lundi 23 février - par cleroterion

L’élection est-elle conforme aux droits humains ?

L'élection est-elle conforme aux droits humains ?

À première vue, la question peut sembler absurde. Dans nos sociétés, l'élection est présentée comme le summum de la démocratie, le rituel sacré par lequel le peuple s'exprime. Mais si on gratte un peu la couche de vernis, si on ose regarder derrière le décor, on découvre une tout autre réalité.

Le régime représentatif n'est pas né d'un idéal démocratique. Quand la République a été officiellement proclamée en janvier 1875, ce n'était pas pour donner le pouvoir au peuple. C'était parce que la bourgeoisie ne voulait ni du pouvoir d'un roi, ni du pouvoir du peuple qui aurait pu procéder du tirage au sort. Ils voulaient le pouvoir pour eux-mêmes. Ils ont donc choisi le système le plus sûr : l'élection au suffrage universel. Pourquoi s'inquiéter ? Depuis 1792, la composition des assemblées leur avait toujours été extrêmement favorable.

L'élection telle que définie dans nos institutions présente des défauts structurels si profonds qu'elle entre en contradiction avec les droits naturels de l'être humain – ou plus exactement, avec les droits naturels d'une société.

 

Une critique qui n'est pas nouvelle

Jean-Jacques Rousseau l'avait parfaitement compris : la souveraineté, qui consiste essentiellement dans la volonté générale, ne se représente pas. Dès que vous élisez des représentants, vous n'êtes plus libres. Vous ne l'êtes qu'au moment du vote. Le reste du temps, vous êtes soumis à la volonté d'autrui. Le peuple anglais, disait-il, « pense être libre ; il se trompe fort, il ne l'est que durant l'élection des membres du Parlement ; sitôt qu'ils sont élus, il est esclave, il n'est rien. »

Il faut considérer le droit des peuples à organiser des assemblées citoyennes comme faisant partie des droits naturels et imprescriptibles – c'est-à-dire inhérents à toute société du seul fait de son existence. Ces droits ne dépendent ni des lois d'un État, ni d'une époque, ni d'une culture. Ils ne peuvent être ni aliénés ni supprimés.

 

Ce que disent les textes

En France, cette notion est clairement formulée dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793 – à ne pas confondre avec celle de 1789, bien plus tiède. La totalité de ses articles énoncent des valeurs intemporelles. Elle ne décrit aucune procédure précise de désignation des représentants (ni élection, ni tirage au sort). Cette déclaration n'a aucune valeur légale sous la Ve République, ce qui n'a rien d'étonnant : son contenu est bien trop subversif pour l'oligarchie.

 

Mais prenons le temps d’examiner les articles, on constatera sans difficulté que l’élection est incompatible en partie, voire en totalité avec certains articles.

 

Article premier

« Le but de la société est le bonheur commun. Le gouvernement est institué pour garantir à l'homme la jouissance de ses droits naturels et imprescriptibles. »

Jusque-là, tout va bien. Mais la suite pose problème.

 

Article 2

Ces droits sont « l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété. »

L'élection contre l'égalité

L'élection est un outil structurellement déséquilibré. Elle favorise les riches – les campagnes électorales coûtent cher, et ceux qui ont de l'argent ont un accès privilégié aux médias. Depuis 1875, la droite a gouverné 90 % du temps. Les gouvernements de gauche sont des exceptions : le Front populaire (à peine deux ans), la Libération (1944-1947), Mitterrand (1981-1983). Des parenthèses vite refermées.

Par voie de conséquence, les idées conservatrices sont les plus exposées. Indépendamment des moyens, du fait de la simplification des débats, l'élection favorise structurellement les partis de droite.

 

L'élection contre la liberté

La démocratie, ce sont les assemblées citoyennes, tirées au sort ou non selon la taille de l'échantillon. Pour un peuple, la tenue d'assemblées citoyennes est un droit naturel, inaliénable, où les citoyens prennent les décisions politiques.

L'élection nous prive de ce droit. Le système représentatif est une confiscation du pouvoir par une élite. Les élus – c'est-à-dire, le plus souvent, la bourgeoisie, les milliardaires, les menteurs, les manipulateurs, les voleurs de pouvoir – gagnent la liberté de décider ce qui est bon pour le peuple (en réalité, ce qui est bon pour eux). Et nous, le peuple, nous perdons notre liberté de décider de notre avenir dans des assemblées démocratiques.

Un peuple libre n'est pas celui qui choisit ses maîtres, mais celui qui exerce lui-même le pouvoir. Que des élus décident à la place de tout un peuple est un abus. C'est comme un viol. C'est une usurpation des libertés fondamentales. C'est du patriarcat politique. Nos aïeux se sont trompés de combat : ce n'était pas pour le suffrage universel et le droit de vote des femmes qu'il fallait militer, mais pour ce droit naturel d'exercer notre liberté dans des assemblées citoyennes.

Il existe deux libertés politiques distinctes :

- la liberté de désigner quelqu'un

- la liberté de décider

L'élection nous donne la première et nous retire la seconde. Un droit qu'on ne peut pas exercer soi-même n'est plus un droit – c'est une délégation. Une délégation politique permanente n'est pas la liberté, c'est la dépossession.

 

L'élection contre la sûreté et contre l’oppression

L'histoire nous a trop appris que nous ne devrions jamais donner le pouvoir à ceux qui le veulent. Il serait bien plus sage, via la procédure démocratique qu'est le tirage au sort, de le donner à des citoyens qui ne le demandent pas.

La plupart des guerres ont été déclenchées par de prétendues « démocraties » comme les États-Unis, ou par des régimes autoritaires et nationalistes. L'élection ne garantit pas la paix. Il n'existe aucun pays véritablement démocratique sur terre. Mais peut-on imaginer qu'un pays doté d'assemblées citoyennes, où le pouvoir exécutif serait sous contrôle populaire, déciderait d'agresser ses voisins ou de réprimer sa propre population comme on le voit avec Trump, Netanyahou ou Macron face aux Gilets jaunes ?

L'élection ne représente pas la sûreté pour les peuples – elle représente l'interdiction de se rebeller contre l'oppression. La résistance à l'oppression est d'ailleurs mentionnée dans les articles 33 et 35 de la Déclaration de 1793.

De plus, les élections sont clivantes et rendent la société plus violente. La lutte des partis pour le pouvoir n'engendre que haine, dissension et violence. L'actualité récente en est un bel exemple.

 

L'élection contre la propriété

L'élection favorise les riches, donc le capitalisme, puisque ce sont les riches qui sont au pouvoir et qui rédigent le droit et les constitutions. Le capitalisme, qui a pour principe sacré le droit à la propriété, est d'une franche hypocrisie. Il favorise l'accumulation et la concentration des richesses dans quelques mains de plus en plus puissantes, transformant la propriété en outil de domination économique. Plus un pays est pauvre – comme en Afrique – plus le capitalisme réduit l'accès réel à la propriété pour le plus grand nombre.

 

L'élection contre l'intérêt général

La France compte une quinzaine de partis politiques qui prétendent chacun défendre l'intérêt général en exclusivité. Cherchez l'erreur.

Dans le meilleur des cas, un parti, lorsqu'il est au pouvoir, défend l'intérêt de ses électeurs – ce qui ne représente qu'une fraction de l'intérêt général. Mais le plus souvent, ce n'est que trahison et enrichissement personnel.

 

Article 4

« La loi est l'expression libre et solennelle de la volonté générale (…) »

Avec le tirage au sort, c'est vrai. Avec l'élection, c'est faux. La loi représente la volonté des élus contre le peuple qu'ils sont censés représenter. La volonté générale ne peut s'exprimer que dans une assemblée citoyenne tirée au sort. Les élus ne représentent que des intérêts particuliers, ou ceux de leurs sponsors.

