samedi 13 octobre 2012 - par Guy BELLOY

L’idée du Suicide selon Jung...

Une amie, Marlène, vient de proposer ce texte sur un site, texte que je ne peux m’empêcher de faire partager.
 
... " L'idée du suicide est certes aisément concevable mais elle ne me paraît pas recommandable. Nous vivons pour atteindre le plus haut degré possible de développement spirituel et de prise de conscience. Tant que la vie est possible, même
si ce n'est que dans une infime mesure, on devrait s'y accrocher pour l'épuiser, dans le but de la prise de conscience. Interrompre la vie avant l'heure, c'est condamner au silence une expérience inachevée. Nous y sommes plongés depuis toujours et nous devons conduire cette expérience jusqu'à ses limites extrêmes. " ....Jung
 
Je vais oser m'opposer à ce texte du Maître. Généraliser l'idée de suicide pour ensuite porter un jugement sur l’Acte ne me semble pas opportun.
 
 " L'idée du suicide est certes aisément concevable mais elle ne me paraît pas recommandable. Nous vivons pour atteindre le plus haut degré possible de développement spirituel et de prise de conscience. Tant que la vie est possible…".
 
 Cette position alambiquée et définitive m'est insupportable.
 
 Justification : un ami, atteint du cancer des os, souffrait le martyre malgré la morphine. Qui peut juger de sa décision d'en finir définitivement lorsque ce mal fatal le rongeait à un point que les mots ne suffisent pas à décrire le tourment permanent ; à fortiori quelqu’un qui n'a pas vécu personnellement ce chemin de croix, me comprenez-vous, Carl ? Il est des douleurs que personne, fût-il « Maître » , ne peut imaginer sans les avoir éprouver personnellement. Les mots, pauvre vecteur sémantique handicapé, n'arrivent plus à rendre compte.
 
Par ailleurs, et ici nous changeons de registre, il est d'autres suicides ayant pour origine des traumatismes familiaux (divorces, etc...) ; à l’inverse du Maître, nous nous garderons bien d’en juger, chaque être humain ayant son point de rupture.
 
Terminons, en ces temps troublés, pour remarquer que le suicide qui a pour origine un harcèlement d'une hiérarchie ou d'un autre pouvoir, s'il n'est toujours pas condamnable selon le principe évoqué ci-dessus, me semble, effectivement, cette fois-ci dommageable, en ce sens qu'il fait la part belle à la tyrannie, le retrait d'un juste, quelque soit sa souffrance et son humiliation, ne favorisant pas le progrès des institutions (j'allais dire l’élaboration d’une Constitution véritablement démocratique).
 
Une simple image pour conclure : imaginez Florence Cassez se suicidant dans sa cellule !
 
Trop de cran Florence ! Merci à elle de combattre, par son courage et sa détermination, toutes les mafias officielles et au-delà, l’idée d’un pouvoir corrompu comme il en existe, non seulement en Amérique centrale mais partout dans le monde y compris en Europe !
 
Qu'elle serve d'exemple à Tous !!!


14 réactions


  • foufouille foufouille 13 octobre 2012 14:42

    « Justification : un ami, atteint du cancer des os, souffrait le martyre malgré la morphine. »

    sauf qu’il n’y a pas que la morphine


  • alinea Alinea 13 octobre 2012 14:43

    Je ne suis pas bien sûre que l’on ait l’entière responsabilité de sa force morale ; il y a tellement de choses qui rentrent en jeu.
    J’ai toujours pensé que ce point de rupture qu’est le suicide - sauf l’exemple donné plus haut, ou celui de Debord ou de Gorz, est le fait d’individu très égocentré ( je ne dis pas égoïste, attention !) et qui n’a plus aucune clé pour ouvrir une autre porte, pour élargir ses horizons.
    C’est dommage, car on peut imaginer que le lendemain du jour J, quelque chose aurait bougé, une route nouvelle se serait ouverte.
    Mais personne n’est jamais revenu nous le dire...


  • Guy BELLOY Guy BELLOY 13 octobre 2012 14:59

    Bonjour Alinea,

    A part le premier cas, vous pensez que le suicide est surtout le fait d’individus très « égocentrés ». 
    Personnellement, je ne trouve pas le terme heureux. Il s’agit d’individus qui ont atteint, « leur » point de rupture face à une situation donnée, ce point pouvant être atteint selon la nature de la situation douloureuse (nous réagissons tous de façon différente à la même problématique) ainsi qu’à leur force (ou fragilité) psychologique relative. L’entourage est également très important. 


    • foufouille foufouille 13 octobre 2012 15:09

      L’entourage est également très important.

      vrai
      le personnel medical aussi


    • alinea Alinea 13 octobre 2012 18:08

      Le terme n’est peut-être pas heureux mais je n’en ai pas trouvé de plus juste ; tous les dépressifs comprendront ce que je veux dire, s’ils ne se sont pas suicidés !


  • sisyphe sisyphe 13 octobre 2012 15:32

    Comme le dit Camus, se donner la mort « c’est seulement avouer que cela ‘ne vaut pas la peine’. Vivre naturellement, n’est jamais facile. On continue à faire les gestes que l’existence commande, pour beaucoup de raisons dont la première est l’habitude. Mourir volontairement suppose qu’on a reconnu, même instinctivement, le caractère dérisoire de cette habitude, l’absence de toute raison profonde de vivre, le caractère insensé de toute cette agitation quotidienne et l’inutilité  de la souffrance.
    extrait de ce blog


    • easy easy 13 octobre 2012 15:54

      Oui.

