mercredi 12 janvier - par Serge-André Guay

L’autoédition chez les auteurs amateurs

L'auteur amateur conçoit l'autoédition comme un moyen de partage de ses écrits lui procurant des exemplaires papier et/ou numériques de son livre destiné à ses proches et sa communauté. L'auteur amateur s'adonne aux loisirs littéraires, de l'écriture à l'autoédition. Il inscrit ainsi ses activités parmi les « Pratiques culturelles en amateur » de sa région, quoique sa démarche demeure essentiellement solitaire. Parfois, il sort de l'ombre pour s'inscrire et participer à des ateliers d'écriture. Son livre en main, il l'offrira à ses connaissances. Il le présentera à sa communauté avec la collaboration des médias locaux et de la bibliothèque de sa municipalité. Souvent, il ne répétera pas cette expérience et passera à un autre loisir. Il tirera tout de même de son aventure une réelle initiation aux bienfaits de l'écriture et de son aboutissement, un succès d'estime.

L'auteur amateur ne poursuit aucune visée pécuniaire, si ce n'est pour en arriver à un coût nul de l'autoédition, notamment de l'impression, par la vente d'exemplaires de son livre. L'auteur amateur ne recherche pas un succès commercial par opposition à l'auteur entrepreneur et l'écrivain professionnel. Généralement, son livre ne se retrouvera pas dans les grandes libraires en ligne. Dans le cas où il a contracté les services d'une plateforme d'aide à l'autoédition, il décidera si son livre sera ou non mis en vente dans la librairie en ligne de cette plateforme. Certains auteurs amateurs préfèrent conserver le caractère personnel de leur expérience d'autoédition au lieu de la rendre publique. D'autres offrent gratuite¬ment et en libre téléchargement la version numérique de leurs livres avec différents moyens, dont les réseaux sociaux et les sites de partage de documents. Certains observateurs des auteurs amateurs se demandent s'il s'agit réellement d'autoédition ou plus simplement d'autopublication. Ils interrogent le cheminement de l'auteur amateur à savoir s'il a effectué ou un non un travail éditorial en référence à celui de l'industrie traditionnelle du livre. La réponse à cette question est non. L'auteur amateur ne prétend pas effectuer le travail d'un éditeur professionnel.
 
Cependant, en tout près de vingt ans d'expérience en support à l'autoédition chez les auteurs amateurs, nous pouvons soutenir que la majorité d'entre eux soumettent leurs écrits à un certain travail éditorial. Soit ils recourent à des personnes suffisam¬ment compétentes en la matière dans leur propre entourage, en témoignant les remerciements dans les pages liminaires de leur livre, soit ils se tournent vers des services externes, soit ils révisent eux-mêmes leur français avec l'aide d'un logiciel de correction. Les auteurs amateurs se soucient de la révision et de la correction de leurs écrits suivant les talents et les moyens dont ils disposent.

Il en va de même dans toutes les pratiques culturelles en amateur. La production demeure amateur, mais non pas sans valeur. En effet, toutes ces publications autoéditées constituent le patrimoine littéraire du peuple en écriture. Et même si le qualificatif littéraire pose problème aux professionnels de la littérature, il n'en demeure pas moins que le patrimoine littéraire d'une nation ne saurait être exclusif à la seule littérature commercialisée par l'industrie du livre. Rappelons que cette dernière refuse plus de 90% des manuscrits soumis tant par les auteurs que par les écrivains professionnels. Le patrimoine littéraire conservé par nos bibliothèques nationales ne représente que 10% des écrits de nos écrivains.

Si l'écriture amateur se situe bel et bien en marge de l'Institution de la littérature, on ne saurait la disqualifier en la dénaturant. Je compare souvent les œuvres des auteurs amateurs à ces photographies d'époque prises par des amateurs et conservées précieusement par nos archives nationales. Ces photographies, souvent mal cadrées, parfois trop floues et tachées d'acide, nous en apprennent souvent beaucoup plus sur la vie quotidienne du bon peuple et les événements historiques que ne le font les photographies officielles. Les unes sans les autres ne donneraient pas un portrait complet de la réalité historique. Il en va de même de la littérature professionnelle et de la littérature amateur ; l'une sans l'autre ne donnerait pas un portrait complet du peuple en écriture.

