L’abracadabrantesque course à l’échalote vers l’Elysée...
Sans doute que la majorité de la population n'aura pas les yeux humides entre le 11 avril et le 2 mai 2027, lorsque l'actuel président de la République quittera le palais accompagné par l'ex-première dame, la larme à l'œil. Imaginez un instant le traumatisme vécu par Emmanuel Macron qui ne pourra pas exercer un troisième mandat, car ouf ou hélas, grâce à Nicolas Sarkozy... "Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Les modalités d'application du présent article sont fixées par une loi organique." Cependant, que les fidèles du chef de l'État (le peu qu'il en reste) se rassurent, âgé aujourd'hui de seulement 48 ans, parions que nous retrouverons l'ex-jeune et fringant homme en marche de 2017 parmi les prétendants au trône en 2032. Comment pourrait-il en être autrement ? Macron, comme d'autres anciens présidents, possède un sens du devoir pour la France dans ses tripes. Mais, tout n'est pas qu'une affaire intestinale, l'ego y est aussi pour beaucoup.
Sinon, comment expliquer qu'une armée d'ambitieux se présente à la plus haute fonction ? Ci-dessous une liste de personnalités politiques qui envisagent de se présenter au premier tour de la présidentielle. Un arsenal provisoire de futurs candidats : certains disparaîtront, d'autres décideront d'y aller.
Jean-Luc Mélenchon - Jordan Bardella - Gabriel Attal - Édouard Philippe - Marine Tondelier - Éric Zemmour - Dominique De Villepin - François Ruffin - Clémentine Autain - Bruno Retailleau - Raphaël Glucksmann - François Hollande - Xavier Bertrand - Gérald Darmanin - Laurent Wauquiez - Fabien Roussel - David Lisnard - Ségolène Royal - Nicolas Dupont-Aignan - Jérôme Guedj - François Asselineau - Nathalie Arthaud.
Des deux finalistes de cette abracadabrantesque course à l'échalote élyséenne, qui triomphera ? Les autres concurrents ne seront pas tous oubliés, il y aura des postes à pourvoir et des chances à saisir. Pour une partie d'entre eux arrivera un peu de lumière sur une image personnelle assez terne, sans oublier les m'as-tu-vu et puis ceux qui viendront seulement pour partager leurs idées. Enfin, n'ayant pas peur des mots, les plus audacieux déclareront avoir une vision pour la France.
Quand même, quel courage de se battre pour gouverner un pays qui serait en "déclin", au "bord du gouffre ou de l'abîme", voire pire encore, une France "décadente" qui serait gouvernée par l'Union européenne. Diantre, notre futur(e) président(e) de la République devra être un Superman ou Supergirl pour diriger un peuple qui a la réputation d'être ingouvernable. Imaginez un moment qu'après l'élection le vainqueur n'obtienne pas la majorité absolue aux législatives… En fait, pas besoin de beaucoup d'imagination, Lecornu et une pléiade de 1er ministres furtifs ont fait la démonstration parlante d'une instabilité chronique qui pourrait continuer de plus belle après le grand remplacement de qui vous savez.
Que retenir d'Emmanuel Macron, qui est quand même un cas dans l'histoire politique de notre pays. Un presque inconnu élu et réélu dans des circonstances inimaginables sauf peut-être par un auteur de politique-fiction. Pour faire simple et pas trop long, dans le monde du foot on dirait qu'il a réalisé le hold-up parfait. François Hollande avait encaissé le but assassin, alors que François Fillon s'était mis hors jeu avec l'aide de sa furtive épouse, quant à Marine Le Pen, elle avait été dominée dans les prolongations. Pourtant, l'échec de Macron n'est pas seulement de sa faute, la situation internationale n'était et n'est toujours pas bonne, la France qui toussait allait mal. Macron, le "Mozard de la Finance", avait promis de réparer un moteur qui tournait mal, et il a calé. La cerise sur le gâteau, c'est sa dissolution rageuse et irréfléchie, du pain béni pour les censeurs et un calvaire pour un gouvernement sans majorité.
Les petites phrases cruelles pour les gens modestes ont été considérées comme méprisantes. Comment pourrait-on excuser certaines paroles comme les "illettrées de Gad", ou "les gens qui ne sont rien" ? Comment ne pas comprendre la révolte des Gilets jaunes, le mépris du chef de l'État était leur carburant. Aujourd'hui le président de la République tente d'exister à l'international, une bien médiocre fin de mandat.
Surtout, n'allez pas croire cette idée reçue que nos élites font des promesses électorales à gogo pour devenir chef de l'État et gagner beaucoup d'argent, mais non c'est faux, enfin pas tous. Certains rêvent de gloire, voire de laisser une trace dans les livres d'histoire. Macron, lui, il songe peut-être à un retour, il pourrait aussi retourner dans le monde des affaires. De toute façon les Français s'en fichent !