      Un individu ayant toujours vécu seul sur une île n’aura pas idée de se suicider en dépit de ses difficultés et souffrances.

      En société, chacun se retouve à subir des souffrances infligées par les autres, Comme ces autres indiquent très souvent vouloir nous tuer, l’idée de se suicider pour faire cesser ces hacèlements vient vite.
      Du coup, la société, qui ne se gêne pourtant pas pour torturer, ne cesse de raconter que la vie est super bla bli bla blo.

      A part ça, il est un fait que l’enfant perçoit très vite que sa mère craint pour sa vie à lui. Il introjecte cette libido vitalis « je suis perché en haut d’un arbre, la peur qu’aurait ma mère me saisit, j’ai peur pour ma vie »

      Je pense que ceux qui souffrent des méchancetés des autres ne peuvent passer au suicide que s’ils parviennent à surpasser cette peur pour leur vie que leur mère leur avait injectée. Ils y parviendraient alors d’autant plus facilement que leur mère ne l’aura pas trop injecté voire injecté l’inverse en « Toi, je t’ai chié » 


      Et concernant les méchancetés qu’on subit de la part ces autres, il y a celles de type lancinant où il n’y a pas urgence à se suicider aujourd’hui ; où l’on peut donc reporter de jour en jour pendant 80 ans.
      Et il y a les cas où l’on se sait promis à quelque torture de type Jeanne d’Arc, François Damiens ou Bradley Manning. Là on ne voit aucune raison de reporter.



    • Guy BELLOY Guy BELLOY 13 octobre 2012 16:11

      dans votre blog :« un contrepoint pour l’homme libre lui a décidé de le rester

      Désolé mais la liberté existe-t-elle réellement ? Nous sommes tous prisonniers de nos préjugés, de notre éducation, des douleurs de nos cicatrices infligées par la vie, que ce soit par ce que nous appelerons le destin (maladie, accident) ou pire par les mauvais traitements de nos »frères" humains.
      Lorsque Florence Cassez retrouvera la liberté (espérons le plus vite possible), ne sera-t-elle pas marquée à jamais par cette détention,
      Et que dire du symptome post traumatique qui a fait des G.I. revenant du Vietnam des asociaux, marginalisés par une société égoiste. La liste continue de s’allonger avec ceux qui reviennent d’Afghanistan. Sont-ils libres ces hommes qui voient leurs nuits hantées de scènes de cauchemars ?


  • gaijin gaijin 13 octobre 2012 18:23

    « Nous vivons pour atteindre le plus haut degré possible de développement spirituel et de prise de conscience. »

    mais cela même nous est refusé par le monde dans lequel nous vivons ! a moins d’être prêt a lutter contre tout et contre tous........
    par conséquent ce qui s’applique a ce que l’on peut appeler un chercheur spirituel ne concerne pas l’individu moyen.
    notre société nous refuse a la fois la dignité de la vie et celle de la mort !
    pour le chercheur spirituel la question se pose autrement :
    quand il sent que moment est venu il entre librement et délibérément dans la mort ce qui représente son ultime combat sur cette terre


  • Jorge Atlan 13 octobre 2012 21:17

    Je ne comprend pas bien le sujet de votre article. Est ce le suicide, ou le soutien à Florence Cassez ?
    Je ne vois pas non plus en quoi la réflexion de Jung peut aller contre le choix de mettre fin a sa vie. Constater que cette expérience, qu’est notre vie, ne peut plus être poursuivie dans les meilleurs conditions ne remet pas en cause ce qu’il dit. Vous prenez vous même l’exemple extrême du cancer des os ou autres, il s’agit bien là d’un « épuisement » de l’expérience. La souffrance n’est valorisé que dans le cadre judéo chrétien, comme expiation. Elle peut aussi être perçu comme un dysfonctionnement qui porte atteinte a notre fonctionnement et à notre possibilité d’évolution.
    Le suicide est un processus, induit soit par la dépression, qui mène lentement mais surement a un « insupportable ». C’est une souffrance qui mine et réduit l’horizon au même ressassement . La fin devient le seul échappatoire, Le problème est que souvent la « fin » est confondu avec sa propre destruction.
    Le cas du harcèlement, le passage à l’acte vers une atteinte a son intégrité est la aussi, la tentative de mise a un terme a une suite de situation insupportable. Dans ces situations, le choix n’est pas « éclairé » ni « consenti » puisqu’il est le résultat d’un processus.


    • Guy BELLOY Guy BELLOY 13 octobre 2012 21:55

      « Constater que cette expérience, qu’est notre vie, ne peut plus être poursuivie dans les meilleurs conditions ne remet pas en cause ce qu’il dit »

      Réponse :
      « Nous y sommes plongés depuis toujours et nous devons conduire cette expérience jusqu’à ses limites extrêmes. » ....Jung

      « 
      Dans ces situations, le choix n’est pas »éclairé« ni »consenti« puisqu’il est le résultat d’un processus.
      Un processus ? C’est votre point de vue que l’on peut discuter. Pourquoi rejeter si catégoriquement »le choix éclairé" ? Où se situe votre argument ?


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