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L’existence et l’essence - AgoraVox le média citoyen
mardi 14 mai 2013 - par taktak

L’existence et l’essence

Pour sauver les retraites par répartition, dont l’existence est menacée par des hordes de centenaires repus, il suffit de diminuer les pensions, de rallonger la durée de cotisation, et le moment venu, de porter l’âge de départ à 65, 67, 69 ans comme en Allemagne… Bref, nos retraites seront sauvées quand elles n’existeront plus ou qu’elles auront cédé la place aux fonds de pension…

Pour sauver la Sécu, mise en péril par des cohortes de « malades » abusant des médocs et des amputations de confort, il suffit de dé-rembourser les soins, de rendre l’hôpital inhumain et dangereux, de faire en sorte que les patients renoncent à voir leur généraliste, de plus en plus rare et lointain. La Sécu redeviendra bénéficiaire quand les gens auront compris que se soigner tue et que rien ne vaut le sirot Typhon, les cataplasmes à la farine de lin et la poudre de perlimpinpin.

Pour sauver le produire en France, mis à mal par le farniente de l’ouvrier français, il suffit de dégraisser, de délocaliser, de privatiser ce qui nous reste d’industries. Une fois recentrée sur son « cœur de cible », la France ne produira plus que dans son « champ d’excellence » : les produits de luxe chers à Bernard Arnault. Quoi qu’en pensent les obtus, fermer Florange, c’est bon pour la sidérurgie du 4ème millénaire ; virer Pétroplus et importer du pétrole raffiné ailleurs, c’est bon pour la qualité de l’air ! Privatiser Airbus et EDF, c’est excellent pour impliquer les actionnaires privés, ces grands patriotes bénévoles, dans le développement durable de l’aéronautique tricolore et du nucléaire haute sécurité.

Pour sauver la langue française, bousculée par les SMS et le langage « djeun’s », il faut enseigner en anglais dans les facs, les lycées, les collèges et les maternelles. Ainsi les étudiants étrangers viendront-ils chez nous (ras-le-bol des étudiants venus de l’Afrique francophone : ces gens-là ne sauraient faire partie de l’élite mondiale !) ; comme l’explique Mme Fioraso, la ministre de l’enseignement supérieur, ces étudiants anglophones venus des pays convenables en profiteront peut-être pour baragouiner en français avec leur logeuse indigène et ce sera toujours ça de pris pour la « francophonie »…

Pour sauver la « France », déclassée par la nonchalance de ses habitants toujours entre deux « ponts », finissons-en avec l’ « exception française » : remplaçons la République une et indivisible par les euro-régions, les Communes par les métropoles, la laïcité par le « dialogue institutionnel avec les religions », le peuple souverain par la mise en tutelle des budgets nationaux par la Banque de Francfort ; adoptons le « modèle » allemand en supprimant le SMIG, rallions le « modèle » anglo-saxon en soumettant l’école à la concurrence. C’est ainsi que « la France » sera enfin sauvée…

Pour sauver le « communisme », discrédité par les « excès » des Communards, des Bolcheviks, des combattants de Stalingrad, des ministres communistes de 1945, abandonnons la référence à la classe ouvrière, la révolution socialiste, la dictature du prolétariat et le centralisme démocratique ; sacrifions le patriotisme populaire sur l’autel de l’ « Europe sociale ». Pour finir, arborons le drapeau européen et retirons l’emblème ouvrier et paysan du drapeau rouge !

Bref, pour sauver notre existence, renions notre essence, imitons ce couteau sans manche dont on a jeté la lame qui, comme tous les fantômes, ne risque certes pas de décéder puisqu’il n’est rien, qu’il ne fait rien et qu’il ne veut rien. Bref, suicidons-nous pour éviter à nos ennemis la peine de nous descendre !