 

Articles 25, 26, 27, 29

« La souveraineté réside dans le peuple ; elle est une et indivisible, imprescriptible et inaliénable. » (Article 25)

« Aucune portion du peuple ne peut exercer la puissance du peuple entier ; mais chaque section du souverain assemblée doit jouir du droit d'exprimer sa volonté avec une entière liberté. » (Article 26)

« Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à l'instant mis à mort par les hommes libres. » (Article 27)

« Chaque citoyen a un droit égal de concourir à la formation de la loi et à la nomination de ses mandataires ou de ses agents. » (Article 29)

De ces quatre articles, aucun n'est compatible avec l'élection telle que nous la connaissons. Le peuple n'a pas la souveraineté (25), il délègue aux élus (26, 29), le Président est hors de contrôle, l'élection est une usurpation (27).

Et voici celui qui a sans doute donné des sueurs froides à l'oligarchie :

 

Article 35

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

 

L'élection : une épée de Damoclès

L'élection nous prive potentiellement de tous les droits fondamentaux. C'est une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête des peuples, car à tout instant peut surgir un tyran. Nos institutions ont été écrites par ceux qui sont au pouvoir et pour eux-mêmes – pour l'oligarchie.

L'élection est à la politique ce que la météo est au climat. Il peut y avoir, de temps en temps, avec les soubresauts de l'histoire, un élu progressiste dont la préoccupation sera le bien commun. Mais il ne faut pas s'y fier. Dans 90 % des cas, les élus serviront leurs intérêts personnels, ceux de l'oligarchie, et la tendance ira toujours vers l'extrême droite et le réchauffement du climat. L'élection ne peut pas être la solution de nos malheurs puisqu'elle en est la cause.

Les électeurs jugent des individus, jamais des structures. On change les visages, mais jamais le mécanisme.

 

Une distinction essentielle

Pourtant, il existe deux types d'élections : celles qui désignent des maîtres qui exercent le pouvoir, et celles qui désignent des personnes compétentes pour exécuter les décisions prises par le peuple.

On voit bien que nous ne sommes pas du tout dans ce deuxième cas de figure. Si les personnes élues avaient pour seul mandat d'exécuter les décisions prises par le peuple, cela ne nous priverait pas de notre liberté – cela nous permettrait au contraire de nous investir plus largement dans la vie de notre pays, de notre communauté, du groupe auquel on appartient.

« Le suffrage périt par l'acclamation », disait Alain.

L'élection telle qu'elle fonctionne actuellement est complètement pervertie par nos institutions, puisqu'elle nous fait désigner des maîtres. Elle est une des causes principales de la droitisation de nos sociétés.

 

Le mécanisme de la radicalisation

Avec l'élection, la complexité disparaît. À droite, pour gagner, il faut élargir sa base électorale – donc simplifier, caricaturer, désigner des ennemis. L'élection fabrique structurellement du populisme. Pour être élu, il ne faut surtout pas dire la vérité ; il faut dire ce que les gens ont envie d'entendre. Car si un candidat commence à dire ce qui est vrai et qu'il heurte les convictions de son auditoire, celui-ci ira voter pour un candidat encore plus radical.

C'est exactement ce qui se passe aujourd'hui : les Républicains radicalisent leur discours pour capter l'électorat du RN, qui radicalise le sien pour capter l'électorat de Zemmour.

La gauche, elle, a adopté une stratégie suicidaire en renonçant à ses principes. D'élection en élection, elle adoucit son discours pour rester fréquentable dans l'arène médiatique. Comme le dit le sociologue Geoffroy de Lagasnerie, le système tolère les personnes de gauche à condition qu'elles soient de droite. Pour survivre médiatiquement, les communistes deviennent socialistes, les socialistes deviennent macronistes, les macronistes deviennent républicains, et les républicains deviennent fascistes. La gauche a presque disparu du paysage politique européen. Le seul parti qui n'a pas changé sa ligne directrice est La France insoumise, qui reste sur une ligne socialiste et anticapitaliste constante depuis sa création.

Un système qui ne repose que sur l'élection produit lui-même les conditions de sa propre dérive. Une démocratie équilibrée se construit avec des assemblées citoyennes et des élus qui contribuent à écrire la loi, mais qui ne décident jamais seuls. Si on ne modifie pas le système, les pays « démocratiques » basculeront tous dans le fascisme. Ce n'est qu'une question de temps.

 

Et les conventions citoyennes ?

Les conventions citoyennes, qui représentent la société française dans son ensemble, ont souvent été décriées comme étant noyautées par des activistes de gauche. C'est complètement faux. Si les assemblées citoyennes émettent des avis progressistes, c'est simplement parce que les individus qui les composent deviennent plus intelligents au sein de ces assemblées – quelle que soit leur tendance politique initiale.

La lutte pour les assemblées citoyennes – ce combat pour la liberté des peuples à décider par eux-mêmes – est une lutte sociale aussi importante que l'ont été en leur temps la lutte contre l'esclavage, le travail des enfants ou l'inégalité hommes-femmes. Il ne faut plus accepter l'élection telle qu'elle est définie aujourd'hui. C'est une forme moderne d'asservissement, d'abêtissement et de ruine du cerveau humain.

 

Propositions concrètes

Une fois posé le diagnostic, l'important est de mettre les institutions en adéquation avec l'objectif à atteindre. Il ne sert à rien de décrier un système si on ne propose pas de solutions alternatives. Les voici :

1. Placer les assemblées citoyennes au cœur des institutions. Les citoyens doivent pouvoir se réunir en assemblée de manière totalement indépendante du pouvoir exécutif, sans mandat impératif. Ces conventions doivent pouvoir traiter de tous les sujets – de la santé au réchauffement climatique, du budget à la diplomatie. La vraie démocratie implique la réflexion, le débat et la pluralité d'opinions.

2. Redéfinir l'élection pour qu'elle ne donne plus le pouvoir aux élus, mais fasse d'eux de simples exécutants de la volonté nationale.

Concrètement, cela signifie :

- Une assemblée élue côtoie l'assemblée citoyenne, et ses amendements sont examinés non pas en séance plénière, mais par la convention citoyenne.

- Un Conseil constitutionnel composé de magistrats éligibles tirés au sort valide les lois.

- Une Chambre d'évaluation des lois et des initiatives citoyennes recueille la volonté populaire et évalue les propositions de loi ainsi que les politiques publiques.

- Un partage du pouvoir au sommet de l'État – puisque le pouvoir rend fou – pour éviter qu'un dirigeant ne s'enivre de gloire.

- Une stricte séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire, et un contrôle citoyen renforcé sur le pouvoir exécutif.

Il faut devenir démocrate, non par idéologie, mais par pragmatisme. Une dictature éclairée serait sans doute encore mieux que toute forme de démocratie. Le problème, c'est qu'il n'y a jamais eu un seul dictateur – ni président élu – véritablement éclairé dans toute l'histoire de l'humanité. Et ce n'est pas demain que cela arrivera.

Il ne reste que la vraie démocratie.

 

À nous de l'écrire et de la faire vivre.

 

Lettre aux démocrates - Pour une démocratie équilibrée et maîtrisée

La vraie démocratie, les Conventions citoyennes : principes et avantages
La vraie démocratie : son histoire - ses principes
Le pouvoir rend il fou ? Et comment s'en protéger
Ces élections qui nous tuent et ces banksters qui nous asservissent
De la souveraineté monétaire
Trouver l'équilibre entre égalité et fraternité le rôle des conventions citoyenne dans la démocratie
Pourquoi les conventions citoyennes sont essentielles pour l'avenir de la démocratie
La guerre en Ukraine ou le triomphe du politiquement correct
Les origines de la "démocratie" moderne

 

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64 réactions


  • Fergus Fergus 23 février 15:45

    « Dès que vous élisez des représentants, vous n’êtes plus libres. Vous ne l’êtes qu’au moment du vote. Le reste du temps, vous êtes soumis à la volonté d’autrui »

    C’est vrai. Mais ce n’est absolument pas la faute de l’élection de représentants.

    La responsabilité incombe aux assemblées constituantes qui ne mettent pas en place des instances de contrôle de l’action des élus, et de procédures re révocation lorsque dans des manquements graves sont avérés !




