samedi 6 juin - par Dr. salem alketbi

L’après-coronavirus : à quoi ressemblera le monde ?

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La pandémie de coronavirus va bouleverser l’ordre mondial actuel, une affirmation étonnante pour certains chercheurs. On les retrouve à désavouer à la va-vite qu’un virus imperceptible à l’œil nu va transformer le monde.

Les changements historiques ont toujours fait suite à des événements majeurs, qu’il s’agisse de guerres mondiales ou de grandes ententes internationales. C’est historiquement vrai. Mais ce jugement me paraît assez précipité. On doit voir les choses dans leur globalité, ne se focaliser pas seulement sur la cause mais également sur les implications.

Il ne faut non plus oublier que des grands moments et des profondes transformations ont été déclenchés par de simples incidents dont nul n’imaginait les conséquences au départ.

Pour voir plus clair, il faut mettre en relief deux éléments de réflexion. D’abord, la pandémie de coronavirus n’est pas une sinécure, comme en témoignent toutes les pertes humaines, économiques et stratégiques qu’elle a entraînées et la perturbation presque totale de tous les mécanismes de coopération et d’échanges internationaux sur divers fronts.

Les économistes estiment à 5 000 milliards de dollars l’ampleur des pertes que la pandémie du virus coronavirus laissera en héritage à l’économie mondiale. Plus grave encore, le monde traverse la plus grande récession économique en période de paix depuis les années 1930. Les économies développées ne retourneront pas à leur niveau pré-crise avant le troisième trimestre 2021, craignent les experts de la banque américaine Morgan Stanley.

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Pour mettre les choses en perspective, le FMI est d’avis que la taille des pertes économiques mondiales dues au déclenchement du virus équivaut l’économie combinée de l’Allemagne et du Japon. Le Grand Confinement, terme utilisé par le Fonds pour désigner la récession mondiale actuelle, pourrait coûter à l’économie mondiale environ deux mille milliards de dollars en deux ans. La récession est la pire depuis la grande dépression des années 1930.

Ces immenses dégâts ont le potentiel de redessiner les relations internationales à la lumière du nouveau normal. La crise a changé la donne, en redéfinissant les intérêts et les rapports ainsi que les priorités des pays et des individus.

En matière de sécurité nationale, les priorités se recentrent sur les risques, les menaces et les défis sanitaires résultant des épidémies tout comme les conflits traditionnels, les guerres, les cybermenaces, les désastres écologiques.

Par la suite, et naturellement dans de telles circonstances, tous les pays devraient réviser leurs priorités, intérêts et structures de relations internationales en fonction de leur performance dans la crise et de l’étendue du risque, mais aussi en fonction de leur propre perception des opportunités et des défis inhérents à cette crise.

Dans ce chapitre, le monde sera forcément différent de celui de l’avant-épidémie. Le monde ne sera pas le même et les affaires ne seront pas comme avant février 2020 qui marque le début de la grande fermeture mondiale provoquée par le déferlement du virus.

Dans tous les domaines, tant en médecine et en santé qu’en économie, les voyages, l’aviation, il existe de nouvelles règles de jeu, de même pour ce qui est des conflits biologiques et des armes non conventionnelles, qui seront le théâtre d’une concurrence féroce entre nations pour leur usage à des fins de dissuasion des adversaires.

Le conflit sino-américain pour l’hégémonie monopolaire a résonné bien avant la pandémie de coronavirus. Après la crise, le monde verra poindre de nouveaux équilibres, règles et normes qui définiront le statut, l’influence et la domination dans l’ordre mondial. Même celui-ci devient discutable.

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Même la capacité des Nations unies à gérer les affaires du monde est remise en question, puisque les institutions onusiennes peinent à agir et assumer l’initiative au plan global dans des circonstances aussi délicates.

Le doute plane aussi sur l’efficacité de certaines de ses composantes, comme l’OMS, accusée de prendre le parti de la Chine et de cacher des faits au monde entier dans les prémices de la crise. Même si ce n’est qu’une question de doutes et d’accusations sans preuves, le rythme auquel l’OMS gère le risque sanitaire mondial causé par l’épidémie de coronavirus a été critiqué par bien des experts.

Dans l’après-coronavirus, les relations internationales se compliqueront davantage. Ces rapports seront remodelés au gré des faits et des réalités chez de nombreux pays. Les alliances et les blocs politiques vont changer. Le vent du changement, voire du recul et de l’effondrement, soufflera sur eux à hauteur des dégâts et des pertes qu’ils ont subis dans cette crise révélatrice.

La Chine et la Russie, que certains pays appellent des adversaires stratégiques, ont été plus proches de leurs peuples. Quant aux alliés, ils ont paru plus indolents et ont refusé d’aider les malades et les victimes pour des motifs de calcul stratégique que les peuples ne comprennent pas dans de telles conjonctures critiques.

