L’art de la division et de la discorde 2/2
- Ceux qui unissent et ceux qui s’unissent -
Parfois, sans que les humains s’y attendent, des êtres exceptionnels naissent et suscitent l’union ou l’unité d’un pays. L'inspiration d’où parviennent leurs discours et leurs actions dépassent les limites de leur humanité.
Et les femmes et hommes de bonne volonté les suivent, et en nombre, ensemble, ils brisent toutes les chaines et les murs de toutes les prisons, des événements remarquables naissent alors, il arrive que ces êtres ou événements deviennent pour longtemps, des archétypes pour la conscience collective, des « miracles » vivants qui éveillent et éclairent rien que par le fait qu'on rapporte, chacune de leurs paroles ou actions.
(Cet article fait suite à celui-ci : l’art de la division et de la discorde 1 / 2 : ceux qui divisent )
Exemples de tentatives réussies d’unions célèbres du passé
Le 12 mars 1930, Mohandas Karamchand Gandhi entame une « marche du sel » en vue d’arracher l’indépendance de l’Inde aux Britanniques. Après un parcours à pied de
Sur la plage, la foule, grossie de plusieurs milliers de sympathisants, imite le Mahatma et recueille de l’eau salée dans des récipients. Leur exemple est suivi partout dans le pays. À Karachi comme à Bombay, les Indiens font évaporer l’eau et collectent le sel au vu des Britanniques. Ces derniers jettent plus de 60 000 contrevenants en prison. (Wiki)
Cette marche en image - Extrait du film Gandhi (14 mn)
2 - Mai 68
Mai 68 est un ensemble de mouvements de révolte survenus en France, en mai-juin 1968. Déclenchée par une révolte de la jeunesse étudiante parisienne, solidement unie, puis gagnant le monde ouvrier et pratiquement toutes les catégories de population sur l’ensemble du territoire.
Cette union du peuple a créé un élan de changement qui a balayé l’ancien pour imposer une nouvelle société, elle reste le plus important mouvement social de l’Histoire de France du XXe siècle.
3 – L’Apartheid, l’Afrique du Sud, la magie de Nelson Mandela et celle du sport
En 1985, Nelson Mandela, alors incarcéré depuis vingt-trois ans, entreprit de vaincre les partisans les plus impitoyables de l’apartheid, de ses geôliers jusqu’aux chefs de l’armée sud-africaine.
Il gagna d’abord sa libération, puis remporta la présidence du pays lors de sa première élection libre en 1994. Mais il savait que l’Afrique du Sud était encore dangereusement divisée par cinquante ans d’apartheid. S’il ne pouvait l’unir rapidement, d’une façon viscérale et émotionnelle, son pays allait s’effondrer dans le chaos. Il choisit une cause ayant, a priori, peu de chance de succès : l’appui au Springboks, l’équipe nationale de rugby, lors du tournoi de la Coupe du monde 1995 tenu en Afrique du Sud.
Lorsque les Springboks firent leur entrée dans le stade pour le match contre l’équipe favorite, celle de la Nouvelle-Zélande, Mandela était assis dans son fauteuil présidentiel, portant le chandail des Springboks, tandis que 62 000 partisans, des Blancs pour la plupart, scandaient "Nelson ! Nelson !". Des millions d’autres étaient rassemblés devant leurs téléviseurs, dans les bidonvilles noirs ou les chics banlieues blanches, pour encourager leur équipe.
Ce jour-là, les Springboks l’emportèrent, couronnant l’effort de Mandela en vue de rassembler à jamais 43 millions de Sud-Africains.
4 - Le renversement de Hugo Chavez refusé par le peuple vénézuelien de 2002, au Vénézuela.