Quant à nous autres, « ringards » qui ne séparons pas le fait d’exister du fait d’être ce que nous sommes, notre existence de notre essence, nous continuerons à défendre nos acquis, notre langue, notre pays, notre classe et notre idéal communiste. Car c’est en étant franchement soi-même qu’on a le plus de chances de vivre, de lutter et pourquoi pas, de GAGNER.



Texte également publié sur http://www.initiative-communiste.fr/billet-rouge-2/lexistence-et-lessence/



20 réactions


  • daniel paul 14 mai 2013 10:27

    Salut

    Je me suis mis à apprendre le hiéroglyphe...car bientôt on va devoir reconstruire des pyramides à la gloire de nos saigneurs et maitres.....mais pour les mettre dedans....

    et oui le pire n’a pas gagné et loin de là.

    merci.. smiley


  • ZenZoe ZenZoe 14 mai 2013 10:44

    ...des hordes de centenaires repus.

    Mazette ! Je n’ai pas été plus loin dans la lecture. Comme déclaration imbécile, inutilement clivante, fausse et caricaturale, difficile de faire mieux !

    Bonne journée quand même.


  • Daniel Roux Daniel Roux 14 mai 2013 10:54

    Il y a beaucoup de vrai dans cet article mais aussi un peu de faux.

    Il est vrai que nos élites fascinés par le cynisme du modèle anglo-saxon ont tout fait pour réduire le modèle social français à peau de chagrin. Après la faillite du système anglo-saxon, ils ont les yeux de Chimène pour l’Allemagne, le pays où seulement 50% des emplois sont rétribués décemment, où la dénatalité engendre des problèmes inconnus en France.

    Concernant les délocalisations, leur but n’est pas seulement d’augmenter les marges bénéficiaires, il s’agit aussi d’optimiser les revenus hors impôts,des dirigeants de multinationales et de leurs principaux actionnaires, à travers l’utilisation massives des sociétés offshores.

    Le faux concerne le déclin du Parti Communiste. Il provient plus du comportement des dirigeants Russes et Français que des coups idéologiques portés contre lui. 1956, les chars soviétiques réprimant une insurrection du peuple, a vu la première grande hémorragie d’adhérents, le coup de grâce en France a été porté par Marchais. Tout le monde se souvient de son commentaire sur l’invasion Russe de l’Afghanistan décrite comme globalement positive.

    N’oublions pas aussi l’abandon du concept de « lutte des classes », comme si celle ci avait disparu.

    Le parti n’a jamais pu remonter la pente malgré les coups portés aux prolétaires par la droite qu’elle soit dure (UMP) ou molle (PS).


    • alinea Alinea 14 mai 2013 13:34

      Daniel Roux : en 56 j’étais trop jeune, mais après 79 ( c’est bien 79, voilà que j’ai un trou !) je n’ai pas compris que l’on puisse rester communiste !


    • taktak 14 mai 2013 13:36

      @ Daniel,

      En ce qui concerne ce que vous dites sur le déclin du parti communiste, je ne vois pas où est la contradiction avec l’article qui dénonce justement l’abandon d’une analyse de classe par le parti communiste et de ce qui va avec. Effectivement, cet abandon est le fait d’une direction qui plutôt que de conduire avec courage le travail critique des expériences socialistes des pays de l’est et des positions qu’a pu tenir le PC à l’époque (pour pouvoir défendre ce qu’il y avait de juste aussi, comme la position de classe), a préféré tout jeter avec la mutation. C’est bien car il ne tient plus une position de classe et parcequ’il laisse criminaliser le communisme que le PC ne remonte pas la pente. plus que Marchais (et son simplisme et ouvriérisme tuant justement l’analyse politique qui doit permettre à un parti d’être cohérent avec l’évolution des circonstances) c’est principalement Hue et son équipe de mutant liquidateurs (qui tiennent encore le PC) qu’il faut incriminer. Il suffit de voir à quelle gamelle émarge maintenant Hue pour comprendre le peu de sincérité de ces opportunistes qui ne servent du PCF que pour leur plan de carrière à défaut de pouvoir avoir un rôle au PS....

