vendredi 17 juin 2016 - par Thierry SALADIN

L’entrée du Royaume-Uni dans l’Union Européenne faisait-elle partie d’un plan ? (première partie)

Alors que depuis des semaines l’on nous bassine jusqu’à plus soif avec ce que certains appellent le Brexit, qu’en bon français nous devrions tous, et sans exception SVP, appeler « la sortie du Royaume-Uni (de l’U.E.) », l’on se garde bien — et pour cause — d’aborder certains aspects qu’il vaut mieux cacher au bon peuple, français en l’occurrence : il s’agit notamment du débat politique sur l’opportunité ou non pour la France de sortir de l’Union Européenne. Débat absolument interdit sur les médias dominants.

« Circulez, y a rien à voir ! » comme aurait dit Coluche.

Mais s’agissant de la sortie du Royaume-Uni (R.U.), puisque celle-ci est d’actualité, il y a une autre question taboue : elle concerne les aspects linguistiques de cette affaire.

A priori ce second point, que nous allons exposer ici, pourrait apparaître comme étant de la fiction. Peut-être même que certains lecteurs, pourtant bien au fait de tout se qui se trame dans notre dos, avec toute la désinformation dont l’oligarchie euro-atlantiste est capable, auront du mal à nous suivre sur cette question. Et pourtant…

D'autres, totalement victimes du système, ou bien en étant ses porte-voix, nous taxeront de complotistes... Peu importe. Après tout, c’est leur droit, et nous en acceptons le risque au nom de la liberté d’expression. Et ce d’autant plus que nous allons parler d’une guerre dont on ne parle jamais, une guerre de l’intelligence, une manipulation des savoirs, un formatage des cerveaux. Cette guerre dont les protagonistes sont des maîtres en la matière, une guerre moderne qui peut se résumer ainsi : utiliser tous les moyens pour imposer l’anglais à la Terre entière, et ce pour le seul bénéfice du pays qui a décidé de devenir l’empire : nous avons nommé les États-Unis d'Amérique (EUA) — et aussi leur supplétif, le Royaume-Uni.

Nous sommes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les EUA sont un des quatre alliés vainqueurs de cette guerre. Trois sont dans le camp occidental, le quatrième étant l’URSS, qui de fait est celui qui aura été la cause principale de la défaite du IIIe Reich.

En effet, c’est bien dans les steppes de la Russie qu’Hitler a perdu la guerre. Et on voit mal comment, et pourquoi, l’Armée rouge n’aurait pu continuer de saigner à blanc la Wehrmacht, et ce au moins jusqu’à Berlin (N.B. : Rappelons que le 6 juin 1944 le front de l'Est se trouve revenu en gros au niveau des positions tenues par les deux belligérants le 22 juin 1941, date du déclenchement de l’Opération Barberousse, et qu’en certains endroits l’Armée rouge est même déjà au-delà, vers l’Ouest).

Le débarquement du 6 juin 1944, ouvre le second front. Ce fameux second front que Staline réclamait depuis bientôt trois ans. Et, contrairement à ce que chantait Michel Sardou, si les Ricains n’étaient pas là, nous serions tous non pas en Germanie mais en URSS. Du moins à la fin de 1945.

Mais l’histoire en a décidé autrement.

Donc, quatre vainqueurs.

S’agissant des trois premiers alliés, deux ont la même langue en partage. Quant à l’autre, la France, il a quasiment disparu de la scène internationale pendant quatre ans, et il s’en est même fallu de peu pour que notre pays terminât la guerre dans le camp des vaincus, compte tenu de l’attitude de Vichy. Mais par chance, un homme providentiel, Charles de Gaulle, permit à notre pays de sauver son honneur et de figurer du bon côté de la table, lors des signatures de fin de conflit. Du bon côté de la table grâce aussi au sang des Français, mais également à celui des troupes issues de l’empire colonial, il ne faut jamais l’oublier.

Or, à cette époque deux langues ont un rayonnement international, et sont de fait parlées sur les cinq continents. Il s’agit de l’anglais et du français.

