samedi 13 mai - par Dr. salem alketbi

L’impact de la Conférence d’Al Azhar pour la Paix

Il est communément convenu que la récente conférence internationale de paix d’Al-Azhar a été une étape importante sur plusieurs pistes, y compris la relation entre l'islam et le christianisme ou la séparation de l'islam et du terrorisme.

Les musulmans et les principaux représentants de la chrétienté, le Cheikh d'Al-Azhar et le Pape du Vatican, réunis en Egypte lors de la conférence, ont envoyé un message de paix commun au monde entier qui ne devrait pas passer inaperçu, que le dialogue se poursuit entre Al-Azhar et Le Vatican pour que les conspirateurs et les marchands de guerre manquent l'opportunité d'atteindre leurs objectifs.

Seul le dialogue et la convergence entre les religions peuvent défier les extrémistes et les idéologies terroristes et inculquer la tolérance, la modération et le dialogue dans l'esprit des nouvelles générations. Nous avons une occasion précieuse d'avoir deux leaders religieux qui croient en l'importance de ce dialogue et en la nécessité d'un rapprochement entre les religions et les cultures.

Décrit par des experts et des spécialistes comme le pape le plus progressiste de l'histoire de l'Église catholique, le Pape a assez de charisme, d'ouverture d'esprit et de calme faisant de lui un défenseur de la justice et de l'humanité face aux conflits culturels et capable de diriger le monde occidental loin de l'islamophobie qui s'étend peu à peu dans diverses régions et pays. Le grand Cheikh Al-Azhar, érudit et philosophe éclairé, a une vision religieuse ouverte et un fort désir de répandre la modération, combattre l'extrémisme et contrer l'idéologie terroriste tout en préservant les valeurs originales de l'identité musulmane.

Dans ses remarques d'ouverture et de clôture, le Grand Cheikh d'Al-Azhar a avancé une base solide pour de sérieux dialogues futurs visant à construire un front commun fort contre les promoteurs de la théorie du choc des cultures et des civilisations. Il a précisé que l'Islam affirme que la différence est inévitable, que ce soit une différence dans la religion, la race, le langage ou la couleur, en refusant fortement les pratiques religieuses coercitives et en soulignant que la liberté est un pilier de l'Islam.

Le monde ne tolère pas les guerres et les conflits religieux à l'émergence de nouvelles causes de conflit, telles que le changement climatique, les migrations de masse, la pénurie d'eau, la famine, pour n'en nommer que quelques-unes. Avec l'avancement des industries de l'armement et de la destruction, tout conflit religieux pourrait entraîner de nombreuses pertes humaines.

Nous devons reconnaître que l'une des raisons les plus importantes pour la montée du danger de la pensée extrémiste est le recul du rôle des institutions religieuses modérées depuis des décennies. Nous avons payé le prix du conflit entre les courants idéologiques sur une longue période de temps dans la seconde moitié du 20ème siècle. Maintenant, la scène culturelle a été laissée vide au point où l’on se moque des institutions modérées, comme Al-Azhar, dans le cinéma et la télévision, on mine leur crédibilité et on donne une opportunité précieuse aux militants d’étendre leur propagande.

Nous devons faire attention aux tentatives en cours pour mener des attaques idéologiques et religieuses contre certains symboles de l'Islam comme Al-Azhar. Il existe des institutions antireligieuses, et contre le rôle de la religion dans la vie. La propagande antireligieuse est pire que le terrorisme, même si toutes les intentions derrière elles sont bonnes.

Nous avons l'occasion idéale de mettre à profit la conférence de la paix pour continuer à construire les ponts du dialogue entre l'islam et le christianisme et de répandre la culture de la modération, de la tolérance et du dialogue. Nos peuples sont bons et ont encore beaucoup de modération et de tolérance. La visite du Pape en Egypte a été accueillie et célébrée, comme nous pouvons le voir dans les médias sociaux. L'Égypte est le bastion de l'Islam, mais aussi de la modération, la tolérance et la coexistence.