      Votre point de vu sur l’intervention soviétique en Afghanistan est d’ailleurs symptomatique de cette criminalisation qui fait que sans aucun doute une très large majorité de nos concitoyens considèrent globalement positive et indispensable l’intervention de l’OTAN contre les talibans alors qu’ils condamnent sans appel comme vous celle de l’URSS contre ces mêmes talibans. En oubliant ainsi au passage le contexte de la guerre froide et de ses conflits périphériques (voir le soutien des kmers rouges via la thailande par les USA et RU...) et le fait que les talibans étaients le bras armés de l’Ouest dans l’affrontement entre blocs...


    • Daniel Roux Daniel Roux 14 mai 2013 14:32

      Perso, je renvoie les empires dos à dos. Il n’y a pas de bonne guerre lorsqu’il s’agit d’accaparer militairement les ressources d’un pays en massacrant le peuple.


    • taktak 14 mai 2013 15:16

      il n’y a jamais de bonne guerre. Une fois dis cela, il est manichéen de présenter l’intervention de l’URSS comme visant à s’accaparer des ressources et décimer un peuple. Il est plus réaliste de dire qu’il s’agissait d’un soutien à un régime allié (laïque et respectueux des femmes ce qui n’est pas la moindre des choses ....) contre une agression financée et soutenue par le bloc de l’ouest.

      Je constate que les indignations social démocrates sont très variables selon qu’elles servent où non notre classe dominante. On se souvient par exemple d’un Mélenchon soutenant l’intervention en Libye ou au Mali... Devrais je donc dire comment peut on encore suivre Mélenchon après cela ? cela n’est pas sérieux.

      Qui connait en france le génocide par le régime installé par les USA de Suharto de 1 à 3 millions d’indonésiens accusés de communisme ? Qui s’en indigne ?
      Un film est sortie recemment sur le sujet (The act of Killing)... primé à de nombreuses reprise, il n’est pas diffusé.... C’est important aussi de reconnaitre que les expériences socialistes ont toutes du faire face à des agressions par les pays capitalistes et que le contexte permet aussi de situer les évènements.

      Donc, je le redis, il ne faut pas laisser criminaliser les expériences socialistes passées et actuelles (cuba, vénézuella....) mais savoir en tirer les leçons critiques. Prendre de la distance ne veut pas dire jeter le bébé avec l’eau du bain.


    • citoyen citoyen 20 mai 2013 18:32

      Je suis assez d’accord avec Daniel, et je trouve cet article excellent, salutaire, mais je butte quand même sur la même chose que lui...

      de fait, takTak, tu as raison sur la nécessité d’une réflexion profonde sur les sujets mentionnés dans votre échange avec Daniel, mais ce que tu es prêt à remettre en cause reste encore à mon goût trop tributaire d’une vieille allégeance à cette URSS dont il faut bien dire que tout certes n’est pas jeter, mais, quand même énormément, surtout si l’on a à coeur de construire le communisme.

      Vous n’êtes sûrement pas sans connaître les travaux du groupe « socialisme ou barbarie », de castoriadis notamment, qui ont clairement démontré dès les années 50 que la nature du régime relevait d’un « capitalisme d’Etat », d’où fatalement de sérieux doute quant aux « point de vue de classe » dont vous parlez.

      il semble également que soit régulièrement confondu chez les tenants du marxisme « la dictature du Prolétariat » avec la dictature du Parti sur le prolétariat...voilà pourquoi je préfère oublier cette notion, qui a des répercussions directes sur les formes organisationnelles d’un mouvement politique..la FASE comme l’antiPCF en quelque sorte...

      mais dès les premières années, il était possible de ne pas être dupe, lisez les lettre de R. Luxembourg à Lenine ou bien si vous lisez Voline en 1934 : http://kropot.free.fr/Voline-fascismerouge.htm
      "Je viens de lire un extrait de lettre de notre vaillant camarade A. Petrini, qui se trouve en U.R.S.S., dans une situation de proscrit. J’y trouve les lignes suivantes :

      « ... Un par un on nous emprisonne tous. Les vrais révolutionnaires ne peuvent pas jouir de la liberté en Russie. La liberté de la presse et celle de la parole sont supprimées, aucune différence donc entre Staline et Mussolini ».