Pour les dirigeants états-uniens, c'était insupportable : il fallait mettre un terme à cette parité, c'est-à-dire évincer le rival. La diffusion mondiale de notre langue faisait trop d’ombre à l’anglais. Et aussi à leurs intérêts.

Comment faire alors, pour ne pas heurter les oppositions, inévitables à l’époque, et être efficace ? Agir tout simplement dans la discrétion et miser sur le temps, c'est-à-dire sur le remplacement des générations, afin que peu à peu quelque chose d’impossible, d'inacceptable au départ puisse apparaître comme normal par la suite ; autrement dit coulant de source pour les générations à suivre. En sorte, un plan caché, secret, sur cinquante à cent ans.

On sait maintenant que c’est exactement comme cela qu’agirent les EUA s’agissant de l’imposition de l’idée comme quoi il fallait créer une Union Européenne, avec une monnaie unique. Dans le secret.

Il suffit d’écouter les politicards actuels pour entendre les poncifs du style : « L’UE, c’est la paix depuis 1945  », « Le but de l’UE, c’est de faire contrepoids aux EUA », etc.

Or, tout cela est factuellement inexact.

Les journalistes aussi. Pas plus tard que le 8 juin 2016, David Pujadas déclarait sur France 2 (à 20H28) que « le débarquement des alliés en Normandie, le 6 juin 1944, [était le] tournant de la guerre...  »

Là encore, c’est faire peu de cas des batailles de Stalingrad, de Koursk, etc.

S’agissant du rôle des EUA dans la construction européenne, des textes prouvent désormais tous leurs agissements dans l’ombre, à la suite du déclassement d’archives tenues secrètes pendant vingt ans

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Oui on le sait, mais après coup. Et toujours trop tard, du moins bien tard. Le mal est déjà fait. Et reconnaissons-le, c’est assez bien joué de la part de nos prétendus amis états-uniens. Quand on voit la cohorte de Français qui de bonne foi sont aujourd'hui totalement acquis à l'anglais, allant pour certains d'entre eux jusqu'à ne plus être capables de tenir une conversation autrement qu'avec des mots anglais — alors que les mots français existent, et qu'ils les connaissent — on ne peut dire qu'une chose aux Amerloks : Chapeau, les gars ! Vachement bien joué, les mecs !

(N.B. : Nous reviendrons bien entendu sur cette situation, et sur ses conséquences, dans la prochaine partie)

(Photo d'une diapositive extraite d'une conférence de François Asselineau, le président fondateur de l’UPR, lui qui se garde bien de parler des sujets qui nous intéressent aujourd'hui, à l'image, reconnaissons-le, de tous les hommes politiques français. Pourtant le monsieur se déclare attaché à la défense de la langue française... Serait-il lui aussi une victime de ce plan secret ?)

De Gaulle, qui toute sa vie s’est fait une certaine idée de la France, le savait-il ? Probablement pas, puisque c’était secret. Gageons qu’il subodorait quelque piège, et c’est sans doute une des raisons qui le conduisirent à mettre son véto à la poursuite des négociations avec la Grand-Bretagne, une fois que cette dernière eut décidé en 1961 de vouloir entrer à son tour dans la Communauté économique européenne, comme on disait à l’époque.

Alors pourquoi imposer l’anglais ?

Peu de gens en ont conscience, mais comme l’a très bien dit la linguiste Henriette Walter, « une langue, c’est une vision du monde ». Nous avons tous un cerveau formaté par les structures syntaxiques de notre langue maternelle. Un Français ne voit pas exactement les choses de la même façon qu'un Russe, un Allemand, un Anglais ou un Chinois. C'est ainsi.

Et les EUA l’avaient bien compris : en imposant l’anglais ils voulaient — et ils sont en passe d’avoir réussi — façonner le monde à la mode anglo-américaine, afin de mieux le dominer.