    • cleroterion cleroterion 23 février 17:41

      @Fergus
      Les assemblées constituantes qui écrivent les règles du pouvoir sont faites d’élus. Le conflit d’intérêt est évident. Comme le dit Etienne Chouard : « ce n’est pas à ceux qui sont au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir »
      C’est à des assemblées citoyennes d’écrire la constitution ; et il faut espérer que le jour où ce sera le cas, les citoyens seront suffisamment éclairés pour écrire dans la constitution que le pouvoir législatif appartient aux assemblées citoyennes et non aux élus.


    • Fergus Fergus 23 février 17:47

      Bonjour, cleroterion

      « Les assemblées constituantes qui écrivent les règles du pouvoir sont faites d’élus »
      De telles assemblées survenant le plus souvent après une révolution, elles peuvent résulter d’un tirage au sort et donc d’« assemblées citoyennes » éphémères !


    • cleroterion cleroterion 23 février 18:43

      @Fergus
      Le fait que les assemblées constituantes soient faites d’élus, ce n’est évidement pas ce que je souhaite, mais c’est malheureusement le cas dans la totalité des pays.
      La constitution de la 5ᵉ république n’a pas été écrite par une assemblée constituante, mais par un comité consultatif présidé par Michel Debré, sous l’autorité du général de Gaulle.
      Le peuple français n’a pas eu son mot à dire, il n’a pu dire que oui ou non.
      Le référendum n’est pas un processus démocratique, c’est ce que j’ai exprimé dans mon précédent article (https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lettre-aux-democrates-pour-une-264848)


    • karibo karibo 25 février 13:28

      @cleroterion
      BRAVO et merci pour cet article, vous m’ avez enlevé l’ auteur de la bouche à savoir Etienne Chouard !
      Le modèle Suisse avec le RIC est une parfaite démonstration .


  • Fergus Fergus 23 février 15:53

    « Un peuple libre n’est pas celui qui choisit ses maîtres, mais celui qui exerce lui-même le pouvoir »

    C’est beau comme l’antique, pour reprendre le cliché bien connu.

    Précisément, dans l’antiquité grecque, le « tirage au sort » existait, mais le système athénien — qui portait sur une population comparable à... l’agglomération nantaise — n’est pas applicable à un pays de 65 millions d’habitants (cf. mon article de 2022 : Le régime politique de la république d’Athènes est-il transposable dans notre société).


    • cleroterion cleroterion 23 février 17:20

      @Fergus
      J’ai consulté votre article, je n’ai pas été convaincu par vos arguments et en particulier celui-ci :
      "Et en admettant que ce travail fastidieux puisse aboutir, imagine-t-on sérieusement que des textes d’une grande complexité pour la plupart d’entre eux puissent être portés par des personnes tirées au sort pour un mandat de durée limitée et ne disposant d’aucun réseau d’experts techniques et juridiques ?"
      Le fait d’être élu, ne fait pas de la personne un expert. Les députés qui siègent dans les commissions ont un peu plus d’expertise sur le sujet précis que ceux qui siègent dans une autre ; mais ils n’ont pas plus d’expertise que les citoyens d’une convention. Le problème des élus, c’est qu’ils sont psychorigides par rapport à des non-élus ; les intérêts du chef, les intérêts personnels, passent avant l’intérêt général.


    • Fergus Fergus 23 février 17:52

      @ cleroterion

      Vous avez contre les élus une prévention de principe que je n’ai pas. 

      Comme je l’ai indiqué dans mon premier commentaire, ce n’est pas l’élection qui pose problème, mais l’absence de contre-pouvoirs habilités à demander (et obtenir) des comptes à ces élus.


    • cleroterion cleroterion 23 février 18:28

      @Fergus
      Ces contre-pouvoirs auxquels vous faites allusion, ce n’est pas à ceux qui sont au pouvoir de les écrire ; d’abord parce qu’ils ne le feront jamais, et qu’ensuite, c’est au peuple de fixer les limites du pouvoir de ceux qui nous représentent.


  • Fergus Fergus 23 février 15:59

    Cela dit, oui aux « Conventions citoyennes ».

    A condition qu’il y ait une obligation de débat de leurs conclusions au sein du Parlement avec vote sur l’opportunité ou pas de transformer les mesures les plus pertinentes en propositions de loi.

    Ce qui impose des créneaux disponibles


    • cleroterion cleroterion 23 février 17:31

      @Fergus
      À partir, du moment où des élus imposent leur volonté, la démocratie n’existe plus.
      Une « démocratie représentative » c’est un oxymore.
      Dans le système que je propose (voir le schéma institutionnel), les élus sont là pour proposer des amendements et pas davantage.
      Tout pouvoir doit avoir un contre-pouvoir, et si possible d’une nature différente. Je pense qu’il faut un équilibre entre le pouvoir démocratique tiré au sort, et le pouvoir oligarchique élu.


    • Com une outre 23 février 17:55

      @cleroterion
      Votre schéma est intéressant mais il me semble manquer un pouvoir de révocation venant de la base citoyenne directement. Notre fonctionnement actuel montre combien il y a collusion entre les strates du pouvoir et qu’il n’est pas envisageable d’avoir confiance aveuglément.


    • cleroterion cleroterion 23 février 18:22

      @Com une outre
      Je suis totalement d’accord avec vous.
      Le pouvoir de révoquer d’un élu est un point fondamental. Ce que le suffrage universel à fait, il doit pouvoir le défaire.
      Je pense pour ma part que l’initiative d’une procédure de révocation doit provenir d’une assemblée citoyenne.
      Comment doit s’exercer le contrôle citoyen sur le pouvoir exécutif et les élus ? ; c’est le genre de débat accessible à tous les citoyens qu’il faut avoir dans les conventions constituantes citoyennes, et c’est évidement pas aux élus ni au pouvoir exécutif de prendre ce genre de décision à la place du peuple.
      Une constitution, c’est quelque chose de très simple à écrire. Ce n’est pas la peine d’avoir fait Science Po pour rédiger les articles.
      Tout le monde peut écrire la constitution.


  • cleroterion cleroterion 23 février 17:47

    Il est présenté un schéma institutionnel à la fin de l’article ; j’invite le plus grand nombre à me faire part de leurs remarques. Pensez-vous qu’un tel modèle puisse être mis en application ?


    • karibo karibo 25 février 14:18

      @cleroterion
      Nous avons travaillé sur le RIC pendant 3 ans avec les GJ et des ateliers constituants avec comme exemple celui appliqué en Suisse .
      Somme arrivés au pouvoir de révocation en effet chaque membre tiré au sort a un devoir de résultat et est tiré au sort pour un certain temps ( dans le style 2 ans ) renouvelable ou pas selon les résultats avec possibilité d’ amendement de la population qui doit pouvoir selon un certain nombre de voix révoquer ou pas un « tiré au sort ».
      Pour répondre à Fergus un peu + haut meme si le « tiré au sort » n’ est pas « qualifié » 
      d’ un : des personnes qualifiées sont à sa disposition pour l’ aider à mener à bien sa mission et :
      de deux quand on voit le « résultats » des énarques « qualifiés » et le désastre de leurs initiatives on se consolera en se disant que l’ on ne pourra pas faire pire !
      Entre macron ( qui a vendu tous les lfeurons industriels Français)et son sinistre de l’ économie merci !
      Il faut savoir aussi qu’ il est capital de récupérer notre souveraineté monétaire et tant que nous serons soumis aux banksters & rothchilds NO WAY !
      Car c’est bien eux qui tiennent et tirent les ficelles !!!
      Quant à la droite vous faite une fixette dessus à chaque fois que la gauche a été aux manettes bonjour les dégâts 15 ans de Mitterand ne vous ont pas suffit vous avec demandé hollande et bientôt melenchon ?


    • karibo karibo 25 février 14:24

      @karibo
      C ’est ça que vous semblez regretter : le loukoum au scooter cet incapable mou et pas que du genou ...
      https://www.youtube.com/shorts/LcgLWa1XPmA


  • beo111 beo111 23 février 21:43

    Déclaration universelle des droits de l’homme, charte de l’Organisation des nations unies, signée depuis 1948 par presque tous les gouvernements du monde.