4 réactions


  • Leonard Leonard 13 mai 13:20

    Sans religion pas de guerre dite sainte 


  • Pascal L 13 mai 19:23

    « Seul le dialogue et la convergence entre les religions »

    Pour le dialogue certainement, mais la convergence entre les religions est un non-sens. Est-il possible pour un Musulmans de reconnaître le Christ comme Dieu ou pour un Chrétien de reconnaître Muḥammad comme prophète ? La réponse est non sans ambiguïté dans les deux cas.
    On peut apprendre à connaître la religion de l’autre, encore faut-il que cela reste possible. La possession d’un Evangile par un Musulman est encore puni de mort dans quelques pays. Par ailleurs, je crains que les 118 condamnations du Christianisme dans le Coran ne facilitent pas le dialogue. Je n’imagine pas que l’Islam réforme le Coran.

    « le pape le plus progressiste de l’histoire »
    Cela ne veux rien dire. La révélation chrétienne est complète avec la pentecôte 50 jours après la résurrection du Christ. Ce qui peut encore évoluer, c’est notre compréhension des mystères de Dieu, et cette évolution ne peut être contradictoire avec le texte des Evangiles. Le Christianisme n’est pas une religion qui évolue avec l’histoire. Le Christ continue son enseignement grâce à l’Esprit-Saint, mais cet enseignement ne remet jamais en cause ce qui a été dit dans les Evangiles. Si progrès il y a, cela concerne notre propre comportement dans l’accueil de l’esprit-Saint et la transmission de l’amour que nous recevons du Christ.

    « loin de l’islamophobie qui s’étend... »
    l’islamophobie est la peur de l’Islam et non la haine. La peur de ceux qui ne connaissent pas l’Islam peut se comprendre, vu la situation qui prévaut dans nos banlieues, mais ceux qui répandent la haine sont ultra-minoritaires. La critique d’une religion n’est pas non plus de la haine. Ils y a beaucoup plus d’actes anti-chrétiens qu’anti-musulmans en France. N’ayez donc pas peur de la peur !

    « Le grand Cheikh Al-Azhar, [...] a [...] un fort désir de répandre la modération, combattre l’extrémisme et contrer l’idéologie »
    Sans doute, car les extrémistes ne sont pas ses amis, mais il y a des limites à son désir. Il ne faut tout de même pas que ses élèves se posent des questions trop gênantes sur les fondements de l’Islam. Ils y en a qui finissent en prison. Le désir ne suffit d’ailleurs pas. Les extrémistes se basent aussi sur le Coran et le dogme de l’abrogation ne facilite pas la modération. La plupart des Musulmans modérés n’ont aucune conscience de ce qui est vraiment écrit dans le Coran. J’ai testé de mon côté et j’en ai vu faire des bonds en arrière avec la lecture de s61,4 ou s9,124. S’il faut oublier le Coran pour professer un Islam modéré, cela ne me pose pas de problème, mais il faudrait le dire.

    « l’Islam affirme que la différence est inévitable » Quelles conclusions peut-on tirer de la sourate 109 ? En dehors de cette sourate, il n’y a pas grand chose pour soutenir cette affirmation. Avez-vous d’autres sources ?

    « en soulignant que la liberté est un pilier de l’Islam » Cette affirmation est basée sur les versets S2,256 et S5,105 « Pas de contrainte en religion ! car le bon chemin se distingue de l’errance. Donc quiconque décroît au Rebelle (les idoles) tandis qu’il croit en Dieu, saisit alors l’anse la plus solide, sans brisure. Et Dieu entend, il sait (trad. Hamidullah) » et « Ho, les croyants ! Occupez-vous de vous-même ! Point ne vous nuira celui qui est égaré, si vous êtes dans la guidée. Vers Dieu est votre retour à tous » 
    Outre le fait que les versets 2,256 et 2,257 n’ont rien à voir avec les versets suivants et précédents et sont probablement des interpolations, ce verset 2,256 est abrogé pour beaucoup d’exégètes et ceux qui le reconnaissent en limitent la portée par un cas particulier. Le verset abrogeant est le s9,5 qui n’est pas triste : « Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » soit « vous payez ou vous mourrez ».
    le verset S5,105 est également marqué comme abrogé. Cela ne laisse pas beaucoup de place à la liberté.