C’est le professeur Robert Phillipson qui a découvert toute cette affaire. Linguiste britannique, il a pu avoir accès à des archives du British Council et notamment au rapport secret de l’Anglo-American Conference qui eut lieu à Cambridge en 1961.

Selon Wikipedia, il y eut un rapport final. Et public. Mais Phillipson découvrit qu’il y en eut un autre, secret celui-là.

Alors que dit ce rapport secret ?

Écoutons Robert Phillipson :

«  L’anglais pour transformer l’univers des étudiants » : Une clarification du rapport de la conférence anglo-américaine de 1961

Dans mon livre Linguistic imperialism (L’impérialisme linguistique), publié par Oxford University Press en 1992, j’analyse comment l’anglais est devenu si puissant à travers le monde. Le livre rend compte d’un nombre substantiel de documents politiques britanniques et états-uniens relatifs à la promotion de l’anglais comme instrument clef de la politique étrangère.

Les stratégies politiques des EUA pour établir leur domination mondiale sont explicites depuis les années 1940. Des subventions massives sont venues du gouvernement états-unien et du secteur privé. Par exemple, au milieu des années 1960, la Fondation Ford finançait des projets pour renforcer l’anglais dans 38 pays. Un livre récent sur la « guerre froide culturelle » décrit les activités de la CIA en Europe pour essayer d’influencer les universitaires, les journalistes et le monde culturel.

Le British Council était l’instrument majeur pour la diplomatie culturelle et l’enseignement de l’anglais à l’échelon mondial. Depuis les années 1950 il existe une stratégie britannique pour faire de l’anglais une « langue mondiale », la principale seconde langue partout où il n’est pas déjà la première.

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La nécessité était évidente pour les Britanniques et les Américains de coordonner leur implication dans le développement de l’enseignement de l’anglais à l’échelon mondial. L’infrastructure universitaire pour « L’anglais en tant que seconde langue » et la nouvelle spécialité de « Linguistique appliquée » avaient besoin d’être construites en partant pratiquement de zéro. Les gouvernements devaient réduire l’élément de concurrence entre les deux pays qui, comme l’a dit George Bernard Shaw, sont « séparés par une langue commune ». Les EUA et le Royaume-Uni poursuivaient en gros des buts similaires. Il leur fallait échanger des informations sur la formation des enseignants, le développement des programmes et le matériel pédagogique, et sur leur politique d’enseignement scolaire et universitaire.

Les actions britanniques furent discutées lors d’une conférence à Oxford en 1955, à laquelle le gouvernement états-unien fut invité à envoyer des délégués. Une conférence eut lieu à Washington en 1959, à laquelle assistèrent cinq participants britanniques. Voir le rapport détaillé publié par le Centre de Linguistique Appliquée, Actes de la conférence sur l’enseignement de l’anglais à l’étranger. (Mai 1959).

La conférence suivante se tint à Cambridge en 1961, encore avec la participation des EUA. Contrairement à la conférence de 1959, aucun rapport ne fut produit à destination du public. Un rapport interne confidentiel fut écrit pour le British Council, dont j’ai reçu la permission de citer des extraits dans mon livre. La finalité du rapport était de démontrer que le champ de l’enseignement de l’anglais dans le monde était en train d’acquérir une respectabilité universitaire des deux côtés de l’Atlantique, et méritait une augmentation des subventions gouvernementales. Ce rapport n’était pas destiné à une large diffusion. Il est donc plutôt plus franc et plus explicite sur les finalités politiques que ne le seraient des spécialistes des langues discutant de sujets professionnels. Les principaux participants sont donc cités pour ce qui suit :

L’enseignement de l’anglais à des locuteurs non natifs peut transformer de façon permanente toute la perception du monde de ceux qui l’étudient. Si et quand une nouvelle langue devient vraiment opérationnelle dans un pays sous-développé, le monde des étudiants s’en trouve restructuré. Un Ministère de l’Éducation – sous la pression nationaliste – peut ne pas être bon juge des intérêts d’un pays... Un esprit nationaliste pourrait ruiner tout espoir de l’anglais comme seconde langue. L’anglais est devenu non seulement le représentant de la pensée et des sentiments contemporains du monde anglophone mais encore un vecteur de toute la tradition humaine en voie de développement : du meilleur (et du pire) qui ait été pensé et ressenti par l’homme depuis que l’on écrit l’histoire.