    Article 21
    1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis.
    2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.

    3. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.


  • SilentArrow 24 février 01:29

    @cleroterion

    Vous qui vantez LFI pour ce qu’elle prétend défendre, ne trouvez-vous pas suspect le fonctionnement interne de ce parti ? Pensez-vous qu’il est l’image du fonctionnement idéal d’une démocratie telle que vous l’entendez ? Ne pensez-vous pas que ce parti, s’il arrivait au pouvoir, imposerait la dictature de Mélenchon ?

    Vous parlez du pouvoir de révocation des élus. Je suis tout à fait d’accord avec ce principe et je trouve même qu’il devrait d’urgence s’appliquer aux juges.


    • cleroterion cleroterion 24 février 10:29

      @SilentArrow
      Je vous remercie pour vos questions.
      Je pense qu’il ne faut pas mélanger la gestion d’un parti et la gestion d’un pays. On ne gère pas l’un comme l’autre. Je ne fais pas partie de ce mouvement et n’irais jamais dans aucun parti. Mes principes sont la vraie démocratie, car c’est la seule qui rassemble.
      Il est vrai que Mélenchon impose une ligne qui est dure, c’est ce qui lui vaut la fidélité de ses électeurs. Les partis qui avaient des courants en leur sein, comme le parti socialiste, ont fini par éclater, il y en a qui sont partis à droite vers Macron, d’autre à gauche vers Mélenchon, et ce qui restait du PS initial est devenu à peine tiède ; ils ont abandonné leurs valeurs, ils ont trahi les idées socialistes, ce qui s’est traduit concrètement dans les urnes par un effondrement de la gauche en 2017 et par une montée du RN.
      La tactique de Mélenchon n’est donc pas mauvaise en soi, elle est peut-être un peu dure, mais les militants sont libres de partir ou de rester. C’est le choix qu’on fait certains d’entre eux. La manière qu’à Mélenchon de gérer LFI n’est pas applicable comme mode de gouvernement,

      Pour moi Mélenchon est démocrate, je n’ai pas de doute là-dessus, mais il n’est pas l’image idéale de la démocratie.
      Je ne l’ai jamais entendu mettre en avant les conventions citoyennes comme mode de gouvernement ; il ne jure, et il l’a répété plusieurs fois, que par l’élection.
      La 6 république qu’il propose serait issue d’une assemblée constituante composée en majorité d’élus, mais aussi avec des citoyens tirés au sort. Je suis contre ce principe, selon moi, l’assemblée constituante doit être 100 % tirée au sort. Je ne suis par contre que des élus donnent leur avis sur la constitution, mais leur avis ne doit absolument pas être contraignant.

      Y aurait-il une dictature Mélenchon s’il était élu ? Je ne le souhaite pas. Ce qui serait pratiquement certain, c’est que l’on assisterait à des violences issues de l’extrême droite pour déstabiliser le pouvoir. La résistance contre le fascisme est légitime, ce n’est pas le signe d’une dictature, mais il va de soi que les opposants de Mélenchon le qualifieraient de dictateur si certains médias comme CNews étaient interdits ou s’il interdisait les mouvements d’extrêmes droites.

      L’avantage du système que je propose, c’est que les partis ne gouvernent plus.
      C’est le peuple, dans son ensemble, qui décide via les conventions. C’est 1000 fois plus consensuel que toute décision qui proviendrait d’un parti unique. On vivrait dans une société plus en harmonie, les clivages et la violence politique diminueraient fortement.

      Faut-il pouvoir destituer un juge ? Sans doute que oui. C’est typiquement le genre de questions auxquelles les conventions citoyennes sont habilitées à répondre.


  • Jean Keim Jean Keim 24 février 07:23

    Dans une nouvelle constitution, un mandataire condamné pour prévarication ou qui ne respecte pas ses engagements solennels sera révoqué.

    Et il y a toujours le même sempiternel problème : les personnes saines d’esprit n’aspirent pas à se coltiner une charge politique.


    • Jean Keim Jean Keim 24 février 07:26

      Merci pour votre article.


    • cleroterion cleroterion 24 février 10:45

      @Jean Keim
      "Et il y a toujours le même sempiternel problème : les personnes saines d’esprit n’aspirent pas à se coltiner une charge politique.« 
      Vous avez malheureusement raison, le peuple renonce trop facilement à sa liberté, c’est ce que La Boétie appelle la servitude volontaire, ou d’autres le syndrome du larbin, et c’est ce qui rend la tyrannie possible.
      Le tirage au sort est fait pour responsabiliser les gens. La culture élective nous rend passifs, résignés et nous déresponsabilise.
       »La vigilance ne se délègue pas" disait Alain. La vigilance, c’est comme le reste, ça s’apprend à l’école. Un peuple vigilant ne se tournera jamais vers le fascisme.


    • karibo karibo 25 février 14:27

      @cleroterion
      Le modèle Suisse en est un parfait exemple, le problème est que nous n’ avons pas cette maturité politique ni discipline !


    • cleroterion cleroterion 25 février 17:29

      @karibo
      La Suisse ne peut pas être considérée comme un modèle de démocratie. C’est ce que j’appelle une démocratie déséquilibrée avec uniquement des votations mais pas de conventions citoyennes.
      Le référendum, c’est comme l’élection, il peut être inclus dans une constitution démocratique, mais ce n’est pas un processus démocratique en soi. Le processus démocratique, le seul qui donne le pouvoir au peuple, c’est le tirage au sort et les assemblées citoyennes, c’est ce que j’explique dans mon article précédent.

      https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lettre-aux-democrates-pour-une-264848


  • Eric F Eric F 24 février 09:05

    S’il s’agit d’établir la politique du pays, je préfère choisir délibérément des représentants selon leur programme et personnalité que laisser au hasard le soin de décider (*)

    Il en va de même pour établir une Constitution, où il faut une connaissance historique et juridique pointue pour ne pas rester dans l’utopie. Et aussi, l’expérience montre que dans des groupes de travail des meneurs plus véhéments prennent souvent le lead, comme on l’a vu lors de la convention sur le climat où bien évidemment les thèses écolo ont prévalu. 

    Le tirage au sort convient pour des fonction de type « jury », qui peu permettre d’évaluer les politiques menées par rapport aux engagements.

    On nous rebat beaucoup les oreilles sur la constitution de l’an I avec ses désignations complexes et sa version de la déclaration des droits de l’homme, sauf que ceux qui ont voté cela se sont ensuite assis dessus et ont mis en place les lois d’exception de la Terreur. Sitôt voté, sitôt caduque. 

    A propos du droit à la ’’propriété’’, pas de contresens, il s’agissait sous la Révolution de permettre à tous d’en bénéficier sans qu’il y ait confiscation arbitraire par les potentats. 

    (*) en Grèce, les élites considéraient que le peuple n’était pas assez éclairé pour choisir, le hasard -guidé par la providence divine- du tirage au sort parmi des citoyens habilités était mis en exergue. 


    • Fergus Fergus 24 février 10:56

      Bonjour, Eric F

      Excellent commentaire que j’approuve totalement.

      Un mot sur les tirages au sort : j’ai été juré d’assises, et j’ai constaté que, parmi les 9 jurés populaires d’un procès, plusieurs étaient là contre leur gré et restaient passifs lors des délibérations. Une réalité qui m’a été confirmée par les magistrats présents, habitués à faire partie de jurys d’assises.

      C’est d’ailleurs pour cette raison, mais aussi pour la technicité des dossiers que l’essai de présence de jurés populaires en correctionnelle a été abandonnée, et cela bien que cette innovation n’ait pas été envisagée pour les chambres spécialisées dans des domaines pointus (affaires financières, droit des entreprises, etc.).


