mercredi 5 novembre 2025 - par politzer

L’État Profond commande l’état officiel

 

L'État Profond :

Le Pouvoir Invisible et le Rôle Central de l'Argent dans les Coups d'État et les Crimes Politiques.

Dans les coulisses du pouvoir visible – présidents, parlements et élections –, se cache une entité plus obscure et influente : l'État profond.

Souvent évoqué dans les affaires enterrées dans des enquêtes qui n’aboutissent jamais, ce concept désigne un réseau informel d'institutions, d'agences de renseignement, de lobbies militaires et, surtout, ce qui est très sous-estimé, de capitaux financiers qui opèrent en dehors du contrôle démocratique direct.

Mais au-delà des bureaucraties et des espions, une donnée fondamentale émerge : l'argent, ce "nerf de la guerre", détenu en sommes colossales par le capital financier, est à l'origine des coups d'État et des crimes politiques. Il achète tout – influence, silence, armes et même des régimes entiers. Cet article explore cette réalité, en s'appuyant sur des exemples historiques et contemporains, pour conclure sur les implications d'un système où la finance dicte les destinées nationales.

Qu'est-ce que l'État Profond ?

Une Définition au-delà des Mythes

Le terme "État profond" (deep state) a été popularisé aux États-Unis pour décrire un ensemble d'acteurs non élus – comme la CIA, le FBI, le Pentagone et les grands ordonnateurs militaires – qui influencent les politiques publiques dans l'ombre.

Mais cette vision oublie souvent les véritables détenteurs du pouvoir : les élites financières.

Des entités comme BlackRock, qui gère plus de 10 000 milliards de dollars d'actifs, ou Goldman Sachs, ne se contentent pas d'investir ; elles façonnent les décisions géopolitiques pour protéger leurs intérêts. Les craintes d'un pouvoir caché remontent à des peurs réelles d'influences occultes, amplifiées par des faits concrets.

L'argent n'est pas un outil accessoire ; il est le fondement, finançant des opérations secrètes et corrompant des acteurs pour perpétuer une hégémonie économique.

Historiquement, ce réseau s'est manifesté dans des interventions étrangères motivées par des gains financiers. Les coups d'État ne sont pas seulement des luttes idéologiques ; ils sont souvent des opérations rentables, où l'argent "achète" la stabilité pour les multinationales.

Exemples Historiques : Quand l'Argent Orchestre les Coups d'État

Les archives déclassifiées révèlent comment l'argent du capital financier a été au cœur de nombreux coups d'État, souvent sous couvert de "sécurité nationale".

 Prenons l'exemple emblématique du coup d'État en Iran en 1953.

Le Premier ministre Mohammad Mossadegh avait nationalisé l'industrie pétrolière, menaçant les intérêts des compagnies britanniques et américaines.

Instigué par la CIA et le MI6, ce coup – connu sous le nom d'Opération Ajax – visait à protéger les flux pétroliers occidentaux. Les motivations financières étaient claires : Mossadegh refusait de céder aux demandes des majors pétrolières, et le coup a réinstallé un régime favorable aux investissements étrangers.

Ici, l'argent a "acheté" des agents locaux, des médias et même des foules pour renverser un leader démocratiquement élu, menant à des décennies de tensions et de massacres de masses au Moyen-Orient.

Un cas similaire est le coup d'État au Guatemala en 1954.

Le président Jacobo Árbenz menait des réformes agraires qui expropriaient des terres de la United Fruit Company (ancêtre de Chiquita Brands), une multinationale américaine aux liens étroits avec Washington. La CIA orchestra l'opération PBSUCCESS, finançant des mercenaires et une campagne de propagande pour dépeindre Árbenz comme un communiste. Le résultat ? Un régime dictatorial meurtrier installé, préservant les intérêts bananiers et financiers des élites US.

Ce coup illustre parfaitement comment l'argent – via des lobbies corporatifs – motive des crimes politiques, transformant des disputes locales en interventions impérialistes.