C’est là une raison d’être de l’impérialisme linguistique de l’anglais, pour tous, et tout le temps. Celui-ci prétend que l’anglais est la seule langue dont le monde moderne ait besoin. Il affirme que des pays nouvellement indépendants peuvent, pour des raisons nationalistes, manquer de jugement au point de résister à l’anglais, et qu’en de tels cas, on doit passer outre leur volonté. Ceci dans l’intérêt politique et commercial des pays anglophones.

Cette politique représente un plan pour étendre à l’échelon mondial les politiques de monolinguisme qui furent conduites au Royaume-Uni et aux EUA aux dix-neuvième et vingtième siècles (politiques qui réussirent à restreindre mais pas à éliminer la diversité linguistique). La position a été plus ou moins similaire en France depuis la Révolution. Les efforts français pour promouvoir le français comme langue mondiale, en concurrence avec les Britanniques et les États-uniens, sont présentés dans Daniel Coste, Aspects d’une politique de diffusion du français langue étrangère depuis 1945, matériaux pour une histoire (Hatier, 1984).

Le lecteur jugera du caractère quelque peu arrogant employé par les rédacteurs de ce rapport, notamment avec la phrase suivante : l’anglais est la seule langue dont le monde moderne ait besoin.(sic) 

 

En mai 2009, j’ai pu entrer en contact avec Robert Phillipson. Il m’a fort aimablement répondu par courriel, et en français SVP, ce qui suit :

« Routledge [c’est son éditeur] a pris contact avec des maisons d’édition françaises après la parution de mon livre en 2003, mais sans succès. Une des raisons dont je me souviens était que le sujet était déjà bien étudié par des écrivains français, ce qui n’est pas du tout le cas.  »

C’est ainsi qu’aucun des livres écrits par Phillipson, (Linguistic Imperialism (1992), English-Only Europe (2003) et (Linguistic Imperialism Continued (2009) n’est encore disponible en français. Les thèses défendues par ce linguiste britannique, dérangeraient-elles quelques tireurs de ficelles en France ?

(Fin de la première partie.)

Photo du chapeau : François Ier et un extrait de l'Édit de Villers-Cotterêts, qu'il promulga en août 1539 pour ordonner que tous les documents officiels fussent désormais rédigés « en français et non autrement », et François Hollande faisant un discours le 8 août 2013 devant une entreprise française sans s'émouvoir du fait que la communication de cette entreprise française baptisée Ixblue se fasse en anglais. En sorte, d'un François à l'autre...
 



25 réactions


  • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 17 juin 2016 14:53

    Bonjour à tous,


    Le sujet étant vaste, et, comme je l’ai dit, également tabou, le lecteur comprendra que je ne ferai aucune réponse à quelque commentaire que ce soit. En revanche, j’essaierai d’y apporter une réponse dans la seconde partie.
    Je n’écarte pas l’hypothèse que cet article en comporte trois au final.

    Merci de votre compréhension.

    Cordialement.

    Thierry Saladin

  • Séraphin Lampion Jeussey de Sourcesûre 17 juin 2016 15:19

    Pour compléter votre exposé :

    - la France n’était pas représentée à Yalta.
    - la mise en place du GPRF intégrait deux forces de la résistance : gaullistes et communistes
    _ le principal conseiller des Etats-Unis pour créer une Urope à la botte des industriels et des financiers a été également le premier président de la commission européenne. Il se nomme Walter Hallstein, l’ancien conseiller juridique d’Hitler.


  • Hubu Hubu 17 juin 2016 16:15

    On est arrivée à un point ou on n’a même pas le droit de dire que l’on n’aime pas
    cette langue mais par contre ont a le droit de dire que le Mandarin parlé par
    1,4 milliards d’être humain sur Terre est une langue hyper moche
    là faut pas ce gêner ont peux le hurler sois les toits mais dire qu’on n’aime pas l’Anglais = crime de lèse majesté !!

