L’égalité devant la loi à l’épreuve du pouvoir médiatique : crise de confiance et dérives de la démocratie libérale
Dans un État de droit, la Justice est censée garantir l’égalité de tous devant la loi, indépendamment du statut social, de la notoriété ou de l’influence économique. Pourtant, la France contemporaine offre un spectacle troublant : plusieurs personnalités médiatiques (MORANDINI, HANOUNA et ZEMMOUR) lourdement condamnées pénalement pour des faits allant de la corruption de mineurs (voir la pédophilie) à la provocation à la haine raciale ou à des délits répétés d’injures et de diffamation continuent d’exercer publiquement, d’être massivement exposées et grassement rémunérées par de grands groupes audiovisuels privés.
Cette situation interroge profondément le fonctionnement de la Justice, le rôle des propriétaires de médias, et plus largement la solidité démocratique du pays. Comment expliquer qu’en 2026, des individus condamnés par la Justice puissent continuer à occuper l’espace public sans entrave, quand d’autres sont étroitement surveillés, empêchés ou réprimés ? Cette apparente justice à géométrie variable alimente un sentiment de colère civique et de défiance envers les institutions.
I. Une réalité juridique : condamnation pénale n’implique pas automatiquement interdiction professionnelle
Première clarification indispensable : le droit pénal français ne prévoit pas automatiquement l’exclusion médiatique d’une personne condamnée. La liberté individuelle reste la règle.
Une personne condamnée n’est privée de liberté que si : la peine prononcée est ferme, ou si des mesures de sûreté spécifiques sont décidées (bracelet, interdiction professionnelle, injonction de soins, etc.).
Or, dans de nombreux cas très médiatisés, les peines prononcées sont : avec sursis, aménagées (cas de Nicolas SARKOZY), ou assorties de sanctions limitées dans le temps.
L’interdiction d’exercer doit être explicitement prononcée. En droit français, un juge ne peut pas inventer une sanction. S’il n’existe pas : d’interdiction d’exercer dans les textes applicables, ou si le juge ne la prononce pas explicitement, alors l’individu est juridiquement autorisé à continuer son activité, aussi choquante que cela puisse paraître moralement.
Ce point est fondamental : la Justice n’interdit que ce que la loi prévoit clairement. Le problème est donc autant politique et législatif que judiciaire.
II. Le rôle central des groupes audiovisuels privés et de leurs propriétaires
La question devient alors : pourquoi les médias continuent-ils volontairement à employer ces figures ?
Une logique purement économique et idéologique : les grands groupes audiovisuels privés appartiennent à des milliardaires dont : l’orientation politique est majoritairement conservatrice ou réactionnaire. L’objectif principal est l’audience, la polarisation et la rentabilité.
Ces personnalités (MORANDINI, HANOUNA et ZEMMOUR ) condamnées ; génèrent du clash, attirent l’attention, mobilisent des publics captifs. Dans cette logique, la condamnation pénale devient un argument marketing, non un obstacle. L'absence de sanctions efficaces des autorités de régulation encourage ces patrons malfaisants et indignes, qui contrôlent les médias pour les partis d'extrême droite et de droite. L’ARCOM peut sanctionner une chaîne, mais : tardivement, faiblement, mollement et sans remise en cause structurelle du modèle.
Il est à se demander à quoi servent ces clowns de l'ARCOM . Il est dirigée par un collège de neuf membres indépendants (ils sont prétendus indépendants, malheureusement, ce n'est pas le cas), nommé pour un mandat unique de six ans. Chaque membre participe à la définition et à l’application de la régulation des médias audiovisuels et numériques en France (radio, télévision, plateformes, protection des publics, pluralisme, etc.).
-
Président : Martin Ajdari — nommé par le président de la République (MACRON) depuis 2 février 2025.
-
Catherine Jentile de Canecaude — membre du collège.
-
Juliette Théry — membre du collège.
-
Benoît Loutrel — membre du collège.
-
Romain Laleix — membre du collège.
-
Laurence Pécaut-Rivolier — membre du collège.
-
Denis Rapone — membre du collège.
-
Bénédicte Lesage — membre du collège.
-
Antoine Boilley — membre du collège.
Les amendes délivrées sont souvent absorbées comme frais de fonctionnement pour ces grands groupes médiatiques. Il y a une confusion entre liberté d’expression et impunité médiatique. La liberté d’expression protège les opinions, pas les délits. Pourtant, elle est fréquemment instrumentalisée pour justifier : la banalisation de propos racistes (ZEMMOUR, Pascal PRAUD), la violence verbale (HANOUNA), la réhabilitation médiatique de personnes condamnées (MORANDINI).
III. Une justice perçue comme différenciée selon le statut social
Le contraste est frappant lorsqu’on observe le traitement réservé à d’autres figures publiques. Le cas Dieudonné : une sévérité administrative et policière maximale : le comédien a fait l’objet : d’interdictions de spectacles, de dispositifs policiers massifs, de pressions administratives constantes. l'ex-préfet NUNEZ gaspille l'argent public pour faire plaisir à des sionistes. Que l’on apprécie ou non les propos de ce comique, le contraste est évident : mobilisation de CRS, interventions préfectorales, coût public élevé, pour des spectacles souvent marginaux économiquement. Ce ministre ferait mieux d'orienter les forces de l'Ordre à la chasse à tous les trafics (drogues, armes, contrefaçons, êtres humains...etc).
Que dire deux poids, deux mesures ? D’un côté : des figures médiatiques puissantes, protégées par leurs groupes, peu inquiétées malgré des condamnations lourdes. De l’autre : un artiste marginalisé, étroitement surveillé, empêché préventivement. La police, tout comme la gendarmerie ne sont ni laxistes, ni toutes puissantes. Elles deviennent le bras exécutif d'un système où la loi est écrite par le politique. Que dit le contenu des lois ? Faut-il penser qu'il y aurait des juges sous la "botte" des politiques, qui sont incapables d'être justes dans leur travail et qui contribuent à gaspiller l'argent public par des décisions absurdes.
Cette asymétrie nourrit l’idée d’une justice sociale différenciée, où l’influence économique et médiatique protège mieux que le droit.
IV. Une responsabilité politique et institutionnelle
Sous la présidence d’Emmanuel Macron, cette impression s’est renforcée : indulgence envers les élites politiques et économiques, lenteur des procédures, peines aménagées, symbolique de l’impunité (affaires Sarkozy notamment).
La Justice donne alors le sentiment : de frapper fort en bas et doucement en haut. Ce décalage alimente : la défiance citoyenne, la colère, la radicalisation des opinions.
Conclusion : quelles dérives pour une démocratie dite « libérale » ?
Lorsque la Justice apparaît comme sélective, quand les médias deviennent des zones d’impunité morale, et que l’argent protège plus efficacement que la loi, le risque est majeur.
Cette situation peut conduire : à la perte de confiance dans l’État de droit, à la montée des extrêmes, à une normalisation de la violence symbolique, voire à une tentation autoritaire en réaction au sentiment d’injustice.
Une démocratie ne meurt pas toujours brutalement ; elle peut s’éroder lentement, par l’habituation à l’inacceptable. La question posée ici n’est donc pas seulement judiciaire ou médiatique, mais profondément politique et civilisationnelle : jusqu’où une société peut-elle tolérer l’impunité des puissants sans se renier elle-même ?