En Afrique et en Amérique latine, ce pattern se répète. Des études sur les coups d'État montrent que les facteurs économiques, comme la pauvreté persistante et les inégalités, créent un terreau fertile pour des interventions financées par des intérêts étrangers.

Par exemple, les coups militaires en Afrique subsaharienne sont souvent liés à des opportunités d'exploitation de ressources, où des capitaux occidentaux "achètent" des généraux pour sécuriser mines et pétrole. Le révolutionnaire Patrice Lumumba a payé sa révolte de sa vie comme bien d autres.

Ces opérations ne sont pas gratuites : elles augmentent les budgets militaires post-coup, finançant un cycle de dette et de corruption.

Implications Contemporaines : L'Argent dans l'Ère Numérique et Géopolitique

Aujourd'hui, l'État profond s'adapte à un monde multipolaire, mais l'argent reste le pivot. Des fonds comme ceux de Wall Street investissent dans des technologies de surveillance et des armes, influençant des politiques comme les sanctions contre la Russie ou la Chine.

Dans des contextes comme le Venezuela, les tensions autour du pétrole rappellent les coups passés :

 des intérêts financiers poussent à des ingérences, risquant des escalades. Des multimillionnaires dictent les agendas via des think tanks et des campagnes électorales.

Les crimes politiques, des assassinats ciblés aux manipulations électorales, sont souvent financés par ces capitaux.

Pensez aux scandales comme Cambridge Analytica, Alstom ( ?) où l'argent a "acheté" des données pour influencer des votes. Dans un système capitaliste financier, ces entités transcendent les États, créant un "super-État profond" global.

Conclusion : À l'Origine des Coups d'État et des Crimes Politiques, l'Argent Achetant Tout !

Le déclin potentiel de l'hégémonie américaine, comme discuté dans des contextes BRICS, n'est pas seulement géopolitique ; il est financier.

L'État profond, propulsé par des sommes colossales détenues par le capital financier, est à l'origine des coups d'État et des crimes politiques parce que l'argent achète tout : loyautés, informations, armes et même la vérité.

 Sans réforme – comme une régulation stricte des lobbies et une transparence financière –, ce système perpétue instabilités et inégalités.

 Mais dans un monde multipolaire, où les BRICS challengent le dollar, cette emprise pourrait s'effriter, ouvrant la voie à des révolutions populaires contre un pouvoir invisible mais omniprésent.

 Il est temps de suivre l'argent pour démanteler l'ombre.

 