Chavez (MVR) est élu en 1998 dès le premier tour avec 57 % des voix, en 2000 avec 59,5% des voix (et en 2006 avec 63 % voix toujours dès le premier tour) Le 12 avril 2002, un coup d’État est organisé contre le Parlement élu et la coalition au pouvoir. Il est préparé par les cadres de la compagnie pétrolière du Venezuela, ainsi que par des dirigeants militaires, avec la complicité des propriétaires des chaînes privées de télévision et de l’ambassade des États-Unis à Caracas. Une manifestation de l’opposition organisée et fomentée par les médias privés se dirige vers le palais présidentiel de Miraflores. Au niveau du pont "Llaguno", de mystérieux snipers postés sur les édifices alentours ouvrent le feu sur la foule, faisant 15 morts tant du coté de l’opposition que du coté des partisans de Chavez. Dans la soirée, un groupe de militaires demande à Hugo Chávez de démissionner, mais il refuse. Cependant Chavez accepte de quitter Miraflores suite à un ultimatum du commandement militaire putchiste menaçant de faire exploser le batiment avec tout le personnel à l’intérieur. Hugo Chávez est arrêté et emmené dans un lieu secret et un nouveau gouvernement autoproclamé est mis en place. Pedro Carmona, président de la chambre de commerce du Venezuela, en prend la tête. Il a été reçu, quelques temps auparavant, à la Maison Blanche et par le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar. Quelques États, notamment les États-Unis et l’Espagne, reconnaissent le nouveau régime, en poussant leur ambassadeur respectif à se rendre auprès de Pedro Carmona. Le lendemain, malgré un ’black out’ médiatique établi par les putschistes en place, a lieu une manifestation massive de la population de Caracas. La junte militaire en place y répond par une répression policière féroce faisant 60 morts et plus de 300 blessés. Malgré tout Carmona est renversé par la puissance du mouvement populaire, et le vice-président Diosdado Cabello assume l’intérim de la présidence, jusqu’à ce qu’Hugo Chávez soit localisé, puis libéré.
Ces événements sont filmés par des journalistes d’une chaîne irlandaise Radio Telifís Éireann, qui étaient sur place pour tourner un reportage sur le programme d’Hugo Chávez
Cela a donné ce documentaire remarquable et célèbre : la révolution ne sera pas télévisé (60 mn)
5 – Les manifestations internationales juste avant le démarrage de la guerre contre l’Irak
Nous avions eu le droit au 11 sept, des fils de bergers afghans auraient réussis à mettre en échec, les services de sécurité du pays le plus puissant militairement et était parvenu à détruire les 3 seuls immeubles, de l'histoire à s'être écroulé après un incendie. L'Afghanistan pour cela fut "envahi". Puis un danger nouveau pris les traits du président de l'Irak. En pleine assemblée de l’ONU, on nous avait montré les petites fioles, on nous avait gavés d’informations sur des armes de destruction massive. Saddam Hussein était le mal incarné que le monde sois-disant « libre » devait combattre pour assurer la sécurité de la planète. La France avait courageusement dit non à l’intervention militaire en Irak. Il ne restait que quelques heures avant le démarrage de l’intervention. « Quelque chose » s’est alors passé, que je n’avais jamais vu avant d’une manière si massive. Dans de nombreux pays, des citoyens se sont déplacé, unis pour dire non à l'intervention armée en Irak. Malgré cette opposition gigantesque, quasi planétaire à (99 % ?), l’intervention chirurgicale, souvenez vous, a tout même eu lieu, avec les tueries d’innocents que l’on sait aujourd'hui mais je n’ai pas oublié le sentiment que suscitait cet élan international, au-delà des cultures, différences économiques, politiques, religions, je ne me souviens pas d’une autre occasion dans l’histoire de l’humanité où on a pu voir une si importante participation contre une guerre.
Voici une compilation d’images souvenirs de cet événement (3mn)
Nous avons vu dans la première partie (Ceux qui divisent), certains aspects de ce système basé sur la discorde et la division. De plus en plus aisément, pour une quantité de personnes sans cesse en augmentation, nous réalisons l’existence de tous ces modes de manipulation suscitant la discorde et la division, ainsi que celle de leur responsables ou acteurs corrompus, mais qui se demandent parmis nous, dans son quotidien, combien nous nous comportons en diviseur ou combien il nous est facile de nous laisser diviser ou plonger dans la discorde ?
En effet qu’est ce qui nous empêche de cultiver l’union ou l’unité et de devenir imperméable à toute tentative à nous diviser ?
Des traits communs à toutes ces expressions de divisions ou de discorde peuvent être constatés :
la course vers l’intérêt de quelques uns, la volonté pour certains, de ne pas partager, la domination de l’égo altéré assoiffé de pouvoir, la culture de l’ignoranceet de la désinformation, la culture du sentiment de vengeance
et du sentiment de révolte et d’indignationL, l’utilisation du chantage, économique, financier, militaire, politique, la culture de la peur et du désespoir, la culture de l’inquiétude et de l’incertitude d’un futur sans espoir.
N’est-il pas temps de mettre en faillite cette culture de la division ?