    Cela signifie que tu rejette le magma mondialistes qui dissous et sape les cultures donc tu sera méprisé et traité comme une merde pour penser « mal »...

    « Il y a des animaux plus égaux que d’autres » disait Orwell.
    En l’occurrence l’animal Anglophone est bel et bien plus égaux que les autres !!

    C’est pas demain la veille avec la classe politique qu’on as qu’on fera des réformes pour enseigner l’Espéranto...


    • amiaplacidus amiaplacidus 17 juin 2016 16:52

      @Hubu

      Il y a une dizaine de langues importantes en Chine (et plus d’une centaine de langues secondaires ou de dialectes). Le mandarin n’est que l’une de ces langues, la plus parlée sans doute, mais pas par 1,4 milliards de locuteurs, mais par un peu plus de 800 millions (ce qui est déjà pas mal).
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_langues_chinoises

      Quant à dire que c’est une langue moche, je vous laisse assumer l’appréciation.


  • tf1Groupie 17 juin 2016 16:29

    « En sorte, un plan caché, secret, sur cinquante à cent ans. »

     smiley  smiley  smiley


    • Séraphin Lampion Jeussey de Sourcesûre 17 juin 2016 16:41

      @tf1Groupie

      Vous croyez que Colbert plantait des chènes dans la forêt de Tronçais pour fabriquer les mats de la marine royale ?

      Il les plantait pour nous, mais nos bateaux n’ont plus de voiles et les mats sont en métal.

  • agent ananas agent ananas 17 juin 2016 16:38

    Pourtant le monsieur se déclare attaché à la défense de la langue française... Serait-il lui aussi une victime de ce plan secret ?)
     ???
    Pourtant la diapositive présentée par François Asselineau est une traduction en français d’un article du Telegraph dont voici l’original.
    Si Asselineau utilise une source anglaise c’est parce que l’essentiel des documents intéressants sont en anglais et que cela fait longtemps, a quelques rares exceptions près, que les journalistes français ont abandonné leur mission d’informer.
    Dans ces conditions que l’on ne fasse donc pas de reproches à ceux qui vont chercher un autre son de cloche ailleurs.
    L’enseignement de l’anglais à des locuteurs non natifs peut transformer de façon permanente toute la perception du monde de ceux qui l’étudient.
    Exact. Depuis que je parle l’anglais ma vision du monde a changé. Il est vrai que mon ex compagne et mère de mes deux filles est britannique (galloise du Shropshire)... Ceci expliquant sans doute cela...


  • soi même 18 juin 2016 11:58

    Intéressant article, je pressent que vous allez abordé des faits paradoxales.

    Surtout qu’en amont de cette réalité, il y a eu l’Entende Cordiale qui a bien préparer le terrain .


  • popov 18 juin 2016 14:31

    @l’auteur
     
    C’est quand même bien pratique d’avoir une langue avec laquelle on peut parler avec beaucoup de monde dans n’importe quel pays.
     
    Et encore heureux que ce soit l’anglais dont à peu près 50% du vocabulaire vient du français du fait de la conquête de l’Angleterre par nos valeureux Normands du XIe siècle. Je n’ose pas imaginer ce que les francophones penseraient si au lieu de l’anglais, le russe, l’allemand ou le chinois était devenu la langue commune.
     
    Je parle anglais mais je ne bois pas de coca (je préfère la vodka) et on ne me fera pas mettre les pieds dans un MacDo. La pratique de cette langue ne transforme donc pas tout le monde en Américains. Pour ce qui est de la pensée unique, on n’a pas besoin de l’anglais. Les politiciens et les médias arrivent très bien à l’imposer en français.
     
    À propos des mots anglais qui se glissent dans le français : il y a quelques années, le ministre Toubon leur avait déclaré la guerre. Il a tout au plus réussi à se faire appeler « monsieur Allgood ».