Les intérêts économiques et les liens vitaux gagneront en pertinence tandis que les idéologies, les slogans et le language humaniste s’estomperont progressivement. La mondialisation, l’interdépendance et d’autres théories qui ont depuis longtemps été envisagées comme des garde-fous en cas de catastrophe sont remises en question par tout un chacun.

Au bout du compte, parler d’un changement du monde n’est pas le fruit de fantasmes et d’émotions provoqués par le choc du coronavirus, mais une simple réalité qui n’a pas encore pris toute sa forme.

La crise évolue. On ne sait pas encore à quoi elle aboutira. Parler de changement n’est qu’une simple esquisse de ce qui pourrait réellement se passer sur le terrain si les incidences de cette crise s’accentuent et s’approfondissent.



15 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 6 juin 15:54

    Vous confondez les causes et les effets, les prétextes et les mobiles, bref, vous récitez le catéchisme officiel et vous vous limitez à la partie émergée (donc visible quand on n’est ni un poisson ni un phoque) de l’Iceberg. 

    Je ne suis pas un phoque non plus, mais pour creuser une analyse sur ce sujet, il faut se munir d’un scaphandre de plongée à grand autonomie.


  • pallas 6 juin 15:55
    Dr. salem alketbi

    Bonjour,

    Le coronavirus n’est qu’un amuse gueule, un échauffement.

    Le Japon est l’allié de l’Iran, detestant la Qatar, Arabie Saoudite.

    L’Avenir est celui ci

    Un feu de joie

    Vous êtes seuls

    L’OCS a toute maitrise, elle controle tout, la partie est terminé, l’Europe est morte.

    Le Yemen gagne la guerre, comment ça va la bas ?

    Salut


  • ticotico ticotico 6 juin 16:00

    « Même la capacité des Nations unies à gérer les affaires du monde est remise en question »


    Non, pas possible ! C’est pour une caméra cachée ?


  • samy Levrai samy Levrai 6 juin 16:07

    Le monde d’après sera comme le mode d’avant :

    https://www.facebook.com/watch/?v=241988447216450

    mais de loin.


    • pallas 6 juin 16:16

      @samy Levrai

      Le probleme,

      Le Qatar, Arabie Saoudite, ont de tres nombreux ennemies

      Le Japon s’en cache pas, elle veut les détruires

      La BRICS et l’OCS commencent le jeu de la meute de loup les encerclant

      C’est clairement une condamnation à mort

      L’Egypte est en retrait, refléchit, qu’elle le fasse son introspection, Nasser était leurs fierté.

      Chacun ça croix

      Pour ce qui concernent les pseudo Judéens (Israel), qu’ils ce demerdent

      Salut


  • Le421 Le421 6 juin 17:23

    2.000 milliards de perte...

    Pas chez moi, je les ai pas !!!  smiley

    C’est comme quand la BCE distribue 1.000 milliards aux banques.

    J’en vois pas la queue d’un...


  • Aimable 6 juin 17:48

    J’ai bien l’impression que les possédants ne vont pas se laisser débarquer sans rien faire , certes ils vont maigrir mais pas au point ou il ne resterait plus que la peau et les os , nous allons donc voir émerger les opportunistes, qui pour l’’instant rongent leur frein en coulisse et nous verrons ensuite que les dindons de la farce seront les mêmes qu’après chaque révolution .

    Alors pour le changement je crois que c’est mal parti .


  • BA 6 juin 18:50

    Samedi 6 juin 2020 :


    Chloroquine : le scandale de la revue médicale « THE LANCET » ne fait que commencer. Un article exceptionnel publié sur France Info :


    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/enquete-franceinfo-chloroquine-sur-les-traces-de-surgisphere-la-societe-au-coeur-du-scandale-de-letude-du-lancet_3993379.html





  • Francis JL 6 juin 18:52

    «  dans ce futur qui se construit à la hâte, toutes ces tendances sont prêtes à se radicaliser.