Enfin, si la popularité grandissante de l'autoédition chez les auteurs amateurs s'explique en partie par la démocratisation récente de l'accès aux nouvelles technologies, on ne peut pas exclure de l'équation les efforts déployés par nos gouver¬nements depuis près de 100 ans pour instruire la population dans nos écoles. Jamais l'écriture et la lecture n'ont été aussi accessibles qu'aujourd'hui. On ne s'étonnera pas non plus qu'elles s'inscrivent dans les loisirs des personnes de 50 ans et plus ; ces dernières ayant très souvent travaillé dans les nouvelles entreprises de services accessibles que par une certaine maîtrise de l'écriture et de la lecture.

 



8 réactions


  • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 12 janvier 14:23

    J’ai moi-même tenté chez les éditeurs de faire publier ma thèse sur le mécanisme du déluge et de la dérive des continents sans y parvenir.

    J’ai donc édité par mes propres démarches.

    Il faut dire que tout ce qui est contraire à la théorie de l’évolution est systématiquement refusé chez les éditeurs et en librairies classiques.

     

    Pour savoir quand et comment s’est formée la terre, vous faites :

    http://andre.gagnoud.free.fr/BIBLIOGRAPHIES/

    Puis cliquer sur « La bible face à la science » bibliographie, puis chercher les liens correspondant à Daniel Pignard et vous aurez 6 liens qui vous expliquent le mécanisme qui a provoqué le déluge et la dérive des continents, et donc que le créationnisme tient parfaitement la route.

    « Recherche sur le déluge et la dérive des continents »

    « Quand Dieu cogne avec sa graine »

    « Tsunami Indonésie »

    « Romain la Roche »

    « Arche de Noé »

    « 360 jours passe à 365 jours »


    • javanais 12 janvier 15:24

      @Daniel PIGNARD a écrit : ce qui est contraire à la théorie de l’évolution est systématiquement refusé chez les éditeurs
      .
      C’est que vous présentez mal votre ouvrage. Présentez-le comme un livre humoristique et vous aurez davantage de chances. 


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 12 janvier 16:10

      @javanais

      Régalez vous des vidéos de ptérodactyle en vol, de monstre du Loch Ness en nage, de mammouths en marche, d’ornithomimosaur en courant.

      https://www.agoravox.fr/commentaire5980005


    • Serge-André Guay Serge-André Guay 12 janvier 18:11

      @Daniel PIGNARD Vous êtes hors sujet. Je parle des loisirs littéraires chez les auteurs amateurs. La promotion de votre livre n’a pas lieu d’être ici.


    • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 12 janvier 19:10

      @Serge-André Guay
      Désolé, je suis moi aussi un auteur amateur. Mon livre n’est pas un roman de fiction mais bien une somme d’information sur l’origine de notre terre.
      Informer en profitant d’un sujet proposé est donc tout à fait indiqué.

      La politique éditoriale d’AgoraVox consiste à essayer de mettre librement à disposition de ses lecteurs des informations thématiques inédites, détectées par les citoyens. Nous sommes en effet persuadés que tout citoyen est potentiellement capable d’identifier en avant-première des informations difficilement accessibles, volontairement cachées ou ne bénéficiant pas de couverture médiatique. Les internautes développent une attitude de veille et d’alerte et peuvent réaliser un travail critique en recoupant les informations. Ainsi, sur AgoraVox, la parole n’est ni au « peuple », ni aux « élites ». La parole est à ceux qui ont des faits originaux et inédits à relater ou qui veulent mettre en perspective des informations existantes.


    • Serge-André Guay Serge-André Guay 13 janvier 15:48

      @Daniel PIGNARD L’auteur amateur ne démarche pas un éditeur. Il limite ses activités aux loisirs littéraires. Il vise d’emblée l’autoédition.


  • javanais 13 janvier 20:19

    Il est d’ailleurs préférable d’éviter d’aller se faire moquer de soi chez un éditeur en lui racontant que des ptérodactyles sillonnent le ciel de l’Idaho. 


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