samedi 10 octobre - par Patrice Bravo

L’attaque de Macron sur la liberté d’expression aux États-Unis scandalise

À Madrid, le président français Emmanuel Macron a décrit le modèle américain concernant la liberté d'expression comme l'antithèse de la véritable liberté, provoquant de vives critiques dans un contexte de manifestations étudiantes et d'affrontements avec la police qui secouent la France. Sa critique traduit un homme politique déconnecté de la réalité en France et sa volonté de mettre en place un régime de censure automatisé et privatisé ce qui est un danger pour la démocratie.

« Ce qu'on appelle aujourd'hui la "liberté d'expression" à l'américaine, promue par certains, est l'opposé de la liberté d'expression », a déclaré le président français, Emmanuel Macron, le 29 septembre à l'université Complutense de Madrid, lors d'une discussion sur la démocratie, la jeunesse et l'ère numérique. « Il suscite une vive levée de boucliers en ligne après avoir critiqué la conception américaine de la liberté d'expression et soutenu que la liberté nécessite un ''cadre commun’’ — des propos qui interviennent alors que son gouvernement fait face à une pression croissante liée à des manifestations étudiantes à l'échelle nationale, à des blocages d'établissements et à des affrontements avec les forces de l'ordre dans toute la France », souligne Fox News.

Macron a fait valoir que la liberté d'expression n'est pas absolue et doit être limitée par les droits d'autrui et le respect de l'ordre public, tout en affirmant également que le flux d'informations doit entretenir un rapport avec la vérité. Il a comparé ces limites aux restrictions interdisant d’agresser ou d’insulter autrui ou de détruire des biens publics.

Le modèle américain possède une liberté quasi absolue. Avec le Premier amendement, la jurisprudence américaine protège très largement l'expression, même provocatrice ou choquante, n'interdisant que les incitations directes à une action illégale imminente. Ratifié le 15 décembre 1791, il interdit au Congrès d'adopter des lois qui restreignent les libertés fondamentales. Aux États-Unis, le modèle de régulation des plateformes repose sur un équilibre juridique unique au monde. Ce système combine une protection constitutionnelle absolue contre l'État et une immunité légale presque totale pour les entreprises technologiques.

Cette vision est parfois défendue comme un rempart contre la censure étatique, mais elle est critiquée en Europe pour, selon les autorités européennes, favoriser la désinformation et donner le pouvoir aux grands propriétaires de plateformes. « Le Congrès a reconnu que, pour que la parole des utilisateurs puisse s'épanouir sur Internet, il fallait protéger les services qui la rendent possible », rappelle la Fondation US de la frontière électronique (EFF), précisant : « Internet permet aux gens du monde entier de se connecter, de partager des idées et de défendre le changement sans avoir besoin de ressources considérables ou d'une expertise technique ».

Le modèle français et européen sous une liberté encadrée. En France, selon l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la liberté permet - en théorie - de tout dire « sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » (comme le racisme, la diffamation ou l'apologie du terrorisme). Par exemple, des publications mettant en cause le récit du Covid-19 ou des lignes politiques sont mises à l'index par des contrôleurs de l'information, les fact-checkers.

Emmanuel Macron et les instances européennes prônent une régulation active d'Internet et des réseaux sociaux (via le Digital Services Act, par exemple) pour exiger la modération des contenus, selon eux, illégaux et préserver la concorde civique. Macron et la Commission européenne tente encore d’interdire l’accès d’Internet aux moins de 15 ans rendant, par ricochet, aux adultes l’obligation de prouver leur identité.

Macron pousse vers un régime de censure automatisé et privatisé, transformant les Big Tech en bras armé de la modération étatique. Pour la Fondation US de la frontière électronique (EFF), le gouvernement Macron a tenté de bannir les réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Si le Conseil constitutionnel a censuré la loi à l'été 2026 pour violation disproportionnée de la liberté d'expression et de la vie privée, le président français a relancé la démarche pour la réécrire. L'EFF s'oppose fermement à ces interdictions d'accès, dénonçant l'obligation pour l'ensemble des internautes de se soumettre à des outils de vérification d'identité intrusifs, ce qui détruit l'anonymat en ligne ».

Lors de diverses interventions internationales, Emmanuel Macron a qualifié de « pure connerie » (pure bullshit) la défense de la liberté d'expression invoquée par les plateformes pour justifier leurs algorithmes opaques. Il a par ailleurs exhorté la Commission européenne à utiliser le Digital Services Act (DSA) de manière « beaucoup plus rapide et beaucoup plus forte » pour supprimer les « absurdité » en ligne et restaurer la vérité via des tiers de confiance. L'EFF et ses partenaires alertent sur le fait que la vision de Macron pousse vers un régime de censure automatisé et privatisé, transformant les Big Tech en bras armé de la modération étatique.

