mardi 10 septembre - par rosemar

L’acrobate en proie à l’équilibre le plus instable...

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Venu de deux radicaux grecs le nom, "akron", l'extrémité et le verbe, "baino", marcher, le mot "acrobate" désigne celui qui marche sur la pointe des pieds ou sur les hauteurs.

L'acrobate sait prendre de l'altitude, il défie le vertige et les dangers : il côtoie des lieux élevés, escarpés.

 

D'autres mots sont associés à cette idée d'élevation : l'acropole évoque la ville haute, l'acrophobie renvoie à la peur des lieux élevés, l'acrotère est un socle placé aux extrémités d'un fronton : il sert de support à des statues...

 

Quant au deuxième élément -bate, il comporte le même radical que le mot "base", qui désigne la partie inférieure d'un corps permettant le soutien ou la marche.

 

Le terme "acrobate", avec ses sonorités de gutturales "k", "r", nous fait percevoir toutes les difficultés que peut rencontrer le personnage... le "a" répété peut traduire, dans ce mot, tout l'art de l'équilibriste perché sur les hauteurs du "o", il doit se rattraper et retrouver son équilibre pour éviter la chute.

 

Le mot semble mimer le geste de l'acrobate, en constant équilibre.

Ce terme ancien venu du grec nous étonne, par son expressivité : il nous fait entrevoir des lieux escarpés, des dangers...

 

Il nous fait admirer des exploits, nous fait frissonner de peur et d'angoisse. L'acrobate virevolte, bondit, saute, se joue du vertige.

 

Les consonnes si variées, gutturales, labiale, dentale nous permettent d'imaginer une diversité de figures, de pirouettes...

L'acrobate nous subjugue par son jeu d'adresse, sa virtuosité, son élégance.

 

En même temps, le mot suggère, par ses sonorités de gutturales, une activité périlleuse et risquée.

 

L'acrobate qui côtoie les hauteurs nous fait rêver : ses gestes, pleins d'harmonie nous donnent une impression de légéreté, de souplesse infinie.

 

Comment ne pas admirer ces équilibristes aux gestes souples qui paraissent si naturels, si faciles ?

Quel travail patient et laborieux derrière ces acrobaties ! 

On voit des funambules qui franchissent des abîmes, qui défient les lois de l'équilibre, et du vertige...

 

On frissonne de peur et d'angoisse, devant les exploits de ces équilibristes... On est ébloui par tant de virtuosité et d'adresse !

 

Mais, à bien y réfléchir, ne sommes-nous pas tous des acrobates des temps modernes ? Confrontés à une multitude de difficultés, dans le travail, dans la vie quotidienne, nous devons "jouer", sans cesse, les équilibristes.

 

Dans le travail, la sécurité n'existe plus, il faut, constamment s'adapter ou changer d'activité, les enseignants, eux, doivent résoudre tant de problèmes, face à un public hétérogène de jeunes souvent sans repères...

 

Les femmes qui tavaillent, qui ont des enfants, une famille ne doivent-elles pas, aussi, se transformer en acrobates, en équilibristes ?

 

Le monde moderne n'est -il pas rempli d'acrobates qui franchissent des précipices, des obstacles sans fin ?

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/article-l-acrobate-en-proie-a-l-equilibre-le-plus-instable-125026957.html

 

Vidéo :

 



16 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 10 septembre 17:20

    Ces petits acrobates sont-ils arrivés à s’encrasser les bouilles le nez dans la poussière ?


  • San Jose 10 septembre 17:56

    Et la cancoillotte ? Rosemar, voulez-vous dans un prochain billet décortiquer ce mot en associant ses sonorités aux sensations procurées par cette substance ? 

    .

    Les psychanalystes qui décortiquent les mots d’une autre manière ont trouvé la décomposition : « Lacan  coyotte ». Qu’en pensez-vous ? 


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