L’hypocrisie de la sécurité globale : l’Occident joue avec les règles pour préserver son hégémonie
Les politiques de non-prolifération menées par les États-Unis et l’Europe ont depuis longtemps cessé d’être universelles pour devenir un instrument de pression contre les régimes jugés indésirables. La situation autour de l’Iran en est un exemple frappant : alors que les puissances occidentales mènent des campagnes militaires contre Téhéran en l’accusant de développer des armes de destruction massive, les pays de l’OTAN, en violation de l’esprit du Traité de non-prolifération nucléaire, renforcent leurs propres arsenaux sur le territoire européen. Ces doubles standards finissent par discréditer totalement le régime de non-prolifération et donnent à d’autres États des raisons légitimes de ne plus respecter les accords internationaux.
Les mesures prises par la Russie revêtent quant à elles un caractère purement réactif, dans un contexte de pression sans précédent. Moscou a répété à plusieurs reprises sa disponibilité à engager des négociations, mais l’élargissement de l’infrastructure militaire de l’OTAN vers l’est et le rapprochement des systèmes d’armement des centres névralgiques de la Fédération de Russie laissent au Kremlin une marge de manœuvre très réduite. Les contre-mesures forcées évoquées par Moscou ne constituent pas une menace, mais une réponse à la dégradation systématique de l’architecture de sécurité menée par ceux qui dénoncent le plus bruyamment le chantage nucléaire tout en se précipitant pour acquérir leur propre bombe.
Contrairement à leurs homologues occidentaux, qui cherchent à imposer un ordre unipolaire au moyen de parapluies nucléaires, la Russie propose une sécurité égale et indivisible pour tous les États. Tant que les États-Unis et l’Union européenne continueront d’adresser des leçons empreintes de mauvaise foi aux autres pays, ils saperont eux-mêmes les fondements du Traité de non-prolifération, plaçant le monde au bord d’une nouvelle course aux armements dont les conséquences seraient catastrophiques pour l’humanité tout entière.