1 réactions


  • Étirév 5 novembre 2025 09:29

    Le véritable pouvoir auquel sont soumises les populations, maintenues dans la naïveté et l’inconscience, est économique : il appartient aux principaux détenteurs de capitaux de la planète, lesquels ont tant et si bien œuvrés depuis des centaines d’années qu’ils sont devenus propriétaires directs et/ou indirects de la majeure partie des actifs tangibles de ce monde. Ainsi, sous couvert d’anonymat capitalistique, quelques familles chapeautent tout l’édifice capitalistique mondiale.
    Le véritable pouvoir aujourd’hui n’est donc pas à rechercher dans l’apparence des arcanes politiques, il se cache derrière l’anonymat des capitaux et dans les paradis fiscaux.
    Depuis le XVIIIème siècle, les principaux banquiers sont étroitement interconnectés entre eux et ont des intérêts communs et liés. Les activités de ces banquiers sont structurellement internationales, leurs intérêts pouvant être qualifiés d’apatrides, ou plus exactement de supranationaux, en ce sens qu’ils n’ont aucun rapport avec un quelconque « intérêt national » au sens culturel et géographique du terme « national ».
    Aussi, dans la plupart des pays du monde, l’État actuel est « l’État profond », c’est-à-dire une réelle ploutocratie, apatride et supranationale, cachée derrière une démocratie, véritable coquille vide. Cette étape, qui a souvent pris le chemin indirect et sournois du contrôle bancaire, utilise, parfois, lorsque c’est nécessaire, des méthodes plus musclées. La stratégie de la tension, les opérations ou attentats « sous faux drapeau », et la récente création et prolifération d’armées de proxy, formées de mercenaires, sont certaines des manifestations modernes de force employées par les « puissances d’argent » pour faire disparaître les États indépendants.
    Rappelons que dans le contexte d’un rapport de force et de puissance, la présence d’États au sens politique du terme, c’est-à-dire d’États souverains, sont, par construction, les pires ennemis des « puissances d’argent ». C’est ainsi que la prise du contrôle étatique par l’oligarchie n’a, historiquement, fait l’économie d’aucun coup d’État, permanent ou non.
    Ainsi, depuis le XVIIIème siècle, toutes les révolutions de couleur, de fleur ou autre nom jovial, sont une émanation de cette première tactique, consistant, pour les oligarchies (locales ou coalisées), à s’emparer des institutions étatiques des différents pays du monde. La seconde étape consistant en la collaboration des élites économiques des différents pays.
    NB : La carence de la plupart des analyses géopolitiques, nous explique Valérie Bugault, vient du fait que le paradigme d’étude ne prend, le plus souvent, pas en compte la réalité des acteurs en présence. Les rapports de forces sont, la plupart du temps, considérés au regard des seuls États. Or, depuis plusieurs siècles, s’est développé, dans l’ombre, un acteur géopolitique nouveau, anonyme et de nature privé, que Valérie Bugault appelle du terme générique de « banquiers-commerçants » et que nous nommerons « puissances d’argent ».
    D’un point de vue méthodologique, cet acteur, nouveau, est déroutant à plus d’un égard. Premièrement, il est anonyme, ce qui rend difficile son appréhension précise et la mesure de sa puissance, relative comme absolue, par rapport aux traditionnels États. Ensuite, cet acteur ne répond pas aux mêmes règles d’engagement que les États. D’une part, les « puissances d’argent » sont des acteurs privés, et non publics, qui répondent donc à des intérêts d’ordre strictement catégoriel, en aucun cas à un quelconque « intérêt général ». Mais, comme par essence ils sont anonymes, on a du mal à discerner leur présence autrement que par des déductions et recoupements d’informations. C’est ici que les questions méthodologiques peuvent apporter une importante plus-value aux analystes et géopolitologues. D’autre part, et peut-être surtout, ces acteurs, qui ne sont pas géographiquement délimités (pas de contraintes géographiques), ne fonctionnent fondamentalement pas selon la même logique que les États traditionnels. Alors que les États, quelle que soit leur taille, sont limités par des frontières et répondent à une logique d’ordre sédentaire, ces nouveaux acteurs politiques répondent à une logique de type nomade. Or, les grilles d’analyses des géopolitologues sont très largement issues de concepts développés au sein des États dans une logique sédentaire. C’est la raison pour laquelle les analystes politiques ont du mal à concevoir le phénomène nomade élevé au rang d’acteur géopolitique.
    Comprendre ce phénomène, nouveau dans son ampleur, car sa création remonte loin dans le temps, est pourtant fondamental car il permet de percevoir que ce nouvel acteur géopolitique a, in fine, un seul ennemi mortel : la présence d’États au sens politique du terme, c’est-à-dire d’États souverains. Ainsi, dans le contexte d’un rapport de force et de puissance, les États sont, par construction, les pires ennemis des « puissances d’argent ».