      J’ai souligné exprès la dernière phrase, car elle est parfaitement juste.

      Cependant, pour bien comprendre toute la justesse de cette brève formule, pour bien saisir tout son terrible réalisme, il est indispensable d’avoir du fascisme une notion profonde et nette  : plus profonde et plus nette que celle qui est généralement admise dans les milieux de gauche.

      Ayant cette notion, le lecteur comprendra la phrase de Petrini non pas comme une sorte de boutade, mais comme l’expression exacte d’une très triste réalité."

      je ne saurais trop vous conseiller la suite.


  • pens4sy pensesy 14 mai 2013 11:34

    Très juste !
    C’est comme ça le Nouvel Ordre Mondial voulu par Sarko (qui l’a dit ouvertement) et par Hollande (qui fait le faux cul).


  • alinea Alinea 14 mai 2013 13:32

    Bravo ! Juste un petit bémol en ce qui concerne la médecine ; ce que vous appelez la poudre de perlimpinpin : pour ma part, les médecines parallèles, dites douces ( ce qui n’est pas toujours le cas ! car efficaces bien souvent) sont un biais pour l’émancipation, un rapport à soi qui ne se laisse pas gruger par les doctes, asservis bien souvent aux labos ! Un pas vers la connaissance de soi, l’autonomie et... foin de l’aliénation au savoir des uns qui enferment les autres dans une démission de soi !


    • taktak 14 mai 2013 13:44

      @ Alinea : par poudre de perlimpinpin, il ne s’agit pas de dénoncer les médecines douces qui peuvent sans doutes être efficace, mais de dénoncer que de plus en plus les gens doivent se débrouiller tout seul sans aucune garantie d’avoir accès à des moyens médicaux efficaces (quels qu’ils soient).


    • alinea Alinea 14 mai 2013 13:54

      taktak : c’est un sujet à part entière qui déborde largement le contenu de votre article ; pour ma part, je pense qu’en dehors des accidents graves de la vie, notre santé dépend de nous ; encore faut-il que nous soyons autonomes et non assujettis à des puissants lobbies ! Je souhaite donc une société où chacun, se connaissant assez, soit capable de prendre soin de sa santé comme de son alimentation, etc. À partir du moment où nous considérons que notre corps appartient à la science, et plus à nous, compte tenu du fait que notre corps et notre âme sont intimement liés, la médecine-faux-cul qu’on nous vend me paraît être un totalitarisme de plus !


  • taktak 14 mai 2013 21:54

    Voici une analyse très pertinente de comment changer la situation politique pour conduire une politique de progrès.

    http://www.dailymotion.com/video/xzesbt_13-cnr-georges-gastaud-comment-changer-la-situation-politique-le-conseil-national-de-la-resistance-7_news#.UZE-CEq9aSo


  • Franckledrapeaurouge Franckledrapeaurouge 15 mai 2013 09:14

    Bonjour taktak,


    Excellent article, 

    Je suis tout a fait d’accord avec vous, et je vais même rajouter : 

    Vive les lobbies industriels, vive la chimie, vive les politiciens....... 

    Surtout, ne changeons rien,

    continuons de saccager, polluer la terre nourricière et l’eau, c’est pas grave !

    nos enfants mangerons des billets, et boirons du pétrole !!

    Youpi !!!! Hip hip hip hourra !!! hip hip hip hourra !!!

    Cordialement

    Franck

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