« Le soi-disant free speech américain, enfin, aujourd'hui, qui a eu cette publicité faite par certains, c'est l'inverse du free speech. Il n'y a pas de liberté s'il n'y a pas de limitation à ma liberté qui commence par la liberté des autres et le respect d'un cadre commun. Je le sais quand je marche dans la rue, ma liberté, ça ne peut pas être de vous frapper, de vous insulter ou de saccager l'espace commun pour tous. L'idée que certains se font du free speech, c'est ça », a ajouté https://www.vie-publique.fr/discours/304809-emmanuel-macron-29092026-union-europeenne Macron à Madrid, martelant sous le couvert de « réhumaniser ces réseaux sociaux » : « Il faut reprendre le contrôle, et des réseaux sociaux comme de l'intelligence artificielle qui arrive ». Pour Macron, il faut « reprendre le contrôle pour remettre tout ça au bon rythme et refaire démocratie ». « Il faut qu'il y ait un traitement de l'information », insiste-t-il. Pour cela, le président français « veut aller chercher la responsabilité des plateformes ».

Le free speech est bien plus réel aux États-Unis qu’en France ou en Europe. « L’Internet libre et ouvert tel que nous le connaissons ne pourrait exister sans la section 230. D’importantes décisions de justice concernant cette disposition ont établi que les utilisateurs et les services ne peuvent être poursuivis pour avoir transféré des e-mails, hébergé des avis en ligne ou partagé des photos ou des vidéos jugées choquantes par des tiers. Elle permet également de régler rapidement les litiges dépourvus de fondement juridique », rappelle la Fondation US de la frontière électronique (EFF), rajoutant : « Le Congrès américain a adopté une loi, la Section 230 (initialement intégrée à la loi sur la décence des communications), qui protège la liberté d'expression en ligne des Américains en protégeant les intermédiaires dont nous dépendons tous. Depuis plus de 25 ans, la section 230 nous protège tous : petits blogs et sites web, grandes plateformes et utilisateurs individuels ».

Les propos de Macron ont rapidement suscité une levée de boucliers en ligne, les critiques soulignant le contraste entre les déclarations de Macron sur la liberté d'expression et les troubles qui secouent la France, où manifestations, blocages et affrontements avec les forces de l'ordre mettent son gouvernement à l'épreuve. Le Sénat français a publié un rapport d’information : Mieux réguler pour protéger la démocratie, signalant la volonté de contrôler l'information et les contenus.

Macron retourne la définition de la liberté d’expression pour appliquer le contrôle politique sur les contenus en invitant à aller chercher les responsables d’écrits non compatibles : « Tant qu'on n'ira pas chercher la responsabilité des gens qui diffusent des contenus sur les réseaux sociaux, on ne le régulera pas. Nous, on est tous dans des systèmes où nos démocraties se sont faites, nos opinions publiques se sont forgées par la presse libre. Quand quelqu'un écrit, quand un journaliste écrit n'importe quoi ou qu'un directeur de rédaction le publie, on va chercher sa responsabilité. Il est condamné. Soit il est obligé de donner un droit de réponse, soit il est obligé lui-même d'écrire que c'était faux, et il est condamné, et ça peut aller loin ». 

Les propositions de Macron représentent un danger pour la démocratie et la liberté d’expression. Celui-ci veut renforcer le rôle de fact-checkers qui auront le pouvoir sur les contenus : « En même temps que la responsabilité des plateformes, il faut en effet des tiers de confiance, structures de fact-checking qui permettent justement de restaurer la vérité, c'est-à-dire en tout cas de restaurer des faits pour que les gens puissent confronter ces faits aux théories auxquelles ils sont exposés. Ça, c'est absolument clé. C'est ce qui suppose justement cette transparence des algorithmes pour assurer que les fact-checkers ne sont pas exclus de l'espace ou ne sont pas minorés ». 

« Emmanuel Macron est un immense imbécile », a lancé Larry Sanger, cofondateur de Wikipédia.« Le pire président que la France ait jamais eu, frôlant la trahison compte tenu de ses tentatives de démanteler l'industrie et l'expertise nucléaires remarquables du pays », a écrit Adam Creighton, chercheur principal à l'Institute of Public Affairs.

« Nous sommes encore libres en Amérique et Emmanuel Macron peut aller se faire voir », a publié sur X Dan Gainor, responsable de la rubrique opinion de Fox.

Philippe Rosenthal

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Source : http://www.observateur-continental.fr/?module=articles&action=view&id=8201



11 réactions


  • Philomo 10 octobre 11:14

    La liberté d’expression ne se régule pas ! Surtout avec des motifs comme l’existence de désinformation ou de fausses information qui en fait servent à censurer ce qui n’est pas politiquement correct.

