté de « l’extrême », du populisme éructant, une possibilité d’alternative, qui a réussi à s’organiser bon an mal an, mais qui n’a qu’une infime chance de prendre le pouvoir pour le rendre au peuple, quand tout le clergé en place est mobilisé pour le ridiculiser aussi bien que le diaboliser.


    • Christian Labrune Christian Labrune 11 mai 2013 22:22

      Henrique Diaz

      Je suis assez d’accord avec votre propos. J’ajouterai seulement qu’on n’en a pas fini non plus avec la servitude volontaire. L’immense majorité des salariés (j’ai vu ça dans l’éducation nationale) accepte très volontiers d’être piétinée. Très souvent même, elle en redemande !
      Ce qu’il faudrait, c’est d’abord démolir les illusions et la mauvais foi qu’engendre l’amour-propre et mettre enfin la législation en accord avec le réel. Logiquement, l’assemblée nationale devrait définir très clairement ce que c’est qu’un ESCLAVE-CITOYEN. Les choses en seraient grandement clarifiées. Beaucoup ignorent encore ce qu’ils sont réellement.


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