    • cleroterion cleroterion 24 février 11:30

      @Eric F
      Bonjour Eric

      Je vous invite à regarder et étudier le schéma que je propose.
      Ce n’est pas comme vous le dites, le ’’hasard qui décide« . Ce n’est pas un groupe isolé. C’est caricatural.
      Tout d’abord, je propose une chambre en amont, que j’appelle »chambre d’évaluation". Ensuite, vous avez le Parlement élu qui propose des amendements. On pourrait imaginer qu’il a droit de véto et que les citoyens seraient amenés à trancher dans un sens ou dans l’autre par voix de référendum.
      Ensuite, vous avez le Conseil constitutionnel indépendant et tiré au sort.
      Puis, vous avez un retour à la chambre d’évaluation des lois, qui permet de revenir en arrière si on juge que l’est trompé.

      Non, le pouvoir n’appartient pas à groupe tiré au sort, il appartient à la société et il est le reflet de l’intérêt général.

      On a pas besoin d’avoir une connaissance juridique et historique pointue, comme vous le dites, pour rédiger une constitution. Croyez-vous que le fait d’être élus rende compétents ? Absolument pas. Il y a des élus compétents parmi les députés, mais il y en a d’autre dont le niveau intellectuel est au plus bas.
      Dans une convention citoyenne, les membres ne deviennent peut-être pas des experts, mais ils sont suffisamment bien informés pour rendre un avis conforme à l’intérêt général.

      Votre argument sur les meneurs qui prennent le lead, il est connu, il a été répété 100 fois, mais il ne tient pas la route. Si une assemblée citoyenne prend des décisions qui vous paraissent trop à gauche, c’est simplement parce qu’ils réfléchissent et qu’ils refusent le discours simplificateur employé par les politiciens de droite. Je suis désolé de vous le dire, mais quand on se met à réfléchir, on ne devient jamais fasciste et rarement de droite.


    • cleroterion cleroterion 24 février 11:44

      @Eric F
      "A propos du droit à la ’’propriété’’, pas de contresens, il s’agissait sous la Révolution de permettre à tous d’en bénéficier sans qu’il y ait confiscation arbitraire par les potentats."
      Je suis d’accord avec ce que vous dîtes. C’est un idéal.
      Seulement l’élection qui est très favorable aux capitalistes ne pousse pas la société dans ce sens. C’est la propriété des uns au détriment des autres. C’est le cas partout dans le monde où l’on voit les plus riches et les fonds d’investissement accaparer les terres agricoles, que ce soit aux USA, en Ukraine ou en Afrique.


    • cleroterion cleroterion 24 février 11:56

      @Fergus
      Bonjour Fergus
      Je ne remets pas en cause votre témoignage. Je comprends que des gens ne se sentent pas concernés.
      Il n’existe pas un système tout rose d’un côté et tout noir de l’autre.
      Mais faut-il pour autant renoncer aux assemblées citoyennes ? Surement pas, quand on fait la comparaison entre une assemblée élue et une assemblée tirée au sort, on se rend compte que cette dernière comporte énormément d’avantages.
      Il faut être pragmatique : le système parfait n’est pas de ce monde, mais si on peut éviter 100 % des inconvénients de l’élection, je suis prêt à accepter les 10% du tirage au sort.


    • Eric F Eric F 24 février 14:34

      @cleroterion
      Ce n’est pas en noir et blanc, du reste vous mêmes écrivez un article hostile à l’élection de représentants, mais dans votre schéma des pouvoirs il y a des chambres d’élus.
      Je suis réservé sur les vertus du tirage au sort en tant que « plus représentatif », je les pense influençables souvent par les plus « convaincus », j’ai vu ça dans le domaine professionnel. Si les « plus convaincus » sont des utopistes minoritaires dans le pays, ce n’est pas représentatif. Et lorsque l’irréalisme est majoritaire le problème est d’une autre nature (genre : fuite des capitaux et des sièges d’entreprise). 

      Dans votre schéma, je crains de les liens soient par nature conflictuels, ça me rappelle un peu l’intrication des chambres sous le consulat.
      Mais je ne rejette pas le tirage, sur des sujets consultatifs ou en tant que jury d’évaluation des politiques.

      J’ajoute en terme d’« initiative des lois », la question du référendum avec pétitionnement. L’amorce de RIP introduit dans notre constitution pourrait être étendu comme RIC avec 1 million de pétitionnaires au lieu de 10% du corps électoral. Faudra évidemment filtrer car sinon on « votationnerait » tous les soirs.

      En terme de « Conseil Constitutionnel », il faut en tout cas que la nomination sorte des mains du pouvoir politique, mais aussi qu’ils s’en tiennent à des avis, non orienter la loi, idem le Conseil d’Etat.

      La question de la rédaction de la Constitution par des personnes tirées au sort me parait une sorte de grigri, c’est plus un aspect formel que de fond. Chouard s’est focalisé sur cet aspect concernant le TPCE, mais le vrai problème était le contenu, non le rédacteur. Un comité de rédaction paneuropéen tiré au sort aurait probablement donné une constitution plus fédéraliste encore, il suffit de voir quels courants étaient majoritaires dans les autres pays. smiley.

      En terme de légitimité, le vote par le Congrès du Traité de Lisbonne a été une forfaiture : ce qui est « ratifiable » par referendum ne devrait jamais l’être de manière alternative par les élus (vrai aussi pour l’admission de nouveaux membres, la réforme constitutionnelle de Chirac a été sabotée par l’amendement sous Sarko. Déjà Zelinsky somme les pays européens de s’engager sur une date d’adhésion.)


    • Fergus Fergus 24 février 16:06

      @ cleroterion

      Comme je l’ai indiqué plus haut, je suis favorable aux « assemblées citoyennes », qu’elles soient purement consultatives ou, mieux, que les pistes d’action qu’elles dessinent fassent obligatoirement l’objet d’un débat des élus pouvant déboucher sur des propositions de loi.


    • Fergus Fergus 24 février 16:06

      @ Eric F

      « je les pense influençables souvent par les plus « convaincus », j’ai vu ça dans le domaine professionnel »
      Cela me rappelle mon propre vécu professionnel à une époque où j’organisais des formations marketing pour des chefs de marché ou de produit.
      A la fin de chaque stage, je procédais systématiquement à une évaluation à chaud.
      Par expérience, je commençais toujours cet exercice par un élément neutre en évitant celui ou celle dont je connaisais l’ascendant sur les autres stagiaires afin d’éviter — dans un sens positif ou pas — ce que je nommais l’« effet toutou ». 


    • Eric F Eric F 24 février 17:08

      @Fergus
      En plus des influences de « meneurs », il y a aussi ce qui est dans l’air du temps, il faut reconnaitre que l’esprit moutonnier est assez répandu. Je me souviens à l’époque de la crise sanitaire, beaucoup de gens en redemandaient, poussant à avancer l’heure du couvre-feu par exemple. 
      Ceci dit, il y a sur bien des points un plus grand « bon sens » dans la population que les « élites », d’où l’intérêt d’initiative référendaire sur des sujets qui s’écartent de la pensée obligée. 


    • cleroterion cleroterion 24 février 17:59

      @Eric F
      « mais dans votre schéma des pouvoirs il y a des chambres d’élus. »
      Effectivement, dans mon schéma, il y a une chambre élue, car j’estime que tout pouvoir doit avoir un contre-pouvoir d’une nature différente. Mais vous remarquerez que les élus en questions ont des pouvoirs moins importants que les députés actuels, et que le type d’élection à la fois proportionnel et préférentiel, change la donne. Une majorité de député n’apporterait pas un réel avantage puisque les amendements ne seraient pas votés en séance plénière comme c’est le cas actuellement, mais par la convention citoyenne. Les électeurs voteraient donc différemment, et les députés se comporteraient de manière différente, car ils ne rechercheraient pas la victoire d’un camp, mais plutôt l’amélioration de la proposition citoyenne. Bien qu’élue, je pense que le comportement d’une telle assemblée se rapprocherait de celui d’une assemblée tirée au sort.