    « tout conflit religieux pourrait entraîner de nombreuses pertes humaines »
    Il n’existe pas de conflit religieux en tant que tel. Il faut une reprise de la religion par le pouvoir politique pour que de tel conflits se produisent. De notre côté, la séparation entre la religion et l’Etat est actée. Qu’en est-il dans les pays Musulmans ? Quand on voit, en Turquie, l’OPA de l’Etat sur la religion, il y a de quoi être inquiet.

    « recul du rôle des institutions religieuses modérées depuis des décennies » C’est un problème exclusivement musulman. Les autorité religieuses dites modérées n’arrivent pas à combattre l’extrémisme parce qu’elle ne trouvent pas de réponse théologique à l’extrémisme. Le Coran est le principal outil des extrémistes. Faut-il l’abroger dans son intégralité ?

    « La propagande antireligieuse est pire que le terrorisme »
    Si les bases de la religion sont solides, que peut-elle craindre ? La propagande antireligieuse est l’occasion de défendre ses idées.

    « répandre la culture de la modération, de la tolérance et du dialogue »
    Certainement, mais une culture ce n’est pas la théologie et on ne peut réduire une religion quelle qu’elle soit à une culture ou à une morale. Les Athées ont aussi une culture et une morale et beaucoup sont modérés.

    « L’Égypte est le bastion de l’Islam, mais aussi de la modération, la tolérance et la coexistence » en faisant des coptes des sous-citoyens... Les touristes sont bien acceptés, mais eux aussi, ils payent. Je n’irai d’ailleurs jamais faire le touriste en Egypte, je trouve que cela est humiliant pour le peuple égyptien qui mérite bien mieux. Ils en vivent, mais à quel prix ?


  • Christian Labrune Christian Labrune 14 mai 00:55

    L’Égypte est le bastion de l’Islam, mais aussi de la modération, la tolérance et la coexistence.

    à l’auteur,
     
    Je ne suis pas sûr que les Coptes, après ce qu’ils ont subi sous le régime de Morsi et ce qu’ils continuent de subir malgré le désir peu suivi d’effets d’un d’Al-Sissi qui voudrait moderniser le pays voient LEUR Egypte (ils étaient là bien avant les musulmans !) comme un « bastion de la modération et de la tolérance ». Comme la plupart des chrétiens et comme les Juifs, qui vivaient dans ces pays du Moyen-Orient souvent plus de cinq siècles avant la naissance du prophète de l’islam, la seule chose qu’ils puissent envisager désormais s’ils veulent rester vivants, c’est de faire leurs valises. Combien de Juifs est-il resté en Egypte après les persécutions qui ont suivi la guerre de 67 ? Plus de huit cent mille, depuis la seconde guerre mondiale, ont dû quitter les pays musulmans. Les chrétiens de rite syriaque sont eux aussi en train de partir, et quand on sait ce qu’ils risquent en restant sur les bords du Tigre et de l’Euphrate, on peut aisément les comprendre.
    Les discours lénifiants du pape et des théologiens d’Al-Azhar ne peuvent tromper personne : les relations entre les religions dans cette région du monde n’ont certes jamais été très faciles, mais l’évolution qui se dessine va dans le sens d’une aggravation du fanatisme et pas du tout dans celle d’une augmentation de la tolérance.


  • IslamologyTeacher 16 mai 00:43
    Qui l’institution Al-Azhar représente-t-elle ? Qui est habilité à représenter les musulmans ?
    Quelle est la raison de la visite du Pape en Egypte ?
    Petites questions qui permettront d’éviter tout décentrage.

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