Les Vénézueliens ont pu, ensemble, "retourner" une opération de renversement américaine, pourtant aboutie (un nouveau gouvernement était nommé et même installé), je ne me souviens pas avoir déjà vu cela avant,
une expression existe : "être capable, ensemble de déplacer une montagne", parti d’une simple idée lancée par un coureur cycliste, les hollandais, sont sur le point de réaliser, en s’unissant un projet de construction de montagne,
le nombre des 99% des indignés grandit chaque jours, ils ont décidé « d’occuper le monde », jusqu’où ira cette initiative ? Cette initiative sans leader, ni couleur politique, ni idéologie à part de représenter les 99% est une action qui va dans le sens unir, même si elle unit « que » 99% « contre » ces 1%. Lassés de soutenir la base du système en pyramide, dont les 1% installé au sommet, récoltent les "bénéfices" et s'en nourrissent, cette initiative a le potentiel par cet union, si elle continue d’éviter d’être récupérée par qui que ce soit, ou n’importe quel organisme politique qui soit, de dissoudre l’influence de ces 1%, face à un "unis vers" de contestation colossal en participation, ils n’auront aucune autre perspective que de se fondre dans un 100 % pour lesquel un nouveau système serait à créer, de type plus « sphérique ».
Ressemblant à la marche de Ghandi, les citoyens Syriens surprennent tout le monde et font mentir les médias, le 12 octobre 2011, ils ont marché ensemble, en masse et pour contredire les thèmes de propagande contre leur pays, critiqué même par l’ONU.
Le compositeur Eric Whitacre dirige une chorale virtuelle composée de choristes venant des quatre coins du monde, l’initiative "Playing for change qui unit des musiciens, des chanteurs de 4 continents, le temps d’une chanson.
Les fourmis vivent ensemble, nous l’avons vu et tout le monde connait l’unité d’une société d’abeilles, un troupeau de buffles unis peut terroriser un groupe de lionnes …
N’est-il pas temps de renverser ce mode de domination se nourrissant de la discorde et de la division, en s’unissant ?
Je vois d’ici les commentaires affluer, utilisant les mots "utopie", « rêve », appelant à rester « réaliste » et « terre à terre » dans chaque phrase. Bien sûr, dans une vision réaliste, voir dissoutes les différences, les séparations, les divisions est pour l’instant, de l’ordre du rêve, quand on observe le monde tel qu’il est aujourd’hui.
A la vitesse où le changement du monde s’installe, le potentiel de parvenir à ce possible n’a jamais été aussi perceptible, tout en gardant à l’esprit qu'une période d’adaptation sera sans nul doute nécessaire.
Ne sommes nous pas comme des iles dans cet océan où sont entretenues des vagues, que dis-je des tsunamis de discordes, des inondations de zizanies, séparations, différences ... ?
Utopique d'envisager un moment, un présent où une culture du discernement et de la vigilance permettraient de réduire, voire à terme, de les rendre inopérant, les procédés et mécanismes de propagandes et de formatages des opinions qui alimentent, nourrissent, la division et la séparation ?
Quand on se penche, au travers des rideaux de la scène politique, on constate qu’ils se déchirent doucement et que des fissures de plus en plus larges apparaissent sur les murs de la prison systémique, économique et financière mondiales. Ne réalisons nous pas, de plus en plus, ce qui était dissimulé, dans l'ombre en coulisse des gouvernances mondiales ?
Utopique d'envisager un présent où plus nombreux sont ceux qui pensent par eux-même devenant "imperméables" aux manipulations qui accentuent la dualité et la discorde ?
Ceux qui divisent ont une faille dans leur système, il ne fonctionne que si les personnes qu’ils ciblent de contrôler, se laissent diviser ou susciter en eux la discorde. Une fois avisés, toute action visant à séparer deux ou plusieurs communautés ne peut avoir lieu.

Une fois, ceux-ci informés, éclairés et qu'ils s'unissent pour refuser de participer à entretenir leur propre prison, ce système s'écroule de lui même.
N’est-il pas temps, de quitter cet ancien vers un nouveau possible et d’expérimenter un système en sphère avec un même centre pour tous, un centre commun (comme Un), non plus centré sur l’égo, qui ne "voit" et ne vit qu'en « séparé », "divisé" mais plutôt vers une source plus globalement et intégralement unifiée et unifiante, quelque chose proche de la "conscience collective", comme les cellules d’un même organisme ?
Et si atteindre cette conscience, cette façon d’être et d’agir, signifiait enfin réellement "Etre Humain ?