    La liberté d’expression permet justement de contrer les désinformations, c’est d’ailleurs ce qui ne plait pas à Macron.

    Quant aux insultes, menaces etc. il existe des lois pour ça.

    Ne pas oublier que liberté rime avec responsabilité ! 


  • Bien évidemment qu’il est un immense imbécile ....

    Seulement toutes les crapules, les plus vicieuses de la politique française sont incapable de le destitué puis qu’il a passé un accord avec tous depuis avant 2016.

    « Bruno Roger-Petit expliquait déjà, en avril 2016, qu’Emmanuel Macron serait élu président de la République. »
    Régis D C..... !

    Il faut faire le vide sans trembler.


  • Quand aux réseaux sociaux, qui répandait la propagande des bienfaits des réseaux , Qui ? ........

    Des noms, on les connaît !


  • BIS :

    Chroniques des Infos .......France-soir !

    Le Wall Stre︈et︈ J︅ou︉r️na︉l︉ écr︉i︄t que le gou︅ver︄nement fran︇çais se d︅i︆t pr︃êt à con︊tou︁r️n︆er l︆e Parlement po︅ur fa️ire︊ p︈a︄s︀s︀er des milliar︅d︀s d’euros de coupes bu︅d︋géta︎ir︆es︁.︊

    Dans une︇ interv︇iew, le︂ mi︀n︁i︌s︂tre︇ d︂e︍s Fi️n︌an️ces, Ro︀lan︋d Lescure, y raconte que le️ g︅o︈uvern︌ement est prêt à e︁xe︍rc︈er d︁es po︊u︀v︈o︆i︄rs︉ co︅nst︁i︊tut︃ion︅nels spéciaux︂ e︁t️ à cont︉ourn︆er le Parl︄emen︂t pou︅r fair︆e︋ pass︋er des mi︆lli︉ards︃ de coupe︄s si︇ l︊es d️is︀c︋us︎s︌ions sur le budge︉t 2027 s︆’e︄nl︄ise︄nt︀. La f︁o︆r️mule qu’il︁ a li︈vrée︉ à la p︇r️es️se f︁i︆nancièr︎e am︌éric️ain︉e t︎ient en quel︋que︈s m︅ot︎s, « W︌e’︍r︃e going︅ to u︉se whate︆ver it tak︌es »,︊ a︇ut︃rem︍ent di︃t on ut︉ili️s︃e︎r︁a to️ut ce︊ qu︎’il️ faudra pour fai︍r︀e ab︅outir le te︆x︉t︅e︇. L︈es deux︈ lig️ne︇s︆ rou︎ges qu’︌i️l fixe sont un déf︉ic︀it︇ pla︀fonné à 5️ %️ du p︋rod︈uit intérieur b︄r︀u︃t︎ et l’i︂nterdicti︀on de to︈ut am︉en︎de︎ment︆ qui︎ nuirai︌t︉ à la croissance, le reste︋ é︁t️an︈t présen︇t︍é comme︃ négociab︅le de︇vant une Assemblée déjà︇ écl︃at︄ée.

    L’ou︊t︈il︆ qu’︎il bran︍di︆t e︍s︎t l︋’art︇icl︆e 4︇9.︋3, le︃q︂uel per︊met d️’adop︋ter︄ une lo︈i︃ s︆ans︀ vote︁ d︊e l︂’︁Assemb︄lée n︌a︊tionale, au p︄ri︋x︉ d’︂une︀ m︅o︃tio︅n︎ de︇ censure︋ qu︇e l︇es dé︇p︋u︆t︁és peuvent︎ déposer da︊ns️ l︋a f︍o︇ulée.︇ L︊e︂ j︀ou️rn︆al︌ r︎ap︇pelle︄ qu︌e les deux précé︇d︍e︆n︃t︇s Pre︂mi︌ers︁ ministres son︋t tombés︊ préc︆isém︊e︊n️t e︃n︋ te︈nta︍nt de fa︊ir︎e pas︉se︈r des c︀ou︊pe︍s par c︃ette v️o️i︀e, et que l’e︎xécutif de Sé︂bas︍ti︀e︉n Le︇cornu g︌a︆r︌d︋e une︆ au︍tr︎e sor︅tie si la ce︊nsure paraît︈ trop︁ ris️qu︂ée︇. Cet︂te s︍or︎tie︍, ce son️t︃ les︇ ordonnance︃s︃ pré︊vue︍s pa︋r︋ l︅’arti︂cle 47︂, di︈spo︃ni︀b︃l️es soixa︇n︀te-︉dix jou︈r︌s︂ aprè︍s le dé︃p︁ô︂t du tex︃te si au︇cu︄n vo︂t︍e final n’a eu l︄ieu. Les Échos avaient déjà listé ces pistes le 1ᵉʳ octobre, en décr︋iv︀a︌nt un Pre︋m︎ie︅r mi︇nist︄re︇ sans ma︃jo︆r︇ité qu︅i a︎bo︈rde le b︀udg︄et︇ sur une li︀gne︍ de crête︈ i︊n︅stit︃u︆tionne️lle︌.