    • Pasagenoux Pasagenoux 19 juin 2016 15:29

      @popov -

      Monsieur, votre raisonnement est du même type que celui que les Kollaborateurs avaient en 1940-45. À l’époque, ils disaient à quoi bon résister à l’envahisseur puisque les Allemands sont les plus forts. Ils sont plus disciplinés, leurs industries sont les plus performantes, leur technologie est la plus avancée, leur armée est supérieure à la nôtre et ils sont, qui plus est, un excellent rempart contre le bolchévisme !

      Heureusement, il y a eu des Résistants qui, sous la direction du Général de Gaulle, pensaient tout autrement : être libres dans un pays libre qui ne soit ni Bolchévique, ni allemand ni américain !

      Aujourd’hui avec l’anglais qui nous envahit, nous sommes dans une situation d’occupation également, et des personnes comme vous, disent à quoi bon résister à cette langue, puisque les Anglo-américains qui la portent, sont les plus forts. Ils ont le service d’espionnage le plus puissant du monde, leur technologie est la plus avancée, ils règnent sur la Toile, leur industrie du divertissement colonise toute la planète, leur armée est la plus puissante du monde, et leur langue, qui plus est, est un excellent rempart contre le mandarin, le russe, l’allemand, l’arabe… !

      Heureusement, là encore, il y a des citoyens qui pensent tout autrement : être libres de ne pas parler l’anglais d’une manière obligatoire, être libres de ne pas parler l’anglais à l’international, et d’avoir le choix, notamment en cela, entre les 6 langues internationales officielles de l’ONU dont le français (anglais, arabe, espagnol, français, mandarin, russe), être libres de nous tourner vers de la Francophonie fraternelle et universelle plutôt qu’être condamnés à ne plus qu’espérer notre disparition dans l’anglosphère.

       

       


    • popov 19 juin 2016 18:11

      @Pasagenoux
       
      Faut pas sauter au plafond comme ça. « Kollaborateur », quel vilain mot !
       
      Parlez français en France évidemment, et n’utilisez pas de barbarismes.
       
      Mais parler une ou plusieurs autres langues est un avantage. D’abord, cela vous donne accès à toute une littérature dans la version originale. Et ensuite, cela vous donne un sentiment de supériorité quand vous conversez avec un anglophone dans sa langue alors que lui ne peut le faire dans la vôtre.


    • skirlet 19 juin 2016 21:52

      @popov
      Vous êtes vraiment Popov ? Parce que certains membres de ma famille portent ce nom smiley

      Je ne suis pas d’accord que parler avec un anglophone dans sa langue confère un sentiment de supériorité. C’est vous qui êtes dans une position moins confortable, pas ledit anglophone. Ils ne se sentent pas inférieurs même en s’installant dans un autre pays : plusieurs y vivent pendant des années et parlent à peine, voire pas du tout la langue locale, sans perdre de leur superbe...

      Parler une langue n’est pas un avantage, c’est un besoin vital au sens propre et non figuré. En parler quelques-unes est bien, mais il existe 6000 langues environ dans le monde ; pourquoi donc encore et toujours l’anglais ? D’ailleurs, pour lire en VO un langue étrangère, il faut beaucoup de travail et de temps, et pour l’anglais, vu que leur littérature est traduite en grande quantité et plus vite que son ombre, ce n’est même pas intéressant. Apprendre une langue pour lire en VO pour cause d’absence des traductions françaises - oui, c’est une autre chose, mais les gens qui le font ne sont guère nombreux.


    • popov 20 juin 2016 15:28

      @skirlet
       
      Vous êtes vraiment Popov ? Parce que certains membres de ma famille portent ce nom
       
      Popov (Попов) est un des noms de familles les plus répandus en Russie, Bulgarie et Serbie.
       
      plusieurs y vivent pendant des années et parlent à peine, voire pas du tout la langue locale, sans perdre de leur superbe...
       
      Ce sont des incultes. Vous le savez, je le sais, mais eux évidemment l’ignorent.
       
      pourquoi donc encore et toujours l’anglais ?
       