      Est-ce que les liens entre les deux assemblées seraient d’une nature plus conflictuelle ? Il est difficile de répondre à cette question tant qu’on n’a pas testé et fixé les règles. Je suggère un arbitrage par référendum entre les propositions en cas de conflit, ou alors, ce que je propose, pour les sujets les plus délicats, c’est d’avoir plusieurs conventions indépendantes. Je ne sais pas si cela a déjà été testé ; il faudrait voir si les résultats convergent ou divergent et en tirer les conclusions.

      A propos de la rédaction de la constitution, vous dites  « le vrai problème était le contenu, non le rédacteur. »
      Je ne peux pas être d’accord avec vous. Les deux sont liés. Si vous demandez à des élus d’écrire la constitution, il y a 100% de probabilité qu’ils écrivent que le pouvoir appartient aux élus.


    • cleroterion cleroterion 24 février 18:32

      @Fergus
      Ce que vous appelez « l’effet toutou » n’est pas l’apanage des gens tirés au sort. Avec les élus, c’est encore bien pire ; les moins influents sont là pour cirer les bottes du chef en espérant obtenir une obole.
      Une personne tirée au sort n’a rien à perdre ou à gagner. Même si votre observation peut être juste, elle concernera une minorité, elle ne disqualifie pas le tirage au sort pour autant.
      Dans le livre de Jacques Testart que je cite souvent, il évoque le fait que les gens avec une trop forte personnalité ou se désignant comme experts soient écartés du panel, ce qui ne veut pas dire que les experts ne sont pas consultés, au contraire.


    • Eric F Eric F 24 février 19:16

      @cleroterion
      « il évoque le fait que les gens avec une trop forte personnalité ou se désignant comme experts soient écartés du panel »
      Alors là on entre dans l’arbitraire, on tire au sort mais pas ceux qui pourraient être les plus compétents sur la question, donc il va y avoir un comité de sélection, mais désigné par qui, contrôlé par qui, etc... ?


    • cleroterion cleroterion 24 février 21:38

      @Eric F
      Le tirage au sort permet de sélectionner d’abord environ 200 personnes puis le groupe se réduit par le refus de certains d’assumer la tâche, où s’ils sont exclus en particulier s’ils sont en conflit d’intérêt avec la thématique. Le panel final est constitué à partir des dizaines de personnes restantes en tenant compte de la plus grande diversité possible ; mais si vous tirez au sort un « Mélenchon » ou une « Dati » le comité d’organisation peut décider d’exclure du panel final la personnalité trop « explosive » pour la sérénité des débats.
      Mais rassurez-vous, cela ne doit concerner plus d’une personne sur 1000.


    • cleroterion cleroterion 24 février 22:50

      @Eric F
      Un des enjeux de la démocratie est de recueillir et d’examiner les propositions citoyennes. Une bonne proposition a toutes les chances de passer inaperçue si elle n’est pas portée par l’air du temps. Un sondage ne reflète souvent que l’efficacité d’un conditionnement. Une opinion éclairée est fréquemment différente.
      Les pétitions sont importantes, mais le nombre de signatures ne doit pas être le seul critère pour qu’une question soit débattue. Comment ne pas passer à côté d’une bonne idée, quels outils mettre en place, c’est un point de débat important.


  • Mozart Mozart 24 février 17:16

    La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. (Winston Churchill).

    Pour l’instant on a trouvé rien de mieux et cela fait des millénaires que l’homme cherche.


    • cleroterion cleroterion 24 février 18:09

      @Mozart
      Le problème, c’est que la démocratie dont parle Churchill est en réalité une oligarchie.
      Connaissait-il la nature d’une vraie démocratie ? On peut le supposer. Dans ce cas, il aurait fait cette citation pour endormir les foules et légitimer le pouvoir de l’oligarchie.
      La démocratie, la vraie, ne plait pas aux puissants.


    • ahtupic ahtupic 24 février 18:24

      @Mozart
      Oui mais ca fait longtemps que l’on est plus en démocratie, il me semble.


    • Eric F Eric F 24 février 19:13

      @Mozart
      La question porte justement sur le processus qui permet de refléter au mieux l’expression de la volonté générale, base de la démocratie. Election de candidats présentés par des partis (dans un cadre pluralise), tirage au sort, consultation référendaire, pétition pour proposer un projet référendaire, etc., donc quelle forme de démocratie.
      Ceci étant, de mon point de vue Churchill était démocrate autant qu’on puisse l’être dans un système représentatif classique, il a bu l’amère pilule de l’ingratitude électorale à la sortie de la guerre, et plus tard il a été redésigné par les urnes.


    • cleroterion cleroterion 24 février 21:03

      @Eric F
      Le problème de la phrase de Churchill, c’est qu’elle est souvent citée en exemple pour justifier le système et le dédouaner.
      Ça empêche le peuple de réfléchir à la cause de ses problèmes. Puisque la « démocratie » c’est ce qu’il y a de mieux, point final, on arrête de réfléchir et on se plie au système. C’est le découragement, la soumission consentie, l’appauvrissement de la pensée.


    • Zolko Zolko 1er mars 21:17

      @cleroterion

      Le problème de la phrase de Churchill...

       
      ... c’est qu’elle est fausse, ou du moins incomplète qui en détourne le sens. Churchill a en effet dit :
       

      La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres que nous avons essayé dans l’Histoire

       
      Donc même si on accepte la déclaration d’une personne disparue depuis longtemps comme valide aujourd’hui, rien n’empêche d’essayer d’autres systèmes politiques. Je ne peux pas croire qu’Internet ne permette — ou force — l’adoption de formes politiques inimaginables il y a presque un siècle.

    • cleroterion cleroterion 1er mars 21:34

      @Zolko
      Quand vous dites « rien n’empêche d’essayer d’autres systèmes politiques » à quoi pensez-vous ?
      Je ne comprends pas à quoi vous faites référence à propos d’internet ?


    • Zolko Zolko 1er mars 23:23

      @cleroterion

      Je ne comprends pas à quoi vous faites référence à propos d’internet ?

       
      on doit régler toutes les démarches officielles par Internet (impôts, banques...) alors on pourrait utiliser cet outil aussi pour des décisions politiques en mode démocratie directe. Ca n’a jamais pu être essayé dans le passé, puisque Internet n’existait pas. Faudra inventer un nouveau système politique qui utilise Internet dans la constitution

    • cleroterion cleroterion 2 mars 09:42

      @Zolko
      Je pense que dans l’avenir, il est probable qu’on utilisera internet et l’IA pour recueillir ce que veulent les citoyens, ce qu’ils pensent, leurs propositions. Une sorte de carnets de doléance. L’IA fera le tri et re-dispatchera vers la convention citoyenne adéquate.
      Car rien ne peut remplacer la délibération au sein d’une convention citoyenne ; un sondage ne reflète souvent que l’efficacité d’un conditionnement. Donc demander directement à des citoyens de voter via internet sur une idée, c’est extrêmement populiste et non démocratique. Il ne faut jamais confondre démocratie et ochlocratie.


    • Zolko Zolko 2 mars 13:53

      @cleroterion

      rien ne peut remplacer la délibération au sein d’une convention citoyenne

       
      par expérience, toutes ces commissions, comités, conventions ... ne servent qu’à une chose : permettre à une oligarchie de s’accaparer le pouvoir, et d’éloigner les centres de décisions loin du citoyen lambda. A qui on va expliquer que « c’est compliqué ». 
       
      Il n’y a qu’une seule chose dont on soit sûr que ça marche et que ça profite au petit peuple : le référendum. 

  • Hector Hector 25 février 10:49

    « L’élection est-elle conforme aux droits humains ? À première vue, la question peut sembler absurde. » 
    Vous auriez pu vous arrêtez là.


  • Jason Jason 25 février 14:26

    Si vous mettez comme clé de voûte de votre système l’élection de représentants telle que nous la voyons aujourd’hui, vous retombez dans les impasses que l’on constate chaque jour.


    Le mandat électoral qui est sous nos yeux constitue un contrat moral. Or, c’est le seul contrat que je connaisse dans lequel une des parties ne doit (dans le sens d’obligation) rien à l’autre. Dès lors toutes les explications, faux fuyants, excuses et autres manœuvres dilatoires se déploient sans limites.