    L︄e plan dont parl︆e Lesc︃ur︌e por︈te︇ su︊r 4︊3 m︅i︌llia︎rd︌s d’euros de️ coupe︃s︆,︎ d︃éj︁à︋ cr︁iti︂qu︃ée︁s︌ par︊ Ma︆rine Le P︍en︊ et J︊ean-L︎uc Mé︌le︇nch︀on︊, à que︋l︈que︈s mo️i︄s d’une prés︇ide︊ntielle q︁ui︎ rend chaque voix︁ p︆lus︃ ch︀ère.︅ Flo︋ri️an Philip️pot a︇ r︆epri︊s︀ l︅’interview m︂er︂c️r︈edi en p︍a︎r︋l︄ant d︋’︊un️ « vrai︆ p︇l︆an dictatorial ma️cr︆onis︉te »︋ et en réc︃l︍am︅ant︍ u︊n︉e mo︋tion︄ de censure︍ im️mé︎diate.

    Le précéde︊nt exist︇e, pu︇isque le budge︆t 2︉0︇2︋6 ava︆i︌t d︇éj︌à é︄té i︀m︅p︎osé par 49.︌3 en d︅ébu︉t d︇’️an︀née︂, Lecornu s︃ur️viv︌ant en︀suit︁e︎ à d︎eu︁x mot︈ions d︇e c︃ens️ur︆e d︀éposé︌e︋s par LFI e︄t︌ le R️N.︀ La Con︅sti︈t︈utio︁n offre une︋ a︍rme p︀lus radi️c︃ale︋ e︊ncore︋, l’a︉r︍ticle 4︊7 per︉mettant d︊e met︎tr︉e le︅ bu︁dg︊e︁t en︀ v︎ig︄ueur par or️donnanc︁es s︁i︁ le Pa︃rlement ne s︈’est pas︅ prononcé d︆a︈ns u︉n︈ dél︎ai d︁e soi︋xante-︍dix︆ jou︅rs.︀ M︁er︃cr️edi︃ soi︄r︂, depu️is️ Mat︁ig︈non︃, l︄e chef︃ d️u go︂uvern︌eme︋nt a ré︍p︀été qu︋e l️e déf︃icit︆ serait ramené à 5 % en 20︇27, en p︅révena︁nt q︅u︇’︂un︅ b︂udg︅e︌t vot︂é ap︁rès l︅a prés︆i︁dent︉ie︉l︅l︌e pr︉ol︉on︅g︈erait l’︇inc︌ertitude ju︊s︁q︌u’à l’aut︃om︉ne.

    https://www.francesoir.fr/politique-france/lescure-previent-qu-il-passera-le-budget-2027-sans-le-vote-des-deputes


  • Dernièrement avec une gestion calamiteuse du budget , il a refait un chèque de 3 milliards pour l’Ukraine !

    Le FMI est bien coupable du système Macron ....

    Il a exacerbé les gamins avec leurs meneurs pour que l’attention soit sur eux . 

    Tous les magasins de confection se cassent la gueule, dans un silence de chiotte qui déborde !

    La looze exalte une odeur de mrd quasi insoutenable ! 


  • pasglop 10 octobre 11:47

    Oui enfin, la liberté d’expression de l’autre côté de la grande mare c’est plus ce que c’était non plus, hein...


  • louisfine 11 octobre 09:00

    Faut que les USA l’enferme à vie


  • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 11 octobre 09:46

    Macron peut raconter ce qu’il veut, tout le monde s’en fiche. Quand il accuse les autres de désinformation, il devrait commencer par lui-même, notre Mozart de la finance qui a endetté le pays plus qu’aucun de ses prédécesseurs, le grand pacifiste qui fait tout ce qu’il peut pour prolonger la guerre en Ukraine, le grand défenseur des libertés contre « l’extrême-droite » qui ne cesse de vouloir tout contrôler...


  • charlyposte charlyposte 11 octobre 10:27

    L’empereur du Touquet est un pourvoyeur de guerre et un trafiquant d’armes en Ukraine...pourquoi LA CPI ne délivre pas un mandat d’arrêt envers ce type frappa-dingue avec pour motif * crime de guerre par procuration * !!!


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