      Vous n’êtes pas le seul à vous poser la question. Les Américains n’ont jamais pu y répondre. Il y a eu plusieurs tentatives de déclarer l’anglais comme langue officielle au niveau fédéral. En 2006, le Sénat a finalement voté une loi allant dans ce sens, mais, à ma connaissance, cette loi n’a jamais été adoptée par le Congrès et encore moins signée par le président. Il y a même des démocrates qui pensent qu’une telle loi serait anticonstitutionnelle. Il y a aussi des républicains qui disent que « si Jésus a trouvé l’anglais suffisant quand il a écrit la bible (sic), cette langue devrait être suffisante pour tout le monde ».
       
      L’anglais s’est donc imposé par la force des choses aux USA et dans le monde. On peut aimer ou pas. Personnellement, j’aurais préféré le français, le russe ou l’espagnol.
       
      On ne peut pas parler toutes les langues du monde. Alors, que les gens apprennent et chérissent leur langue maternelle, qu’ils parlent aussi la langue du pays où ils émigrent, et l’anglais pour aller n’importe où me semble une solution raisonnable.


    • skirlet 21 juin 2016 01:10

      @popov

      Popov (Попов) est un des noms de familles les plus répandus en Russie, Bulgarie et Serbie.

      Euh... ce n’était pas ma question. Étant d’origine russe, je sais que c’est un nom de famille répandu, et je n’ai pas demandé les statistiques. Bon, je formule autrement : êtes-vous d’origine russe ? Si vous ne voulez pas répondre, dites-le tout simplement.

      Ce sont des incultes. Vous le savez, je le sais, mais eux évidemment l’ignorent.

      Certains sont plutôt cultivés mais pas intéressés par les langues.

      Vous n’êtes pas le seul à vous poser la question.

      Pas la seule, si vous permettez.

      Les Américains n’ont jamais pu y répondre.

      À vrai dire, l’avis des Étasuniens ne m’intéresse pas vraiment...

      L’anglais s’est donc imposé par la force des choses aux USA et dans le monde.

      Par la force tout court. Curieux, tous ceux qui s’insurgent contre l’injustice, l’inégalité et tutti quanti, acceptent sans broncher la domination linguistique et se soumettent avec un empressement digne d’un masochiste aguerri...

      Alors, que les gens apprennent et chérissent leur langue maternelle, qu’ils parlent aussi la langue du pays où ils émigrent, et l’anglais pour aller n’importe où me semble une solution raisonnable.

      L’utilité de l’anglais est grandement exagérée. Vivant dans une station balnéaire (ce qui signifie « beaucoup de touristes »), j’en vois plein d’exemples. Et le temps volé par l’apprentissage forcé de l’anglais à l’école pourrait être bien mieux employé.


    • skirlet 21 juin 2016 01:22

      J’avais oublié : en Serbie, c’est plutôt Попович smiley


    • popov 21 juin 2016 13:17

      @skirlet
       
      Vous allez être comblée. Grâce à votre très compétente Bécassine Vallaud, vos enfants pourront bientôt apprendre l’arabe à l’école, la langue d’une culture croupissante qui n’a pas produit un gramme de connaissance depuis au moins 5 siècles.


    • skirlet 22 juin 2016 20:32

      @popov
      Comme on dit chez nous, вы сами поняли, что написали ? Depuis quand elle est « mienne » (ou « notre », chais pas de qui vous voulez parler) ? Et en quoi ai-je contribué à ce futur lumineux que vous avez dessiné ?


  • filo... 19 juin 2016 03:01

    Un excellent article. Je me réjouis dores et déjà de lire la suite.
    Je voulais vous dire que cette tendance d’imposer l’anglais n’est pas seulement par rapport ou par opposition au français mais aussi contre des autres langues existantes, parlés et écrits en Europe et dans le mondes.

    Dans mon pays de naissance (pays qui n’existe plus) impérialisme conquérants occidental c’est emparés des médias écrit et télévisuel et exerce déjà une transformation linguistique par la destruction des langues existantes parlés et écrites lorsque ce pays existait.