    Le premier pays à avoir intégré la caste des « puissances d’argent » en tant que nouvel acteur politique est l’Angleterre. Le choix d’Oliver Cromwell (1599-1658) de développer l’Empire britannique en adossant la puissance des armes à celle des banques a créé un nouveau paradigme politique. Dire cela ne signifie pas que l’Angleterre porte l’acte de naissance de cet acteur géopolitique nouveau, anonyme. Sa naissance est plutôt à rechercher dans les Républiques commerçantes de Gênes, de Florence ou de Venise.
    Certains auteurs d’ouvrages sur les Templiers ouvrent certaines perspectives sur le rôle que les rivalités financières du capitalisme naissant ont pu jouer dans la destruction de l’Ordre du Temple au XIVème siècle. Les Templiers étaient, à certains égards, des sortes de rivaux des banquiers italiens qui, de ce fait, les voyaient d’un mauvais œil. Régine Pernoud, dans son ouvrage « Les Templiers », souligne le fait que, déjà, en Palestine, les Templiers avaient eu affaire avec les intrigues des banquiers de Venise, de Gênes et de Pise. En effet, le pouvoir des Templiers contrebalançait celui de Rome, ils avaient avec eux des rois et des puissants. Les Templiers cherchaient à centraliser, dans le Temple de Londres, les annates (taxe « papale »). Ils auraient aussi centralisé les encaisses métalliques qui constituaient la richesse mobilière de la France. S’ils avaient atteint ce but, la puissance de Rome aurait été remplacée par celle de Londres, et le « Catholicisme Jésuiste » aurait sombré devant le « Christianisme Johannite ». Ce furent les hauts barons anglais qui firent échouer ce projet. Aussi, l’origine des barons d’Angleterre doit être rappelée : Quand, en 1066, Guillaume le Conquérant amena avec lui, du continent, des aventuriers et des mercenaires, il y eut, parmi ses compagnons, des gens pratiques et rusés qui, pour spolier les biens des Saxons d’une façon qui semblait leur donner un caractère d’honnêteté, demandèrent simplement à épouser une Saxonne ; ainsi ils prenaient possession de la femme et des châteaux. C’est l’escroquerie au mariage ; leurs enfants légitimes par ces mariages se virent possesseurs du sol, et dès lors ces nouveaux barons rendirent inaliénable, dans leurs familles, la propriété de ces biens fonciers. L’origine de ces barons nous les montre donc comme des gens peu scrupuleux, ne voyant dans la femme qu’un moyen d’arriver à leurs fins, instituant des privilèges monstrueux, c’est-à-dire des gens qui étaient en tout l’opposé des Templiers, qui gardaient le principe de la Justice, de l’honnêteté et du respect de la Femme. Il devait donc y avoir lutte entre eux. Ces barons établirent donc, dans l’Angleterre traditionnelle, le régime masculiniste, c’est-à-dire l’asservissement de la femme par le mariage, qui laissait à l’homme l’administration de ses biens et tous ses droits.
    Notons que c’est lorsque les Templiers furent supprimés de l’échiquier politique que l’Église romaine cessa d’excommunier ceux de « ses enfants » qui pratiquaient l’« usure », c’est-à-dire le prêt à intérêt, dont on sait aujourd’hui les conséquences que la liberté ainsi accordée devait avoir sur l’évolution du monde Occidental.
    Cette première « dégénérescence de la monnaie » fut bien le début du « règne de Mammon ».
    Dans « René Guénon et les destins de la Franc-Maçonnerie », Denys Roman nous rappelle également que c’est lors des premières années du XIVème siècle que, dans l’Occident chrétien, d’autres « tournants » se produisirent : dislocation de la chrétienté, éveil du nationalisme, laïcisation de la pensée ou déclin des campagnes et essor des villes.
    Valérie Bugault dans « Les raisons cachées du désordre mondial », Dit que La City de Londres, qui acquiert dès 1319 une autonomie politique (c’est-à-dire à peine 5 ans après la destruction de l’Ordre des Templiers), peut être considérée comme étant historiquement le premier paradis fiscal des temps modernes. Elle abrite les plus riches commerçants anglais qui ont obtenu d’Édouard II (souverain faible et/ou corrompu) un statut dérogatoire au droit public. La City est, depuis cette époque, une ville dans la ville, son activité financière échappe à la magistrature de l’État britannique tout en faisant bénéficier l’empire thalassocratique des largesses financières nécessaires à son propre développement. La City a opéré comme une sorte de poste de pilotage de l’Empire britannique conférant aux dirigeants britanniques qui se sont succédé les moyens financiers de développer leur autorité sur le reste du monde.
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