    Il s’agit d’un avenir où, pour les privilégiés, presque tout est livré à domicile, soit virtuellement par le biais de la technologie de streaming et de cloud, soit physiquement par un véhicule sans conducteur ou un drone, puis « partagé » par écran interposé sur un réseau social. C’est un futur qui emploie beaucoup moins d’enseignants, de médecins et de conducteurs. Il n’accepte ni argent liquide ni cartes de crédit (sous couvert de contrôle des virus), et dispose de transports en commun squelettiques et de beaucoup moins d’art vivant. C’est un avenir qui prétend fonctionner grâce à une « intelligence artificielle”, mais qui est en fait entretenu par des dizaines de millions de travailleurs anonymes cachés dans des entrepôts, des centres de données, des usines de modération de contenu, des ateliers de misère électronique, des mines de lithium, des fermes industrielles, des usines de transformation de la viande et des prisons… en première ligne des maladies et de l’hyper-exploitation. C’est un futur dans lequel chacun de nos gestes, chacun de nos mots, chacune de nos relations est traçable et exploitable par une alliance sans précédent entre gouvernements et méga-entreprises High Tech. »

     


  • babelouest babelouest 7 juin 06:42

    En fait, cette crise n’a jamais été celle du virus (fort semblable dans ses effets à la grippe annuelle), mais une crise financière qui avance masquée (elle aussi) par une mise en prison des humains. On le savait, elle était annoncée. Cela permet d’occulter des réalités bien plus graves comme les embargos par le Cow-boy de service de Cuba, du Venezuela, de l’Iran, voire partiellement de la Chine. Cela permet de camoufler sous le tapis les difficultés du gaz de schiste décidément catastrophique par son impact écologique et son vrai coût. Et sans doute bien d’autres crises locales comme en Afrique.

    .

    Non, les médias officiels (pour ceux qui les consultent) ne parlent que DU virus, DU virus, DU virus, alors que ce sont leurs propriétaires qui sont la source du mal (c’est pourquoi il leur faut bien de la propagande pour justement le cacher).

    .

    C’est pourquoi, sauf soulèvement général, après le virus, ce sera même pas comme avant, mais comme pendant. Le virus, c’est le Capitalisme, et il va très mal comme toujours, et comme toujours ce sont les plus défavorisés avant qui trinqueront le plus. Le seul espoir réside en ces émeutes qui naissent partout, qui s’étendent, et qui pourraient en partie fusionner pour changer la donne. Après tout, les guerres, on l’a constaté, ce sont des guerres des Grands contre les Petits : hé hé, si pour une fois c’était l’inverse ?

    .

    « Ils ONT des milliards, nous SOMMES des milliards » : posez l’un à côté de l’autre un greenback dollar, et un jogger du dimanche, j’ai comme idée que vu comme ça c’est le second qui gagne. Le plus dur sera de gérer la victoire, parce qu’il faudra, je dis bien il faudra que TOUTES les règles qui ont été édictées par quelques-uns soient écrasées par de nouvelles règles où l’individualisme devra être oublié au profit d’un vieux principe rappelé par Alexandre Dumas « Un pour tous, tous pour un ! »


  • Heinz 7 juin 10:48

    Les données de bases de votre raisonnement sont fausses, car cette crise du Corona était FAKE et en vérité une fausse alerte. En conséquence vos recommandations ne valent rien. Posez vous plutôt la question sur le poids grandissant du secteur privé, autrement dit de la finance globale par rapport aux états, organismes internationaux. C’est la dictature de l’argent et l’argent a l’odeur du pire fascisme de tous les temps


  • Francis JL 7 juin 11:01

    A quoi ressemblera le monde après le coronavirus : à ça

     

    Quoi, on peut rêver, non ?

    Bon ok, je sors.


  • sls0 sls0 7 juin 16:26

    J’ai connu la grippe de Hong Kong qui a fait bien plus de morts que le covid 19.

    Peut être qu’à l’époque les gens étaient moins cons et ne carburaient pas à l’irrationnel, bref, avant après pas de différence, coté PIB, un léger frémissement à peine visible au microscope.

    A l’époque c’était des hommes d’état et non des hommes politiques. Moins de cons de consommateurs et plus de bon sens.


  • Jonas 8 juin 09:49

    Cette pandémie a démontré , que de nombreux pays par le monde ont sacrifié l’économie pour préserver , le bien le plus précieux, celui de la vie humaine. C’est la première fois dans les annales de l’histoire du monde, chaque pays selon ses capacités. 

    Il est inutile de revenir sur les nombreuses épidémies , qui ont jalonné , le monde avec ses millions de morts. Mais celle-ci est la seule à mettre en valeur la vie humaine au dépend du reste. C’est un progrès immense.

    Malheureusement , le monde de demain , sera le même que celui d’aujourd’hui , car cette crise va accentuer , les inégalités , déjà criantes , pour une catégorie de personnes. Pourquoi ? Parce que , beaucoup de personnes perdront leur emploi et à travers cette perte , leur revenu , lié à cet emploi dont c’est la seule ressource.

    Avant de rêver d’un autre monde , il faut d’abord penser à celles et ceux qui vont se trouver en grande difficulté,. Pour cela , je pense qu’il faut relancer l’économie et préserver au tant que possible les entreprises viables. Beaucoup de faillites pointes à l’horizon avec beaucoup de dégâts. 

     


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