    Et les journalistes locaux sont devenus des serviteurs corvéables à souhait, probablement achetés, qui dans leurs publications écrites et reportages injectent des mots étrangers. Ces mots qui proviennent le plus part du temps du français, parfois d’anglais, remplacent et font rapidement oubliés, les mots d’origines.
    Les dégâts sont énormes, et foudroyants par sa rapidité. Un ghetto culturel en somme et en extension très rapide.

    J’ai l’impression que dans dans ces cas là néocolonialisme français est le bras droit (ou du moins) le bras rallongé d’impérialisme anglo-saxon.

    Je pense que se problème il faudra voir et penser beaucoup plus loin dans le temps. Il faudra remonter aux origines et à la naissance de l’Occident lui même. Au début il fallait plusieurs acteurs pour véhiculer et imposer la doctrine occidentale, doctrine de domination sur le reste du monde.
    Or maintenant l’Occident se trouve après avoir terminé (pratiquement) cette conquête dans sa dernière phase et qu’il faut procéder aux délestage ; éliminer le trop d’acteur afin qu’il puisse garder sa marque de fabrique anglo-saxonne.

    Pour les français il ne restera plus que les yeux pour pleurer. Quelle ironie du sort !

    Est il possible qu’en réalité votre article commence en parlant justement de cette phase terminale, de ce dernier rictus franco-occidental avant qu’il soit dissoute dans ce fast-food généralisé et indigeste américain ?


    • skirlet 19 juin 2016 21:55

      @filo...
      Tiens, moi aussi je viens d’un pays qui n’existe plus smiley Ça nous fait un point commun.


    • filo... 19 juin 2016 22:59

      @skirlet
      C’est très bien. Notre avantage est que nous avons vécus aussi d’autres choses et donc nous n’aurions jamais notre pensée formatée et standardisée.

      Je trouve cet article très intéressant, le seul dommage qu’il ne commence pas par le commencement ; la naissance de l’Occident. Car tous est partis de là.
      C’est depuis là que le monde fait la fausse route et le le mur s’approche dangereusement.


    • skirlet 21 juin 2016 01:15

      @filo...
      M’est avis que mon cerveau a été formaté dans mon pays d’origine, puis déformaté suite aux changements, ce qui a permis de voir un peu les techniques de formatage, et maintenant j’essaie de résister au formatage local smiley

      Commencer par la naissance de l’Occident aurait été trop long, et en plus c’est une région géographique, comme les autres. Après, il est vrai qu’il existe une certaine idéologie de supériorité envers les autres peuples, couplée, dans certains pays, avec l’aplatventrisme anglolâtre.


    • joelim joelim 7 mai 2017 14:56

      @filo...
      Il faudra remonter aux origines et à la naissance de l’Occident lui même. 


      Extrait de l’ouvrage Les « collabos » de l’Europe nouvelle de B Bruneteau (aux éditions du CNRS) : 
      (p 164) Pour la première fois en effet, le 2 février 1943, Jean Luchaire* parle non plus de « communauté européenne » à construire, mais de « civilisation occidentale » à défendre. [...] Penser en termes d’Occident, c’est, assure Marcel Déat, se retrouver « soudés les uns aux autres par l’approche des Barbares, comme les Grecs devant ma menace perse ». 

      * collaborationniste notoire

  • joelim joelim 7 mai 2017 15:02

    L’anglais est une langue particulièrement difficile à maîtriser sans être né dedans. En plus de tout le reste, son hégémonie en recherche scientifique (en terme de valorisation des publications) est un scandale.


  • pipiou 7 mai 2017 15:10

    Gros sketch.
    N’importe qui aimerait que le reste du monde utilise sa langue.
    Autre facteur objectif : la langue française est une des plus difficiles à apprendre.

    Quand on n’a pas envie de réfléchir on invente un complot.

    Le complotiste c’est pour les flemmards du cerveau.


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