    • cleroterion cleroterion 25 février 17:56

      @Jason
      Bonjour Jason
      Je vous invite à regarder le schéma qui est à fin de l’article et vous constaterez que la « clé de voute » de mon système n’est pas l’élection de représentants mais les conventions citoyenne.
      Il y a certes une assemblée élue. Le mode de scrutin proposé — proportionnel et préférentiel — change beaucoup de chose, et le rôle de cette assemblée est complètement redéfini. Les députés auraient beaucoup moins de pouvoir, de même que le pouvoir exécutif.
      L’initiative appartiendrait au peuple et en partie au pouvoir exécutif. Mais l’initiative ne signifie pas que l’exécutif écrit la loi car les assemblées citoyennes auraient certes un cadre, mais elles n’auraient pas de mandat impératif.
      De plus il y a les conventions citoyennes obligatoires.
      Comme il n’y a pas de mandat impératif, il faut bien sûr un contre-pouvoir. Ce contre-pouvoir est l’assemblée qui propose des amendements, il y a le conseil constitutionnel, et enfin il y a la chambre d’évaluation des lois qui peut proposer des rectifications.


  • Thot Thot 25 février 18:10

    « Le seul parti qui n’a pas changé sa ligne directrice est La France insoumise, qui reste sur une ligne socialiste et anticapitaliste constante depuis sa création. »

    Assez étonnant comme constat étant donné que Mélenchon change d’avis comme de chemise. Par exemple, il vient du PS et ensuite arrive à la gauche radicale à tendance islamo-gauchiste. Il était contre le voile et maintenant il est pour. Il était contre l’UE et maintenant il est plutôt pour avec des nuances... etc.

    Par ailleurs, le socialisme, je ne sais pas ce que cela veut dire à partir du moment où on associe le socialisme avec l’immigrationnisme, ce qui est une antithèse totale.


    • cleroterion cleroterion 25 février 18:38

      @Thot
      Les points sur lesquels Mélenchon a évolués et que vous citez sont exacts. Il est normal et même souhaitable d’évoluer sur certains points dans la vie politique. Ça concerne Mélenchon, ça me concerne, ça concerne tout le monde, et j’imagine que ça vous concerne aussi et que vous n’avez pas une opinion politique conforme en tout point à celle que vous aviez il y a 10 ans.
      En revanche ligne sociale de Mélenchon, que vous l’aimiez ou non, est restée la même depuis le début.
      Je n’associe pas Mélenchon et l’immigration. Tous les gouvernements de droite comme de gauche y ont eu leur part. L’échec des gouvernements successifs est d’avoir raté intégration pour une partie d’entre eux. Vous noterez que Georgia Meloni, malgré ses promesses, fait venir chaque jour des immigrés en Italie pour répondre aux besoins de l’économie ; comme quoi, parfois, un éclair de lucidité...


    • Thot Thot 25 février 19:33

      @cleroterion

      « ça me concerne, ça concerne tout le monde, et j’imagine que ça vous concerne aussi et vous n’avez pas une opinion politique conforme en tout point à celle que vous aviez il y a 10 ans. »

      Si vous êtes quelqu’un de visionnaire, comme l’était le Général de Gaulle, vous ne pouvez pas changer profondement. Etre en politique comme un caméléon, c’est le propre même de l’anti-politique, d’ailleurs, vous le dîtes un peu dans votre article, quand vous dites ceci :

      «  Pourtant, il existe deux types d’élections : celles qui désignent des maîtres qui exercent le pouvoir, et celles qui désignent des personnes compétentes pour exécuter les décisions prises par le peuple. »

      Si on vote pour quelqu’un dont on ne connait pas les vraies considérations, la supposée démocratie prend une tournure dangereuse et très contestable (comme sous Macron d’ailleurs).

      La gauche que représente Mélenchon est une gauche opportuniste qui surfe sur des modes. Il rajeunit son mouvement, le rend le plus woke, anti-flic et islamo-gauchiste compatible dés que c’est nécessaire. Au fond de lui, Mélenchon n’est pas spécialement anti-Zemmour (il était présent à son anniversaire) et possiblement, pourrait même détester le jeunisme de son mouvement qu’il a lui-même créé. Il est possiblement en pleine dissociation.

      Concernant Mélenchon et l’immigration, son parti est a minima pro-metissage. Il parle de créolisation et voudrait même qu’on dise que le Français soit une langue créole ! C’est donc une sorte de « théorie du grand remplacement » à la fois inversée et assumée.


    • cleroterion cleroterion 25 février 20:43

      @Thot
      Dans le modèle que je propose, les personnes compétentes pour exécuter les décisions prises par le peuple sont les ministres, et ils sont élus par les députés. Les député sont donc sensés connaitre les considérations politique de celui qu’ils éliraient comme 1er ministre, ministre de l’éducation Nationale ou garde des sceaux. Après cette tâche de nommer les ministres pourrait aussi incomber à une assemblée citoyenne, le débat reste ouvert.

      L’islamo-gauchisme de Mélenchon, ça n’existe pas, c’est une pure invention pour le discréditer. Ce n’est pas parce qu’il soutient les minorités dont les musulmans, qu’il est islamiste. Mélanchon est anti-rasciste et il est athée et ce n’est pas demain la veille qu’il ira soutenir un mouvement politique islamiste, c’est totalement ridicule.
      En revanche, on pourrait pourrait tout à fait parler d’une droite judéo-fasciste ou Israelo-fasciste ou siono-fasciste, je ne sais pas quelle expression est politiquement correcte. Cette connivence entre le sionisme et la droite et même une partie des socialiste est parfaitement assumée, cela va de Jérome Guedj à Zemmour en passant par Macron, Braun-Pivet, Lecornu, Le Pen etc etc. Il aura fallu près de 2 ans à Macron pour commencer à oser critiquer la politique d’Israël. Son gouvernement est même prêt à faire voter une loi ignominieuse visant à assimiler l’anti-sionisme à l’antisémitisme. La morale touche le fond !!
      Je dirai de Mélenchon qu’il est, avec Dominique de Villepin, le dernier des Gaullistes.


    • cleroterion cleroterion 25 février 21:04

      @Thot
      La commission d’enquête parlementaire qui avait été diligentée par Laurent Wauquiez pour tenter de démontrer les soi-disant liens entre LFI et l’islamisme a prouvé le contraire : Ce sont les partis d’extrêmes droites dont le RN qui ont des accointances avec les mouvances extrémistes et réseaux islamistes.
      Mieux vaut se renseigner se renseigner avant dire des bêtises.
      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce-mouvements-politiques-reseaux-islamistes


    • Thot Thot 25 février 22:48

      @cleroterion
      Oui, on peut opposer l’israelo-droitisme à l’islamo-gauchisme de la scène politique, ce qui pose des problèmes quand on apprécie les propos nuancés. Pour le reste, je vous laisse à vos considérations partiaux.


  • karibo karibo 26 février 12:47

    Hélas !

    Article très biaisé en faveur de la gauche et en particulier LFI. 

    Si sur le fond, l’article a le mérite de mettre en avant les problèmes liés à l’élection vs. la votation, pour autant, il fait l’impasse sur le problème démocratique majeur auquel nous faisons face : l’UE, institution non-élue mais qui décide pour +80% de nos lois.

    Par ailleurs, ces histoires de gauche/droite sont à la fois obsolètes et artificielles. Le vrai clivage est patriote/souverainiste vs. européiste/mondialiste. La gauche que nous avons en France est à 99.99% bourgeoise car euro-mondialiste. Les 0.01% sont les partis souverainistes à tendance gauche, qui sont au moins cohérents quand ils affirment qu’on ne peut prétendre défendre les classes laborieuses et oeuvrer pour l’UE - ce que fait la gauche bourgeoise qui ne se rend même pas compte de cette incohérence majeure. Normal : la gauche bourgeoise n’a que faire des classes laborieuses.

    Mention spéciale en matière de cécité politique : « Pour survivre médiatiquement, les communistes deviennent socialistes, les socialistes deviennent macronistes, les macronistes deviennent républicains, et les républicains deviennent fascistes. » Si la partie concernant les partis de gauche est correcte, c’est plutôt l’inverse pour ce qui est de LR, du RN et de Reconquête : ils se macronisent tous, le parfait exemple de ce phénomène étant Bardella qui n’est qu’un Macron bis aussi médiocre que l’original. Je passe sur le terme de « fasciste » : ce qui marque bien un texte écrit par un gauchiste, c’est de ne pas se rendre compte que le fascisme est déjà au pouvoir en France depuis au moins 2017, voire avant quand Macron était déjà chez Hollande.

    Enfin, dans les commentaires, je me suis marrée en lisant que gouverner un parti et gouverner un pays, ce n’était pas pareil ni comparable (réponse de l’auteur à un commentaire). Quand on connaît comment fonctionne LFI, c’est riche. Et comment prétendre diriger un pays de manière démocratique, si on n’est pas capable déjà de le faire chez soi, dans les instances de son propre parti ?! D’ailleurs, LFI n’est pas un parti - structure qui doit obéir à des règles d’organisation bien établies - mais un mouvement, qui lui n’est pas obligé de suivre ces mêmes règles. C’est JLM et sa garde rapprochée qui décide de la stratégie politique du mouvement, de l’affectation des fonds, des candidatures et de la représentation interne. On le voit bien avec les choix désastreux qui, je l’espère, les renverront au néant, comme endosser la Jeune Garde et les antifas en général + le clientélisme vers les musulmans et autres « racisés » terme répugnant comme ceux qui l ’ emploient !

    • Jason Jason 26 février 14:11

      @karibo

      « Article très biaisé en faveur de la gauche et en particulier LFI. » Arrêtez cette posture binaire qui vous fait dire, si on n’est pas de droite on est de gauche. Car il y a souvent des idées de gauche adoptées par la droite et vice versa.


      Je pense que LFI se campe dans des postures provocatrices malsaines . S’ils veulent persister dans un radicalisme braillard, il faudra qu’ils arrêtent leurs provocations. Ils représentent un certain nombre d’électeurs contestataires et ont leur place dans l’Assemblée, même si je ne les rejoints pas. C’est la République...


      « 


    • cleroterion cleroterion 26 février 15:12

      @karibo
      L’Europe n’est pas démocratique, mais ce n’est pas pour autant que nous n’en avons pas besoin. Il faut repenser les institutions européenne et y inclure des assemblées citoyennes. J’y travaille en ce moment. Il faut travailler sur un concept d’Europe, qui prenne en compte la volonté citoyenne et l’intérêt du continent. L’Europe est probablement en train de s’auto-détruire en signant tous ces accords de libre-échange avec l’Inde, l’Australie et le Mercosur. Car il n’y a pas de raison que ce qui s’est produit avec la Chine ne se reproduise pas avec l’Inde.

      Petite correction à votre commentaire : « la gauche bourgeoise n’a que faire des classes laborieuses. » Vous vouliez sans doute parler de la droite et du RN, car à moins d’être complètement sourd, aveugle ou de mauvaise foi, ou les 3 ensemble, la gauche (c.à-d LFI , les socialistes n’étant plus de gauche) a toujours tenu un discours sans ambiguïté pour défendre les classes populaires. Et ce n’est pas seulement un discours, puisque cela se traduit dans les faits. Il n’y a qu’à faire la comparaison entre les textes qui sont votés par le RN en France et à Bruxelles et comparer avec les textes de loi que votent LFI pour se rendre compte que le RN est sur une ligne rétrograde, franchement anti-sociale et anti-classe laborieuse. Le RN c’est tous pour l’oligarchie, caviar et lentille.

      Diriger un parti de manière démocratique, cela ne veut rien dire. Qu’entendez vous par démocratique, car ce mot ne veut plus rien dire ? Pour moi démocratique signifie tirage au sort, assemblée citoyenne. On ne va pas tirer au sort à l’intérieur d’un parti, ce serait absurde.
      Donc j’imagine que pour vous, un parti démocratique veut dire un parti où on peut exprimer son désaccord avec le chef. Un parti n’a aucune obligation à être géré de manière « démocratique ». Ceux qui ne sont pas d’accord sont libres de partir et c’est ce qu’ont fait Ruffin, Autin, et Corbière. Il n’y a aucun texte de loi qui impose que les partis soit fait de courants et que la pluralité de l’opinion doit s’exprimer. Un parti politique, par définition, prend parti. La ligne de mélenchon, c’est ce veulent ses électeurs et si ça fonctionne, il n’a aucune raison d’en changer
      Si Mélenchon était élu, il n’irai pas vous exclure parce que vous ne pensez pas comme lui.
      Pour ma part je n’adhérerai jamais à aucun parti, car un parti, par définition ne représente pas l’intérêt général, et que je veux garder ma liberté.


    • cleroterion cleroterion 26 février 16:25

      @Jason
      "Je pense que LFI se campe dans des postures provocatrices malsaines"
      Est-ce que vous pourriez préciser pour les lecteurs de quelles postures il s’agit ? parce qu’il ne suffit d’affirmer quelque chose comme le font les propagandistes de CNEWS pour que se soit vrai.
      Est ce c’est malsain et provocateur d’être contre le génocide à gaza ?
      De réprouver la politique israélienne ?
      D’être antiraciste ?
      D’être anti-fasciste ?
      De se battre pour plus d’égalité face à l’impôt et que les milliardaires paient une part juste et équitable ?
      De se battre pour les droits des minorités et plus d’inclusivité ?
      De se battre pour plus d’écologie pour la santé des français ?
      De défendre le service public ?
      D’être laïc ?
      De défendre le droit à l’avortement ?
      De se battre contre le capitalisme qui exploite et asservit les populations ?

      Pourriez-vous me dire en quoi cela est radical et malsain ?

      Tout ce que que je viens de vous citer, le RN vote contre, que ce soit en France ou à Bruxelles.

      Qui est radical ? Qui provoque ? Qui est malsain ?

      Merci de répondre à toutes ces questions avec des arguments.


  • Christophe 1er mars 18:41

    @l’auteur

    Des lectures que nous pouvons avoir de Platon, fondateur des régimes politiques (du moins le premier à les décrire par écrit), il partait de deux postulats importants :

    Le premier c’est qu’en Démocratie ou en République il ne faut jamais donner le pouvoir à celui qui le revendique.

    Le second qui en découle est que le suffrage universel n’a pas de relation directe avec la Démocratie et la République, un tirage au sort parmi la population est suffisant pour déterminer qui peut diriger par délégation.

    Lorsque l’on s’attache à analyser les premiers pas de la mise en place d’une démocratie (Athènes), Solon lui-même s’est heurté à deux problèmes concomitants :

    La notion de propriété individuelle pose le premier des problèmes, jusqu’où peut-elle aller ou quelles en sont les limites.

    La notion d’héritage pose le plus grand déséquilibre dans tout système démocratique puisqu’une personne peut obtenir une position sociale qui n’a aucune relation avec ses capacités intrinsèques mais uniquement en fonction de sa naissance.

    Au global, lorsqu’on analyse les pays occidentaux qui s’autoproclament Démocratie, nous voyons vite que nous vivons en fait dans un système de type aristocratique, le pouvoir étant donné par un moyen externe à l’humain, l’argent, c’est donc plus précisément un système oligarchique.


    • cleroterion cleroterion 1er mars 21:51

      @Christophe
      Le suffrage universel n’a pas de relation directe avec la démocratie, mais il a une relation avec la République qui pratique l’élection, que ce soit République romaine ou n’importe quel type de république actuelle.
      Il est vrai que l’héritage est inégalitaire, mais d’un autre coté, il ne donne pas accès au pouvoir. Les riches sont moins représentés avec le tirage au sort qu’ils ne le sont avec l’élection. C’est la raison pour laquelle la bourgeoisie ou l’oligarchie a toujours refusé la démocratie qui s’applique par le tirage au sort.


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